Diego Garcia

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7°18′48″S 72°24′40″E / -7.31333, 72.41111

L'île vue depuis l'ISS à une altitude de 391 km le 04/06/2003
Carte de l'archipel
Localisation de l'archipel de Diego Garcia

Diego Garcia est un atoll situé au sud-est de l'archipel des Chagos, une possession britannique au sein du territoire britannique de l'océan Indien (BIOT en anglais). Sur la partie occidentale de l’atoll se trouve le centre logistique de conservation de la réserve naturelle de l'archipel des Chagos et celui du contrôle des pêches, gérés par le BIOT ainsi qu’une base militaire américaine. Il n’y a plus de résident. Environ 1'700 militaires et 1 500 civils d’origine américaine, mauricienne, sri lankaise et philippine, travaillant sous contrat, y vivent temporairement. Quant à la partie orientale, aux îles du nord ainsi que les deux-tiers du lagon, ces zones font partie intégrante de la réserve naturelle de l’archipel. La moitié nord de celle-ci est un sanctuaire naturel strict où toute présence humaine est interdite.

La base militaire américaine est louée depuis 1966 pour un bail de 50 ans, renouvelable 20 ans. Elle est actuellement l'une des plus grandes à l'extérieur des États-Unis. Elle abrite occasionnellement une flotte de bombardiers dont des bombardier B-2. Elle est un dépôt logistique majeur pour le United States Central Command et elle abriterait par ailleurs une station du réseau Echelon. Elle est soupçonnée d'être ou d'avoir été un centre de rétention secret pour des prisonniers d'Al Qaïda.

Sommaire

[modifier] Histoire de l'île

Des explorateurs portugais ont découvert Diego Garcia vers le XVIe siècle. Le nom de l'île viendrait du capitaine du vaisseau qui l'a découverte. L'île est restée inhabitée jusqu'à ce que les français y établissent une plantation de coprah XVIIIe siècle en y emmenant des esclaves noirs. En 1814, la France doit céder Diego Garcia aux Britanniques suite à sa défaite aux guerres napoléoniennes. L'île reste une dépendance de l'île Maurice jusqu'en 1965.

Afin d'assurer la sécurité de la base, en 1971, les Britanniques ont expulsé vers l'île Maurice et les Seychelles, l'ensemble des habitants des Chagos, appelés Îlois ou Chagossiens (descendants de colons français, d'esclaves africains ). Les fonds de réinsertions alloués par le Royaume Uni à l’île Maurice ne furent pas ou mal réinvestis. Majoritairement analphabètes et ne parlant que le créole, un bon nombre d’entre eux arrivèrent dans un premier temps dans les bidonvilles de la capitale mauricienne, avant de pouvoir se recycler dans la culture de la canne à sucre. Un bon nombre d'entre eux sont morts de tristesse suite à la déportation illicite.[réf. nécessaire]

Les 8 500 descendants de Chagossiens ont porté plainte contre le Royaume-Uni et ont obtenu gain de cause en 2000, la Haute Cour de justice britannique a jugé cette expulsion illégale. Elle leur a offert la citoyenneté britannique, donc européenne, ainsi qu'une compensation financière et a autorisé un retour vers les Chagos, qui à ce jour ne s'est toujours pas concrétisé.

Le département des affaires étrangères anglais a commandé des enquêtes indépendantes de faisabilité afin de déterminer la viabilité de la population chagossiennes sur cette île. Les résultats sont négatifs sous prétextes de réchauffement climatique qui entraînera une montée de l'océan. De plus, la quantité d'eau potable est jugée insatisfaisante alors que les relevés pluviométriques enregistrent des niveaux entre 3 500 mm et 4 000 mm annuel.

[modifier] Importance stratégique

Ground-based Electro-Optical Deep Space Surveillance de Diego Garcia. Équipé d'un télescope d'un mètre de diamètre et de caméras ultra-puissantes, ce site permet de suivre des satellites en orbite

L'intérêt des Britanniques dès le XIXe siècle et des Américains dans les années 1950 est dû à la situation géographique de l'archipel et de Chagos Garcia :

[modifier] Événements

Vue aérienne de l'atoll.

Les infrastructures actuelles de cette base furent construites par les Seabees à partir de 1971.

La base de Diego Garcia n'a pas été touchée par le tremblement de terre du 26 décembre 2004 et des tsunamis qui ont suivi malgré sa distance d'environ 3 200 km à l'ouest de l'épicentre du séisme de Sumatra. En effet malgré son altitude de 8 mètres, la fosse de Chagos, située plus à l'est, a anéanti la force du tsunami. Cette fosse de 600 km de long, orientée nord-sud, est une sorte de canyon sous-marin dont la profondeur maximale est d'environ 5 000 mètres. C'est un des endroits les plus profonds de l'océan Indien. Le tsunami s'est donc complètement amorti en atteignant ce relief sous-marin particulier et s'est transformé, après avoir franchi la fosse de Chagos, en une marée d'à peine deux mètres de haut. De plus la base de Diego Garcia a été informée du tremblement de terre quelques minutes seulement après la réception des signaux sismiques du Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) à Hawaii.

[modifier] Sources

« Diego Garcia », Le Dessous des cartes, chaîne de télévision arte, Allemagne-France, 2004. Première diffusion : 3 mars 2004. Chagos Conservation Management Plan by Dr. Charles Sheppard and Dr. Mark Spalding Department of Biology Sciences University of Warwick UK

[modifier] Notes et références

  • Thierry Ollivry: Diego Garcia : enjeux stratégiques, diplomatiques et humanitaires. Paris, L'Harmattan, 2008. ISBN 978-2-296-05276-5
  • Shenaz Patel: Le silence des Chagos. Paris, Éditions de L'Olivier/Le Seuil, 2005. ISBN 2-87929-454-1

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

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