Lashkar-e-Toiba

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Lashkar-e-Toiba لشکرطیبہ
L'armée des pieux
Image illustrative de l'article Lashkar-e-Toiba

Idéologie Islam
Objectifs le rattachement au Pakistan de l'État majoritairement musulman du Jammu-et-Cachemire
Fondation
Date de formation 1981
Fondé par Hafiz Mohammad Saeed
Pays d'origine Pakistan(Cachemire)
Actions
Mode opératoire attaques suicides, attaques des forces armées indiennes
Organisation
Membres > 1 000 [1]
Groupe relié Al-Qaida, Jaish-e-Mohammed [1]
Répression
Considéré comme terroriste par Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Inde

Le Lashkar-e-Toiba[note 1] (ourdou : لشکرطیبہ, LeT, « Armée des pieux ») est un mouvement islamiste pakistanais armé. L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[2], des États-Unis[3], de l'Australie[4], du Royaume-Uni[5], de la Russie[6] et de l'Inde[7]. Elle est considérée par l'ONU comme proche d'Al-Qaida et à ce titre sanctionnée par le comité créé par la résolution 1267 (1999)[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette organisation a été créée en 1981 par Hafiz Mohammad Saeed dans la province du Kunar en Afghanistan pour lutter contre le régime communiste qui régnait alors à Kabul. Au fil des ans, elle a développé des liens très étroits avec Al-Qaida et les talibans. Quand « Lashkar-e-taiba » a déménagé dans les années 1990 au Cachemire — à Lahore, dans l'Est du Pakistan — pour s'engager dans « la guerre de libération » de la province que se disputent l'Inde et le Pakistan, elle a bénéficié de l'aide d'Al-Qaida et des talibans pour « services rendus » en Afghanistan.

En 2010, son objectif principal est le rattachement au Pakistan de l'État majoritairement musulman du Jammu-et-Cachemire, qu'il considère occupé par l'Inde.

Dans ce contexte géopolitique, le mouvement a longtemps bénéficié de la bienveillance du Pakistan et de l'aide de ses puissants services de renseignements, le pays étant opposé à la présence indienne dans la région disputée du Cachemire, à l'origine de deux des trois guerres qui ont opposé les deux pays voisins. Le Lashkar-e-Toiba est officiellement interdit au Pakistan depuis 2002[9], bien qu'il n'ait jamais été accusé d'avoir perpétré des attentats dans ce pays.

Son fondateur, le Pakistanais Hafiz Mohammad Saeed, a combattu brièvement l'Armée rouge en Afghanistan au côté des moujahidines dans les années 1980, mais il a assuré avoir quitté le mouvement peu de temps avant son interdiction, pour créer une fondation de charité islamique, la Jamaat-ud-Dawa considérée comme la vitrine politique légale du LeT, officiellement interdite au Pakistan. Elle s'est montrée très active pour les victimes du puissant séisme de 2005 dans le Cachemire pakistanais.

Attentats attribués à l'organisation[modifier | modifier le code]

L'Inde l'accuse enfin de plusieurs attentats et attaques perpétrés ces dernières années, au Cachemire indien ou ailleurs. Elle le met nommément en cause lors des attentats de Bombay, en novembre 2008[10]. Le dimanche 7 décembre, les militaires pakistanais procèdent à plus d'une dizaine d'arrestations dont celle de Zaki-ur-Rehman Rakvi qui serait le chef opérationnel du Lashkar-e-Toiba. Toutefois, le Pakistan n'entend pas livrer les suspects à l'Inde[11]. Le président du Pakistan, Asif Ali Zardari confirme ses intentions dans une déclaration au Figaro : « Le Pakistan s'engage à poursuivre, arrêter, juger et punir quiconque est impliqué dans l'horrible massacre de Bombay.(...) Comme il l'a montré lors des raids commencés le 7 décembre et des arrestations qui ont suivi (contre les camps et les militants islamistes du Lashkar-e-Taiba, NDLR du Figaro), le Pakistan agira contre tous les acteurs non étatiques de ce type et les traitera pour ce qu'ils sont : des criminels, des terroristes, des assassins »[12]. Le Lashkar-e-Toiba dément toutefois toute participation aux attentats de Bombay[13]. Mais le 12 février 2009, le gouvernement pakistanais, par la voix du directeur du ministère de l'Intérieur, Rehman Malik, admet que les attentats ont été préparés au Pakistan et qu'un important commandant du Lashkar-e-Toiba, arrêté en décembre 2008 en est un des instigateurs[14].

Le Lashkar-e-Toiba est aussi soupçonné d'avoir mené à Lahore au Pakistan le 3 mars 2009 l'attentat contre les membres de l'équipe sri lankaise de cricket[15],[16] qui fait 5 morts dans leur entourage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe Lashkar-e-Taiba est aussi utilisée.

Références[modifier | modifier le code]