Saint-Quentin-en-Tourmont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Quentin (homonymie).
Saint-Quentin-en-Tourmont
L'église paroissiale Saint-Quentin.
L'église paroissiale Saint-Quentin.
Blason de Saint-Quentin-en-Tourmont
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Canton Rue
Intercommunalité Communauté de communes Authie-Maye
Maire
Mandat
Émile Riquet
2014-2020
Code postal 80120
Code commune 80713
Démographie
Gentilé Saint-Quentinois
Population
municipale
308 hab. (2011)
Densité 9,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 17′ 08″ N 1° 35′ 25″ E / 50.2855555556, 1.59027777778 ()50° 17′ 08″ Nord 1° 35′ 25″ Est / 50.2855555556, 1.59027777778 ()  
Altitude Min. 2 m – Max. 36 m
Superficie 32,89 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-Quentin-en-Tourmont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-Quentin-en-Tourmont

Saint-Quentin-en-Tourmont est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

La partie supérieure du monument aux morts de la Grande guerre, devant l'église
mairie et ancienne école, transformée en salle communale

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située au sud-ouest du Marquenterre, région comprise entre les estuaires de la Somme et de l'Authie, dont le littoral est grandement soumis aux perturbations maritimes.

Pendant les années 1960, le territoire communal s'est vu augmenter de 200 hectares par la poldérisation d'une partie de la baie de Somme à l'initiative d'un grand propriétaire foncier. Le Conservatoire du littoral a acquis 180 ha de cette renclôture sur le domaine public maritime en 1986 pour environ 1 500 000 euros[1]. Le site est géré par le Syndicat Mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard.

Relief[modifier | modifier le code]

Entre le village et la mer s'élèvent des collines de sable : les dunes. Les monts séparés s'appellent les « crocs »[2] en raison de leur forme générée par le vent. Le reste du pays est absolument plat.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En 986, le pays s'appelait Taurimons juxtamare[2].

Le village est désigné en 1257 par l'expression de Villa de Torto Monte[3].

Marquenterre viendrait de « mares kienterre », la mer qui rentre dans la terre[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Au IXe siècle, le village était plus près de la mer et avait un port. La mer s'est retirée peu à peu et l'envahissement des sables a forcé le village à reculer[2].
  • En 1199, Guillaume III, comte du Ponthieu remet par lettre faite à Rue, la charte de commune du Marquenterre[4].
  • La reine de Castille, comtesse de Ponthieu, se réserve, en 1257, les baleines échouées sur la côte et les lapins de l'intérieur[6].
  • Lors du désastre que connait « l'Invincible Armada », en 1588, un navire s'échoue dans la région des dunes de Saint-Quentin. Son épave rejoint celles d'autres embarcations de différentes époques dont le secteur est très parsemé[7].
  • Le curé disait en 1728 que le tiers de sa dîme était perdu par suite de l'invasion des champs par le sable[8].
  • En 1786, les habitants en étaient déjà à leur troisième église et le village avait été chassé par les sables et reconstruit plus loin[8].
  • 1791. La commune du Marquenterre, créée par une charte communale de 1190 est dissoute et donne naissance aux communes de Quend et de Saint-Quentin-en-Tourmont[9].
  • À la fin du XVIIIe siècle, un navire chargé de lingots d'or s'ensable et s'enfonce à la pointe de Saint-Quentin. Il disparaît sous plusieurs mètres de sable. Il y est encore[10].
  • Le 7 février 1812, une baleine s'échoue à la pointe de Saint-Quentin. Plus de trente chariots, attelés chacun de quatre chevaux, emportent les morceaux découpés. On tire environ quatre mille litres d'huile de la graisse fondue[6].
  • Pour la défense côtière et le contrôle de l'entrée de la baie, côté nord, une batterie était installée à la pointe dite de Saint-Quentin-Vieille église(mentionnée sur les cartes d'époque[11]).
  • 1849. Comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure put, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel. Voici la répartition (en nombre) de quelques patronymes des 94 électeurs [12]  :
Caron Courtois Dufour Granger Loeillet Réveillon Milan Nicolé Vagogne Thiébault Vignol
3 2 9 1 2 3 2 2 3 1 1
  • En 1860 et depuis 40 ans, des oyats sont arrachés en bord de mer. Ils sont envoyés à Rue pour la fabrication de paillassons par plusieurs dizaines de personnes sous la direction d'un dénommé Jaspert, ouvrier belge[13].
  • Au début du XXe siècle, l'industrie n'était représentée que par un moulin à vent, à peine utilisé[2].
  • Dans les années 1950, l'apparition de la myxomatose détruira le lapin de garenne qui freinait grandement les tentatives de fixation des dunes. Les plantations de pins modifieront alors le paysage de manière importante[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Frédéric Grenier    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 1995 Roger Fauchâtre   agriculteur
mars 1995 2001 Jean-Marie Demets    
mars 2001 en cours Émile Riquet   Réélu pour le mandat 2014-2020[14]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

D’après le recensement Insee de 2007, Saint-Quentin-en-Tourmont compte 309 habitants (soit une diminution de 7 % par rapport à 1999). La commune occupe le 21 795e rang au niveau national, alors qu'elle était au 20 050e en 1999, et le 336e au niveau départemental sur 782 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Saint-Quentin-en-Tourmont depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint en 1806 avec 595 habitants.

En 2011, la commune comptait 308 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
349 368 595 361 328 354 357 352 355
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
334 349 362 394 407 346 326 377 460
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
480 497 440 410 362 338 339 350 318
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
314 307 261 296 309 334 312 309 308
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004[16])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le Parc Ornithologique du Marquenterre est situé sur la commune : 200 hectares auxquels doivent s'ajouter les 3 000 hectares de la baie, en réserve. Créé en 1973, le parc a accueilli 170 478 visiteurs en 2011, année record. En 2012, c'est le pôle touristique payant le plus fréquenté de la Somme : plus de 150 000 entrées. 307 espèces d'oiseaux ont été recensées sur le site, presque la moitié des espèces européennes[1].
  • Le sentier d'accès à la mer (3,6 km) débouche sur les parcs à moules de bouchots. Il peut être le point de départ d'une boucle de randonnée pédestre sur 16 km.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Michel Jeanson (1913-2013 ), à l'origine de la renclôture (polder sur le domaine public maritime) qui a conduit à la création du Parc Ornithologique du Marquenterre[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 3 mars 2013, p. 2 et 3
  2. a, b, c et d Notice géographique et historique de la commune réalisée par l'instituteur, M. Delecourt, 1899, Archives Départementales, Amiens
  3. Cartulaire du Ponthieu, p.223,224
  4. Ernest Prarond, Cartulaire du Ponthieu, tome 2, p. 533
  5. J. Lengagne, La forêt de Crécy-en-Ponthieu, 1400 ans d'histoire, 2006, édit. La Vague verte, Inval-Boiron, p. 7.
  6. a et b Gérard Devismes, Histoires insolites de Picardie maritime, La Vague verte, 2008, p. 215
  7. Gérard Devismes, Histoires insolites de Picardie maritime, La Vague verte, 2008, p. 260
  8. a et b La Picardie, Albert Demangeon, p.176, 1905, lib. Armand Colin, Paris
  9. Frédéric Zégierman, Le Guide des pays de France : Nord, Paris, Fayard, 1999, pages 599 à 600.
  10. Florentin Lefils, Géographie historique et populaire des communes de l'arrondissement d'Abbeville, 1868, p. 362
  11. Archives départementales de la Somme, Amiens
  12. Liste électorale de Saint-Quentin-en-Tourmont, Archives Départementales de la Somme, Amiens, 1849
  13. Florentin Lefils, Histoire civile, politique et religieuse de la ville de Rue et du pays du Marquenterre, R. Housse, Abbeville, 1860, p.395/Gallica
  14. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 12 avril 2014, p. 13.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  17. http://www.baiedesomme.fr/sites/all/files/dp_parc_2012.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]