François-Albert Angers

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François-Albert Angers

Nom de naissance François-Albert Angers
Naissance 21 mai 1909
Québec
Décès 14 juillet 2003 (à 94 ans)
Nationalité Canada Canadienne
Profession écrivain
Distinctions

François-Albert Angers, O.Q. (21 mai 1909 à Québec - 14 juillet 2003), professeur, économiste et nationaliste québécois.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Après l'obtention de sa licence en sciences commerciales de l'École des hautes études commerciales de Montréal en 1934, Angers poursuit ses études en France à l'École libre des sciences politiques de Paris. Il obtient son diplôme en 1937.

À son retour à Montréal, il devient assistant professeur à l'École des hautes études commerciales où il collabore notamment avec l'économiste Esdras Minville. Angers devient professeur agrégé puis professeur titulaire de sciences économiques. Il enseignera à cet établissement jusqu'en 1974. Parallèlement, il donnera également des cours de sécurité sociale à l'École des relations industrielles de l'Université de Montréal de 1950 à 1955.

En 1942, il s'est opposé à la conscription.

Engagements[modifier | modifier le code]

Angers fut impliqué dans de nombreuses activités, étroitement liées à sa carrière d'économiste et de militant nationaliste. Il dirigea plusieurs revues (dont L'Actualité économique de 1938 à 1948 et L'Action nationale de 1959 à 1968), il fut membre des conseils d'administration de la Ligue d'Action Nationale à partir de 1940, de la Commission des Semaines sociales du Canada, de l'Action corporative, de l'Académie des sciences morales et politiques du Québec de même que de diverses compagnies et coopératives.

Il présida divers organismes et associations tels la Ligue d'Action nationale de 1955 à 1985, la Fondation Esdras-Minville de 1969 à 1988, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal de 1969 à 1973, la Fondation Ludger-Duvernay de 1970 à 1980, la Société canadienne de science économique (1968-1971) et le Mouvement Québec français de 1972 à 1980. Il fut également vice-président du Mouvement national des Québécois de 1973 à 1977 et de plusieurs autres sociétés et commissions.

Un penseur du corporatisme et du nationalisme[modifier | modifier le code]

Angers était un économiste nationaliste, préoccupé par la défense des droits, de la langue et de l'identité des canadiens-français. Il s'était d'abord fait connaître comme un théoricien du corporatisme et du coopérativisme, proche de certaines figures de la droite nationaliste des années 1930 comme Lionel Groulx, Esdras Minville et les collaborateurs de L'Action nationale.

Pendant la crise de Saint-Léonard, il devient un défenseur acharné de l'unilinguisme français[1], politique qui mènera en 1977 à l'adoption de la Charte de la langue française.

On lui doit plusieurs études portant sur des questions sociales, économiques ou linguistiques liées aux problèmes national et identitaire du Canada français. Aujourd'hui, l'héritage d'Angers est revendiqué par les souverainistes et, en particulier, par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Il compte à la fois parmi les acteurs et les précurseurs du mouvement indépendantiste québécois avec son collègue Richard Arès. Il exerça une influence sur Jacques Parizeau avec lequel il publia un ouvrage sur la notion de centralisation.

Lors du référendum de 1980, il critiqua vigoureusement la stratégie du camp du OUI. Selon lui, il ne servait à rien d'essayer d'attirer des appuis non-francophones; il fallait plutôt concentrer tous les efforts sur les Québécois d'origine canadienne-française[2].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (et al.), Vers un ordre nouveau par l'organisation corporative. Causeries de François-Albert Angers, Léon-Mercier Gouin, Eugène Gibeau, Maximilien Caron, Richard Arès, S.J., Montréal, Secrétariat de l'É.S.P., "L'École sociale populaire", 1940.
  • Le Comté de Charlevoix, Inventaire des ressources naturelles et industrielles, Québec, Ministère de l'Industrie, 1942.
  • Initiation à l'économie politique, Montréal, Fides, 1948, 1952, 1958, 1963. Réédité pour la cinquième fois en en deux volumes (1971):
I. Initiation à la vie économique.
II. Initiation à l'analyse économique.
  • La Centralisation et les Relations fédérales-provinciales, annexe 11 au rapport de la Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels (Québec), Québec, l'Imprimeur du Québec, 1956.
  • Le Problème fiscal et les Relations fédérales-provinciales, annexe 5 au rapport de la Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels (Québec), Québec, l'Imprimeur du Québec, 1956.
  • (avec Pierre Harvey et Jacques Parizeau), Essai sur la centralisation, Montréal, Beauchemin et l'École des hautes études commerciales, 1960.
  • Guide d'études sur l'initiation à l'économie politique, Québec, Ministère de l'Éducation, "Direction générale de l'éducation permanente", 1968.
  • Pour orienter nos libertés, préface de Richard Arès, Montréal, Fides, 1969.
  • Le Contrôle des institutions financières et la Banque du Canada, 2 vol., annexe au rapport de la Commission sur les institutions financières (Québec), Québec, Comité d'étude sur les institutions financières, 1969.
  • Les Droits du français au Québec, Montréal, Éditions du jour, 1971.
  • La Coopération. De la réalité à la théorie économique, Montréal, Fides, 1974 et 1976, 2 volumes.

Édition d'ouvrages collectifs et éditions critiques[modifier | modifier le code]

  • 50 années de nationalisme positif, Montréal, L'Action nationale, mars 1963.
  • Bourassa et le Séparatisme, Montréal, L'Action nationale, 1964.
  • Esdras Minville. Œuvres complètes, Montréal, Fides et H.É.C. Édité par François-Albert Angers, 13 vol., 1979-1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lise Saint-Jacques, Bio-bibliographie de François-Albert Angers, préface de Jean Bruchési et appréciation critique du père Papin Archambault, s.j., Montréal, École des bibliothécaires, 1947.
  • Fernand Dumont et Yves Martin (dir.), Situation de la recherche sur le Canada français (voir notamment les chapitres: "L'histoire économique de la Province de Québec au XIXe siècle", "Recherches économiques récentes sur la Province de Québec", "Les études politiques", "Les recherches sur l'occupation et la stratification sociale"), Québec, Presses de l'Université Laval, 1962.
  • Roger Brien, "François-Albert Angers: un grand Canadien-Français", dans la Revue Nouvelle France, mai-juin 1962.
  • Richard Arès, "François-Albert Angers, directeur, Institut d'économie appliquée, École des H.É.C.", dans Commerce ("L'homme du mois: François-Albert Angers"), mars 1965.
  • Denis Turcotte, La Culture politique du Mouvement Québec Français, 1976.
  • "François-Albert Angers", dossier, Montréal, février 1977. Bio-bibliographie. Appréciations de MM. Pierre Laurin, Éric Kierans, Roland Parenteau, Gilbert-A. Latour, André Raynauld, Léon Courville.
  • Léon Courville, "François-Albert Angers reçoit le prix Léon-Gérin", dans Le Devoir, 1er décembre 1980.
  • "La coopération: hommage à François-Albert Angers", dans L'Actualité économique, juillet-septembre 1981,
  • Pierre Gravel, "François-Albert Angers à 80 ans ne veut pas arrêter", dans La Presse, 29 mai 1989.
  • Jean-Marc Léger, "Présentation" du dossier "François-Albert Angers, l'économiste et le combattant", dans Les Cahiers d'histoire du Québec au XXe siècle, no 5, printemps 1996.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Honneurs et prix[modifier | modifier le code]

  • 1930 - Médaille du Lieutenant-gouverneur de la Province de Québec
  • 1934 - Médaille d'or de l'École des hautes études commerciales de Montréal
  • 1937 - Médaille de l'École des sciences politiques de Paris, France
  • 1961 - Prix Ludger-Duvernay
  • 1962 - Mérite d'honneur de l'Association des Étudiants H.É.C.
  • 1965 - Homme du mois de la revue Commerce
  • 1967 - Médaille de l'Université de Liège, Belgique
  • 1972 - Mérite annuel de l'Association des diplômés de l'Université de Montréal
  • 1972 - Membre de l'Ordre du Mérite
  • 1977 - Patriote de l'année du Comité d'organisation de la Fête des Patriotes de 1837
  • 1980 - Prix Léon-Gérin
  • 1982 - Établissement par l'École des hautes études commerciales d'un Prix «François-Albert-Angers» pour le meilleur ouvrage pédagogique de l'année rédigé par un professeur
  • 1985 - Officier de l'Ordre national du Québec
  • 1991 - Membre de l'Ordre des francophones d'Amérique

Références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Gélinas. Notes sur René Lévesque et le traditionalisme canadien-français, René Lévesque: mythes et réalités, sous la direction d'Alexandre Stefanescu, Montréal, VLB Éditeur, 2008, 249 pages.
  2. "Le Devoir, 18 septembre 1980"