Seabee

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Seabees
Badge des Seabees
Badge des Seabees

Période - Aujourd'hui
Pays États-Unis
Branche US Navy
Type génie militaire
Effectif 1 945 : 325 000 personnes
Mascotte Abeille
Guerres Seconde Guerre mondiale,opérations militaires des États-Unis.
Commandant historique Ben Moreell

Les Seabees sont une unité de génie militaire de l'US Navy fondée durant la Seconde Guerre mondiale. Leur surnom étant la prononciation à l’américaine des initiales de ces bataillons, CB pour Construction Battalions.

Leur devise officielle est Construimus, Batuimus (« Nous construisons, nous nous battons »), elle a été inventée par le fondateur de cette unité l'amiral Ben Moreell.

Histoire[modifier | modifier le code]

Insigne des Seabees

Après Pearl Harbor et l’entrée en guerre des États-Unis, l’utilisation de personnels civils dans les zones de guerre devint impossible. Le besoin d’une force navale de construction était évident. Le vice-amiral décida d’activer, d'organiser et de diriger des unités navales de construction.

Le 28 décembre 1941, il demanda l’autorisation de concrétiser cette idée et le 5 janvier 1942, il reçut l’approbation du Bureau of Navigation quant au recrutement d’hommes venant de l’industrie du bâtiment et travaux publics pour former un régiment naval de construction composé de 3 bataillons.

Celui-ci se développa très rapidement et, à la fin du conflit mondial, 325 000 hommes, encadrés par 7 960 officiers, formaient ses rangs pour aménager des installations militaires ou civiles pour les forces américaines.

Cette force est depuis présente lors de toutes les grandes opérations militaires des États-Unis.

Sur toutes les mers[modifier | modifier le code]

Seabees construisant un tarmac en Amchitka.
Affiche de recrutement durant la Seconde Guerre mondiale

Plus de 325 000 hommes et femmes ont servi dans les “Seabees” durant la Seconde Guerre mondiale, se battant et construisant, sur tous les fronts et sur plus de 300 îles dans l'océan Pacifique. Une fois le terrain pris et souvent encore sous le feu des adversaires, le Génie de la Marine des États Unis commençait les travaux les plus urgents et les plus importants : réparer ou bâtir les infrastructures de pont, route, terrain d’aviation, entrepôt, cuve de carburant et autres bâtiments. Après la démobilisation générale à la fin de la guerre, l’effectif tomba à 3 300 dans le service actif à la fin des années 1940 pour augmenter à nouveau avec la guerre de Corée.

Entre 1949 et 1953, les “Seabees” ont été reconfigurées (en langue anglaise dans la Marine, tout ce qui flotte, marche, roule et vole est au féminin) en deux types d’unité : “Amphibious Construction Battalions” (PHIBCBs) et “Naval Mobile Construction Battalions” (NMCBs) dans la diversification des missions. La guerre de Corée a vu l’effectif se gonfler à 10 000 pour retomber ensuite à l’armistice de 1953.

En temps de paix, les “Seabees” ont été envoyés pour de nouvelles missions d’assistance d’urgence et de consolidation après des catastrophes naturelles, comme le tremblement de terre en Grèce de 1953. En périodes plus calmes, les “Seabees” construisaient et donnaient de la formation professionnelle dans les pays en voie de développement, devenant “Ambassadeurs de bonne volonté” (Navy's Goodwill Ambassadors) en bâtissant ponts et routes, bâtiments publics et entrepôts, orphelinats et écoles dans des régions les plus reculées, les plus difficiles et les plus dépourvues.

Ces “Unités d’action civique” (Civic Action teams) ont œuvré durant la guerre du Viêt Nam jusqu’au retrait de toutes les forces américaines du Vietnam en 1973. Les travaux civils et militaires se sont alors poursuivis au Japon, à Puerto Rico, en Méditerranée et dans le Pacifique.

En 1971, les “Seabees” se sont engagées dans leurs plus grands travaux en temps de paix avec la construction du complexe aéronaval de Diego Garcia dans l’archipel des Chagos. Cette base aéronavale se trouve sur une position stratégique dans l’océan Indien, à portée du golfe Persique et peut accueillir les plus gros navires et les plus grands avions. Elle a coûté 200 millions de dollars US et beaucoup de sueur pendant 11 ans. Elle a prouvé sa valeur stratégique lors de la Guerre du Golfe de 1991, guerre à laquelle les “Seabees” ont participé avec un effectif de 5 000 de l’actif et 1 000 de la réserve militaire qui ont servi au Moyen-Orient pour construire dans des conditions les plus difficiles, de manière acrobatique et avec des improvisations heureuses, dans la tradition de leurs ainés.

Ils sont à la construction ce que les commandos sont au combat, avec la devise officieuse et familière : « Nous sommes capables » (We can do), depuis les sauts d’îles en îles du Pacifique des campagnes du Pacifique. Par leurs capacités d'improvisation et de travail en équipe, les « Seabees » sont aussi à l'origine des Navy SEAL, les commandos nageurs de combat très polyvalents de la marine américaine et qui ont vu le jour comme unité de Seabees chargée de la démolition des obstacles et le dégagement des plages de débarquement dans les îles du Pacifique en 1943.

Contes et légendes des Seabee[modifier | modifier le code]

Construction d'un pont en Irak en mai 2006
Naval Mobile Construction Battalion One (NMCB-1) en 2006

Pour commencer, on peut jouer à imaginer une bande de “Robinson Crusoé” et “Vendredi” construire un village avec un port pour accueillir des bateaux et un terrain d’aviation pour recevoir dignement le “Dieu Cargo”, une divinité inventée par les habitants de ces îles perdues du Pacifique qui leur a apporté l’alimentation, l’habillement et toute la quincaillerie des “Supermarkets”, tous les bienfaits de la “Civilisation”.

Pour compléter le village, il a fallu l’infirmerie devenue hôpital, des entrepôts et puis toutes les installations indispensables à la vie du troupier en campagne, comme le “PX” (Post Exchange), une sorte de magasin général (General Store), le “Drug Store” avec son bar laitier (Milk Bar) et un cinéma. Il leur a fallu, avec les moyens du bord, beaucoup d'imagination et d'improvisations, faire vivre une armée moderne sans l'indispensable logistique militaire qui arrivera plus tard grâce à ces constructions de première nécessité.

Un journaliste de l’Arkansas a écrit:

  • “[…] Les "Seabees" sont capables de construire des pièges anti-chars avec des macaronis, de réparer une montre de dame avec un étau et de rentrer le foin avec une fourche à une dent”.

Les "Seabee" firent preuve d’une débrouillardise sans limite. Aucune tâche n’était au-dessous d’eux. Ils firent fonction d’horloger en remplaçant les verres de montre par du plexiglass provenant d’avions abattus. En cas de nécessité, ils pouvaient être cordonniers, taillant des semelles dans de vieux pneus. Ils étaient dentistes, à l’occasion, et réparaient des prothèses grâce à un mélange de caoutchouc et de ciment, en laissant les appareils sécher la nuit dans un étau de menuisier. Un de leurs mécaniciens fabriquait deux étoiles avec des pièces de “25 cents” pour fournir un insigne à un général.

Passés maîtres dans l’art de la récupération d’équipements usagés, les Seabees découpèrent des dents de pelleteuse dans de la ferraille, improvisèrent des pots d’échappement avec des “bazookas” inutilisables et transformèrent des caissons métalliques en fours de cuisine. À l’aide d’obus de 75mm, ils dynamitèrent des trous de 3m dans les carrières et ils utilisèrent leurs casques comme pelle pour combler les trous de bombe sur les pistes

À mesure que croissait leur réputation de magicien, en dépit de leurs maigres moyens, le Chef des Opérations Navales Ernest J. King, qui n’avait rien d’un tendre, leur adressa le plus grand compliment:

  • “[…] Votre débrouillardise et votre courage sont devenues légendaires dans la marine”.

Dans les îles où débarquaient les « Seabees », ils devaient se contenter des matériaux sur place, dont l’équipement pris aux Japonais. Ils installaient leurs propres scieries et ateliers, pour fabriquer des pièces de rechange pour machines, maisons ou pontons. Ils utilisaient le corail des îles dans les revêtements des routes et des pistes d’aviation. Les « Seabees » travaillaient dix heures par jour. Les équipes de constructions d’aérodromes dormaient d’un œil dans des tranchées à côté des pistes en construction. Pourtant, dans le civil, ils étaient tous militants syndicalistes de choc. En guerre et à la paix, ils étaient animés par l’esprit et la culture des immigrants, pionniers et paysans.

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