Robert Guéï

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher


Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gueï.
Robert Guéï
Fonctions
Président du Comité national de Salut public de la République de Côte d'Ivoire
24 décembre 199926 octobre 2000
(10 mois et 2 jours)
Premier ministre Seydou Diarra
Prédécesseur Henri Konan Bédié
(président de la République)
Successeur Laurent Gbagbo
(président de la République)
Biographie
Date de naissance 16 mars 1941
Lieu de naissance Kabakouma (AOF)
Date de décès 19 septembre 2002 (à 61 ans)
Lieu de décès Abidjan (Côte d'Ivoire)
Nationalité ivoirienne
Parti politique Sans étiquette
Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (2001-2002)
Conjoint Rose Doudou Guéï
Diplômé de École spéciale militaire de Saint-Cyr
Profession Militaire
Religion Catholicisme

Robert Guéï
Chefs d'État ivoiriens

Robert Guéï, né le 16 mars 1941 à Kabakouma et mort le 19 septembre 2002, est un général et homme d'État ivoirien. Il est le chef de l'État du 24 décembre 1999 au 26 octobre 2000, en tant que président du Comité national de Salut public de la République de Côte d'Ivoire, et le fondateur du parti politique Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire.

Formation[modifier | modifier le code]

Guéï est né à Kabakouma, un village dans la région occidentale de Man. Il est membre du peuple Yacouba. Il est militaire de carrière : enfant de troupe, il est formé à l'école militaire préparatoire de Bingerville jusqu'en classe de troisième où il obtient le brevet, puis à Ouagadougou sous administration française et enfin après son stage de professionnalisation à l'École normale William Ponty au Sénégal. En 1963, il rejoint l'École spéciale militaire de Saint-Cyr où il a comme camarade promotion le général sénégalais Mountaga Diallo et les militaires ivoiriens Marcel Dey, Arriko Kouadio, Bendji Moke et Joseph Siei.

Il est aussi breveté de l'École supérieure de guerre française.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est promu sous-lieutenant, puis lieutenant en 1967, capitaine en 1971, commandant en 1975, lieutenant-colonel en 1978.

Avec le soutien de Félix Houphouët-Boigny, il fait son entrée sur la scène politique en 1982 en mettant à la disposition de sa femme, candidate aux municipales, des véhicules des sapeurs-pompiers militaires dont il est commandant en chef. Sanctionné, il est muté à Korhogo au nord du pays.

En 1989, il aurait participé à la préparation de l'attaque du chef de guerre Charles Taylor contre le Libéria.

Rappelé sur le devant de la scène pour mater une mutinerie de jeunes recrues, qui protestaient contre les retards de salaires, il devient, tout en restant colonel, chef d'État-major des FANCI, Forces armées nationales de Côte d'Ivoire en 1990. Il crée alors la FIRPAC, Force d'Intervention Rapide Para-Commando, qui réprime les révoltes d'étudiants de 1991 et organise notamment, le 17 juin, une expédition punitive à la cité universitaire de Yopougon. En dépit de sa mise en cause par une commission d'enquête sur ces exactions, Gueï est élevé au grade de général « pour services éminents rendus à la nation » après avoir été mis sous surveillance stricte d'une "personnalité de haute moralité".

En 1991, il est promu au grade de général de brigade. Il est alors chef d'état-major des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI).

En 1992 à l'issue d'une manifestation violente à Abidjan, il contribue à l'arrestation de Laurent Gbagbo qui est emprisonné à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) à Yopougon[1].

En 1993, après le décès d'Houphouët-Boigny, Guéï est limogé par son successeur Henri Konan Bédié en octobre 1995, pour avoir refusé de faire intervenir ses troupes pour réprimer les incidents qui impliquaient les partisans des partis de l'opposition RDR d'Alassane Ouattara et Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo écartés du scrutin et qui appellent au boycott actif. Il est nommé ministre, mais encore renvoyé en août 1996 et mis à la retraite de l'armée en janvier 1997 ; il a été soupçonné de fomenter un coup d'État.

Bédié est renversé par un coup d'État le 24 décembre 1999. Se défendant d'en être à l'origine, le général Guéï prend cependant la tête d'un Conseil national de Salut public avant de former un gouvernement avec les principaux partis d'opposition (FPI, RDR, PIT). En est exclu le PDCI, l'ancien parti unique jusque-là au pouvoir.

Surnommé « le Père Noël en treillis », catholique fervent, le général Gueï déclare : « Nous sommes venus balayer la maison ». Il met en place une politique musclée contre la délinquance qui s'est développée à Abidjan à la suite de la crise économique, mais ne parvient pas à surmonter les divisions politiques ivoiriennes et à rétablir la paix et la confiance.

Aux élections d'octobre 2000, après avoir fait campagne sur le thème du refus de toute corruption, il est battu par Laurent Gbagbo du Front populaire ivoirien, mais refuse de reconnaître le résultat. Aussitôt, des manifestations s'opposent à lui, et la répression fait environ 300 morts. Guéï quitte le pouvoir et se réfugie à Gouessesso, près de la frontière du Libéria, mais reste une personnalité de la scène politique. Il participe, avec Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, au « Forum de réconciliation nationale » en 2001 et accepte de s'abstenir de méthodes anti-démocratiques. La même année, il crée l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI).

Le 19 septembre 2002, accusé par le pouvoir d'être à l'origine de la tentative de coup d'État des rebelles du nord, il est retrouvé assassiné à Abidjan. Son épouse, Rose Doudou Guéï, est également tuée. Ces meurtres sont régulièrement attribués aux forces loyales à Laurent Gbagbo[2],[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chronologie de la Côte d'Ivoire (1958-2011) (voir Février 1992) - L'Express.fr
  2. « Alassane Ouattara, du FMI à la présidence ivoirienne », nouvelobs interactif, 11 avril 2011.
  3. Chronologie de la Côte d'Ivoire (1958-2011) (voir 19 septembre 2002) - L'Express.fr