Éric Losfeld

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Éric Losfeld, né le 9 mars 1922 à Mouscron en Belgique, mort le 18 novembre 1979 à Paris, est un éditeur, également écrivain sous le pseudonyme de Dellfos.

Sommaire

Biographie [modifier]

Complice à ses débuts de François Di Dio et de Jean d'Halluin (éditeur des Vernon Sullivan), Éric Losfeld est le créateur à Paris d'au moins trois[1] maisons d'éditions : en 1951, voient le jour les éditions « Arcanes » (en référence à Arcane 17, d'André Breton) puis, en 1955, les éditions "Le Terrain Vague"[2] qui est le nom de sa librairie : elle devient un lieu de rencontres intellectuelles intenses, ouvrit d'abord rue du Cherche-Midi puis déménagea en 1967 au 14-16 de la rue de Verneuil. Par la suite, il développa aussi la marque Éric Losfeld éditeur.

Par ailleurs, et durant toute cette période, il publiera souvent sans nom d'éditeur, des textes considérés par la loi en vigueur comme « obscènes ». À ce titre, il fut assigné en justice de nombreuses fois. Avec Jean-Jacques Pauvert, il est l'un des éditeurs français de l'après-guerre qui tenta de sortir l'érotisme de son carcan juridico-restrictif[3]. C'est bien entendu la fameuse « loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse »[4], qui, extrapolée par les juges, put être opposée à Losfeld et ses comparses. Nombres d'ouvrages édités par Losfeld ne pouvaient être ni vendus aux mineurs, ni exposés en librairie, ni même publicisés.

En 1960, Éric Losfeld compta au nombre des signataires du Manifeste des 121.

Un catalogue jugé provocateur [modifier]

Losfeld a publié sans doute près d'un millier d'ouvrages.

Éditeur, entre autres, de Eugène Ionesco, Xavier Forneret, Benjamin Péret, Marcel Duchamp, Boris Vian, Jean Boullet, Charles Duits, Jacques Sternberg, Mario Mercier, Ado Kyrou..., il a réédité le Marquis de Sade, Sacher Masoch et publié de nombreux ouvrages surréalistes et érotiques, notamment ceux d'Emmanuelle Arsan (1967).

Éric Losfeld fut aussi éditeur de périodiques : du magazine Positif, de Midi Minuit Fantastique, un magazine consacré aux films fantastiques, d'horreur et de science-fiction des années 1960, et de la dernière revue dirigée par André Breton La Brèche, action surréaliste (1961-1965).

Il publia également des albums de bandes dessinées avant-gardistes : en 1965, il ouvre à un public adulte un genre qui s'adressait jusque-là surtout à la jeunesse en éditant notamment Barbarella de Jean-Claude Forest, qui inspira le film homonyme de Roger Vadim. Il publia également Pravda la survireuse de Guy Peellaert, inspirée du Pop art et surtout Saga de Xam de Nicolas Devil, ainsi que le premier album de Philippe Druillet : Lone Sloane, le mystère des abîmes.

En 1970, il sort le remarquable livre-album La Monnaie vivante comportant des texte et des dessins de Pierre Klossowski et des photographies de Pierre Zucca.

Éric Losfeld a écrit son autobiographie, Endetté comme une mule, ou la passion d'éditer, parue chez Pierre Belfond en 1979 dans laquelle il revient sur ses débuts et, entre autres, ses démêlés avec la justice.

À la mort de Losfeld, son épouse et Joëlle Losfeld, sa fille, tentèrent de continuer à faire vivre le fonds des Éditions Le Terrain Vague. Dans les années 1990, avec la collection "Arcanes", Joëlle réédite en partie le catalogue de son père. Les Éditions Joëlle Losfeld sont aujourd'hui rattachées au groupe Gallimard en tant que collection.

Notes [modifier]

  1. Afin de déjouer la censure et le dépôt légal du ministère de l'Intérieur, Losfeld créa des marques fantaisistes comme "éditions Philéas-Fogg" dont le siège était supposée être à "London-Melbourne-Calcutta" !
  2. Inspiré semble-t-il de la nouvelle de Jean Forton : Le Terrain vague, Pierre Seghers éditeur, Paris, 1951.
  3. Cf. Bernard Joubert, Dictionnaire des livres et journaux interdits, Éditions du Cercle de La Librairie, 2007 où Losfeld est très souvent cité.
  4. Voir le texte officiel en ligne.

Repères [modifier]

  • (en) Catalogue annoté en ligne [1]

Voir aussi [modifier]