Olusegun Obasanjo

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Olusegun Obasanjo
Olusegun Obasanjo, le 6 septembre 2005 au Brésil.
Olusegun Obasanjo, le 6 septembre 2005 au Brésil.
Fonctions
3e président de la République fédérale du Nigeria

(&&&&&&&&&&&029228 ans, 0 mois et 0 jour)
Élection
Réélection
Vice-président Atiku Abubakar
Prédécesseur Abdulsalami Abubakar (président du Conseil provisoire de gouvernement)
Successeur Umaru Yar'Adua (président de la République)
3e président de l'Union africaine
Prédécesseur Joaquim Chissano
Successeur Denis Sassou-Nguesso
Président du gouvernement militaire de la République fédérale du Nigeria

(&&&&&&&&&&&013263 ans, 7 mois et 18 jours)
Prédécesseur Murtala Muhammed
Successeur Shehu Shagari (président de la République)
Vice-président du gouvernement militaire de la République fédérale du Nigeria

(&&&&&&&&&&&&01996 mois et 14 jours)
Président Murtala Muhammed
Prédécesseur Joseph Edet Akinwale Wey
Successeur Shehu Musa Yar'Adua
Biographie
Nom de naissance Oluṣẹgun Arẹmu Okikiọla Matthew Ọbasanjọ
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Abeokuta (Nigeria)
Nationalité nigériane
Parti politique Parti démocratique populaire
Conjoints 1) Oluremi Akinbwon (divorcés)
2) Lynda Obasanjo (divorcés, décédée)
3) Stella Abebe (décédée)
Religion Baptisme

Olusegun Obasanjo
Présidents de la République fédérale du Nigeria

Olusegun Obasanjo (en yoruba : Ọlúṣẹ́gun Ọbásanjọ́, né le ) est un militaire et homme politique nigérian, chrétien de l'ethnie yoruba et originaire de la ville d'Abeokuta, dans l'État d'Ogun. il devient une première fois chef de l'État de 1976 à 1979 au sein du gouvernement militaire fédéral puis, revenu à la vie civile, il est élu président de la République pour deux mandats successifs, de 1999 à 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Engagé volontaire dans l'armée nigériane en 1958, il est envoyé à l'école d'officiers d'Aldershot, au Royaume-Uni. Sa formation inclut également des séjours en Inde et au Ghana. En 1960-1961, il est envoyé en République du Congo-Léopoldville parmi les troupes d'interpositions des Nations unies. Rentré au pays, il est à la tête de la 3e division de Commandos de Marine qui accepte la reddition du Biafra sécessionniste en janvier 1970.

Première accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

Olusegun Obasanjo et le Secrétaire d'État des États-Unis à la Défense Donald Rumsfeld, le au Pentagone.

Le , il est au côté de Murtala Mohammed quand celui-ci s'empare du pouvoir à la faveur d'un coup d'État. Lorsque ce dernier est tué le lors d'une tentative de renversement manquée, Obasanjo, alors chef des armées, le remplace. Il organise dès lors la transition démocratique du pays, rédige une nouvelle constitution et devient le premier dirigeant du pays à abandonner volontairement (ou vivant) le pouvoir en transmettant les rênes du pays à Shehu Shagari, premier président civil élu.

Il se retire des affaires publiques, et, lorsque les militaires reprennent le pouvoir en 1983, il n'est ni impliqué ni ne donne son approbation au renversement du pouvoir civil. Il reste tout au long des années qui suivent critique des nombreuses violations des droits de l’homme et du népotisme généralisé des gouvernements militaires successifs.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Olusegun Obasanjo et le président américain George W. Bush, le 1er juin 2003.

Candidat au poste de secrétaire général des Nations unies en 1991, il échoue face à Boutros Boutros-Ghali.

Sous le gouvernement du Général Sani Abacha, il est condamné en 1995 à la prison à vie pour complot. La peine est commuée à 15 ans sous la pression internationale, puis purement et simplement annulée à la mort d'Abacha en juin 1998. Clamant avoir « trouvé Dieu » lors de son séjour en prison (où il devient anabaptiste), il retourne dans l'arène politique sous la bannière du Parti démocratique populaire (People's Democratic Party - PDP) et est triomphalement élu en 1999 avec 62,6 % des voix face à un autre chrétien yoruba, Olu Falae. Paradoxalement, son plus mauvais score fut dans sa région d’origine, les électeurs locaux lui reprochant d’avoir remis le pouvoir aux haoussas musulmans en 1979 et de leur être depuis lors inféodés. Son statut de Born-again christian est cependant considéré comme un atout politique dans les autres régions du Sud chrétien.

Le nouveau gouvernement lance dès son arrivée de nombreuses mesures de redressement de l’économie et de lutte contre la corruption, avec des résultats encourageants, tout du moins au vu de l’histoire récente du pays. Le bilan est en revanche nettement moins positif politiquement, avec un affaiblissement du pouvoir central au profit des états fédérés. Bloqué par une base politique musulmane, Obasanjo ne peut agir de front contre les potentats nordistes qui n’attendent qu’une erreur pour imposer un état musulman indépendant dans la région. Sur le plan international, il s'illustre comme un partisan de la bonne gouvernance, de la renégociation de la dette africaine, ainsi que de la démocratie en général: par trois fois lors de sa période à la tête de l'Organisation de l'unité africaine, il condamne le renversement dans d'autres pays du continent de gouvernements élus.[réf. nécessaire]

Les élections de 2003 reflètent une polarisation croissante de la société nigériane le long des lignes de fracture religieuses. S'il engrange à nouveau près de 61,8 % des voix face à l'ex-dictateur haoussa musulman Muhammadu Buhari et après une campagne tumultueuse, ce n'est que parce que le sévère recul dans les États du Nord est compensé par un fort soutien cette fois de son sud-ouest natal. Des accusations de fraudes seront par ailleurs lancées des deux côtés, mais les observateurs ne le jugent pas suffisamment systématiques pour avoir eu une réelle influence sur le résultat final du scrutin (Obasanjo l'emportant avec près de 11 millions de voix d'avance).

La constitution nigériane interdit au président de se représenter pour un troisième mandat. Une modification constitutionnelle avait été présentée sans qu'Obasanjo ne donne des informations claires sur sa volonté ou non d'effectuer un troisième mandat ainsi que sur son soutien à cette modification. Les anciens dictateurs Muhammadu Buhari et Ibrahim Babangida ainsi que le vice-président Atiku Abubakar[1] se déclarent opposés à cette modification. La proposition a rencontré un front uni de l'opposition au parlement ainsi que le soutien de députés et sénateurs du People's Democratic Party d'Obasanjo. Elle n'a pas reçu l'aval des deux-tiers du Sénat nigérian lors d'un vote le 16 mai 2006. En conséquence, Obasanjo ne peut donc se représenter en 2007[2]. Des accusations d'achats de voix ont été lancées et des enquêtes diligentées[3]. À l'issue du vote du Sénat, le président Obasanjo s'est exprimé au comité exécutif national du People's Democratic Party réuni en urgence et a déclaré ce vote « une victoire de la démocratie[4] ».

En mai 2007, son dauphin Umaru Yar'Adua est élu président de la République à la faveur de nombreuses fraudes.

En novembre 2008, Obasanjo est nommé envoyé spécial de l'ONU chargé de la crise congolaise entre les troupes gouvernementales de Joseph Kabila et la milice du CNDP de Laurent Nkunda[5].

Il est depuis 2008 membre de l'Africa Progress Panel, une fondation basée à Genève et présidée par Kofi Annan.

Personnel[modifier | modifier le code]

Sa femme Stella est morte le des suites d’une intervention chirurgicale en Espagne.

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]