Bataille de Brunete

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Bataille de Brunete
Valentín González menant les soldats républicains de la 45e division dans les environs de Villanueva de la Cañada
Valentín González menant les soldats républicains de la 45e division dans les environs de Villanueva de la Cañada
Informations générales
Date 6 juillet 1937 au 25 juillet 1937
Lieu Brunete, Province de Madrid, Espagne
Issue Incertaine. Victoire stratégique nationaliste
Belligérants
Flag of Spain (1931 - 1939).svg République espagnole
Flag of the International Brigades.svg Brigades internationales
Bandera del bando nacional 1936-1938.svg Camp nationaliste
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
José Miaja José Enrique Varela
Forces en présence
Armée populaire
85 000 soldats
200 pièces d'artillerie
130 tanks 40 chars blindés
Aviation républicaine
300 avions
Armée du Centre
65 000 soldats
Aviation nationaliste
200 avions
Légion Condor
80 avions
Pertes
20 000 hommes
60-100 avions
17 000 hommes
25-65 avions
Guerre d'Espagne

La bataille de Brunete est un ensemble de combat livrés durant la guerre d'Espagne entre les forces républicaines et les insurgés nationalistes. Elle se déroula dans la province de Madrid, à environ 25 kilomètres de Madrid, près de la ville de Brunete, entre le 6 et le 25 juillet 1937. À ce titre, elle fait partie de l"ensemble des combats du siège de Madrid.

L'objectif de l'armée républicaine était de diminuer la pression nationaliste sur la capitale espagnole, mais également sur le front du nord. Bien que victorieux, ils furent ensuite obligés de se retirer, après avoir subi de lourdes pertes.

C'est au cours des combats que Gerda Taro, compagne du photographe Robert Capa et photographe elle-même, est blessée mortellement - elle décède peu après, le 26 juillet.

Contexte[modifier | modifier le code]

Situation stratégique[modifier | modifier le code]

Après la prise de Bilbao, le 19 juin, les républicains décidèrent de mener une opération suffisamment éloignée du front du nord, afin d'en détourner les forces nationalistes et permettre aux républicains de se réorganiser. De plus, Brunete se trouvait sur la route d'Estrémadure et sa capture aurait permis de gêner le siège des nationalistes contre Madrid.

D'un point de vue politique, l'offensive satisfaisait les demandes des communistes et des Soviétiques qui voulaient montrer que les républicains pouvaient avoir l'initiative. Des plans soviétiques sur Brunete existaient d'ailleurs depuis le printemps 1937. De plus, le blocus des ports républicains par les nationalistes se renforçaient, gênant l'arrivée de l'aide de l'URSS. Le président du gouvernement, Juan Negrín, avait donc besoin de convaincre ses homologues anglais et français (Camille Chautemps), que la République pouvait encore gagner la guerre, après les désastres de Málaga et de Bilbao.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Républicains[modifier | modifier le code]

Le général Miaja est à la tête de deux corps d'armée, soit environ 80 000 soldats.

On trouve le Ve corps d'armée, commandé par le colonel Juan Modesto et composé de :

On trouve ensuite le XVIIIe corps d'armée, commandé par le colonel Enrique Jurado, puis par Segismundo Casado, et composé de :

  • la 10e division, menée par José Maria Enciso ;
  • la 15e division, menée par le colonel Janos "Gal" Galicz et formée des XII° B.I. et XV° B.I. ;
  • la 46e division, menée par le colonel Francisco Galán.

En réserve se trouvent trois divisions :

  • la 14e division, menée par Cipriano Mera ;
  • la 45e division, menée par le colonel General Kléber ;
  • la 69e division, menée par Gustavo Doran.

Nationalistes[modifier | modifier le code]

Les nationalistes opposent à leurs ennemis l'armée du Centre, sous le commandement du général Andrés Saliquet Zumeta. Mais c'est au général José Enrique Varela que fut confié véritablement de superviser les opérations.

On trouve le VIIe corps d'armée, commandé par le général José Varela et composé de :

  • la 71e division, menée par le colonel Ricardo Serrador Santés. Elle était constituée de phalangistes et d'environ 1 000 soldats marocains ;

On trouve ensuite le Ier corps d'armée, commandé par Juan Yagüe et composé de :

  • la 11e division, menée par le général José Iruretagoyena Solchaga ;
  • la 12e division, menée par le général Carlos Asensio Cabanillas ;
  • la 13e division, menée par le général Fernando Barrón y Ortiz ;
  • la 14e division, menée par le colonel Juan Yagüe lui-même.

En renfort arrivèrent ensuite :

  • la 150e division, menée par le général Sáenz de Buruaga ;
  • la 4e brigade de Navarre, menée par le colonel Juan Bautista Sánchez ;
  • la 5e brigade de Navarre, menée par le colonel Alonso Vega.

Combats[modifier | modifier le code]

Carte de l'offensive républicaine à Brunete.
Carte de la bataille de Brunete. Trait rouge : Front initial. Trait pointillé violet : Avancée républicaine maximale. Trait violet : Front final.

Offensive républicaine[modifier | modifier le code]

À l'aube du 6 juillet, les républicains bombardent durant une demi heure les positions nationalistes, tenues par la 71e division, avec leur artillerie et leur aviation. Immédiatement après, la 11e division de Líster s'élancent de leur position à Valdemorillo, avancent de 10 km et encerclent Brunete. Les franquistes sont pris par surprise et la ville tombe vers midi. Cependant, les attaques des 34e et 46e divisions rencontrent une plus grande résistance, ce qui oblige Líster à ne pas avancer au-delà de Brunete. Le lendemain, le colonel républicain Jurado attaque le village de Villanueva de la Cañada, qui est pris par le bataillon Britannique de la XVe brigade.

En réaction, les nationalistes acheminent les 12e, 13e et 150e divisions et la légion Condor, placées sous le contrôle du général Varela et tiennent leurs positions dans les villages de Villanueva del Pardillo et Villafranca del Castillo. Alors que les républicains ont traversé la Guadarrama le 8 juillet, leurs attaques sont repoussées, ce qui annule tous leurs efforts.

Les républicains portent leur attention sur le village de Quijorna, où les 35e et 46e divisions viennent soutenir la future avancée de Líster, et le prennent au matin du 9 juillet. Villafranca del Castillo est à son tour encerclé par les divisions d'Enciso et de Kléber. Le colonel Jurado tente un assaut le 11 juillet, mais malade il est remplacé par le colonel Casado qui, faisant face au moral en baisse de ses troupes, décide d'annuler l'attaque. C'est le village de Villanueva del Pardillo qui est en fin de compte enlevé par la XIIe brigade internationale.

Afin de reprendre l'avantage, les nationalistes envoient la 5e brigade de Navarre soutenir la garnison de Villafranca del Castillo : ils arrivent à repousser les républicains jusqu'à la Guadarrama. Entre le 12 et le 17 juillet, il devient de plus en plus clair que l'avancée républicaine s'essouffle, d'autant que certains objectifs sont atteints : Brunete est tombé et la route de l'Estrémadure est coupée. Les hommes du général Miaja décident alors de fortifier leurs positions en attendant la contre-offensive nationaliste.

Contre-attaque nationaliste[modifier | modifier le code]

Une contre-attaque était prévue pour le premier anniversaire du coup d'État de 1936, le 18 juillet. Les républicains, s'y attendent et repoussent les assauts ennemis jusqu'au 23 juillet. C'est bien le 24 que les franquistes arrivent, avec leur 13e division à briser les lignes avec l'aide des chars allemands et à reprendre Brunete, sauf le cimetière. C'est au cours de cette retraite que Gerda Taro, compagne du photographe Robert Capa et photographe elle-même, est blessée mortellement - elle décède peu après, le 26 juillet.

Le 25 juillet, la 14e division de Cipriano Mera en repousse finalement Líster. Franco décide alors d'interrompre l'attaque, afin de pouvoir reporter ses efforts sur le front du nord.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Bilan humain et matériel[modifier | modifier le code]

Les pertes humaines et matérielles sont élevées, particulièrement pour les républicains dont les pertes (incluant aussi les blessés) atteignent 25 000 hommes. Du côté nationaliste, les pertes atteignent 17 000 hommes mais avec une proportion bien moindre de tués. Les pertes les plus effroyables sont celles des Brigades Internationales qui, sur leur effectif total initial de 13 353 hommes perdent 4 300 hommes, et presque 5000 autres sont à l'hôpital.

Les pertes matérielles sont très lourdes pour les républicains qui perdent 80 % de leurs chars et un tiers des avions de chasse assignés à ce front.

Conséquences stratégiques[modifier | modifier le code]

D'un point de vue stratégique, si, à la fin de la bataille, les républicains ont échoué à couper efficacement la route de l'Estrémadure, ils tiennent plusieurs villages : aussi chacun des deux camps réclama pour lui la victoire. Mais il faut constater que ces avancées des républicains se révèlent en grande partie inutiles.

D'un point de vue politique, les communistes perdirent dans le camp républicain de leur prestige, car leur plan avait en fin de compte échoué. De plus, les brigades internationales, durement frappées par les combats, entrèrent en rébellion contre le commandement, refusant de retourner au front. Chez les nationalistes, le rôle primordial joué par les Allemands permit à l'Allemagne de négocier de favorables conditions de commerce, puisqu'elle obtint le statut de nation la plus favorisée. L'Espagne s'engagea à payer ses dettes en apportant des matières premières à l'Allemagne hitlérienne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antony Beevor (trad. Jean-François Sené), La Guerre d'Espagne, Paris, Le Livre de Poche,‎ 2008 (ISBN 978-2-253-12092-6).
  • (es) MARTINEZ BANDE, José Manuel, La ofensiva sobre Segovia y la batalla de Brunete, Madrid, 1972
  • (fr) THOMAS, Hugh, Guerre d'Espagne, Robert Laffont, Paris, 1997 (ISBN 2-221-08559-0)

Sources[modifier | modifier le code]