Henri Konan Bédié

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Henri Konan Bédié
Henri Konan Bédié
Henri Konan Bédié
Fonctions
2e président de la République de Côte d'Ivoire
7 décembre 199324 décembre 1999
(par intérim du 7 décembre 1993 au 22 octobre 1995)
Élection 22 octobre 1995
Premier ministre Alassane Ouattara
Daniel Kablan Duncan
Prédécesseur Félix Houphouët-Boigny
Successeur Robert Guéï (de facto)
Laurent Gbagbo
Président de l'Assemblée nationale
22 décembre 19807 décembre 1993
(12 ans, 11 mois et 15 jours)
Prédécesseur Philippe Yacé
Successeur Charles Bauza Donwahi
Ministre de l'Économie et des Finances
23 septembre 196827 juillet 1977 (8 ans, 10 mois et 4 jours)
Président Félix Houphouët-Boigny
Gouvernement Houphouët-Boigny V
Houphouët-Boigny VI
Houphouët-Boigny VII
Houphouët-Boigny VIII
Houphouët-Boigny IX
Prédécesseur lui-même en tant que délégué aux Affaires économiques et financières
Successeur Abdoulaye Koné
Délégué aux Affaires économiques et financières
21 janvier 196623 septembre 1968 (2 ans, 8 mois et 2 jours)
Président Félix Houphouët-Boigny
Gouvernement Houphouët-Boigny IV
Prédécesseur Raphaël Saller en tant que ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan
Successeur lui-même en tant que ministre de l’Économie et des Finances
Biographie
Nom de naissance Aimé Henri Konan Bédié
Date de naissance 5 mai 1934 (80 ans)
Lieu de naissance Daoukro
Nationalité ivoirienne
Parti politique Parti démocratique de Côte d'Ivoire
Diplômé de Université de Poitiers
Religion Christianisme

Henri Konan Bédié
Présidents de la République de Côte-d'Ivoire

Henri Konan Bédié (né le 5 mai 1934[1] à Daoukro, centre-est de la Côte d'Ivoire) est un homme d'État, président de la République de Côte d'Ivoire de 1993 à 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en pays Baoulé, il fait des études à l'École normale de Dabou, puis à l'université de Poitiers. Il est ensuite nommé ambassadeur aux États-Unis (1961-1966)[2], ministre des Finances (1966-1977), et enfin président de l'Assemblée nationale (1980-1993). Ce poste lui vaut d'assurer l'intérim jusqu'en 1995 à la mort de Félix Houphouët-Boigny.

Président par intérim (1993-1995)[modifier | modifier le code]

Il encourage pendant son intérim la stabilité nationale, mais il ne bénéficie pas du charisme et de l'aura de son prédécesseur, et se retrouve rapidement accusé de répression politique et de corruption. Il est accusé de mettre en place le concept d'ivoirité, selon lequel une personne serait ivoirienne seulement si le père et la mère sont d'origine ivoiriennes, ce qui permet d’écarter son opposant Alassane Ouattara à l'élection présidentielle ivoirienne de 1995.

En 1995, il est élu avec 96,44 % des suffrages, tous les autres candidats à l'exception de Francis Wodié (Parti ivoirien des travailleurs), ayant boycotté l'élection à cause de la réforme controversée du code électoral.

Président de la République (1995-1999)[modifier | modifier le code]

Son mandat est marqué par une crise sociale majeure, consécutive aux problèmes économiques que connait le pays depuis le début des années 1980 malgré des plans d'ajustement structurel et des réformes libérales effectuées de 1990 à 1993. Cette crise est amplifiée par la mauvaise gestion et la corruption alors grandissante. Si économiquement, la Côte d'Ivoire montre des signes de timide reprise, les indicateurs de développement restent en berne tandis que la pauvreté, jadis limitée, augmente progressivement. Afin de relancer la croissance économique du pays, Henri Konan Bédié souhaite mettre en œuvre de vastes chantiers d'infrastructures, parmi eux le projet de pont Riviera-Marcory.

Le pays s'enfonce progressivement dans une crise politique à dimension ethnique, liée à l'application de l'Ivoirité, concept xénophobe ayant pour but de disqualifier l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara des prochaines échéances présidentielles d'alors. La crédibilité du président et de l'ensemble de son administration, déjà perçue comme corrompue[3], est mise à mal lorsque éclate en 1999 l'affaire des 18 milliards de l'Union européenne[4], aide destinée à être investie dans du matériel médical au profit des hôpitaux ivoiriens, et détournée par différentes personnalités de l’État, dont le ministre de la Santé Maurice Kacou Guikahué[5]. Le Président et sa femme ont longtemps été suspectés d'avoir également participé ou joué un rôle dans ce détournement massif[réf. nécessaire], tandis que le gouvernement a promis de rembourser la somme détournée, correspondant à 38% du total des fonds offerts[4],[5]. Cette affaire entraîne un remaniement ministériel avec le limogeage des personnes incriminées[6], mais aussi le désengagement de nombreux investisseurs et partenaires financiers dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Il est renversé par un coup d'État militaire le 24 décembre 1999, lequel installe Robert Guéï à la Présidence.

Le « Sphinx », président du PDCI[modifier | modifier le code]

Après deux ans d'exil à Paris, il rentre en Côte d'Ivoire en 2001 pour participer au Forum de réconciliation nationale.

Membre de droit du Conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire, il est investi en 2006 par le PDCI-RDA pour être candidat à l'élection présidentielle, reportée à plusieurs reprises. Le 31 octobre 2010, il est candidat à l'élection présidentielle ivoirienne et obtient 25,2 % au premier tour[7]. Après avoir exigé un recomptage des votes[8], il appelle finalement à voter Alassane Ouattara contre Laurent Gbagbo au second tour[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie sur le site du PDCI
  2. Henri Konan Bédié… Le plus jeune ambassadeur africain aux Nations Unies - article de l'Intelligent d'Abidjan sur Abidjan.net publié le 16 mai 2013
  3. « Malgré ses atouts agricoles, la Côte d'Ivoire s'enfonce dans la crise sous le régime particulièrement corrompu du nouveau président. », Coup d'État en Côte d'Ivoire - article d'herodote.net
  4. a et b Pages 17-18 du livre Côte d'Ivoire: l'année terrible, 1999-2000, de Marc Le Pape et Claudine Vidal aux éditions Karthala
  5. a et b L'endettement de la Côte d'Ivoire sur le portail juridique loidici.com
  6. CÔTE D'IVOIRE : remaniement ministériel - dépêche de Le Monde parue dans l'édition du 12 août 1999
  7. Théophile Kouamouo, « Présidentielle : le second tour opposera Gbagbo à Ouattara », Jeune Afrique,‎ 4 novembre 2010 (lire en ligne)
  8. Baudelaire Mieu, « Présidentielle : Bédié, devancé par Gbagbo et Ouattara, dénonce une volonté de tripatouillage », Jeune Afrique,‎ 4 novembre 2001
  9. AFP, « Côté d'Ivoire : Bédié appelle à voter Ouattara », Le Monde,‎ 7 novembre 2010 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Baulin, La succession d'Houphouët-Boigny, Karthala, (ISBN 2845860919)