Eckbolsheim

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Eckbolsheim
Une place et l'église.
Une place et l'église.
Blason de Eckbolsheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Strasbourg-Campagne
Canton Mundolsheim
Intercommunalité Communauté urbaine de Strasbourg
Maire
Mandat
André Lobstein
2014-2020
Code postal 67201
Code commune 67118
Démographie
Gentilé Eckbolsheimois, Eckbolsheimoises
Population
municipale
6 514 hab. (2011)
Densité 1 220 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 47″ N 7° 41′ 25″ E / 48.57972222, 7.69027778 ()48° 34′ 47″ Nord 7° 41′ 25″ Est / 48.57972222, 7.69027778 ()  
Altitude Min. 139 m – Max. 154 m
Superficie 5,34 km2
Localisation

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Eckbolsheim

Eckbolsheim (alsacien Eckelse) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace. C'est une ville située près de Strasbourg (Eckbo est une appellation familière la désignant).

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Oberhausbergen au nord, Strasbourg à l'est, Lingolsheim au sud, Holtzheim au sud-ouest, Wolfisheim à l'ouest.

Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom ECKBOLSHEIM est constitué de deux termes :

  • le nom d'homme germanique « Eckibald », qui se décompose lui-même en
ECK pour pointe (fil de l’épée, épée), du mot allemand « Ecke » ou « Eck », issu du haut-allemand « ecke », qui vient lui-même du vieil allemand « ekka »
et
BOLD pour audacieux, vaillant (variantes : « bald », « balt »),
  • le suffixe HEIM qui signifie demeure.

ECKBOLSHEIM signifie donc, étymologiquement : la demeure de l’audacieux (le vaillant) sachant manier l’épée.

« Eck » = « Eggi » explique l'orthographe ancienne EGGIBOLDESHEIM rencontrée en 884.

Au cours des siècles suivants, ce nom de lieu fut mentionné sous différentes formes, c’est cependant dans un document remontant à l’an 1246, émanant du pape Innocent IV, qu’apparaît le nom ECKBOLTZHEIM, toponyme ayant survécu pratiquement sans modification jusqu’à aujourd’hui. En 1517, cette localité était désignée par le nom EGÖLTZEN. Aujourd’hui, dans le dialecte alsacien, la commune est désignée par un terme dérivé : ECKELSE[1].

Autre explication : d'une racine paléo-européenne AK qui sert à nommer des lieux « hostiles » et aussi « sacrés ». Pourrait avoir fonctionné avec Achenheim et Holtzheim[2].

Eckbolsheim à travers les siècles[modifier | modifier le code]

Dès la préhistoire, à l’époque néolithique (entre 5 000 et 3 500 ans avant J.-C.), Eckbolsheim constituait déjà une aire d’occupation humaine. Celle-ci se situait surtout le long de la Bruche, mais à l’abri des inondations. Des « fonds de cabane » contenant des céramiques rubannées ont été découvertes en 1955 et 1959. Cette occupation précoce s’explique par l’existence d’une voie celtique qui reliait Strasbourg à la vallée de la Bruche, et d’une voie romaine reliant Bâle à Cologne qui passaient toutes deux sur le territoire de l’actuelle Eckbolsheim.

En l’an 235 de notre ère, à la suite d’une invasion germanique, la VIIIe légion romaine subissait une défaite, qui conduisit à la destruction par le feu de son camp comportant des services administratifs et d’intendance, situé à Koenigshoffen. Il y a tout lieu de penser que les installations civiles de ce camp qui comportait des quartiers d’artisans et de commerçants existaient à côté de l’agglomération militaire et s’étendaient jusqu’à Eckbolsheim. En effet, c’est sur le territoire de notre commune que fut mis au jour, en 1924, un magnifique buste de l’empereur romain Pupien ; il remonte au IIIe siècle et se trouve aujourd’hui au musée archéologique de Strasbourg.

Les habitants de la commune connurent tour à tour les invasions des Germains, des Alamans, des Vandales, des Huns

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au début du VIIe siècle apparaît pour la première fois le nom de l’Alsace et c’est en 884, que pour la première fois aussi, la commune est citée dans un document officiel, sous le nom de EGGIBOLDESHEIM.

Du XIe au XIIIe siècle, des ordres monastiques nouveaux fondèrent des établissements en Alsace. C’est ainsi qu’un couvent fut créé à Eckbolsheim en 1224 par l’ordre des Dominicaines sous le nom de Sainte Marguerite. En raison de l’insécurité régnant dans les campagnes, il fut transféré à Strasbourg dès 1270. En 1320, une chartreuse fut fondée à Eckbolsheim mais elle fut ensuite transférée à Molsheim en 1570.

Dès le XIIe siècle, le village était pratiquement la propriété du Chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg. C’est lui qui nommait le bailli ainsi que le prévôt (« Schultheiss »). Ce dernier était généralement un paysan dont le rôle consistait à faire respecter les droits du seigneur et à présider le « tribunal du village » qui comprenait également trois échevins (« Schöffen ») élus par les bourgeois du village. Ce tribunal était appelé à juger les questions foncières. Mais les baillis, appartenant en général aux familles MULLENHEIM et GIRBADON, voulant s’arroger la souveraineté du village, furent très longtemps en procès avec le Chapitre Saint-Thomas à ce sujet. C’est finalement un jugement de l’évêque de Strasbourg, du 7 juin 1451, qui tranche définitivement la question en faveur du Chapitre Saint-Thomas, ce dernier gardant la propriété allodiale du village pour les terres (exemptes de toute redevance).

Les calamités n’ont cependant pas épargné Eckbolsheim. On peut noter, en particulier, les déprédations faites par les troupes qui participèrent à la bataille d’Oberhausbergen en 1262, l’incendie du village par le duc Ruprecht de Bavière en 1369, le pillage par les Armagnacs en 1439 et surtout la « guerre des paysans » en 1525. En effet, les habitants d’Eckbolsheim s’étaient joints en grand nombre aux paysans révoltés, ont pris part aux combats de Saverne, où beaucoup trouvèrent la mort.

La Réforme[modifier | modifier le code]

La Réforme fut introduite à Eckbolsheim en 1524. Le Chapitre Saint-Thomas de Strasbourg y envoya le premier pasteur en 1535. Jusqu'en 1686, l'église sert alors uniquement au culte protestant luthérien[3].

Puis, par réquisition du roi Louis XIV de France, le chœur est utilisé pour les quelques familles catholiques, au nombre de sept au départ, mais les communautés religieuses ont toujours vécu en bonne harmonie. C’est ainsi qu’à partir de l’an 1740, par décision du Conseil Souverain d’Alsace, le Tribunal communal devait être composé pour moitié de protestants, et pour l’autre de catholiques.

L'église servira aux deux communautés jusqu'à la fin du XIXe siècle : c'était la période du Simultaneum. L'entretien de l'église incombait aux deux paroisses. Compte tenu du développement démographique de la localité, une seconde église fut construite pour le culte catholique. La consécration de la nouvelle église catholique eut lieu le 10 octobre 1886. Le 13 avril 1891, le Simultaneum fut aboli par arrêté ministériel et sa fin devient effective en 1895[3].

Les temps modernes[modifier | modifier le code]

Les XVIIIe et XIXe siècles se caractérisent par un essor agricole remarquable. Le développement artisanal et industriel est plus timide, même au XXe siècle (malterie vers 1850, équarrissage vers 1910…). Quant au développement immobilier, il a été amorcé par l’arrivée du tramway en 1893 et a été relativement important dans l’entre-deux-guerres puis en 1950 et 1960 où il s’effectue sous forme de lotissements.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Eckbolsheim

Les armes d'Eckbolsheim se blasonnent ainsi :
« D'or à la croix patriarcale alésée de gueules accompagnée de trois monts isolés de sinople. »[4].

Le blason d'Eckbolsheim a été enregistré dans l'Armorial de la Généralité d'Alsace dressé sur ordre de Louis XIV en 1696. Il porte une figure principale, à savoir une croix à double traverse dont la première est moins longue, ainsi que des figures ou ornements secondaires, c'est-à-dire trois monts, dont deux en chef (en haut) et le troisième en pointe (en bas).

En ce qui concerne la croix à double traverse, il s'agit, ainsi que le précise la description figurant dans l'Armorial, d'une croix patriarcale. Ce symbole fut sans doute attribué à Eckbolsheim parce que cette localité dépendait alors, sous l'Ancien Régime, d'une seigneurie ecclésiastique, à savoir le Chapitre Saint-Thomas de Strasbourg.

Pour ce qui est des trois monts, il n'y a pas lieu de leur accorder une signification particulière. En fait, les fonctionnaires chargés de la composition des blasons – en application de l'édit de 1696 – y portaient des signes secondaires fort variés à seule fin de différencier deux blasons portant une même figure principale.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des prévôts (« Schultheiss ») sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution française, le Chapitre Saint-Thomas de Strasbourg était le seigneur du village.

Début Fin Identité (prénom & nom) Religion Prise de fonction Fin de fonction
1571 1574 Thoman Schott protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur décès
1574 1575 Jacob Hügel protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur décès
1575 1586 Andres Baumel protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur décès
1586  ? Lorentz Schöttel protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur  ?
 ? 1609 Hans Reuber protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur décès
1609 1620 Hans Schöttel protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur démission
1620 1650 Lorentz Scheer protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur décès
1650 1654 Martin Schöttel protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur décès
1654 1665 Michel Wurtz protestant (luthérien) élection par les bourgeois du village puis ratification par le seigneur décès
1665 1674 Hans Sutor protestant (luthérien)  ? décès
1674 1679 Wolff Klein protestant (luthérien)  ? décès
1679 ? après 1684 Georg Scheer protestant (luthérien)  ? destitution ?
avant 1687 après 1691 Hans Georg Klein catholique (romain) nomination  ?
 ?  ? Sebastian Lienhardt catholique (romain) nomination  ?
avant 1730 1750 Mathias Scheer catholique (romain) nomination décès
1750 1764 Sebastian Lienhard catholique (romain) nomination décès
1764 1789 Georg Scheer catholique (romain) nomination abolition de la fonction

Sources : Archives de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg (archives du Chapitre Saint-Thomas, 1 AST 710 et 711), Archives Départementales du Bas-Rhin (archives de la paroisse protestante d'Eckbolsheim, 2G 117 ; registres paroissiaux d'Eckbolsheim, 3E 117)

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis la Révolution Française[5],[6]
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 1790 novembre 1791 Johann Michael Schoettel (1ère période)    
novembre 1791 décembre 1792 Philipp Jacob Jung    
décembre 1792 1793 Jacob Schott    
1793 1794 Lorentz Joseph Ostwald    
1794 octobre 1795 Philipp Henry Voegele    
octobre 1795 avril 1796 Johann Graff    
avril 1796 mai 1808 Johann Michael Schoettel (2e période)    
mai 1808 début 1816 Gaspard Münch (1ère période)    
début 1816 septembre 1830 Louis Jung    
septembre 1830 juillet 1835 Jean Lobstein    
juillet 1835 octobre 1846 Gaspard Münch (2e période)    
octobre 1846 octobre 1856 Jean Graff (1re période)    
octobre 1856 janvier 1871 Jean Chrétien Prieur    
janvier 1871 juin 1871 Théodore Minder    
juin 1871 juin 1880 Jean Graff (2e période)    
juin 1880 février 1883 Johann Schott (décédé en février 1883)    
août 1883 octobre 1887 Jacob Schott    
octobre 1887 décembre 1888 Michel Lazarus (1re période)    
décembre 1888 avril 1892 Johann Winckler (par délégation)    
avril 1892 janvier 1893 Michel Lazarus (2e période, décédé en janvier 1893)    
avril 1893 mai 1899 Karl Eduard Münch    
mai 1899 août 1936 Ernest Schott    
août 1936 avril 1941 Laurent Lienhardt    
1941 1945 pas de maire - commune rattachée à Strasbourg    
octobre 1945 mars 1971 Charles Ernwein    
mars 1971 juin 1995 Pierre Sammel    
juin 1995 mars 2008 André Lobstein UMP  
mars 2008 en cours André Lobstein[7] UMP  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 6 514 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
703 777 805 936 1 148 1 197 1 248 1 311 1 258
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 238 1 300 1 340 1 466 1 504 1 566 1 588 1 615 1 712
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 889 2 169 2 318 2 186 2 351 2 821 3 127 3 272 3 514
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
4 234 4 288 4 154 4 104 5 253 5 937 6 347 6 458 6 514
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Événements et fêtes à Eckbolsheim[modifier | modifier le code]

  • Le 2e dimanche de mai : Messti de la ville.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Nenninger, Eckbolsheim Regard sur le Passé, éd. Carré Blanc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel de Eckbolsheim.
  2. Dictionnaire étymologique
  3. a et b Histoire de la paroisse protestante d'Eckbolsheim, sur http://www.paroisseprotestanteeckbolsheim.fr/unpeudhistoire/index.html
  4. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  5. Bulletin municipal de la commune d'Eckbolsheim, n° 56, janvier 2008
  6. Liste des maires sur le site internet d'Eckbolsheim
  7. [PDF] Liste des maires au 1 avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011


Liens externes[modifier | modifier le code]

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