Base navale de la baie de Guantánamo

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Base navale de la baie de Guantánamo
Guantanamo Bay Naval Base
Image illustrative de l'article Base navale de la baie de Guantánamo
Vue aérienne de la baie de Guantánamo.

Lieu Baie de Guantánamo Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de Cuba revendiqué par Cuba
Type d’ouvrage Base navale
Construction 1898
Utilisation Base navale,
Contrôlé par US Navy
Effectifs 881 soldats, marins et marines en 2011
Coordonnées 19° 54′ 43″ N 75° 09′ 46″ O / 19.91194444, -75.1627777819° 54′ 43″ Nord 75° 09′ 46″ Ouest / 19.91194444, -75.16277778  

Géolocalisation sur la carte : Cuba

(Voir situation sur carte : Cuba)
Base navale de la baie de GuantánamoGuantanamo Bay Naval Base
Guantanamo.jpg

La base navale de la baie de Guantánamo (Guantanamo Bay Naval Base) est une base américaine située à l'entrée de la baie de Guantánamo à la pointe sud-est de l'île de Cuba. Elle se répartit des deux côtés de l'entrée de la baie sur une superficie de 117,6 km2 enclavés dans la province de Guantánamo. Utilisée par l'US Navy depuis plus d'un siècle, c'est la plus ancienne base des États-Unis hors du continent nord-américain et la seule située dans un pays n'ayant pas de relations diplomatiques avec eux.

Le gouvernement cubain est opposé à la présence de cette base, clamant que le bail est invalide selon les lois internationales et l'accord initial, ce que le gouvernement américain dément.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La base sert au support logistique à la flotte de l'Atlantique et aux opérations de lutte contre le trafic de drogue dans les Caraïbes.

Depuis 2002, la base navale abrite une prison militaire, le camp de détention de la baie de Guantánamo où les États-Unis détiennent des personnes qualifiées de « combattants irréguliers », capturées par l'armée américaine dans les différentes opérations qu'elle mène à l'étranger liées à sa lutte contre la mouvance islamiste.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la suite de la guerre hispano-américaine de 1898, Cuba accède à l'indépendance mais dans les faits devient un protectorat américain. Les États-Unis qui avaient utilisé la baie pendant et après le conflit en obtiennent la location perpétuelle le 23 février 1903, accordée par Tomás Estrada Palma, premier président de Cuba (et citoyen américain) dans le cadre du traité américano-cubain. La république de Cuba conserve sur l'emplacement de la base navale une « ultime souveraineté » mais garantit aux États-Unis une « juridiction et un contrôle complets » sur la zone pour une station navale et une station de réapprovisionnement en charbon des navires.

Un nouveau traité en 1934 confirme ce bail, accordant à Cuba et à ses partenaires commerciaux un libre droit de passage dans la baie, réactualise le montant de la location annuelle de 2 000 dollars en pièces d'or américaines à 4 085 dollars américains[1] et rend le bail permanent sauf accord des deux gouvernements ou abandon de la base par les États-Unis. Depuis la révolution cubaine, le gouvernement de Fidel Castro n'a encaissé qu'un seul loyer annuel du gouvernement américain, en 1959[1], le gouvernement cubain expliquant que cela était dû à la confusion des premiers jours à la tête du pays alors que le gouvernement américain clame qu'il s'agissait d'une reconnaissance officielle du traité par le nouveau régime cubain. Les chèques américains, adressés à l'ordre du « Trésorier général de la République », une fonction qui a disparu après la révolution, ne sont pas encaissés et sont conservés dans un tiroir du bureau du leader cubain[1].

Jusqu'à la révolution, des milliers de Cubains venaient travailler chaque jour dans la base. À la mi-1958, le trafic automobile fut interrompu et les travailleurs obligés de se rendre à pied à la base, passant au travers de plusieurs portes et contrôles. En 2006, seulement deux Cubains âgés franchissent la porte Nord-Est de la base pour venir travailler, le gouvernement castriste ayant interdit tout nouveau recrutement d'employés cubains après son arrivée au pouvoir.

Lors de la crise des missiles en 1962, les familles du personnel militaire furent évacuées précipitamment de la base. Elles n'y revinrent qu'à partir de décembre 1964.

Après la révolution, des Cubains trouvèrent refuge dans la base américaine. À l'automne 1961, les militaires cubains plantèrent une barrière de cactus de 13 km de long aux limites nord-est de la base. Cette barrière fut alors surnommée par les Américains le « Cactus Curtain » en référence à l'« Iron Curtain » (le « rideau de fer ») en Europe. La barrière a ensuite été complétée. Les troupes américaines placèrent, elles, 75 000 mines dans le no-man's land entre les deux barrières, cubaine et américaine, créant le second plus grand champ de mines au monde après celui entre les deux Corées. En mai 1996, le président Bill Clinton a ordonné leur retrait et elles ont été remplacées par des détecteurs de mouvement et de bruit mais le gouvernement cubain n'a pas enlevé les champs de mines qu'il avait posés du côté de sa frontière.

Durant les années 1990, la base a accueilli plus de 45 000 réfugiés venant d'Haïti et des dizaines de milliers de Cubains voulant quitter le pays[2].

La base a compté jusqu'à 9 500 marins et marines américains. En 2011, on compte 881 militaires américains à Cuba[3].

Base de Guantánamo et droit international[modifier | modifier le code]

2 000 réfugiés cubains à bord de l'USS Whibdey Island
Vue d'une partie des installations de la base avec à gauche un McDonalds et le magasin Navy Exchange et un cinéma de plein-air en bas à droite.

En 2006, bien que n'entretenant pas de relations diplomatiques, Cuba et les États-Unis ont signé un accord d'extradition réciproque de fugitifs, les Américains remettant aux autorités cubaines tout fugitif ayant commis une infraction aux lois cubaines et qui trouverait refuge à Guantanamo et Cuba remettant aux autorités américaines tout fugitif ayant fui Guantanamo suite à une infraction aux lois américaines.

Le 22 avril 2007 le San Francisco Chronicle publie un article[4] sur les conditions pouvant rendre le traité de location caduc. Le journal y rappelle que le traité autorise les États-Unis à utiliser la base « seulement pour la fourniture de charbon aux navires et à des buts maritimes, et pas pour d'autres buts » (« coaling and naval purposes only, and for no other purpose »), et qu'il prohibe explicitement « le commerce, l'industrie ou d'autres entreprises dans la zone ». Cependant la base abrite une demi-douzaine de concessions de restauration rapide pour son personnel (comme un restaurant McDonald's, le seul sur l'île) et un magasin du Navy Exchange (en). Selon l'article, des personnalités du monde des affaires, politiques ou culturelles américaines qui sont en contact régulier avec les dirigeants cubains ont l'impression que le gouvernement cubain veut le départ des militaires américains de l'île mais que ce n'est pas la priorité du moment[4].

D'après Alfred de Zayas, un juriste et historien américain d'origine cubaine, « Du point de vue du droit international, les contrats de bail de 1903 et 1934 ne sont plus valables, puisqu'ils ont été imposés par la force et constituent des traités en violation du jus cogens, c'est-à-dire de normes contraignantes de droit international telles que le droit à l'autodétermination[5]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Castro: Cuba not cashing US Guantanamo rent checks - Anthony Boadle, Reuters, 17 août 2007
  2. (en) Operation Sea Signal, Joint Force Quarterly, 1995 [PDF]
  3. (en) Personnel militaire des différents corps d'armée américaine par secteur géographique et par pays, département de la défense, au 30 juin 2011 [PDF]
  4. a et b (en) Guantanamo echoes U.S. 'gunboat' past : Anti-American forces use Navy base as rallying symbol - San Francisco Chronicle, 22 avril 2007
  5. Le défi de Guantanamo - Site d'Alfred de Zayas, 16 septembre 2004

Annexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]