Bourréac

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bourréac
Rentrée de balles rondes de foin, en marche arrière, dans la maison Arbaous, à Bourréac
Rentrée de balles rondes de foin, en marche arrière, dans la maison Arbaous, à Bourréac
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Arrondissement Arrondissement d'Argelès-Gazost
Canton Canton de Lourdes-Est
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Lourdes
Maire
Mandat
Roland Darré
2014-2020
Code postal 65100
Code commune 65107
Démographie
Gentilé bourréacais
Population
municipale
84 hab. (2011)
Densité 67 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 06′ 14″ N 0° 00′ 09″ E / 43.1038888889, 0.002543° 06′ 14″ Nord 0° 00′ 09″ Est / 43.1038888889, 0.0025  
Altitude 520 m (min. : 429 m) (max. : 582 m)
Superficie 1,26 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées

Voir sur la carte administrative des Hautes-Pyrénées
City locator 14.svg
Bourréac

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées

Voir sur la carte topographique des Hautes-Pyrénées
City locator 14.svg
Bourréac

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Bourréac

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Bourréac

Bourréac est une commune française, située dans le département des Hautes-Pyrénées en région Midi-Pyrénées.

Entrée du village en venant de Lourdes
Entrée du village en venant de Lourdes
Entrée du village en venant de Lourdes
Vue depuis l'entrée du village

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Village de Bourréac avec vue sur la ville de Lourdes.

Bourréac est une commune de l'aire urbaine de Lourdes située à 4 kilomètres de Lourdes. Dominant en balcon la plaine de Lézignan qui s'ouvre sur la ville de Lourdes à l'ouest, le village se situe au centre d'une ligne de collines, de 500 m à 600 m d'altitude, face à la chaîne pyrénéenne, avec, en particulier, le pic du Jer au premier plan, le Cabaliros, le Hautacam, le pic du Montaigu et le pic du Midi de Bigorre en arrière-plan.

Un chemin de crête (chemin départemental) part du centre du village vers son hameau, Récahorts, et, au-delà, vers Pouts, hameau du village Escoubes-Pouts, avant la descente vers ce village dans la vallée.

Plan de Bourréac au début de 2013, le bourg au centre et le hameau de Récahorts à droite.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le territoire offre les marques de dépôts morainiques (sédiments, pierres et rochers) provenant de l'ancien glacier qui, il y a 30 000 ans, empruntait la vallée du gave de Pau et recouvrait l'emplacement de la ville de Lourdes. Le village offre la particularité d'avoir plusieurs sources sur le versant nord du territoire communal, en particulier la source de Bidole qui alimentait autrefois le village et celle de Coulat qui alimente le réseau AEP du syndicat intercommunal des Côtes de Bourréac et du Miramont.

Climat[modifier | modifier le code]

Lever de soleil sur Bourréac le 14 octobre 2007. Brumes sur la plaine de Lézignan. Lourdes au fond.

Le climat est celui qui est précisé pour Lourdes et par la station météo locale d'Ossun-Tarbes, avec toutefois un microclimat caractérisé par un taux d'embrumement moindre et par une température souvent plus élevée en hiver pour les zones exposées plein sud et abritées du vent d'ouest.

Communes limitrophes et intercommunalités[modifier | modifier le code]

Bourréac est une des dix communes considérées par l'INSEE comme faisant partie de l'unité urbaine de Lourdes [1].

Bourréac est limitrophe de Lézignan, d'Escoubes-Pouts, de Julos et de Paréac, communes de la même communauté : la CCPL (Communauté de communes du Pays de Lourdes). Lézignan est la commune la plus proche que l'on traverse pour se rendre à Bourréac, après avoir quitté la route départementale en venant de Lourdes (calvaire à l'intersection)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Extrait de la carte de Cassini mentionnant les noms de communes, paroisses ou succursales de paroisse comme Bourréac, et leurs hameaux,vers 1810

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom d'un lieu ou d’une localité représente très souvent le premier (et parfois l’unique) document que nous ayons sur lui. Toute monographie ou étude sur une localité devant débuter par une étude toponymique[3], on trouvera les principales informations concernant les communes des Hautes-Pyrénées dans le Dictionnaire toponymique des communes des Hautes Pyrénées de Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail[4].

Dénominations historiques :

  • in Burriacho, latin (fin XIe – début XIIe siècle, cartulaire de Saint Pé, arch. des H.P.)
  • Buriac, Burriac (1429, Censier de Bigorre)
  • Burriac aus Angles (1609, Livre de la Réforme de Sainct-Pé, arch. des H.P.)[5]
  • Bouriac, Bourriac (1738, Arpentement de la Baronnie des Angles[6], puis 1760, Pouillé du diocèse de Tarbes par Larcher; puis 1789, cahier des doléances)
  • Bourréac (v 1809, Plan cadastral napoléonien, 1810, Carte de Cassini)

Prononciation locale figurée : [bourri'yak]

Étymologie : Comme tous les toponymes dont le suffixe est ac, le nom de Bourréac vient d'un nom de domaine antique. Ce nom est formé sur le nom patronymique Burrius ou Burrinus et du suffixe -acum, soit « le domaine de Burrius ».

Bourréac a un hameau, Récahorts, dont la dénomination a évolué aussi avec le temps : on lit Requehor sur la Carte de Cassini ci-jointe et Roquehort dans l'arpentement de la Baronnie des Angles de 1738[6]. L'étymologie en est roc ou roque hort/e c'est-à-dire roche forte par référence vraisemblablement à une terre lourde et argileuse (avec des affleurements schisteux) alors que Bourréac a des terres morainiques très filtrantes.

Bourréac et les Archives départementales des Hautes-Pyrénées[modifier | modifier le code]

Le plan cadastral napoléonien de Bourréac est consultable sur le site des Archives départementales des Hautes-Pyrénées [7] de même que le "Cahier des doléances de Bourriac, annexe des Angles" de 1789[8].

Archéologie[modifier | modifier le code]

L'inventaire archéologique départemental fait état de la découverte en 1846 d'une statue en marbre au lieu-dit Sendac qui permet d'envisager l'existence d'un site funéraire antique très important. Cette statue est visible dans le musée du jardin Massey à Tarbes.

Historique administratif[modifier | modifier le code]

La commune est sous l'Ancien Régime incluse dans le Pays et dans la sénéchaussée de Bigorre, ainsi que dans le Quarteron de Lourdes. Elle fait alors partie intégrante de la baronnie des Angles[9]. Lors de la Révolution, elle est incorporée en 1790 au canton de Lourdes du nouveau département des Hautes-Pyrénées, puis au canton de Lourdes-Est en 1973.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le site officiel de Bourréac livre les informations pratiques et d'actualité.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1912 1935 Amédée Ladebèze - Agriculteur
mai 1935 1953 Jean Darré - Agriculteur
mai 1953 1959 Victor Azens - Agriculteur
mars 1959 1977 Jean Nadau - Agriculteur
mars 1977 1989 Roland Darré - Professeur
mars 1989 2008 Charles Lacrampe - Cadre de banque
avril 2008 2020 Roland Darré - Professeur retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution de la population montre un accroissement de la population du fait de nouveaux foyers en résidence principale sur la commune, surtout à partir des années 1990.

En 2011, la commune comptait 84 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
72 76 220 140 116 115 110 113 121
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
108 110 112 103 112 122 100 106 103
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
94 90 95 76 76 59 61 58 47
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
46 41 45 49 46 70 91 94 84
2011 - - - - - - - -
84 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Debien[12] souligne la chute importante et inexpliquée de la population de Bourréac entre 1806 et 1821 dans un contexte d'accroissement global de la population des communes rurales du canton de Lourdes-Est. Or cette valeur de 220 pour Bourréac, en 1806, que l'on retrouve dans d'autres publications qui ont repris la même source paraît peu vraisemblable. En fait, la confrontation avec une autre source d'information, celle du cadastre de 1809[13] qui fait état d'un effectif « d'environ 140 personnes », montre qu'elle est très probablement inexacte et que l'effectif recensé en 1806 a dû être plus vraisemblablement de 120 personnes.

Socio-économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'importance de l'agriculture, à Bourréac comme ailleurs, va bien au-delà d'un bilan technique et économique des productions en volume et en valeur. L'agriculture et en l'occurrence l'élevage sont les outils principaux de gestion et d'aménagement des espaces contribuant à la perception positive de l'environnement. Ils génèrent des satisfactions environnementales appelées aménités qui participent au charme et à l'attrait des lieux en sus de l'atout majeur que peut être le panorama sur la chaîne pyrénéenne : des paysages ouverts, des espaces entretenus, des prés, des animaux dans ces espaces, etc.

L'agriculture paysanne originelle[modifier | modifier le code]

Vache lourdaise tenue par François Sarthe, dit François de Passet, à Bourréac, vers 1966.

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, l'élevage ovin occupait une place prépondérante dans la plupart des communes de la montagne de Bigorre et dans le piémont pyrénéen. Cet élevage s'appuyait sur l'exploitation souvent intensive, avec irrigation quand c'était possible, des prés en bien propre avec leurs granges foraines traditionnelles aux toits d'ardoises, sur la conduite en parcours dans les vastes territoires communaux appelées landes ou serres, et sur les estives de transhumance, en montagne, l'été. La race ovine lourdaise était la race locale de référence particulièrement adaptée à ce mode dominant d'élevage extensif. Par ailleurs les vaches de race lourdaise (variante locale et rustique du groupe bovin Blond du Sud-Ouest représenté aujourd'hui par la Blonde d'Aquitaine) étaient exploitées en tant que race mixte : lait, viande et travail, encore que les bœufs gascons lui soient évidemment préférés pour le travail.

Ancien poulailler-porcherie, En ço de Borie, à Bourréac.

Un élevage porcin et de volailles presque exclusivement destiné aux besoins de la maison existait jadis dans chaque exploitation. Jusque vers 1945, la race porcine locale de référence était le porc bagnérais, porc de type ibérique noir et blanc très réputé pour la qualité de sa viande, dont l'essentiel de la population a servi à reconstituer le porc pie noir du Pays basque. Cet élevage porcin, comme d'ailleurs celui qui l'a remplacé à base de porcs blancs, pour la vente sur les marchés locaux (Tarbes, Trie-sur-Baïse) de porcelets à engraisser, a disparu. De beaux ensembles typiques de poulaillers-porcheries édifiés dans la deuxième moitié du XIXe siècle sont visibles dans nombre de fermes du pays rural lourdais dont un à Bourréac. Conçus manifestement pour l'embellissement des cours de ferme, ils témoignent d'une relative prospérité de la maison à l'époque considérée.

Aujourd'hui une agriculture d'entreprise et d'échange en prise avec la gestion de l'environnement paysager[modifier | modifier le code]

alternative textuelle
Stabulation libre de Peyrehicade et grange foraine de La Grabe depuis le Courtaou.

La quasi disparition de l'élevage ovin et de la race bovine lourdaise ont remis en question l'exploitation traditionnelle des communaux revenus progressivement à l'état de fougeraies soumises à l'écobuage annuel telles qu'on peut les voir encore sur les zones d'étage collinéen les plus pentues, comme celles qui dominent Lourdes (Serre de Sarsan). En 1977, les communes de Lézignan, Bourréac et Julos sont parvenues à un accord de partage de leurs communaux dont l'exploitation était jusqu'alors indivise et seulement consacrée au mode pastoral. Après retournement et amendements, ces landes ont été affermées aux agriculteurs locaux pour être converties avec succès en terres de culture (maïs grain et maïs ensilage) ou en prairies. Cette transformation s'est traduite par un accroissement significatif du cheptel bovin, dans les races Prim'Holstein ou Montbéliarde en système laitier, Blonde d'Aquitaine ou Limousine, principalement, parfois charolaise ou bazadaise, en système allaitant. Elle a permis aussi la création de nouveaux bâtiments d'élevage fonctionnels hors des villages et proches des lieux de pâturage, dont l'élevage laitier dit de Peyrehicade sur les landes de Bourréac.

L'agriculture de Bourréac d'aujourd'hui repose essentiellement sur l'élevage bovin dans quatre exploitations dont une en élevage bovin laitier avec production de veaux de lait, une en élevage allaitant avec production de veaux de boucherie sous la mère et deux en élevage allaitant avec production de veaux broutards. La transhumance estivale des vaches limousines et blondes d'Aquitaine se fait en camion qui permet d'accéder aux estives du Cirque d'Estaubé (près de Gavarnie).

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Les terres labourables ont une bonne valeur agronomique. Certaines bien exposées et proches du village étaient autrefois réputées localement pour la production de pommes de terre primeur.

Nouvelles ruralités[modifier | modifier le code]

À l'origine exclusivement agricole, la population compte aujourd'hui une majorité d'actifs dont l'emploi se situe en milieu urbain. Cette situation est la même dans toutes les communes du pays rural lourdais.

Certains résidents, néo-ruraux, développent des pratiques de mode de vie valorisant les opportunités locales et en rapport avec leurs compétences et leurs goûts personnels comme la production de légumes en jardin potager ou la fabrication de pain. D'autres privilégient, en sus de leur activité principale, un élevage mode de vie dans lequel le cheval (cheval lourd ou cheval de selle), voire l'âne, trouvent aujourd'hui naturellement leur place, à Bourréac comme ailleurs (lifestyle farming).

Talus fleuri le long de la voie départementale.

Entreprises[modifier | modifier le code]

Déchargement de troncs d'arbre à Lézignan
Déchargement de troncs d'arbre à Lézignan.

Une entreprise, Sanguinet Frères[14], spécialisée dans les travaux d'abattage et d'élagage d'arbres, rayonnant sur tout le sud-ouest de la France, a son siège sur le hameau de Recahorts.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La proximité de Lourdes et des hauts lieux touristiques pyrénéens ainsi que la qualité de l'environnement local font du village de Bourréac une station d'accueil saisonnier dans des gîtes ruraux. Une politique active d'embellissement floral a permis au village d'obtenir pour la troisième année consécutive, en 2008, le premier prix départemental des villages fleuris dans sa catégorie villages de montagne.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église de la Toussaint.
Place de la fontaine ou place de Candaouan.
Panorama sur la chaîne depuis Récahorts
Église de la Toussaint 
L'église de la Toussaint (dédiée à tous les saints, comme celle de Lézignan) domine le village et offre un beau panorama sur la chaîne des Pyrénées et les alentours. Elle abrite une cloche datée de 1664 qui est référencée comme une des plus anciennes du patrimoine national pour avoir échappé aux confiscations et à la fonte sous la Révolution.
Place de la fontaine (ou place de Candaouan) 
créée en 2005, c'est un lieu de convivialité lors des manifestations communales, elle accueille les promeneurs de passage et les joueurs de boules à la belle saison.
Sites et parcours panoramiques 
les chemins de crête (chemin de Sendac, chemin de Recahorts-Pouts, chemin du Courtaou), offrent un vaste panorama sur la chaîne, de Lestelle-Bétharram à l'ouest, au pic du Midi de Bigorre et au Casque de Lhéris, au-dessus de Bagnères-de-Bigorre, à l'est. Un parcours fléché de cyclotourisme part du haut de la côte, en venant de Lézignan, vers la gauche sur le chemin de Sendac, et rejoint le village de Julos.

Vie collective et associative[modifier | modifier le code]

Activité paroissiale et fête communale[modifier | modifier le code]

Après avoir été paroisse puis succursale de la paroisse du village des Angles sous l'Ancien Régime, le village a été rattaché à la paroisse de Lézignan qui est le village le plus proche. Les deux villages ont la même fête communale organisée autour du premier dimanche de novembre, après la Toussaint.

A Nouste, bulletin mensuel interparoissial du secteur de Lourdes, relate les principaux évènements de la vie paroissiale du Pays rural lourdais qui constitue une entité culturelle recouvrant les actuelles communautés de communes de la Baronnie des Angles, de Batsurguère, du Castelloubon, de la Croix Blanche et du Pays de Lourdes.

Association et animation communale[modifier | modifier le code]

L'ASSO’S Lézignan - Bourréac dont le siège est à la mairie de Lézignan remplit les fonctions d'un Comité des fêtes et d'animation et réalise des actions conviviales pour les deux communes, Lézignan et Bourréac, en particulier : la fête locale à Toussaint, le repas de Carnaval, l’intervillage début juin, ainsi que d'autres manifestations et soirées tout au long de l’année, telles que des projections de films, une fête du gâteau à la broche.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Microtoponymie[modifier | modifier le code]

En ço de Pouzadé à Bourréac.

Le système familial pyrénéen est assez unitaire et correspond principalement à celui de la famille souche intimement lié à une maison à tel point que le nom d'une famille peut prendre le nom de la maison dans laquelle elle vit : « La maison est une personne morale » (Claude Lévi-Strauss)[15],[16]. Comme dans tous les villages des Pyrénées et du piémont pyrénéen, chaque maison paysanne du village possède un nom propre commençant par "En ço de" qui veut dire « chez » ou « le bien de » en Bigorre (à rapprocher de l'« etxe » basque).

Chacune des maisons paysannes de Bourréac porte une enseigne à son nom avec une représentation en rapport avec la vie présente ou passée de la maison que l'on retrouve à l'orthographe près dans un tableau de déclaration réalisé en 1740. Nombre de quartiers, de lieux, voire de modestes parcelles de terrains, ont aussi un nom, généralement non recensé dans le cadastre[17] ou dans les écrits, qui est transmis par voie orale. Un recensement de ces microtoponymes constitutifs d'un patrimoine culturel immatériel est en cours sur la commune de Bourréac et sur la communauté de communes de la Baronnie des Angles. On trouvera ci-après les noms de maisons, de quartiers ou de parcelles. Voir aussi ce qui a été publié pour les communes du Lavedan par la Société d'Études des Sept Vallées[18].

Le tableau suivant livre, à l'orthographe près, pour le village de Bourréac et le hameau de Récahorts, l'inventaire des noms de maisons tel qu'il ressort d'un dénombrement du bétail par maison effectué en 1740 dans chaque commune de la Baronnie des Angles[9] : on peut être frappé par le faible effectif en têtes de bétail, et notamment en brebis. Peut être faut il tenir compte d'une sous-déclaration possible dans ce genre de dénombrement destiné à établir l'assiette de la redevance seigneuriale.

Déclarations comparées du bétail pour l'année 1740 pour Bourriac et Roquehort[9]
Vaches Brebis
Borie 9 80
Pausades 7 63
Camdavant 2 8
Lahaille 2
Hourcade 7 48
Arcos 7 72
Coulat 6 8
Arbaust 3
Darrazé 5 52
Loustau 2 12
Couradé 3 5
Daban Ciprien 4 20

Les microtoponymes répertoriés ci après sont ceux qui sont encore usités aujourd'hui, ils sont transcrits sous leur forme phonétique actuelle. On les retrouve sous une forme graphique identique ou approchée dans des fonds d'archives départementales, en particulier dans l'arpentement de la Baronnie des Angles réalisé en 1736/1741, présent aux Archives départementales de Pau[6], et dans la matrice cadastrale de 1809 de la commune de Bourréac, présente aux Archives départementales des Hautes Pyrénées-Tarbes[13], ainsi que dans les documents d'état civil de la commune de Bourréac où les patronymes sont parfois associés aux noms de maison, ceci jusqu'au milieu du XIXe siècle.

Le centre du village[modifier | modifier le code]

Extrait de l'arpentement de la Baronnie des Angles (1738) concernant les noms de lieux de Bourréac (Bourriac) et Récahorts (Roquehort)[6]

.

Plan cadastral de 1809 du centre de Bourréac[13].


Tableau des noms des maisons paysannes du centre du village et de faits et photographies s'y rapportant
(les numéros renvoient à un extrait de plan cadastral en attente d'insertion).
Numéros des maisons en rouge Noms Signification Patronymes liés à la maison. Faits, éléments architecturaux, personnes.
1 (En ço de) Torte « Soit tortueuse comme riou tort (ruisseau tortueux), soit boiteuse plus vraisemblablement ici, "chez la boiteuse" » Bellocq, Tapie, Vergez.
Maison rattachée par Henri Tapie à celle de Loustaou, à Récahorts.
2 (En ço de) Borië
Faucheuse motorisée à traction animale dans la cour de Borië en 1936
« Étable, bouverie » Abbadie Borie, Vilon Borie, Dubarry, Ladebèze, Darré.
Deux granges-étables bigourdanes typiques à coyau avec des outeaux plats (ouvertures de ventilation du fenil) dont l'une datée de 1834 en vis-à-vis de l'autre. Le plan cadastral de 1809 signale une ancienne grange dans le jardin actuel. Portail, poulailler en fer forgé sur loges de porcs en pierre de Lourdes, avec lauburus sculptés, construits par Romain Dubarry en 1876. Maison allongée par Amédée Ladebèze vers 1910. Gîte rural.
Maison En ço de Borie à Bourréac
3 (En ço de) Candaouan « Champ de devant » Canton, Nadau.
Maison attachée au souvenir d'Emile Nadau qui en fit l'acquisition après être revenu mutilé unijambiste, (surnommé "eth escamat"), de la Grande Guerre. Le quartier incluant la place du village, un champ et deux nouvelles maisons s'appelle aussi Candaouan.
4 (En ço de) Lahaille
Bourréac hiver 1940, maison de Lahaille à gauche, maison de Pouzadé à droite
« grand feu » (?), confère haille de Nadaü ou « feu de Noël » en Gascogne. Noguez.
La maison d'origine qui se situait dans l'actuelle cour a été démolie.
5 (En ço de) Pouzadé « Lieu de repos, halte » Vilon Pouzadé, Azens.
Maison signalée par quatre grandes cheminées de briques construites par Nilamon Azens dans le premier quart du XXe siècle. Une grange-étable avec des outeaux en capucine. Stabulation libre à logettes paillées avec salle de traite (vaches Prim'Holstein) à Peyrehicade.
5 Haut et centre du village. Anciens abreuvoirs et fontaine communale. Maison Pouzadé à droite.
Centre du village en descente vers Paréac
Une croix monumentale en bois devant laquelle avaient lieu des prières lors de la procession de la Fête Dieu se trouvait à l'angle de la maison Pouzadé à l'entrée de la route de Récahorts.
Fête Dieu devant la croix hosannière à l'entrée de la maison Pouzadé en 1945
6 (En ço de) Hourcade Bifurcation, en fourche Vignau, Azens.
Ancienne métairie, rattachée à Pouzadé
7 (En ço de) Estienne
Hortensias d'en ço de Estienne.
« Étienne » Maison aujourd'hui rattachée à Arcos. Un parc clos avec un grand bananier et des hortensias bleus.
8 (En ço de) Arcos
Entrée de la cour d'En ço d'Arcos
« Endroit abrité, bien exposé » Pène, Abadie, Lacrampe, Moura. Attachée au souvenir de Jean-Marie Abadie.
Maison abondamment fleurie par René Lacrampe, moteur du fleurissement du village. Gîte rural.
10 (En ço de) Coulat « Endroit où coule l'eau » Dubarry, Mélégari, Abbadie, Iribarne.
Maison qui a dû être importante au début du XIXe siècle puisque, sur le plan cadastral de 1809, elle est mentionnée avec deux granges-étables dont une seule demeure aujourd'hui. Maison d'habitation bigourdane basse bien restaurée.
11 (En ço de) Arbaous Peut-être « Lieu planté d'arbres », l'ancien bâti était proche d'un lieu boisé Palisse.
Le corps de ferme actuel ne figure pas sur la plan cadastral de 1809. Les bâtiments d'alors étaient ceux qui se trouvent en vis-à-vis, à l'entrée de la route de Paréac. Outil de meunerie confectionné au début des années 1950 et motorisé par Joseph Palisse, toujours utilisé.
Moulin ArbaousWiki.JPG
12 L'église, dédiée à tous les saints Présence d'une cloche datée de 1664. René Escafre[9] signale l'existence d'une ancienne église mais ceci reste à vérifier car ce fait est absent de la mémoire collective et le lieu n'est pas bien précisé.
Tableau des noms de parcelles du centre du village et de faits et photographies s'y rapportant
(Les numéros renvoient à un extrait de plan cadastral en attente d'insertion).
Numéros des parcelles en jaune Nom Signification Commentaire
1 Pélade Pré d'herbe rase Rattaché à Borie, lieu de pâture tenue rase en pelouse(à base de graminées courtes comme la fétuque ovine et de trèfle blanc) utilisée en pâture pour les truies et en fauche pour les lapins
2 Can de case
Brebis de race Lourdaise, dans le can de case à Bourréac, en 1936
Champ de la maison Rattaché à Borie, autrefois consacré à la culture légumière, aux pommes de terre primeur et aux topinambours pour porcs. Autrefois noyers en ligne le long de la route au nord, aujourd'hui remplacés par des pins.
3 Candaouan
Scène de moisson au Candaouan de Borië en juillet 1940
Champ de devant Rattaché à Pouzadé, consacré aux céréales, un jardin potager mentionné sur le plan cadastral de 1809, était à l'entrée du champ jusque vers 1955
Un autre champ nommé aussi Candaouan rattaché à Borië est aujourd'hui occupé par les maisons nouvelles Fialho et Worgague. Il était séparé du précédent par un mur de pierres sèches longé aujourd'hui par la voie d'accès à la maison nouvelle Priu.
4 Ets Cazalas Au-dessus des maisons Rattaché à Pouzadé, pré dominant le village avec vue panoramique, la vigne et les pêchers de Pouzadé se trouvaient autrefois sur son versant sud très incliné
5 Puyole Haut de côte Rattaché à Pouzadé, pré en pente vers le nord, les pommiers à cidre de Pouzadé se trouvaient autrefois sur une ancienne ligne de clôture partageant le pré
6 Coulat Lieu où coule l'eau Pré en pente vers le nord, jadis rattaché à la maison Coulat, en bas du village, à l'entrée d'un bois, présence d'une source à débit régulier (400 m3/jour) alimentant le SIAEP des Côtes de Bourréac et du Miramont,

Site de cresson de fontaine

7 Et bos Le bois Bois communal
8 Hourcade voir maison Hourcade Rattaché à la maison Hourcade, pré, autrefois belle châtaigneraie, aujourd'hui taillis. Autrefois terrain de jeux (avec cerisiers) des enfants de Bourréac : l'ancienne école, aujourd'hui mairie, se situe en contrebas, au bord de la route.

Le hameau de Récahorts[modifier | modifier le code]

Extrait du plan cadastral de 1809 du hameau de Récahorts[13]

Tableau des noms des maisons de Récahorts et faits s'y rapportant[modifier | modifier le code]

Numéros des maisons en rouge Noms Signification Patronymes liés à la maison
1 Puyolle En haut de la montée Quartier comprenant quatre maisons récentes : Nadau (gîte rural), Lacrampe (gîte rural), Bule, Palisse
2 (En ço de)
Darrasè
Possible allusion à un terrain aplani Joli, Palisse

Maison rattachée à celle d'Arbaous dans le village. Maison recensée dans l'arpentement de la baronnie des Angles en 1738 [9] mais absente dans le plan cadastral de 1809.

3 (En ço de)
Loustàu
, prononciation [loustaou]
Logis, habitation (l'oustau) Tapie, Vergez

Jean-Pierre Tapie père de famille nombreuse dont le père Jean-Marie Tapie (1911-1984) (père de Garaison ayant vécu jusqu'à sa mort dans la mission de Tucuman, en Argentine) et Henri Tapie venu chez Torte, à Bourréac. Transformations importantes notées par rapport au plan cadastral de 1809 (deux bâtiments nouveaux dont la maison d'habitation et deux disparus)

4 (En ço de)
Nadàu
prononciation [lNadaou]
Noël Pène, Auxilium, Sanguinet Alain

Présente dans le plan cadastral de 1809, aujourd'hui propriété d'Alain Sanguinet (appartements locatifs) après avoir été celle d'une association, l'Auxilium, dont le siège est à Lourdes et qui fut fondée à la fin de la Première Guerre mondiale par le cardinal Désiré-Joseph Mercier, archevêque de Malines, à l'intention de femmes désireuses de se vouer à Dieu sans pour autant prendre le voile.

5 (En ço de)
Garieil
aussi orthographié garrigueil
Vient peut être de gariè signifiant relatif à la poule (garia), un parc à poules par exemple Nadau, Sanguinet.

Lieu de naissance de deux frères Nadau morts sur le front lors de la Grande Guerre, et de leur frère Emile revenu mutilé unijambiste. Aujourd'hui rattachée par acquisition à la maison Cyprien. Présente dans le plan cadastral de 1809.

6 (En ço de) Ciprièn
En ço de Cyprien
Cyprien Hourcade, Domec, Vergez, Sanguinet,

Joseph Sanguinet a importé le nom de sa maison d'origine Arboucaù (Saint-Pé-de-Bigorre) ce qui a donné Sanguinet-Arboucau. Siège d'une entreprise d'élagage et bûcheronnage. Plan actuel des bâtiments principaux identique à celui du plan cadastral de 1809. Un bâtiment disparu anciennement situé le long de la route.

7 Sanguinet.

Rattachée à la maison Cyprien.

8 Sanguinet.
9 Rambaud.

Tableau des noms des parcelles de Bourréac, section A du plan cadastral[modifier | modifier le code]

Numéros des parcelles en violet Noms Signification
1 Puyolle
2 Darrazé
3 Prat de Loustaou
7 Debat Nadaü
8 Bourdé
9 Mouncaou
10 Tirouns
11 La Goutère
12 Le Cazala
13 La Goutère
14 Le Pourède
15 Hourquet
16 Debat Case
17 Carrère
18 Cantet
19 Prat de Nadaü
20 Batcrabère
21 Puyolle de Casaü
22, 23 La Coume
24  ?
32 Bignettes
33 Larrabeil
34 Naouera
36 La Peyrere
37 Prat de la Hount
38 Darrè Case
39 Les beziaus
40 La palu de Arcos

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. INSEE : l'unité urbaine de Lourdes
  2. Voir plan de Lourdes
  3. Archives départementales des Hautes-Pyrénées : Introduction à la toponymie des Hautes-Pyrénées
  4. Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail : Dictionnaire toponymique des communes des Hautes Pyrénées intégrant les travaux de Jacques Boisgontier, Conseil Général des Hautes Pyrénées, 2000.
  5. Louis-Antoine Lejosne, Dictionnaire topographique du département des Hautes-Pyrénées, 204 p., rédigé en 1865, révisé et annoté par R. Aymard de la Société Française d'Onomastique, mai 1992, Pau.
  6. a, b, c et d Procédure d'arpentement de la Baronnie des Angles 1736/1741, (Fonds 4J42), et Baronnie des Angles. Dénombrements, recettes procédures 1532/AnIII, (Fonds 4j43), Archives départementales de Pau
  7. Archives départementales des Hautes-Pyrénées : Plan cadastral de Bourréac en 1809
  8. Archives départementales des Hautes-Pyrénées : Cahier des doléances de Bourriac, annexe des Angles
  9. a, b, c, d et e René Escafre : La baronnie des Angles et les Roux de Gaubert de Courbons 1733-1800, Lourdes, s.d. 1987, 104 pages.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  12. Jacques Debien, Population du "Pays du Lavedan" Évolution de 1806 à nos jours en Lavedan et Pays Toy, n°27 spécial 1996, pages 133-154
  13. a, b, c et d Matrice cadastrale et Plan cadastral napoléonien de 1809 de la commune de Bourréac, Archives départementales des Hautes Pyrénées-Tarbes
  14. Sanguinet Elagage/
  15. http://clio.revues.org/index343.html
  16. Claude Lévi-Strauss, 1992. Maison: définition. In P Bonte, M Izard (eds) Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie, Presses universitaires de France, Paris, 755 p.
  17. http://www.cadastre.gouv.fr/scpc/accueil.do
  18. Lavedan et Pays Toy. Revue archéologique, historique et ethnographique de l’arrondissement d’Argeles Gazost. Publié par la Société d’Etudes des Sept Vallées. Un numéro spécial annuel. Disponible à la Mediathèque de la CCPL à Lourdes.