Jean-Pierre Bemba

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Jean-Pierre Bemba (2006).

Jean-Pierre Bemba Gombo, né le 4 novembre 1962 à Bokada dans la province de l'Équateur, est un homme politique de la République démocratique du Congo. Il a été vice-président de la République durant la période de transition après avoir été dirigeant d’un mouvement de rébellion. Il est le fils du millionnaire Jeannot Bemba Saolona. Il a installé son quartier général à Gbadolite, dans la province de l'Équateur, ancien fief de Mobutu Sese Seko.

Surnommé le chairman, il est le fondateur et l'actuel homme fort du Mouvement de Libération du Congo (MLC) qu'il représentait, en tant que vice-président, au sein du Gouvernement de transition depuis le 30 juin 2003.

Actuellement poursuivi par la justice internationale pour crimes contre l'humanité, il est sénateur depuis 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est issu de l'entourage de l'ancien président Mobutu Sese Seko, auquel il est apparenté (sa sœur est l'épouse d'un des fils de l'ancien président, Nzanga Mobutu). Père de cinq enfants, cet homme mesurant 1,90 m[1] a fait ses études secondaires au collège Boboto à Kinshasa, et ses études supérieures à Bruxelles en Belgique, où il est licencié en sciences com­merciales et consulaires de l'ICHEC au côté d'Olivier Kamitatu. Il a travaillé dans leurs entreprises familiales, dont la richesse est issue de nombreuses spoliations.

En 1997, il s'exile lors de la prise du pouvoir par l'Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) menée par Laurent-Désiré Kabila. En 1998, il crée le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et son bras armé, l'Armée de Libération du Congo (ALC) avec le soutien des troupes ougandaises.

En 2002, il est fortement soupçonné de continuer à acquérir des armes. Il aurait permis à ses milices quelques interventions de l'autre côté de la frontière, en république centrafricaine, avec le colonel Kadhafi, dans le but de soutenir le régime d'Ange-Félix Patassé. Lors de ces interventions, ses milices réputées sous-payées se sont livrés à des exactions : vols, viols, pillages[2].

En 2003, il dément les accusations de cannibalisme de la part de ses milices émises par les Nations unies. Il démet de leurs fonctions les miliciens qui ont été accusés d'avoir contraint sous la menace d'armes des femmes pygmées à cuisiner puis manger leurs maris. Un an plus tard, d'autres pygmées qui affirmeront être ceux qui étaient supposés avoir été mangés comparaitront vivants devant la presse, créant un doute sur les patronymes. C'est l'affaire de « Mambasa ».

Il est nommé vice-président du Gouvernement de transition dans le cadre du processus de paix le 30 juin 2003.

Candidat à la présidentielle d'octobre 2006, il arrive au premier tour à la deuxième place derrière Joseph Kabila Kabange avec plus de 20 % des suffrages exprimés. Il a réalisé de bons scores dans sa région d'origine l'Équateur, mais aussi à Kinshasa principalement dans les quartiers populaires et dans le Bas-Congo. Selon certaines rumeurs, reportées dans le Potentiel, Bemba aurait utilisé 20 millions $US pour sa campagne. Il se présente comme le fils du pays par rapport à son opposant Joseph Kabila traité de mupaya (étranger), d’enfant illégitime[3].

Le 21 août 2006, alors que Jean-Pierre Bemba est en compagnie d'ambassadeurs des pays membres du Comité international d'Accompagnement de la Transition (États-Unis, Grande-Bretagne, France et Belgique par Johan Swinnen), ainsi que du chef de la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo et du diplomate américain William Swing, il échappe à un bombardement de sa résidence par la Garde Présidentielle. Deux enquêtes ont été ouvertes par les deux parties en présence (les forces de Joseph Kabila et de Jean-Pierre Bemba) pour déterminer les raisons du bombardement. Deux hypothèses s'affrontent: un coup monté par les miliciens de Bemba qui auraient kidnappé deux policiers afin de provoquer un accrochage en présence des occidentaux; ou une attaque délibérée et un dérapage des militaires de Kabila, voire une tentative d'assassinat.

Au deuxième tour, il arrive en tête à Kinshasa, dans l'Équateur, dans le Bas-Congo, dans le Bandundu et dans les deux Kasaï. Cependant, au niveau national, il n'obtient que 42 % des suffrages exprimés. Il introduit plusieurs recours auprès de la Cour suprême, mais il n'obtient pas gain de cause.

Jean-Pierre Bemba a été élu sénateur lors des élections sénatoriales du 19 janvier 2007[4].

Violences de mars 2007 et exil[modifier | modifier le code]

Après sa défaite face à Joseph Kabila lors de la présidentielle d'octobre 2006, Jean-Pierre Bemba s'était engagé à mener une « opposition républicaine » au gouvernement de celui-ci. Son refus de fondre sa garde personnelle au sein de l'armée gouvernementale, au début 2007, l'a conduit à un affrontement direct avec le pouvoir.

Une altercation avec la garde rapprochée de Bemba a conduit le 22 mars 2007 à des combats aux environs de la résidence de Bemba (promenade de la Raquette à Gombe) et de ses bureaux (milieu du boulevard du 30 juin)[5].

Les gardes de Bemba n'avaient pas obéi à un ultimatum dont le terme avait été fixé au 15 mars d'accepter leur incorporation à l'armée régulière, craignant pour la sécurité de Jean-Pierre Bemba[6]. Bemba a ensuite appelé au cessez-le-feu, et trouvé refuge en l'ambassade d'Afrique du Sud[7]. Avec la poursuite des combats le 23 mars, un mandat d'arrêt a été lancé contre Jean-Pierre Bemba désormais accusé de haute trahison[8]. Ces affrontements ont fait plus de 200 morts à Kinshasa.

Jean-Pierre Bemba a quitté la République démocratique du Congo le 11 avril 2007 pour se rendre au Portugal, officiellement pour y soigner une vieille blessure à la jambe.

Justice internationale[modifier | modifier le code]

L´affiche de Bemba à Bruxelles

Jean-Pierre Bemba est la cible de la justice internationale depuis de nombreuses années. En 2003, une cour belge le condamnait par contumace à un an de prison ferme pour « traite d'êtres humains ». Procès qui s'est conclu par un non-lieu.

Les Nations unies ont aussi accusé les miliciens de Jean-Pierre Bemba de viols en série, de pillages, de massacres, voire de cannibalisme[9].

II est arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 à la suite d'un mandat établi la veille par la Cour pénale internationale, en raison d'accusations de crimes sexuels, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis lors des incursions de ses troupes en République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003[10]. Il est ensuite transféré à La Haye le 3 juillet 2008[11].

Le 4 juillet 2008 à 15h, Bemba comparaît pour la première fois devant les juges de la chambre préliminaire présidée par la juge président malienne Fatoumata Dembele Diarra. Les avocats de J.-P. Bemba n'ont pas demandé la mise en liberté provisoire de leur client, attendant d'être en possession de toutes les pièces transmises par le procureur avant de se prononcer. L'audience de confirmation de charges initialement prévue pour le 4 novembre 2008[12], a été reportée à la demande du Procureur Moreno Ocampo au 8 décembre 2008, pour être une nouvelle fois reportée à la demande de la CPI, pour empêchement lié à des motifs familiaux de l'un des juges. L'ouverture du procès est prévue le lundi 22 novembre 2010 à La Haye devant la Cour Pénale Internationale[13].

Une audience pour confirmation des charges s'est tenue du 12 au 15 janvier 2009 [14]. Le 15 juin 2009, les juges confirment que la preuve est suffisante pour accuser Bemba de deux chefs d'accusation pour crimes contre l'humanité et de trois chefs d'accusation pour crimes de guerre[15].

Le procès de Bemba a débuté à La Haye le 22 novembre 2010[16].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Liliane Bemba avec qui il a eu cinq enfants.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le choix de la liberté aux éditions Venus, Gbadolite.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. 10.000 pages pèsent, Bemba paie les pots cassés, CongoPlanète, 13 janvier 2009
  2. « Les armes de Kadhafi », sur RFI,‎ 13 décembre 2002
  3. « Pourquoi J. Kabila et JP Bemba au second tour » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), août 2006, sur le Potentiel
  4. Jean-Pierre Bemba élu sénateur, Xinhua, 20 janvier 2006 relatant des informations de Radio Okapi (République démocratique du Congo)
  5. « Sustained gunfire reported in Congo's capital » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), mars 2007, sur Associated Press
  6. « Congolese armies not backing down » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), mars 2007, sur Associated Press
  7. (en)DR Congo rebel chief seeks refuge, BBC News, 23 mars 2007
  8. « Bemba: Wanted for high treason » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), mars 2007, sur Reuters
  9. « Les cas de cannibalisme secouent la RDC », sur Afrik.com,‎ 21 janvier 2003
  10. « Communiqué de presse du CPI: Arrestation de Jean-Pierre Bemba Gombo pour des crimes qu’il est présumé avoir commis en République centrafricaine » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  11. L'ex-rebelle Bemba, de la vice-présidence de RDC à la CPI, La Libre Belgique, 3 juillet 2008
  12. « Première comparution du Congolais Bemba devant les juges de la CPI » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), juillet 2008, sur AFP
  13. « http://fr.news.yahoo.com/3/20101121/twl-calendrier-international-1be00ca.html » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  14. « Les 50 personnalités qui font la RD Congo : Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC) », sur Jeune Afrique,‎ 12 mai 2010
  15. « Cour Pénale Internationale : Situation en République Centrafricaine », sur Icc-cpi.int,‎ 15 juin 2009
  16. « http://www.icc-cpi.int/Menus/ICC/Situations+and+Cases/Situations/Situation+ICC+0105/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)