Base navale de Kings Bay

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Base navale de Kings Bay
Image illustrative de l'article Base navale de Kings Bay
Vue aérienne de la base navale de Kings Bay.

Lieu Comté de Camden (Géorgie)
Type d’ouvrage Base sous-marine
Construction 1978
Utilisation En activité
Appartient à Drapeau des États-Unis États-Unis
Contrôlé par United States Navy
Garnison Deuxième flotte américaine
Commandant Randy J. Huckaba[1]
Effectifs 9 000
Site internet Site officiel
Coordonnées 30° 48′ 18″ N 81° 31′ 17″ O / 30.805, -81.52138930° 48′ 18″ Nord 81° 31′ 17″ Ouest / 30.805, -81.521389  

Géolocalisation sur la carte : Géorgie

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Base navale de Kings Bay

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(Voir situation sur carte : États-Unis)
Base navale de Kings Bay

La base navale de Kings Bay est une base de la marine américaine située près de la ville de Saint-Marys dans le comté de Camden au sud-est de la Géorgie, et non loin de Jacksonville, en Floride. La base sous-marine est le port d'attache pour l'United States Fleet Forces Command sur la Côte Est de la flotte de sous-marin nucléaire lanceur d'engins. Cette base sous-marine couvre, en 2013, environ 6 400 hectares de terres, dont 1 600 hectares des zones humides protégées et emploie plus de 9 000 personnes[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire du site[modifier | modifier le code]

Des recherches archéologiques ont révélé une présence indienne précolombienne dans la région, datant de plusieurs milliers d'années. Au début du 19e siècle, une grande partie de ce qui est maintenant la base sous-marine était le site de plusieurs plantations, notamment de Cherry Point, Harmony Hall, New Canaan, Marianna et Kings Bay. On retrouve notamment, les plantations d'un certain Thomas King (plantation de Kings Bay) et d'un certain John Houston McIntosh (plantation de New Canaan), où on faisait pousser du coton et de la canne à sucre[3].

Première utilisation militaire[modifier | modifier le code]

L'armée de terre des États-Unis commence à acquérir des terres (7 000 hectares - 28,33 km2) à Kings Bay en 1954 pour y construire un terminal maritime militaire afin d'envoyer des munitions en cas d'urgence nationale. La construction débute activement en 1956 et s'achève en 1958. Parmi les travaux effectués, un canal de 60 mètres de large a été dragué et comprenait deux bassins de retournement. Un terminal de 610 m de long et de 27 m de large comprenant trois voies ferrées parallèles afin de permettre le chargement simultané de plusieurs navires. En tout, c'est près de 76 km de voies ferrées qui ont été construit par l'armée sur l'ensemble de la base. Comme il n'y avait aucun besoin opérationnel immédiat, le site a été placé en état d'inactivité et un contrat a été signé avec la Blue Star Shipping Company pour l'utilisation des quais en 1959[4]

Avant sa récupération par l'US Navy, la base été utilisé à deux reprises pour d'autres missions. En 1964, lors de l'ouragan Dora, près d'une centaine de résidants de la région ont été hébergées dans la base. En outre, pendant la Crise des missiles de Cuba, un bataillon de transport de 1100 soldats et 70 petits bateaux armés ont pris position dans la base de Kings Bay en octobre 1962[3].

US Navy[modifier | modifier le code]

De gauche à droite, des missiles Tomahawk, Polaris, Poseidon et Trident exposés sur le site de la base.

C'est à partir de 1975, que l'United States Navy commence à s'intéresser au site de Kings Bay. En effet, à cette époque, des négociations entre l'Espagne et les États-Unis sont en cours sur le retrait potentiel de l'escadre de sous-marins lanceur de missiles balistiques Submarine Squadron 16, de sa base opérationnelle de Rota, en Espagne, sur la cote Méditerranéenne. Dans cette optique, le Chef des opérations navales commande une série d'études visant à sélectionner un nouveau site de carénage sur la côte Est. Et en janvier 1976, les négociateurs s'accorde sur un projet de traité final entre l'Espagne et les États-Unis. Il prévoit le retrait de l'escadron de sous-marin de Rota en juillet 1979. Le Sénat des États-Unis ratifie le traité en juin 1976[3].

Sur une soixantaine de sites envisagés le long des côtes de l'Atlantique et du Golfe du Mexique, une première sélection de cinq sites est établi à l'été 1976: la baie de Narragansett dans le Rhode Island; la base navale de Cheatham Annex en Virginie; Charleston (Caroline du Sud); Kings Bay en Géorgie, et Mosquito Lagoon en Floride. Une étude approfondie sur les coûts, la disponibilité des terrains, les considérations opérationnelles et logistiques, l'impact environnemental et le potentiel de croissance pour les besoins futurs conclue à préférer Kings Bay en novembre 1976, peu après l'élection du géorgien Jimmy Carter en tant que président. Peu de temps après, les premiers employés et soldats de l'US Navy arrivent dans la région de Kings Bay et commencent les préparatifs pour le transfert du site de l'armée de terre des États-Unis vers l’US Navy. L'US Navy finance un programme de construction sur quatre ans à hauteur de 125 millions de dollars, et fourni les installations opérationnels, les installations logistiques et industrielles et les logements pour les familles. Officiellement, la Base navale de Kings Bay est mise en serive le 1er juillet 1978[2]. Elle occupe non seulement l'ancien terrain du terminal de l'armée, mais plusieurs milliers d'hectares supplémentaires[3]. Les travaux se poursuivent pendant le reste de 1978 et en 1979. Un premier bâtiment, le ravitailleur de sous-marins USS Simon Lake (AS-33), arrive à Kings Bay le 2 juillet 1979. Quatre jours plus tard, l'USS James Monroe (SSBN-622) de classe Lafayette entre Kings Bay et s'amarre à côté de l'USS Simon Lake pour être caréner avant de repartir en patrouille de dissuasion nucléaire. Depuis lors, la base de Kings Bay est l'une des deux bases américaines avec la base navale de Kitsap accueillant les SNLE de l’arsenal nucléaire des États-Unis et un élément vital de la dissuasion nucléaire américaine.

USS George Bancroft (SSBN-643).

En mai 1979, la marine américaine présélectionne Kings Bay pour accueillir les futures sous-marins SNLE de Classe Ohio. Le 23 octobre 1980, après un an d'étude et avec l'approbation du Congrès des États-Unis, le secrétaire à la Marine, Edward Hidalgo annonce que Kings Bay sera leur port d'attache sur la côte Est. La décision de baser les sous-marins de classe Ohio à Kings Bay entraine le plus grand programme de construction jamais entrepris par l'US Navy en temps de paix. Le programme a couté environ 1,3 milliards de dollars et pris 9 ans. Le projet de construction comprend l'installation sur le site de trois grands commandements: le Trident Training Facility (TTF), le Trident Refit Facility (TRF), et le Strategic Weapons Facility, Atlantic (SWFLANT). Il comprend aussi la construction d'installations destinées à soutenir l'entretien et la réparation d'une escadrille de sous-marins Ohio, ainsi que la formation de leurs équipages, le stockage et l'installation des armements nucléaires[2]. La Naval Submarine Support Base Kings Bay est en avril 1982, rebaptisé Naval Submarine Base[5]. L'énorme effort de construction et organisationnel a permis à la Base navale de Kings Bay d'atteindre son nouvel objectif fin mars 1990, lorsque USS Tennessee (SSBN-734) fait sa première patrouille de dissuasion avec à son bord le missile Trident II (D-5). En effet, le premier sous-marin Trident, l'USS Tennessee (SSBN-734), est arrivé à Kings Bay le 15 janvier 1989. Il est suivie par l'USS Pennsylvania (SSBN-735) plus tard cette année là. Puis l'USS West Virginia (SSBN-736) en octobre 1990, l'USS Kentucky (SSBN-737) en juillet 1991; l'USS Maryland (SSBN-738) en juin 1992; l'USS Alaska (SSBN-732) en juillet 1993; l'USS Rhode Island (SSBN-740) en juillet 1994; l'USS Maine (SSBN-741) en août 1995 et l'USS Wyoming (SSBN-742) en juillet 1996. La mise en service de l'USS Louisiana (SSBN-743) en septembre 1997, avec Kings Bay comme port d'attache fait de la base à ce moment, la plus grande base américaine de SNLE avec dix sous-marins de classe Ohio.

La fin de la guerre froide et la réorganisation de la Marine et des forces stratégiques pendant les années 1990 ont un effet significatif sur la base sous-marine de Kings Bay. Une révision de la politique des armes nucléaires recommande à l'US Navy de réduire le nombre de ses sous-marins lanceur de missile nucléaire Trident de 18 à 14 d'ici 2005. La décision est prise de mettre temporairement hors service quatre anciens sous-marins de classe Ohio lanceur de missiles Trident, afin de les transformer en sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière (Code OTAN : SSGN) avec une capacité d'emport de 154 missiles de croisière conventionnellement Tomahawk et la possibilité d'accueillir des logements pour un nombre important de Navy SEAL ou de Marines[6]. En outre, plusieurs sous-marins porteurs du missiles balistisaue Trident sont transférés de la flotte de l'Atlantique à la Flotte du Pacifique. L'USS Pennsylvania (SSBN-735) quitte le 4 août 2003, et l'USS Kentucky (SSBN-737) quitte le 24 août 2003 à destination de la base navale de Kitsap à Bangor dans l'État de Washington, dans le cadre d'un rééquilibrage de la flotte entre la côte Est et la côte Ouest. En outre, l'USS Louisiana (SSBN-743) et l'USS Maine (SSBN-741) sont par la suite aussi transférés à la flotte du Pacifique. L'USS Florida (SSGN-728) et l'USS Georgia (SSGN-729), après leurs conversions en sous-marin lanceur de missiles balistique conventionnelle Tomahawk sont affectés à Kings Bay[3].

Royal Navy[modifier | modifier le code]

Les missiles Trident II de l'arsenal nucléaire du Royaume-Uni sont loués aux États-Unis et les sous-marins de la Royal Navy doivent régulièrement visité la base navale de Kings Bay pour leur maintenance et leur remplacement par d'autres[7].

Les installations[modifier | modifier le code]

La base navale de Kings Bay possède la plus grande cale sèche couverte d'Amérique du Nord. Elle mesure 212 mètres de long, 30 mètres de large et 20 mètres de profondeur. Sa capacité est de 8,3 millions litres d'eau. Elle dispose de trois pompes avec une capacité de 270 000 litres d'eau par minute pour inonder ou drainer la cale sèche. soit un remplissage en 30 minutes environ. L'installation Magnetic Silencing Facility (MSF) permet la démagnétisation des sous-marins de l'US Navy ainsi que pour les coques en acier de navires de guerre de surface. La MSF est la seule installation du genre sur la côte Est, et il est également utilisé pour la recherche pour le recherche et développement de futures systèmes magnétiques[8]. Il y a trois quais de réparation au sud de la cale sèche couverte. Chacun a une longueur de 213 m et une profondeur de 12,8 m. Plus au sud, une jetée en forme de T accueille les remorqueurs de la base. La base possède aussi deux quais couverts permettant la manipulation d’explosif et de missiles.

Le centre de formation Trident Training Facility (TTF) permet une formation technique aux marins afin d’exploiter et d’entretenir les sous-marins. Les 48 000 m2 d’ installation comprennent des salles de classe, des bureaux et des simulateurs de formation. Les autres installations de la base comprennent des logements pour les militaires et leur famille, un commissaire, un centre de services aux familles, une bibliothèque, un centre de garde d'enfants, un centre de loisirs et un centre de santé[5].

Commandements navals à Kings Bay[modifier | modifier le code]

Simulateur au Trident Training Facility
  • Submarine Group 10: Le Submarine Group 10 en charge depuis le 1er janvier 1989, du commandement de la base navale de Kings Bay. Il est subordonné au Submarine Force U.S. Atlantic Fleet (ComSubLant). Il exerce le commandement sur les différentes composantes et unités assignées, notamment au contrôle opérationnel et administratif des sous-marins de classe Ohio et du système de missile nucléaire Trident sur la base.
  • Submarine Squadron 16: Il fournit un soutien administratif sur la côte Est pour les sous-marins Ohio de type SSGN. L'escadron coordonne la planification et l'exécution de tous les travaux SSGN avec le Trident Refit Facility. Il se concentre sur la capacité multi-mission des SSGN, tout en soutenant les SNLE pendant et après les périodes de révision[9].
  • Submarine Squadron 20: Similaire au Submarine Squadron 16, sauf qu'il est responsable pour la Côte Est des sous-marins Ohio de type SNLE et de leur missions de dissuasion stratégique[9].
  • Naval Submarine Support Centerː The submarine center fournit le support en termes de matériel, de personnel et de logistique aux escadrons de sous-marins.
Strategic Weapons Facility Atlantic
  • Strategic Weapons Facility Atlanticː Le Strategic Weapons Facility Atlantic (SWFLANT) fournit les missiles stratégiques et le soutien pour les systèmes d'armes stratégiques de la flotte de sous-marin. Il est responsable de l'assemblage des missiles Trident II (D5), des systèmes de guidage des missiles et des composants du sous-système du lanceur.
  • Trident Refit Facilityː Le TRF est le plus grand commandement à Kings Bay. Le TRF offre un soutien au niveau industriel et logistique pour la refonte progressive, la modernisation et la réparation des sous-marins Trident. Il pourvoit aussi des provisions et la fourniture de pièces de rechange. Il stocke et fourni toutes les torpilles utilisées par les sous-marins pour leur auto-défense. Il a en charge les cales sèches de la base.
  • Trident Training Facilityː Ce centre de formation, fourni aux marins les compétences nécessaires pour exploiter et entretenir les sous-marins Trident et leurs systèmes. Pour ce faire le TTF utilise simulateurs extrêmement réaliste de sous-marin. La formation comprend, le contrôle des dommages, la lutte contre les incendies, le contrôle des navires, de la navigation et la plupart des armes et des sous-systèmes d'ingénierie. Le centre de formation a également appelé à former les marines étrangères. Suite à l'accord Polaris, les sous-marins de classe Vanguard du Royaume-Uni partagent des sous-systèmes d'armes similaires aux Tridents américains et leurs marins visitent régulièrement la base navale de Kings Bay. En outre, la Marine colombienne est aussi formé au TTF en raison du manque de formation dans leur propre pays.

Port d'attache[modifier | modifier le code]

Tir d'un Tomahawk depuis le SSGN USS Florida.

La base navale de Kings Bay est le port d'attache, en 2013, de cinq SNLE américains de classe Ohio[10]:

Ainsi que deux sous marins de classe Ohio transformés en sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière[10],[6]:

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (en)Fiche biographique de Randy J. Huckaba sur le site Cnic.navy.mi. Consulté le 11 septembre 2013.
  2. a, b et c (en) Robert Steller, « Kings Bay Naval Submarine Base », sur Georgiaencyclopedia.org,‎ 26 août 2013 (consulté le 11 septembre 2013)
  3. a, b, c, d et e (en) « Naval Submarine Base Kings Bay - History », sur cnic.navy.mil,‎ 26 août 2013 (consulté le 11 septembre 2013)
  4. (en) Marguerite Reddick, Challenge, Camden County Historical Commission,‎ 1976, p. 215 ASIN B0006PBII2
  5. a et b (en) « Kings Bay Naval Submarine Base, United States of America », sur Naval-technology.com,‎ 11 septembre 2013
  6. a et b (en) « SSBN / SSGN Ohio Class Submarine, États-Unis », sur Naval-technology.com (consulté le 10 septembre 2013)
  7. (en) « UK'S TRIDENT SYSTEM NOT TRULY INDEPENDENT », sur Chambre des communes du Royaume-Uni,‎ 7 mars 2006 (consulté le 20 décembre 2013)
  8. (en) cnic.navy.mil, « Trident Refit Facility » (consulté en cnic.navy.mil)
  9. a et b (en) « Navy's Only Combined Submarine Squadron Splits to Enhance Warfighting Readiness », sur Navy.mil,‎ 30 septembre 2009 (consulté le 11 septembre 2013)
  10. a et b (en) « The US Navy Homeport - Homeports and the Ships Assigned », sur US Navy (consulté le le 10 septembre 2013)