Laurent Gbagbo

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Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo
Fonctions
3e président de la République de Côte d'Ivoire
26 octobre 200011 avril 2011
(10 ans, 5 mois et 16 jours)
Élection 22 octobre 2000
Premier ministre Pascal Affi N'Guessan
Seydou Diarra
Charles Konan Banny
Guillaume Soro
Gilbert Marie N'gbo Aké
Prédécesseur Robert Guéï (président du Comité national de Salut public)
Successeur Alassane Ouattara
Biographie
Surnom Woody de Mama
Le boulanger d'Abidjan[N 1]
Date de naissance 31 mai 1945 (69 ans)
Lieu de naissance Mama (AOF)
Nationalité ivoirienne
Parti politique Front populaire ivoirien
Conjoint Jacqueline Chamois
Simone Ehivet
Nadiana Bamba (deuxième épouse traditionnelle)
Diplômé de Université d'Abidjan
Profession Historien
Professeur
Chercheur
Religion Christianisme

Laurent Gbagbo
Présidents de la République de Côte-d'Ivoire

Laurent Gbagbo, né le 31 mai 1945 à Mama, près de Gagnoa (Côte d'Ivoire), est un homme d'État, historien et écrivain ivoirien.

Longtemps opposant à Félix Houphouët-Boigny, il est élu pour un mandat de cinq ans en 2000, face à Robert Guéï, à la présidence de la République de Côte d'Ivoire, fonction qu'il occupe du 26 octobre 2000 au 4 décembre 2010 (jusqu'au 11 avril 2011 selon ses partisans). Son mandat est notamment marqué pendant plusieurs années par une crise politico-militaire qui coupe le pays en deux.

L'élection présidentielle de 2010, qu'il a repoussée à six reprises, l'oppose à Alassane Ouattara : à l'issue de ce scrutin, il est considéré comme battu par la Commission électorale indépendante et la quasi-totalité de la communauté internationale, mais déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel. Il refuse alors de quitter le pouvoir, ce qui entraîne une crise de plusieurs mois. Il est finalement arrêté par les forces d'Alassane Ouattara le 11 avril 2011 et incarcéré auprès de la Cour pénale internationale à La Haye depuis le 30 novembre 2011.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Laurent Gbagbo est né le 31 mai 1945 à Gagnoa, en Côte d'Ivoire. Il voit le jour au sein d'une famille catholique modeste, originaire du grand-ouest ivoirien. Son père, Paul Koudou Gbagbo, est sergent de police[1] et sa mère, Marguerite Gado, originaire du village bété de Blouzon, est ménagère. Son père est blessé et fait prisonnier par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale[2] et est décoré à ce titre de la « reconnaissance de la Nation française » le 8 mai 2003[3],[4].

Laurent Gbagbo est marié à Simone Ehivet, avec laquelle il a deux filles.

Il a un fils, Michel, d'un premier mariage avec la Française Jacqueline Chamois.

Formation[modifier | modifier le code]

Gbagbo commence ses études à l'école primaire publique Plateau, à Agboville, où son père exerce sa profession[1].

Il obtient son baccalauréat de philosophie au Lycée classique à Cocody, en 1965, puis une licence d'histoire à l'université d'Abidjan en 1969. Il devient en 1970 professeur d'histoire au lycée classique d'Abidjan. Chercheur à l'Institut d'histoire, d'art et d'archéologie africaine (IHAAA) à partir de 1974, il est également titulaire d'une maîtrise d'histoire de la Sorbonne. Il soutient enfin, en juin 1979, une thèse de « docteur d'université » (grade qui pouvait être attribué à un étudiant n'ayant pas suivi les cours de DEA indispensables pour soutenir une thèse de « docteur d'État ») en histoire intitulée Les Ressorts socio-économiques de la politique ivoirienne : 1940-1960[5].

Militant politique[modifier | modifier le code]

Opposant à Félix Houphouët-Boigny[modifier | modifier le code]

Membre du Syndicat national de la recherche et de l'enseignement supérieur (SYNARES), ce syndicaliste actif dans les années 1970 est emprisonné à Séguéla et Bouaké de mars 1971 à janvier 1973. Devenu directeur de l'IHAAA en 1980, il se révèle lors des manifestations étudiantes du 9 février 1982, qui provoquent la fermeture des universités et des grandes écoles. C'est durant cette année que naît dans la clandestinité le futur Front populaire ivoirien (FPI).

Parti en exil en France en 1985, il cherche à promouvoir le FPI et son programme de gouvernement visant à lutter contre la dictature du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, alors parti unique, à et promouvoir le multipartisme. Idéologiquement proche du Parti socialiste français, il se lie d'amitié avec Guy Labertit, membre du Parti socialiste unifié, du fait de son opposition à Félix Houphouët-Boigny.

Houphouët-Boigny s'inquiète de voir Gbagbo développer un réseau de contacts et trouve que « son remuant opposant serait beaucoup moins encombrant à Abidjan qu'à Paris »[6]. Fortement pressé de rentrer au pays[6], Gbagbo retourne finalement en Côte d'Ivoire le 13 septembre 1988, Houphouët-Boigny ayant implicitement accordé son pardon en déclarant que « l'arbre ne se fâche pas contre l'oiseau »[7]. Devenu secrétaire général du FPI lors du congrès constitutif des 19 et 20 novembre 1988, il se présente à l'élection présidentielle du 28 octobre 1990 qui est marquée par la première candidature face à celle du président Félix Houphouët-Boigny ; Gbagbo remporte 18,3 % des suffrages, ce qui lui confère le statut de chef de l'opposition. Les élections législatives du 25 novembre de la même année sont les premières placées sous le signe du multipartisme ; le FPI y obtient neuf sièges sur 175, Gbagbo lui-même étant élu dans la circonscription de Ouaragahio, où se trouve sa ville natale[8].

En mai 1991, puis en février 1992 ont lieu d'importantes manifestations étudiantes. Le 18 février, le premier ministre Alassane Ouattara fait arrêter Laurent Gbagbo, après avoir fait signer la veille au chef de l'État une loi anti-casseurs[9]. Il est condamné le 6 mars 1992 à deux ans de prison[10] ; il est finalement libéré en août de la même année.

Présidence Bédié[modifier | modifier le code]

En 1995, Laurent Gbagbo appelle au boycottage de l'élection présidentielle prévue le 22 octobre en raison de la réforme du Code électoral. Henri Konan Bédié, président de l'Assemblée nationale et successeur constitutionnel du défunt président Félix Houphouët-Boigny, est élu avec 96,44 % des suffrages.

Lors des élections législatives partielles tenues le 30 décembre 1996, Gbagbo est réélu dans sa circonscription, le FPI remportant cinq des huit sièges à repourvoir.

Désigné candidat officiel du FPI lors du troisième congrès du parti, organisé du 9 au 11 juillet 1999, il se présente à l'élection présidentielle du 22 octobre 2000 contre le général Robert Guéï qui a renversé le président Bédié le 24 décembre 1999. Cette élection est marquée par l'élimination par la Cour suprême de plusieurs candidatures, dont celle d'Alassane Ouattara — pour cause de « nationalité douteuse », faux et usage de faux sur la filiation — et de l'ancien président Bédié. Les résultats donnent Gbagbo vainqueur face à Guéï, qui les conteste. Des heurts s'ensuivent[11]. Gbagbo devient président le 26 octobre, Guéï reconnaissant la légitimité de Gbagbo le 13 novembre. Lors des élections législatives du 10 décembre, le FPI apporte à Gbagbo une majorité de 91 sièges, contre 70 au PDCI et seize indépendants[8].

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

Une fois arrivé au pouvoir, Laurent Gbagbo met en œuvre une politique dont l'objectif initial est de permettre l'enrichissement de l'ensemble des Ivoiriens, et pas seulement certaines catégories aisées, très minoritaires, de la société ivoirienne[12]. Il s'agit, en outre, de tourner la page de la croissance sans développement, caractéristique de l'ère de Félix Houphouët-Boigny. Cette politique, dite de refondation[13], est fortement teintée de socialisme, de nationalisme identitaire et d'anticolonialisme, particulièrement à l'égard de la France[14].

Si le bilan de Laurent Gbagbo est considéré comme globalement négatif, bon nombre d'observateurs soutiennent qu'il est compliqué de le juger comme l'unique responsable des difficultés du pays entre septembre 2002 et novembre 2010. En effet, d'une part les capacités de gestion des affaires de l’État ivoirien se sont dégradées, avec la partition du pays et l'apparition d'une économie parallèle à grande échelle, et d'autre part la participation de ministres issus d'autres formations politiques tels que le PDCI ou le RDR à plusieurs gouvernements pendant cette période n'a aucunement empêché à la mal-gouvernance et à la corruption de se développer[15].

Écoles primaires et secondaires gratuites[modifier | modifier le code]

Parmi les réformes majeures, le nouveau gouvernement de Laurent Gbagbo met en place en décembre 2000 l'école primaire et secondaire gratuite[16], supprimant les uniformes scolaires et les frais de scolarité (pour les enfants du primaire), et permet la distribution de matériel scolaire pour les familles démunies. Malgré le fait que ces mesures n'ont pas été étendues à l'ensemble du territoire et la pénurie d'enseignants, elles ont contribué à augmenter le taux d'alphabétisation et d'éducation des Ivoiriens en encourageant les parents à envoyer leurs enfants à l'école[17].

Normalisation des factures[modifier | modifier le code]

Lambert Feh Kessé, en tant que directeur général des impôts, impose peu de temps après la normalisation des factures, afin de lutter contre l'économie informelle, et ce malgré de nombreuses manifestations de mécontentement[18].

Abolition de la censure[modifier | modifier le code]

Le nouveau gouvernement entame également l'abolition du délit de presse et de toute censure à l'égard des médias et des journalistes. Si cela permet aux journalistes d’exprimer pleinement leurs opinions et leurs analyses[19], ceci a en réalité eu pour effet de dégrader le climat de l'information dans le pays et de développer un fort partisanisme au sein des médias[20],[21]. Ceux-ci ont commencé à se faire le relais de rumeurs, de diffamations et d'attaques politiques plus violentes, à tel point que les attaques contre les journalistes ont par la suite sensiblement augmenté.

Violences et discriminations ethniques[modifier | modifier le code]

Les universités publiques ivoiriennes deviennent rapidement le lieu de violences et d'exactions, en particulier de la part de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire, devenue une milice au service du pouvoir en place avec à sa tête Charles Blé Goudé. Ce dernier encouragea des pratiques violentes[22], voire meurtrières tels que l'officieux « article 125 »[23]. Professeurs, élèves et journalistes sont de plus en plus violentés dès lors que le syndicat étudiant ou le pouvoir fait l'objet de remarques ou de critiques. La tricherie, la facilité, la corruption deviennent progressivement le mode d’admission aux examens et aux concours[18],[24].

D'après Human Rights Watch, Laurent Gbagbo a, pendant son mandat, considérablement favorisé les groupes ethniques lui étant loyaux, au détriment des autres groupes ethniques du pays[23],[25]. Il use des concepts d'ethnicité et de citoyenneté dans le but de stigmatiser les Ivoiriens du Nord ou les immigrés d’Afrique de l’Ouest, qui sont alors considérés comme des « étrangers » dangereux par les partisans de Laurent Gbagbo, alors même que ces personnes ont passé toute leur vie en Côte d’Ivoire, souvent dans des villes du Sud comme Abidjan, très éloignées de leur région ethnique d’origine[23],[25].

Dégradation des infrastructures et insalubrité urbaine[modifier | modifier le code]

Pendant l'ensemble du mandat de Laurent Gbagbo, les infrastructures du pays cessent peu à peu d'être entretenues[26] : la plupart des bâtiments, appartenant essentiellement à l'État, se dégradent au fil du temps[27].

Le réseau routier a considérablement vieilli, faute d’entretien pendant plusieurs années, et ce malgré plusieurs initiatives (création de l'Ageroute et du Fond d'entretien routier, prolongement de l'autoroute du Nord, lancement de quelques chantiers par la suite interrompus, faute de crédits). Nombreux sont les nids de poule qui se forment sur les autoroutes et dans les centres-villes sans qu'ils ne soient réparés[18],[28],[29], tandis que certains carrefours ne sont plus praticables les jours de pluie à cause de la désaffection des évacuations d'eaux de pluie.

L'insalubrité urbaine augmente sensiblement, de par une très mauvaise gestion des déchets[30],[31], et dû au fait que les entreprises de nettoyage et de collectes des ordures ne peuvent plus opérer de façon régulière, faute de paiements de la part de l'administration[18],[32],[33]. Vers la fin du mandat, le secteur de l'énergie ne permet plus d'approvisionner l'ensemble du pays en électricité de façon satisfaisante. Les délestages deviennent fréquents, jusqu'à plusieurs fois par jour. Enfin, les services des hôpitaux publics se sont dégradés sensiblement[34],[35] et sont devenus incapables de faire face à la demande, occasionnant parfois des morts par manque de traitement[36],[37]. Les universités publiques ivoiriennes ne sont pas mieux loties, souffrant d'un état de délabrement plus avancé[38].

Amplification de la corruption[modifier | modifier le code]

La corruption, implantée depuis longtemps dans le pays, s'amplifie sensiblement notamment dans la filière café-cacao, dont la libéralisation profite finalement aux « barons » et à leur entourage et non aux producteurs[18],[39]. De nombreuses actions sont entreprises sans aucun contrôle de la part de l'État ivoirien, tandis que le pays devient une destination de choix pour le blanchiment d'argent, la création de sociétés-écrans, ou les escroqueries à la Nigériane. Plusieurs milliards de francs CFA sont détournés dans plusieurs entreprises publiques tandis que les sommes perçues par les agents de ces entreprises ne sont pas toujours reversées à l'État. Les pots-de-vin sont également devenus monnaie courante au sein des services publics ivoiriens.

Crise politico-militaire[modifier | modifier le code]

Le 19 septembre 2002, des soldats rebelles, disposant d'un armement de qualité dont le financement reste d'origine inconnue, et venant du Burkina Faso voisin[40] attaquent des villes du pays pour réaliser un coup d'État alors que le président est à Rome. La situation tourne rapidement à un conflit entre le Sud (tenu par le gouvernement) et le Nord (tenu par les rebelles), qui s'opposent notamment à la politique d'« ivoirité » introduite sous la présidence Bédié, mais dont les dirigeants en place ont largement contribué au développement notamment dans l'administration et dans l'armée[41].

Accords de Marcoussis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accords Kléber.

Après plusieurs mois de combats, les accords de paix Kléber sont ratifiés par les principaux partis politiques ivoiriens et la rébellion, à Marcoussis, en France. Une force de paix française (Opération Licorne) se déploie pour patrouiller dans une zone de cessez-le-feu. D'après les termes de l'accord, Gbagbo doit rester en fonction (alors que les rebelles ont précédemment exigé sa démission), un gouvernement de réconciliation doit être formé avec un premier ministre « neutre » et le désarmement des rebelles doit être accompli. Ce gouvernement inclut le FPI, l'opposition civile et des représentants des groupes rebelles. De plus, des lois doivent être votées afin de satisfaire aux exigences de l'accord.

L'Organisation des Nations unies délègue à une force d'interposition, l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), la responsabilité d'accompagner un apaisement de la situation en lieu et place de l'opération Licorne.

Remises en cause des accords[modifier | modifier le code]

En novembre 2004, huit lois d'apaisement sur les dix-sept prévues sont effectivement votées.

Dans la première semaine du mois de novembre 2004, Laurent Gbagbo lance une offensive dans le secteur des villes rebelles de Bouaké et Korhogo. En réaction, la France demande le 5 novembre au Conseil de sécurité des Nations unies une extension du mandat de l'ONUCI afin qu'elle puisse s'interposer militairement aux combats entre forces gouvernementales et rebelles. Le 6 novembre, les bombardements opérés par l'armée ivoirienne sur la zone de confiance[Quoi ?], notamment à Man et Bouaké font neuf morts parmi les soldats français. En riposte, l'armée française détruit deux avions de type Soukhoï 25 et les hélicoptères MI-24.

Son mandat prenant théoriquement fin en 2005, Gbagbo fera repousser d'année en année le scrutin présidentiel prévu et ne cessera dès lors de manœuvrer pour tenter de se maintenir au pouvoir à tout prix.

Manifestations violentes[modifier | modifier le code]

Des manifestations débutent le 6 novembre, une heure trente après le bombardement de Bouaké, en s'accompagnant de pillages. Elles se tournent d'abord vers l'aéroport et l'hôtel Ivoire durant le week-end, ainsi que devant la base française, avant de se diriger en début de semaine en direction du pont Général-de-Gaulle, permettant de relier le nord de la ville à l'aéroport et au 43e BIMA.

En décembre 2006, Laurent Gbagbo a écrit à Kofi Annan, secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, pour lui demander de rappeler son représentant spécial, le Suédois Pierre Schori, en poste depuis avril 2005, date à laquelle il avait pris la succession du Béninois Albert Tévoédjrè[42].

Accord de Ouagadougou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accord de Ouagadougou (2007).

Du 5 février au 3 mars 2007 ont lieu à Ouagadougou des rencontres entre les délégations des différentes parties. Un accord politique est signé le 4 mars par Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et le président burkinabé Blaise Compaoré, qui a joué le rôle de facilitateur.

En conséquence de cet accord, Gbagbo nomme Guillaume Soro comme premier ministre le 29 mars, lequel déclare, dans une adresse à la nation le 13 avril[43], savoir « gré au Président Laurent Gbagbo pour avoir pris l'initiative du dialogue direct » et « demande Pardon pour tous et au nom de tous ». « Nous devons à présent apprendre à pardonner », déclare-t-il également. Dans la foulée, Laurent Gbagbo signe le 12 avril une mesure d'amnistie via l'ordonnance 2007-457.

Élection présidentielle de 2010[modifier | modifier le code]

Déroulement[modifier | modifier le code]

Au premier tour, il arrive en tête avec 38,04 % des suffrages exprimés, devant Alassane Ouattara qui en obtient 32,07 % et l'ex-président Henri Konan Bédié (25,24 %). Tous les pays félicitent les Ivoiriens pour leur forte participation (seulement 16 % d'abstentions). La répartition ethnique a imprimé sa marque à la carte des résultats : les Malinké, Sénoufos et Dioulas constituant la quasi-totalité des électeurs du Nord-Ouest accordent presque tous leurs suffrages à Ouattara, tandis que le centre du pays, peuplé essentiellement de Baoulés, accorde une nette majorité à l'ex-président Bédié ; en revanche, le sud du pays, plus mélangé ethniquement à cause des migrations internes récentes, notamment à destination du prospère pays krou du sud-ouest, livre un vote moins massif quoique majoritaire en faveur du président sortant. Seuls les deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages peuvent se maintenir pour le second tour. En tant qu'ancien « houphouettiste », l'ex-président Bédié appelle alors ses électeurs à se reporter sur Alassane Ouattara. Le second tour se passe dans le calme. Le 2 décembre 2010, la commission électorale indépendante (CEI), en majorité composée des membres du RHDP, s'apprête à proclamer les résultats provisoires, quand des membres de cette commission favorables au président sortant contestent à l'avance les résultats, appuyés par des militants de Gbagbo qui interrompent physiquement les opérations. Après ces incidents, des chiffres sont communiqués après le délai de 3 jours prévu par la constitution ivoirienne à l’hôtel du Golf QG du candidat Alassane Ouattara par le président de la CEI (Commission électorale indépendante) escorté de deux ambassadeurs des pays occidentaux (le porte-parole de la CEI avait été empêché physiquement de proclamer les résultats partiels, par un autre membre de la commission partisan de Laurent Gbagbo, le 30 novembre), donnant vainqueur Alassane Ouattara avec 54,1 % des voix[44]. Mais le Conseil constitutionnel, entièrement nommé par le président en place, déclare que les résultats de la CEI sont invalides et annonce des résultats donnant Laurent Gbagbo victorieux après analyse des recours déposés par les partisans de ce dernier, le 3 décembre[45]. La représentante de la diplomatie de l'Union européenne, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, les présidents Barack Obama et Nicolas Sarkozy considèrent pour leur part que le vainqueur de l'élection est Alassane Ouattara[46].

Laurent Gbagbo est investi le 4 décembre 2010 à Abidjan (Yamoussoukro étant la véritable capitale politique) en présence de deux représentants de pays étrangers : l'Angola et le Liban, présents à titre personnel et non diplomatique. Le premier ministre Guillaume Soro, qui ne le reconnaît plus comme chef de l'État, remet donc sa démission à Alassane Ouattara, qu'il a reconnu comme Président, et celle de son gouvernement le 4 décembre 2010[47]. Soro est aussitôt « reconduit » dans ses fonctions par Alassane Ouattara, qui a également prêté serment « en qualité de président de la République de Côte d'Ivoire »[48].

Le 6 décembre, Gbagbo nomme un de ses proches, le président de l'université de Cocody, le principal établissement universitaire d'Abidjan, Gilbert Marie N'gbo Aké, au poste de Premier ministre[49].

Tensions après l’élection[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise ivoirienne de 2010-2011.

Malgré l'isolement croissant de son régime sur la scène internationale (l'Angola prônant toutefois la « non-ingérence de la communauté internationale dans les divergences électorales en Côte d'Ivoire »[50]), Laurent Gbagbo cherche à rester au pouvoir. Il interdit la parution de journaux favorables à Ouattara[51] et place sous la surveillance de l'armée le siège de la Radiodiffusion-Télévision ivoirienne (RTI), tandis que Ouattarra appelle à « marcher sur la RTI et le siège du gouvernement »[52].

Le 21 décembre, lors de sa première allocution télévisée depuis son investiture, Gbagbo se réaffirme président mais propose la création d'un « comité d'évaluation international » pour sortir de la crise[53]. Le lendemain, Guillaume Soro, premier ministre de Ouattara, appelle la communauté internationale à recourir à la force contre Gbagbo[54].

Des témoignages font état de 50 morts et plus de 200 blessés dénombrés au 19 décembre 2010, ainsi que d'enlèvements effectués par des bandes armées accompagnées par des éléments des forces de sécurité[55]. La haute-commissaire adjointe aux droits de l'homme de l'ONU estime que « 173 meurtres, 90 cas de tortures et de mauvais traitements, 471 arrestations, 24 cas de disparitions forcées ou involontaires » sont attribuables aux partisans de Laurent Gbagbo en cinq jours seulement[56],[57].

Cette situation inextricable débouche sur une reprise des combats entre l'armée régulière et les Forces nouvelles proOuattara, d'abord à Abidjan à la fin-février 2011, puis dans le reste du pays au début mars, que les troupes de son adversaire conquièrent en quelques jours.

Le 31 mars 2011, Abidjan est encerclé. Les défections se multiplient en quelques heures : l'armée et la gendarmerie le lâchent. Parmi eux, le général Philippe Mangou, qui se réfugie avec sa famille à l'ambassade d'Afrique du Sud après avoir tenté de convaincre Laurent Gbagbo de céder le pouvoir, sans succès[58].

Laurent Gbagbo et son épouse se retranchent alors au Palais présidentiel d'Abidjan, protégés par un dernier carré de fidèles formé notamment par les troupes d'élite de l'armée ivoirienne[59].

Arrestation et détention[modifier | modifier le code]

Le 11 avril 2011, après dix jours de combats à Abidjan et de bombardement de la résidence présidentielle par les forces spéciales françaises de la Force Licorne et l'ONUCI, Laurent Gbagbo est arrêté en compagnie de son épouse Simone par les forces d'Alassane Ouattara[60],[61]. Il est placé en état d'arrestation à l'Hôtel du Golf, quartier général de Ouattara[62],[63], puis transféré à Korhogo, dans le nord du pays, où il a été assigné à résidence[64] (son épouse sera, quelques jours plus tard, placée à son tour en résidence surveillée à Odienné, une autre localité du nord ivoirien[65]). Le 18 août 2011, il est inculpé et placé en détention préventive pour « crimes économiques » (« vol aggravé, détournement de deniers publics, concussion, pillage et atteinte à l'économie nationale »)[66].

Incarcération à La Haye[modifier | modifier le code]

À partir du 30 novembre 2011, à la suite de son inculpation par la Cour pénale internationale pour quatre chefs d'accusation de crimes contre l'humanité, il est incarcéré au centre de détention de la CPI, à La Haye (Pays-Bas)[67]. Il comparaît pour la première fois devant la CPI le 5 décembre suivant.

Depuis son arrestation, ses partisans réclament régulièrement sa libération[68].

En février 2013, la chambre préliminaire de la CPI estime que le dossier de la procureure générale Fatou Bensouda est « trop largement fondé sur des rapports d'ONG et des articles de presse » et demande que des éléments de preuve supplémentaires soient apportés. En 2014, après l'audition d'une centaine de témoins, le dossier contre Gbagbo comporte 22 000 « pages de preuves ». La majorité des trois juges les déclarent recevables, la juge belge Christine Van Den Wyngaert considérant que le problème « concernant l'utilisation d'ouï-dire anonymes demeure », ce que les avocats de l'ancien président comptent exploiter lors du procès attendu fin 2015 ou courant 2016[69],[70],[71].

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1971 : Soundjata, lion du Manding
  • 1978 : Réflexions sur la conférence de Brazzaville
  • 1982 : Côte d'Ivoire : Économie et société à la veille de l'indépendance (1940-1960)
  • 1983 : Côte d'Ivoire : Pour une alternative démocratique
  • 1987 : Propositions pour gouverner la Côte d'Ivoire
  • 1989 : Côte d'Ivoire : Histoire d'un retour
  • 1991 : Agir pour les libertés, éd. L'Harmattan, Paris (ISBN 978-2-7384-0769-6)
  • 1995 : Le Temps de l'espoir
  • 2002 : Sur les traces des Bétés
  • 2014 : Pour la vérité et la justice

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Surnom attribué pour sa supposée capacité à rouler ses adversaires dans la farine. Voir « Fin de partie pour Laurent Gbagbo, le “boulanger d'Abidjan” », nouvelobs interactif, 11 avril 2011.
Références
  1. a et b Serikpa Benson, « Exposition photos "Seplou" - Agboville accueille la caravane dès vendredi », Notre Voie, 25 février 2008
  2. Dédy Seri, « Diplomatie - Qui se fie à la France fait le sacrifice de sa vie », Le Temps, 22 avril 2009
  3. Communiqué du 6 janvier 2005 (ambassade de Côte d'Ivoire à Dakar)
  4. Titre de Reconnaissance de la Nation (Office national des anciens combattants et victimes de guerre)
  5. Laurent Gbagbo, Les Ressorts socio-économiques de la politique ivoirienne, 1940-1960, thèse sous la direction de Catherine Coquery Vidrovitch, soutenue à l'Université Paris Diderot - Paris 7, 1979.
  6. a et b Philippe Duval, Fantômes d'Ivoire, éd. du Rocher, 2003, p.41
  7. [PDF] Biographie de Laurent Gbagbo (DePaul University)
  8. a et b Chronologie de la Côte d'Ivoire (Sciences Po Bordeaux)
  9. Philippe Duval, Fantômes d'Ivoire, éd. du Rocher, 2003, p.43
  10. Communiqué d'Amnesty International en juillet 1992
  11. Présentation du pays Maison des Français de l'étranger p. 6
  12. Serge-Nicolas Nzi, « La refondation patriotique ivoirienne, pour quel bilan? », sur ConnectionIvoirienne.net
  13. Adopter par le FPI sous l’inspiration de notre devancier le Pr. Harris Memel-Fotê. Refondation, c’est refonder ou reconstruire sur des bases nouvelles, ce terme dans son utilisation politique a été élargi à la société ivoirienne dans son ensemble. De ce point de vue le FPI voulait entreprendre une remise en cause et des réformes en profondeur dans le fonctionnement de la société ivoirienne.
  14. Dans ce sens les refondateurs nous proposaient une décentralisation des structures politiques et administratives du pays. Un regard nouveau sur la gestion économique du pays. Ils dénoncent le partenariat privilégié avec la France et au profit de la France. L’endettement excessif de l’État et cette monnaie logée au trésor français qu’est le franc CFA.
  15. Être constructif pour avancer... - article de L'Infodrome publié le 30 novembre 2013.
  16. L’école gratuite quoi qu’on en dise fut un succès au point ou écoles publiques et privées se sont multipliées dans le pays, avec à la clé le manque d’enseignants dans le primaire et le secondaire.
  17. Dès sa prise du pouvoir en novembre 2000 dans les conditions sur lesquelles je ne reviendrai pas dans cet article, le gouvernement Gbagbo avait pris une série de mesures dans l’optique d’encourager les parents à envoyer leurs enfants à l’école primaire et secondaire. Au titre de ces mesures, on peut notamment citer la suppression de l’uniforme scolaire au primaire et au secondaire, la suppression des frais de scolarité pour les enfants du primaire, et finalement la distribution de kits et de matériel scolaires aux parents démunis. Ces mesures, même si elles n’ont pas été totalement suivies sur toute l’étendue du territoire pour des raisons diverses, ont dans certaines régions du pays grandement contribué à élever le taux de scolarisation au niveau du primaire.L’école devrait-elle être gratuite en Côte d’Ivoire? - Parlons-en car l'Afrique se meurt
  18. a, b, c, d et e Bonne gouvernance, normalisation / Le bilan de Gbagbo contre celui de Ouattara Voici le tableau comparatif, Les forces et faiblesses - L'Intelligent d'Abidjan sur Abidjan.net
  19. Et enfin la loi qui aboli quasiment, la censure et le délit de presse est une loi qui dans son application garantie la liberté d’expression, responsabilise le journaliste et constituait sous le régime de la refondation une avancée aussi bien pour l’affirmation des libertés publiques pour que naisse une presse libre chez nous aussi.
  20. « Médias ivoiriens: comment faire la paix? », Slate Afrique
  21. Cf. section Les ratés de la liberté d’expression, Le mauvais usage de la démocratie en Côte d’Ivoire - L'Espace politique, article de Christian Bouquet. Consulté le 20 janvier 2013.
  22. Côte d'Ivoire : Charles Blé Goudé inculpé, fin de cavale pour le "général de la rue" - article de Jeune Afrique publié le 2é janvier 2013.
  23. a, b et c Page 5 du rapport de Human Rights Watch d'octobre 2011, « Ils les ont tués comme si de rien n'était » - Texte intégral. Consulté le 20 janvier 2013.
  24. « Le FPI comme nous ne l'avons jamais connu », sur LeBanco.net
  25. a et b The melting-pot cracks - article du magazine The Economist tiré d'une édition imprimée datée du 3 octobre 2002.
  26. 48 ans d’indépendance et les infrastructures posent problème - Afrik.com
  27. Abidjan, « fatiguée-fatiguée » - Jeune Afrique
  28. Pays des routes abîmées attend son président - article publié sur le site Acturoutes le 8 novembre 2010.
  29. La Côte d'Ivoire malade de ses routes - article d'Avenue 225 publié le 26 octobre 2010.
  30. Abidjan est trop sale! - article publié sur RéseauIvoire le 14 décembre 2005
  31. Déchets médicaux - Un danger pour la population - article publié par Le Repère sur Abidjan.net le 24 avril 2009.
  32. Ordures ménagères : Les sociétés de ramassage en colère - article de Fraternité Matin publié sur Abidjan.net le 29 janvier 2009.
  33. "Pendant que les pro-Ouattara et les pro-Gbagbo se disputent, Abidjan ressemble à une poubelle" - article publié par France 24 le 4 janvier 2011.
  34. [...] le matériel vétuste parce que depuis plus de 10 ans, il n’y a pas eu de renouvellement. - Chr de Dimbokro : Les interventions chirurgicales suspendues - Le nouveau réveil sur Urgences-ci.net
  35. CHU de Treichville : Insalubrité des toilettes
  36. Dégradation des infrastructures, défaillance du matériel… : Hôpitaux, ces grands sinistrés - Nord-Sud
  37. Le CHU de Treichville : "Des patients à même le sol et des poches de sang accrochées aux murs" - Les Observateurs de France24
  38. Université de Cocody : Des amphis inondés - Fraternité Matin sur Atoo.ci
  39. C’est sous les Refondateurs (idéologues du changement sous l’administration Gbagbo, entre 2000 et 2010) que les planteurs de café et cacao ont été dépouillés de tous leurs revenus au profit d’aigrefins, que la corruption a totalement gangréné notre tissu social. « Tribune: Les partisans de Gbagbo ont la mémoire courte », Slate Afrique,‎ 18 juin 2012
  40. « Entretien avec Marc Le Pape et Claudine Vidal », La Documentation française,‎ 2003
  41. Sylvie Berruet, « Les dirigeants ivoiriens accusés de xénophobie », RFI,‎ 28 août 2001
  42. « Schori sur le départ ? », Le Nouveau Réveil, n°1491, 6 décembre 2006
  43. Adresse à la nation du Premier ministre Guillaume Soro (Ambassade de Côte d'Ivoire à Dakar)
  44. Le résultat annoncé par le site du Le Point.fr
  45. Côte d'Ivoire : Gbagbo déclaré vainqueur avec 51 % des voix. AFP
  46. L'ONU et l'UE s'opposent au coup de force de Gbagbo Le Figaro
  47. Dépêche AFP du 4 décembre 2010
  48. Côte d'Ivoire : Gbagbo et Ouattara ont prêté serment Le Figaro
  49. Article de Ouest-France du 6 décembre 2010
  50. Côte d'Ivoire : l'Angola prône la non ingérence internationale (ministre), www.abidjan net paru le 22 décembre 2010
  51. abidjan.net - Article du 18 décembre 2010
  52. seneweb.com - Article du 15 décembre 2010
  53. Côte d'Ivoire : Gbagbo propose un comité d'évaluation international,www.lemonde.fr, paru le 21 décembre
  54. Côte d'Ivoire : une seule solution, la force, déclare Soro, Nouvelos.com, paru le 22 décembre 2010
  55. 20 minutes - Article du 19 décembre 2010
  56. « Côte d'Ivoire: 173 morts selon l'ONU, le camp Ouattara en appelle à la CPI », dépêche AFP, 23 décembre 2010.
  57. « La Côte d'Ivoire sur le chemin de la guerre », Le Figaro, 24 décembre 2010.
  58. Crise post-électorale: Voici pourquoi Philippe Mangou a abandonné Gbagbo - Article de l'Éléphant déchainé sur Ivorian.net
  59. Laurent Gbagbo, retranché dans le palais présidentiel
  60. Le président sortant ivoirien a été arrêté ce lundi par des forces pro-Ouattara, certes, Le jour où Gbagbo a été arrêté - L'Express.fr
  61. Laurent Gbagbo, 65 ans, n'a pas été arrêté par l'armée française, comme annoncé plus tôt, mais par les forces d'Alassane Ouattara, a précisé Jean-Marc Simon, l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire., Gbagbo a été arrêté par les forces de Ouattara (vidéo) - 7sur7.be
  62. « Gbagbo a été arrêté à Abidjan », sur Le figaro.fr,‎ 11 avril 2011
  63. « Gbagbo sera traité avec humanité », sur Nouvelobs.com,‎ 11 avril 2011
  64. Article du « Libération » du 15 avril 2011
  65. « Mise en résidence surveillée - Simone Gbagbo transférée à Odienné », sur abidjan.net,‎ 23 avril 2011
  66. « Laurent Gbagbo inculpé pour “crimes économiques” », nouvelobs interactif, 19 août 2011.
  67. « Laurent Gbagbo: un aller simple pour La Haye », L'Express, 30 novembre 2011.
  68. « Tribune: Les partisans de Gbagbo ont la mémoire courte », Slate Afrique
  69. Laurent Larcher, « La CPI décide de juger Laurent Gbagbo », La Croix,‎ 15 juin 2014 (consulté le 23 juin 2014)
  70. « La CPI va juger l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo[auteur=Laurent Correau », RFI,‎ 13 juin 2014 (consulté le 23 juin 2014)
  71. Alain Léauthier, « Gbagbo, coupable unique ? », Marianne, no 896, du 20 au 26 juin 2014, p. 43

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Soro, Pourquoi je suis devenu un rebelle : La Côte d'Ivoire au bord du gouffre, éd. Hachette, Paris, 2005 (ISBN 978-2-01-235858-4)
  • Ernest Duhy, Le pouvoir est un service : le cas Laurent Gbagbo, éd. L'Harmattan, Paris, 2006 (ISBN 978-2-296-00438-2)
  • Viviane Gnakalé, Laurent Gbagbo : pour l'avenir de la Côte d'Ivoire, éd. L'Harmattan, Paris, 2006 (ISBN 978-2-296-00561-7)
  • Waga Agou, Gbagbo et/ou le gâchis ivoirien, éd. Edilivre, Paris, 2010 (ISBN 978-2-8121-3662-7)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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