Domqueur

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Domqueur
La place de l'église, en fin d'après-midi d'hiver.
La place de l'église, en fin d'après-midi d'hiver.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Canton Ailly-le-Haut-Clocher
Intercommunalité Communauté de communes du Haut Clocher
Maire
Mandat
Emmanuel Schorderet
2014-2020
Code postal 80620
Code commune 80249
Démographie
Gentilé Domqueurois
Population
municipale
297 hab. (2011)
Densité 35 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 06′ 55″ N 2° 03′ 39″ E / 50.1153, 2.060850° 06′ 55″ Nord 2° 03′ 39″ Est / 50.1153, 2.0608  
Altitude Min. 63 m – Max. 118 m
Superficie 8,37 km2
Localisation

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Domqueur

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Domqueur est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom primitif du village (en latin Duroicoregum) viendrait du celtique « duron », fortification[1].

On trouve plusieurs formes pour désigner Domqueur dans les textes anciens : Dulcurium[2], Donqueurre, Donqueur. Selon certains, Domqueur signifierait pays des chênes[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Domqueur est une commune du Ponthieu, pays de la Picardie maritime situé entre la vallée de la Somme et la vallée de l'Authie. Le village est situé à une vingtaine de kilomètres à l'est d'Abbeville, sur la route départementale 108, ancienne voie romaine reliant Amiens à Boulogne-sur-Mer.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est composé pour les deux-tiers de terre argileuse imperméable d'environ un mètre d'épaisseur et pour l'autre tiers de marnes et de calcaire siliceux[2].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le refief de la commune est assez accidenté, il est traversé par un vallon qui se ramifie à la sortie du village vers Mesnil-Domqueur, Bussus-Bussuel, Maison-Roland et Famechon, hameau d'Ailly-le-Haut-Clocher.

La commune est située entre 77 m et 195 m d'altitude.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Il n'y a plus de cours d'eau qui traverse la commune. La nappe phréatique se trouve à une moyenne de 50 mètres au-dessous du niveau du sol. Les eaux de ruissellement s'écoulent vers l'ouest, vers Saint-Riquier, pour se jeter dans le Scardon[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vents dominants de sud-ouest.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Coulonvillers Mesnil-Domqueur Rose des vents
Maison-Roland N Fransu
O    Domqueur    E
S
Ailly-le-Haut-Clocher et Bussus-Bussuel Gorenflos et Ergnies Franqueville

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 297 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
731 586 810 870 875 886 899 891 877
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
842 873 851 804 749 676 618 545 525
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
537 479 429 392 390 398 364 381 364
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
329 326 276 261 243 262 267 297 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


En 1899, le hameau du Plouy compte 158 habitants. Les écarts des fermes de Domquerelle (5 hab.) et le Moulin Poiré (3 hab.) s'ajoutent à « Le Buhéron », la toute nouvelle usine à phosphates (20 hab.)[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D'or au chevron de gueules.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 6 mai 2014)
Emmanuel Schorderet   Réélu pour le mandat 2014-2020 [5]

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La Table de Peutinger (original vers 365 - connue par une copie du XIIIe siècle) indique que Duroicoregum (Domqueur) était une station sur la Via Agrippa de l'Océan, voie romaine de Lugdunum (Lyon) à Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer).

Des armes, des poteries (amphores) ont été trouvées dans la commune.

En 1951, furent mises au jour 1 828 pièces gallo-romaines du IIIe siècle dont certaines avaient été frappées en Angleterre.

Une voie romaine dite chaussée Brunehaut traversait le territoire communal. Un pont romain, toujours visible, permettait de franchir un cours d'eau[2].

Moyen Age[modifier | modifier le code]

Des restes de fondations témoigneraient de la présence d'une maison des Templiers[2].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1567, Nicolas de Domqueur, écuyer, est le seigneur du lieu[2].

Les muches de Domqueur sont supposées creusées dès le XVIIe siècle pour échapper aux Espagnols. Elles comportent plusieurs entrées et sorties secrètes pour accéder aux 52 chambres.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1898, dans la commune, une entreprise d'extraction de phosphate permettait la production. 28 000 tonnes de phosphate de chaux sont extraites du sous-sol[2].

Une usine avec machine à vapeur employait 70 ouvriers chargés du conditionnement du phosphate en vue de sa commercialisation[2].

Il existait encore un moulin à farine, un pressoir à cidre, une briqueterie, une carrière de silex pour la construction de routes et une carrière de sable pour la fabrication du mortier. Domqueur connaissait alors un certain dynamisme économique[2].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le pont romain et la via Agrippa[modifier | modifier le code]

Pont romain de Domqueur

Le pont romain de Domqueur permettait à une des Via Agrippa de l'Océan, de Lugdunum (Lyon) à Gesoriacum, (Boulogne-sur-Mer), par Augustomagus (Senlis) et Samarobriva (Amiens), de traverser, à Duroicoregum (Domqueur), la Vallée du bois de Domqueur, ou coulait la Sainte Anne, un ancien affluent du Scardon. Ce pont, dont la voûte est en arc-en-plein-cintre, est formé de blocs en grand appareil et présente de nombreuses traces de réfections. Il est long de 13,96 m, large de 2,30 m et haut d'environ 1,90 m sous la voûte.

En 1858 d'important travaux ont été exécutés pour le protéger.

Lors de la réfection de ce pont en 1920[6], A. Ponchon (membre des Antiquaires de Picardie) et Paul Houllier (ingénieur ordinaire des ponts et chaussées d’Abbeville) ont exploré cette construction, réalisé des sondages et des recherches en archives. La hauteur de l’édifice dégagé des alluvions est estimée entre 3,60 m et 4 m. Une chaussée en grès a été découverte sous la route moderne et recouvrait le pont. Des dates gravées entre 1415 et 1735 sont visibles sur le pont.

Les archives des Ponts et Chaussées et de la commune de Domqueur n'ont livré aucune trace de travaux sur le pont. Au vu de ces éléments, Houllier et Ponchon ont penché pour une datation romaine de l'édifice. À partir de l’architecture, l'archéologue V. Galliazo estime[7] que les parties en pierre de taille de l’ouvrage peuvent être d’époque romaine et pour le reste un état remanié.

Des vestiges de l'ancienne Chaussée Brunehaut (Via Agrippa), pavée de grosses dalles en grès, ont été mis au jour. Quelques unes sont visibles à coté de l'église de Domqueur à droite du monument aux Morts.

Les muches[modifier | modifier le code]

Arrivée dans le village par le Sud, en provenance de Gorenflos.

Les Muches de Domqueur sont des souterrains-refuges creusées à 9 mètres de profondeur dans la craie pendant la Guerre de Trente ans (1618-1648) et les invasions espagnoles du XVIIe siècle (pour certains, ils remonteraient à l'époque celtique[2]).

Ce village souterrain est composé de 52 cellules (les muches), simples ou doubles, s'ouvrant sur une galerie de circulation (la rue). Ces cellules étaient soit, des étables, des entrepôts ou des habitations. Elles pouvaient être fermées par des portes en bois avec serrure fermant à clé; on peut encore voir la place que devaient tenir les linteaux. Une vaste salle au plafond en forme de cône renversé est toujours visible.

Les muches de Domqueur ont été classées Monument historique par arrêté du 10 avril 1992, avec l'ancien presbytère, reconverti en « maison des muches ».

L'église Saint Saturnin[modifier | modifier le code]

Domqueur, le monument aux morts
  • Église Saint-Saturnin[8],[9], dont la construction, pour le clocher, remonterait au XVIe siècle, est construite en brique, en style néogothique.

Le monument aux morts[modifier | modifier le code]

Le Monument aux morts de Domqueur, situé à proximité du transept de l'église du village, a la forme d'une haute borne de pierre parallélépipédique.

Sur l'une des faces, figure une palme de bronze sculptée. Sur chacune des faces, en haut du monument, une croix de guerre a été sculptée, tandis qu'au bas c'est une couronne sculptée qui orne la pierre.

Le nom de batailles de la Grande Guerre a été gravé en lettres dorées à la base de chaque côté du monument.

Une grille entoure l'espace sacré tandis qu'une allée de graviers tricolores permet d'accéder au monument.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Hugues C. Dewerdt, Guillaume Paques, Frédérick Willmann, Les Muches, souterrains-refuges de la Somme, Saint-Cyr-sur-Loire, éditions Alan Sutton, 2009 (ISBN 978-2-84 910 -754 - 6)

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Ponthieu, Gérard Bacquet, 1992
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Notice historique et géographique, réalisée par l'instituteur, M. Feuilloy, le 6 avril 1899, Archives départementales, Amiens
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
  6. A. Ponchon, " Le pont de Domqueur" , in Bulletins de la Société des Antiquaires de Picardie, 1920-1922, t. XXIX, p. 298-305.
  7. V. Galliazo, I Ponti Romani, p. 262, SOMME, n° 533 Domqueur, t. 2., Trévise, éd. Canova, 1995
  8. Clochers.org
  9. 40000clochers.com