Segismundo Casado

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Segismundo Casabo López
Naissance 1893
Nava de la Asunción, Ségovie, Espagne
Décès 1968 (à 75 ans)
Madrid, Espagne
Allégeance Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Drapeau de l'Espagne République espagnole
Arme Cavalerie
Grade Colonel
Autres fonctions Conseil national de défense

Segismundo Casado, né à Nava de la Asunción (province de Ségovie) en 1893 et mort à Madrid en 1968, est un militaire espagnol. Loyal à la République durant la Guerre d'Espagne, le colonel Casado est l'auteur d'un putsch interne à son camp en mars 1939.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de militaire, il est admis à quinze ans à l'Académie de cavalerie de Valladolid. Franc-maçon, diplômé de l'État-Major, il est le commandant de l'escorte du Président de la République lorsqu'éclate la guerre civile.

La Guerre Civile[modifier | modifier le code]

Le début de la guerre[modifier | modifier le code]

Lorsqu'éclate la guerre civile, Casado se trouve à Madrid et se déclara loyal au gouvernement républicain. En septembre 1936, il est promu lieutenant-colonel.

Organisation militaire[modifier | modifier le code]

Entre octobre et novembre 1936, il entraîne et organise les Brigades Mixtes de l'Armée populaire (18 octobre). Ces brigades sont fortes de 4000 hommes chacune[1]. Six brigades sont créées :

Suite de la guerre[modifier | modifier le code]

Il participe à la défense de Madrid, à la bataille du Jarama et à celle de Brunete. Il devient par la suite le chef des XVIIIe et XXIe corps de l'armée puis celui de l'Armée d'Andalousie. Le 17 mai 1938, sur le front d'Aragon, il est promu colonel et, en replacement du général Miaja, il est affecté au commandement de l'Armée du Centre.

L'opposition aux communistes[modifier | modifier le code]

Farouchement opposé aux communistes pendant toute la guerre, il acquiert après l'offensive de Catalogne la conviction que la guerre est perdue et qu'il est inutile de poursuivre une lutte sans espoir, avec le vain sacrifice de civils et de soldats. Il estime que la poursuite des combats ne se ferait qu'au bénéfice de l'Union Soviétique et, avec d'autres dirigeants du Front Populaire, il fomente une rébellion contre le gouvernement de Negrín.

Cela commence le 1er février 1939. Sur les conseils de son frère César, lieutenant-colonel de cavalerie, il entre en contact avec Ricardo Bertoloty et Diego Medina[2]. Il demanda « les conditions de la capitulation de l'armée [républicaine] du Centre ». Il rencontra aussi les généraux républicains Miaja, Menendez et Matallanas à Valence. Il maintint aussi des contacts avec divers agents britanniques dont Denis Cowan. Le souci de Casado était d'« empêcher des représailles » en assurant la reddition de la zone centrale. Les contacts se poursuivent et le 5 février il est contacté par un officier nationaliste que casado prie d'obtenir de Brugos les conditions imposées par Franco. Mais ces conditions étaient celles d'un conquérant impitoyable ! Il exigeait une reddition inconditionnelle ! Casado prit conscience que la résistance devenait « criminelle et stèrile ». Il semble que Negrin ait été informé de ce qui se tramait mais qu'il ne fit rien par lassitude et pour s'exonérer du désastre final.

Le Boletín Official des Estado publie le 3 mars une liste de promotions, dont celle de Casado au grade de général d'artillerie et celle de nombreux officiers communistes, signe d'une guerre appelée à se prolonger. Le 4 mars, convaincu que Negrín organise la prise du pouvoir par le PCE, Casado conduit un coup d'État contre le gouvernement légal de la seconde République, avec l'appui de la faction modérée du Parti socialiste ouvrier espagnol et l'adhésion des leaders anarchistes et d'une majorité des commandants de l'Armée Populaire Républicaine.

Le coup d'État[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 5 au 6 mars 1939, Casado crée à Madrid le Conseil National de Défense, une junte qui remplace le gouvernement. Le général José Miaja rejoint la rébellión le 6 mars en ordonnant l'arrestation des militants communistes de la ville. Pendant ce temps, dans la localité alicantine d'Elda, Negrín, qui se préparait à se réfugier en France avec son gouvernement, ordonne à l'officier communiste Louis Barceló Jover, commandant du Premier Corps de l'Armée du Centre d'essayer de reprendre le contrôle de la capitale. Ses troupes entrent dans Madrid et, après un combat féroce de plusieurs jours, sont défaites par les anarchistes commandés par Cipriano Mera le 12 mars et se rendent en apprenant la fuite en France du gouvernement et des dirigeants du PCE.

La fin des hostilités[modifier | modifier le code]

Casado négocie avec les dirigeants nationalistes pour obtenir des conditions honorables pour la reddition. Il déclare la capitulation officielle à onze heures du matin le 29 mars 1939[3].

L'exil[modifier | modifier le code]

Segismundo Casado part pour Valence puis Gandie pour y embarquer sur le navire britannique HMS Galatea pour Marseille. Fin 1939, il s'exile en Grande-Bretagne sans pouvoir retrouver sa famille avant 1951. Il part pour le Venezuela puis s'établit en Colombie.

Le retour au pays[modifier | modifier le code]

Casado revient en Espagne avec sa famille en 1961. Jugé pour soulèvement militaire, il est absous par le conseil de guerre mais échoue à réintégrer l'armée et à faire reconnaître son grade. Rejeté par le franquisme pour avoir servi la cause républicaine, Casado ne bénéficie pas pour autant de sympathies dans l'exil républicain à cause de son coup d'État, de son attitude anticommuniste, et de son refus d'adhérer à l'un des partis du Front Populaire. Sa mort en 1968 d'une crise cardiaque dans un hôpital madrilène ne fait l'objet que d'entrefilets dans la presse espagnole.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Organización del Ejército francés (1931)
  • The Last Days of Madrid, Londres 1939
  • Así cayó Madrid, mémoires publiées en Espagne en 1968, avec des corrections de la censure franquiste.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie
  • (en) Antony Beevor (trad. Jean-François Séné), La guerre d'Espagne, Calmann-Lévy,‎ 2006, 896 p. (ISBN 978-2-253-120092-6[à vérifier : ISBN invalide])
Notes
  1. voir Antony Beevor (2006) p. 309 et 794
  2. selon les pages 688 à 691 résumées d'Antony Beevor (2006)
  3. voir Antony Beevor (2006) p. 701