Jean Bruchési

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Jean Bruchési, né à Montréal le 9 avril 1901 et décédé le 2 octobre 1979 à l'âge de 78 ans, est un journaliste, historien, professeur, critique littéraire québécois et diplomate canadien.

Il est le fils de Charles Bruchési, c.r. et d'Elvire Desnoyers, petit-fils du juge Mathias-Charles Desnoyers, arrière petit-fils de Charles-André Leblanc[1], l'un des patriotes de 1837, qui fut shérif à Montréal, et neveu de Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal de 1855 à 1939[2]. Il épouse Berthe Denis le 20 juin 1930[3].

Études[modifier | modifier le code]

Jean Bruchési fait ses études classiques au Collège de Montréal (1912-1916) et au Collège Sainte-Marie où il obtient son (baccalauréat ès arts) en 1921, puis à l'Université de Montréal où il obtient une licence en droit en 1924. Il est admis au Barreau du Québec en 1924. Boursier du gouvernement du Québec, il poursuit ses études à Paris de 1924 à 1927, à l'École libre des sciences politiques, l'École nationale des chartes et il fait des études de lettres à la Sorbonne). Il revient au Canada en 1927[4],[2],[3].

Parcours[modifier | modifier le code]

À son retour d’Europe, Jean Bruchési choisit de ne pas pratiquer le droit et il entreprend plutôt une carrière dans l’enseignement et le journalisme.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Ainsi, en 1927, à l'Université de Montréal, il devient chargé de cours à la faculté des Lettres, où il donne des cours d’histoire du Canada, puis à la faculté des Sciences sociales, économiques et politiques, où il enseigne la politique internationale. En 1930, il donne des cours d’histoire à l’Externat classique Saint-Sulpice et, en 1932, au Collège Marguerite-Bourgeoys[4],[5],[3],[2].

Journalisme et voyage[modifier | modifier le code]

Durant ces mêmes années, en plus de ses différents emplois comme professeur, Jean Bruchési s’engage dans le journalisme et s’acquitte de divers mandats relatifs aux relations internationales.

Ainsi, de 1928 à 1931, il est rédacteur en chef du journal Le Canada (1926-1930), et rédacteur en chef de La Revue Moderne (1930-1937) et de l’Action Universitaire (1934-1937) et collabore à d’autres journaux et revues au Québec.

Il voyage aussi beaucoup à cette époque. En 1925, il est délégué de l’Université de Montréal aux fêtes du cinquantenaire des Instituts catholiques de Paris et d’Angers ; en 1929, à la demande du quotidien Le Canada[note 1], il fait un long voyage en Europe orientale[6] ; puis, encore une fois, il est délégué aux fêtes du Ve centenaire de Jeanne d’Arc, à l’Exposition coloniale universelle de Paris et aux fêtes du IVe centenaire du Collège de France. En 1934, il est secrétaire de la délégation canadienne au Congrès de l’Union postale universelle[7].

Sous-secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

En 1937, le « professeur-journaliste-voyageur » est nommé par le premier ministre Maurice Duplessis au poste de sous-secrétaire d’État[7]. Cette fonction, l'historien Claude Galarneau la décrit ainsi :

« À l’époque, le Québec ne compte ni ministère de l’Éducation, ni ministère de la Culture. C’est le ministre appelé secrétaire provincial qui est responsable, devant l’Assemblée législative, du Département de l’Instruction publique et des affaires culturelles. Dans le premier cas, seul le budget du Département de l’Instruction publique, pour les catholiques, dépend d’un comité composé de tous les évêques et d’autant de laïques nommés par le Gouvernement. Dans le second cas, c’est le secrétaire qui décide, conseillé par son sous-ministre. C’est ainsi que, pendant deux décennies, les affaires culturelles passeront d'abord au bureau de Jean Bruchési. Pendant ces années, le haut fonctionnaire ne se retranche pas dans son bureau. Au contraire, il se manifeste souvent, en vertu du poste qu’il occupe et grâce à sa réputation établie d’écrivain, d’intellectuel et de diplomate. L’Alliance française l’invite par exemple comme conférencier en France en 1948 et l’Institut Scientifique Franco-Canadien en fait autant en 1953. Ce dernier voyage l’amène aux universités de Paris, de Strasbourg, de Lyon, de Toulouse, de Bordeaux et de Rennes. En 1949, il est délégué du Canada à la conférence internationale sur l'éducation des adultes, qui se tient à Elseneur au Danemark et conférencier de la Société royale dans les principales villes du Canada en 1951 et 1954[7]. »

Diplomatie[modifier | modifier le code]

En 1959, Jean Bruchési entreprend une carrière diplomatique comme ambassadeur du Canada, d'abord en Espagne, puis au Maroc et en Argentine. Il s'acquitte également de missions extraordinaires au Vatican, en Côte d'Ivoire, en Haute-Volta et au Niger[4],[5].

Engagement professionnel[modifier | modifier le code]

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Jean Bruchési[modifier | modifier le code]

  • Jean Bruchési, Oscar Dunn et son temps, Montréal, Imprimerie populaire ltée (biographie),‎ 1928?Worldcat
  • Jean Bruchési, Jours éteints, Montréal, Librairie d’Action canadienne-Française ltée,‎ - Bibliothèque et Archives nationales du Québec
  • Jean Bruchési (ill. René Chicoine et Jean-Paul Lemieux), L’épopée canadienne : (Pour la jeunesse), Montréal, Librairie Granger Frères limitée,‎ , 203 p. - Toronto Public Library
  • Jean Bruchési, Histoire du Canada pour tous, Éditions Albert Lévesque, Montréal, 1933-1935 ; Éditions de l’Action canadienne-française, Montréal, 1939, 1940 ; Éditions Beauchemin, Montréal, 1942, 1946, 1951, 1954, 682 p.[note 2].
  • Jean Bruchési (préf. Étienne Gilson), CANADA, Réalités d'hier et d'aujourd'hui, Les Édition Variétés, Montréal,‎ [note 3].
  • Jean Bruchési, Rameau de Saint-Père et les Français d’Amérique, Les Éditions des Dix,‎ (ASIN B006RK26BS)
  • Jean Bruchési, Souvenirs à vaincre, Montréal, Hurtubise/HMH (biographie),‎ - Bibliothèque et Archives nationales du Québec
  • Jean Bruchési (préf. M. Édouard Montpetit), Aux marches de l’Europe, Montréal. Éditions Albert Lévesque,‎

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Duchesneau, « Jean Bruchési, historien diplomate », Cap-aux-Diamants : la revue d’histoire du Québec, vol. 5, no 1,‎ (lire en ligne [PDF])
  • « Bruchési, Jean 1901-1979 », sur Archives de l’Université de Montréal (consulté le 23 janvier 2015)
  • Claude Bélanger, « Jean Bruchési, avocat, professeur à l’Université de Montréal », L’Encyclopédie de l’histoire du Québec,‎ (lire en ligne)
  • Pierre Savard, « Minorités et paix internationale : Jean Bruchési en Europe de l’Est en 1929 », Les cahiers des dix, no 50,‎ , p. 235-254 (lire en ligne)
  • René Le clère, « Mais qui donc a fondé la Société des écrivains canadiens ? », Lettres québécoises : la revue de l’actualité littéraire, no 22,‎ , p. 68-69 (lire en ligne)
  • Marcel Fournier, « Jean Bruchési, Souvenirs à vaincre », Recherches sociographiques, vol. 16, no 1,‎ , p. 127-127 (lire en ligne)
  • Josée Vincent, « Faire voir pour faire (re)connaître : le travail de promotion de la Société des écrivains canadiens, de 1936 à 1960 », Voix et Images, vol. 27, no 2,‎ , p. 254-269 (lire en ligne)

Fonds d’archives[modifier | modifier le code]

Le fonds d'archives de Jean Bruchési est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[3].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Le Canada a été fondé par un groupe d’hommes d’affaires libéraux dont le sénateur montréalais Marcellin Wilson (auquel le livre Aux marches de l’Europe est dédicacé). Organe du parti libéral, Le Canada est conservateur sur le plan social. Son tirage se compare à celui du Devoir, plus nationaliste et plus proche du clergé. Feuilles d’idées et d’informa­tion à la fois, ces deux journaux se classent, pour le tirage, bien loin derrière La Presse, le grand quotidien francophone montréalais », écrit l’historien Pierre Savard (voir plus loin)[9]. — Note : Pierre Savard (1936-1998), historien, professeur et canadianiste éminent, a contribué grandement au développement des études canadiennes. Il a été président du CIEC (Conseil international d’études canadiennes) de 1983 à 1985[10],[11],[12].
  2. Bruchési raconte le régime français et divise sa matière en trois parties de 20 courts chapitres : « Les conquérants » (1534-1663), « Rêves d’empire » (1663-1713) et « La fin d’une épopée » (1713-1760) . Le tome est couronné par l’Académie française en 1934. – Le deuxième tome, paru en 1935, porte sur le régime anglais et se divise en trois parties de 13 à 14 courts chapitres : « Le miracle canadien » (1760-1815), « Liberté ! » (1815-1864), « La Puissance du Canada » (1864-1935). – (Extraits de la notice bibliographique sur le site Web de la Fondation Lionel-Groulx)[13].
  3. Cet ouvrage a été recensé par Louis Taché[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Lefebvre, « Leblanc, Charles-André », sur Biographies canadiennes (consulté le 23 janvier 2015)
  2. a, b et c Claude Bélanger, « Jean Bruchési, avocat, professeur à l’Université de Montréal », L’Encyclopédie de l’histoire du Québec,‎ (lire en ligne)
  3. a, b, c et d « Fonds d'archives Jean Bruchési, vers 1935-1974 (P292) », sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)
  4. a, b et c « Bruchési, Jean 1901-1979 », sur Archives de l’Université de Montréal (consulté le 23 janvier 2015)
  5. a, b, c et d « Bruchési (Jean) », sur La mémoire du Québec (consulté le 23 janvier 2015)
  6. Bruchési 1932
  7. a, b et c Claude Galarneau, « Le cinquième Fauteuil : Francis-J. Audet, Jean Bruchési, Jean-Charles Bonenfant », Les cahiers des dix, no 51,‎ , p. 115-123 (lire en ligne)
  8. Prix littéraires de l'Académie française
  9. Pierre Savard, « Minorités et paix internationale : Jean Bruchési en Europe de l’Est en 1929 », Les Cahiers des dix, no 50,‎ , p. 235-254 (lire en ligne)
  10. Le Prix Pierre-Savard
  11. Robert Choquette, « Hommage à l’historien Pierre Savard », Lettres québécoises : la revue de l’actualité littéraire numéro 93,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  12. Guy Laperrière, « Pierre Savard, historien, universitaire québécois. Biographie. », Encyclopédie de l’Agora,‎
  13. « Histoire du Canada pour tous », sur Fondation Lionel-Groulx (consulté le 23 janvier 2015)
  14. Louis Taché, « Bruchési, Jean, CANADA, Réalités d’hier et d’aujourd’hui », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 2, no 4,‎ , p. 599-600 (lire en ligne [PDF])