Diamond Dogs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Diamond Dogs (homonymie).

Diamond Dogs

Album par David Bowie
Sortie 24 avril 1974
Enregistré octobre 1973 – février 1974
aux studios Olympic, aux studios Island, Londres
et aux studios Ludolf, Hilversum
Durée 38:25
Genre glam rock
Producteur David Bowie
Label RCA
Critique

Albums par David Bowie

Diamond Dogs est le huitième album de David Bowie, sorti en avril 1974.

Cet album devait au départ être une adaptation musicale du célèbre roman de George Orwell, 1984. Devant le refus des héritiers de l'écrivain de céder les droits de l'œuvre, Bowie réorienta le thème de l'album tout en conservant l'idée d'un futur proche dominé par une dictature.

Production et style[modifier | modifier le code]

David Bowie (« Halloween Jack ») en 1974.

Si l'album a été enregistré et publié après la « retraite » de Ziggy Stardust, mi-1973, et possède son propre protagoniste en la personne d'Halloween Jack (un « félin glacial » vivant dans la putrescente Hunger City), Ziggy semble encore bien vivant dans Diamond Dogs, comme semble l'attester la coupe de cheveux de Bowie sur la pochette et le style glam-trash du premier single extrait de l'album, Rebel Rebel[1]. Comme c'était le cas dans Aladdin Sane, l'influence des Rolling Stones se fait sentir, notamment sur la trépidante chanson-titre[2]. Toutefois, Bowie prend également de la distance envers ses précédents travaux avec la suite épique Sweet Thing / Candidate / Sweet Thing (Reprise), alors que Rock 'n' Roll With Me et le style de guitare wah-wah à la Shaft de 1984 annoncent l'orientation future de Bowie, dans sa phase « plastic soul ». L'album vinyle original se terminait sur le lancinant refrain (en fait une bande en boucle) Bruh/bruh/bruh/bruh/bruh, la première syllabe de « (Big) Brother », répétée avec insistance.

Diamond Dogs est le premier album depuis 1969 à ne comprendre aucun membre des Spiders from Mars, le groupe accompagnateur rendu célèbre par Ziggy Stardust. À la place, on trouve Herbie Flowers à la basse, et Aynsley Dunbar et Tony Newman se partagent les percussions. Dans un geste qui a surpris certains commentateurs, Bowie lui-même a repris la guitare, rôle tenu précédemment par Mick Ronson, produisant ce que les critiques de NME Roy Carr et Charles Shaar Murray ont décrit comme « un son abrasif, rauque, semi-amateur, qui donne à l'album beaucoup de sa couleur caractéristique »[3]. Diamond Dogs marque une étape dans la carrière de Bowie, le réunissant avec Tony Visconti, qui s'est chargé des arrangements des cordes et a participé au mixage de l'album, et qui coproduit presque tous les albums de Bowie jusqu'à la fin de la décennie.

Couverture[modifier | modifier le code]

Le dessin de la pochette montre un être, mi-chien, mi-Bowie, peint par Guy Peellaert. Il a donné lieu à une controverse, car le dessin entier montre clairement les parties génitales de l'hybride. Très peu de copies de cette pochette originale ont pu être mises en circulation lors de la sortie de l'album. D'après les guides de prix de la publication de collectionneurs de disques Goldmine, ces albums sont parmi les pièces de collection les plus chères de tous les temps, une seule copie valant plusieurs milliers de dollars. Les parties génitales ont rapidement été recouvertes pour la couverture du 33 tours de 1974, bien que le dessin original ait été inclus dans les rééditions suivantes de Rykodisc/EMI.

Sortie et retombées[modifier | modifier le code]

Le disque fut le chant du cygne de la période glam de Bowie ; selon l'auteur David Buckley, « dans le genre de geste qui finira par définir sa carrière, Bowie quitte le bateau du glam-rock avant que le mouvement ne devienne une parodie stérile de lui-même »[1]. Au moment de sa sortie, Bowie a décrit Diamond Dogs comme « un album très politique. Ma revendication ... est plus moi que tout ce que j'ai pu faire auparavant »[4]. Le magazine Disc a comparé cet album à The Man Who Sold the World, alors que Rock et Sounds l'ont tous deux décrit comme « son œuvre la plus impressionnante [...] depuis Ziggy Stardust »[4]. Il a été n° 1 au hit-parade britannique et n° 5 aux États-Unis, meilleur performance d'un album de Bowie jusqu'alors.

Le son rugueux et le thème prétentieux, la guitare crue de Diamond Dogs, sa vision d'un chaos urbain, d'enfants charognards et d'amants nihilistes (« Nous achèterons des drogues et regarderons un groupe / Et sauterons dans la rivière en nous tenant la main ») ont fait taxer cet album de précurseur de la révolution punk qui eut lieu les années suivantes[5]. Enrique Seknadje écrit à ce propos : "Il est assez intéressant de voir que lorsque les Rolling Stones disent leur amour pour le rock - même si ce n'est que du rock -, Bowie a cette phrase, étonnante et criée comme un slogan, qui pourrait caractériser son projet au-delà du circonstanciel narratif : « This ain't Rock'n'Roll ». Le chanteur a, on l'a dit, toujours cherché à être au-delà du mode d'expression musical qui est le sien, tout en l'utilisant. Et avec sa légende d'un futur sans futur, ses sonorités machiniques, parfois robotiques, Diamond Dogs annonce indubitablement le punk, la cold-wave, la batcave. Est-ce un hasard, d'ailleurs, si Johnny Rotten alias John Lydon déclara dans le numéro du New Musical Express du 23 décembre 1978, à propos de Bowie : « Actually, I think the best thing he's done is Diamond Dogs. I really liked it.... » ?" [6]

Bowie joua toutes les chansons de l'album à l'exception de We Are the Dead lors de sa tournée américaine de 1974 (immortalisée par l'album David Live). Rebel Rebel fut jouée lors de presque chaque tournée depuis lors, Diamond Dogs fut jouée lors des tournées Station to Station de 1976 et Outside de 1995-96. Big Brother / Chant of the Ever Circling Skeletal Family fut ressuscitée pour le Glass Spider Tour de 1987.

Liste des pistes[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie, sauf indication contraire. 

No Titre Auteur(s) Durée
1. Future Legend Richard Rodgers 1:05
2. Diamond Dogs 5:56
3. Sweet Thing 3:39
4. Candidate 2:40
5. Sweet Thing (Reprise) 2:31
6. Rebel Rebel 4:30
7. Rock 'n' Roll With Me Bowie, Warren Peace 4:00
8. We Are the Dead 4:58
9. 1984 3:27
10. Big Brother 3:21
11. Chant of the Ever Circling Skeletal Family 2:00

Rééditions[modifier | modifier le code]

Diamond Dogs a été édité sur CD quatre fois à ce jour, la première fois en 1984 par RCA, la deuxième fois en 1990 par Rykodisc (avec deux titre en bonus), la troisième fois en 1999 par EMI (son numérique remasterisé 24-bit sans bonus) et la quatrième fois en 2004 par EMI à l'occasion du 30e anniversaire de sa sortie, avec un disque bonus. Une démo instrumentale contenant des éléments de Sweet Thing (Reprise) appelée Tragic Moments (connue dans les circuits pirates sous les noms de Zion ou A Lad in Vain) devait y être incluse, mais est restée inédite.

Titres bonus de la réédition de 1990[modifier | modifier le code]

Tous les titres écrits par David Bowie.

  1. Dodo (jamais publiée, enregistrée en 1973) – 2:53
  2. Candidate (version démo, enregistrée en 1973) – 5:09

Disque bonus de la réédition de 2004[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont de David Bowie, sauf indication contraire.

  1. 1984/Dodo (enregistré en 1973) – 5:29
  2. Rebel Rebel (single américain, 1974) – 3:00
  3. Dodo (ou You Didn't Hear It From Me, enregistré en 1973) – 2:53
  4. Growin' Up (Bruce Springsteen) (enregistré en 1973) – 2:25
  5. Alternate Candidate (version démo, enregistré en 1973) – 5:09
  6. Diamond Dogs (version du Best of Bowie, 1980) – 4:41
  7. Candidate (mix intimiste) – 2:58
  8. Rebel Rebel (mix de 2003) – 3:09

Musiciens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b David Buckley, Strange Fascination - David Bowie: The Definitive Story, 1999, pp. 210-217
  2. Nicholas Pegg, The Complete David Bowie, 2000, p. 63
  3. Roy Carr, Charles Shaar Murray, Bowie: An Illustrated Record, 1981, p. 14
  4. a et b Nicholas Pegg, op. cit., pp. 289-291
  5. Roy Carr, Charles Shaar Murray, op. cit., p. 64
  6. Cf. http://www.culturopoing.com/Musique/Le+Diamond+Dogs+de+David+Bowie+a+40+ans+-6060

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]