Yoruba (langue)

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Yoruba
yorùbá
Pays Nigeria, Bénin, Togo
Nombre de locuteurs environ 25 millions
Typologie isolante
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Nigeria
Codes de langue
ISO 639-1 yo
ISO 639-2 yor
ISO 639-3 yor
IETF yo
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Abala kìíní.
Gbogbo ènìyàn ni a bí ní òmìnira; iyì àti ẹ̀tọ́ kọ̀ọ̀kan sì dọ́gba. Wọ́n ní ẹ̀bùn ti làákàyè àti ti ẹ̀rí‐ọkàn, ó sì yẹ kí wọn ó máa hùwà sí ara wọn gẹ́gẹ́ bí ọmọ ìyá.


Abala kìíní.


Gbogbo ènìyàn ni a bí ní òmìnira; iyì àti ɛ̀tɔ́ kɔ̀ɔ̀kan sì dɔ́gba. Wɔ́n ní ɛ̀bùn ti làákàyè àti ti ɛ̀rí‐ɔkàn, ó sì yɛ kí wɔn ó máa hùwà sí ara wɔn gɛ́gɛ́ bí ɔmɔ ìyá.

Le yoruba (nom local : yorùbá) est une langue tonale appartenant à la famille des langues nigéro-congolaises. Selon les écoles linguistiques, elle est classée soit dans les langues kwa, soit dans les langues bénoué-congolaises.

Les traditions des différentes populations yoruba retracent toutes leurs origines jusqu'à la ville nigériane d’Ile-Ife. Leur langue est parlée par environ vingt-cinq millions de personnes, au Nigeria, où il est l'une des trois langues nationales, mais aussi dans certaines régions du Bénin et du Togo. Le Yoruba est également parlé aux Antilles et en Amérique latine, notamment à Cuba[1], par les descendants d'esclaves africains, pratiquant entre autres la religion Santeria (syncrétisme), et au Brésil, notamment dans le culte du candomblé.

La langue se subdivise en de nombreux dialectes. Il existe néanmoins aussi une langue standard.

Localisation de la langue yoruba au Nigeria et au Bénin

Écriture et orthographe[modifier | modifier le code]

Alphabet[modifier | modifier le code]

Diagramme de voyelles en yoruba
(les points noirs indiquent les voyelles orales, les régions colorisées indiquent les voyelles nasales)

Le yoruba s'écrit au moyen de plusieurs alphabets basés sur l’alphabet latin. Au Bénin, l’orthographe officielle utilise les règles définies par l’Alphabet des langues nationales, tandis qu’au Nigéria l’orthographe officielle est basée sur les règles de l’alphabet pan-nigérian.

Au Nigéria, l’alphabet est un alphabet latin étendu par des diacritiques (point ou, mieux mais moins souvent disponible, barre verticale souscrits) ainsi qu'un digramme. Chacun des signes a le statut de graphème indépendant. L'alphabet yoruba est un sous-ensemble de l'alphabet pan-nigérian :

Alphabet yoruba du Nigéria
capitales A B D E Ẹ (E̩) F G GB H I J K L M N O Ọ (O̩) P R S Ṣ (S̩) T U W Y
minuscules a b d e ẹ (e̩) f g gb h i j k l m n o ọ (o̩) p r s ṣ (s̩) t u w y

Les lettres se lisent quasiment comme dans l'API. Noter cependant l'utilisation de la barre souscrite (ou du point) pour les voyelles ouvertes (s'accompagnant aussi, d'après l'analyse traditionnelle, d'un mouvement de rétraction de la racine de la langue) () = [ɛ̙], () = [ɔ̙] et pour le [ʃ], noté (). Enfin, le digramme gb note une occlusive labio-vélaire [ɡ͡b] (qu'on prononce d'un seul mouvement et non comme s'il s'agissait d'une séquence [ɡ] + [b]).

Au Bénin, le yoruba s’écrit avec l’alphabet des langues nationales.

Alphabet yoruba du Bénin
capitales A B D E Ɛ F G GB H I J K L M N O Ɔ P R S SH T U W Y
minuscules a b d e ɛ f g gb h i j k l m n o ɔ p r s sh t u w y

Signes annexes[modifier | modifier le code]

On emploie trois diacritiques supplémentaires pour noter les tons de la langue : l'accent aigu (registre haut), l'accent grave (registre bas) et le macron (registre moyen). Ce dernier est généralement omis (une voyelle non marquée doit donc être lue comme portant un macron). De sorte, on trouve des combinaisons comme ‹ ẹ́ › et ‹ ọ̀ › au Nigeria, et ‹ ɛ́ › et ‹ ɔ̀ › au Bénin.

Des combinaisons de registres donnant des tons modulés (consulter Langue tonale pour ces notions) pouvaient être notées par un antiflexe pour la modulation montante (bas-haut) et un tilde pour d'autres. Dans les usages actuels, l'antiflexe est parfois remplacé par une écriture décomposée : ‹ ǒ › = ‹ òó ›. Le tilde, quant à lui, est abandonné : ‹ õ › = ‹ òó › ou ‹ ōò › (voire ‹ oò ›), selon les cas.

Enfin, les nasales pouvant être vocalisées, elles reçoivent aussi les marques tonales : ‹ ḿ › et ‹ m̀ ›, par exemple.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Outre que le yoruba est une langue tonale à registres et combinaisons mélodiques de registres, il connaît aussi un mécanisme d'harmonie vocalique. Sa morphologie est riche, faisant, par exemple, un large emploi du redoublement.

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Prononciation standard
joie ayọ
terre ilè
la vie ayié ayé
ciel ọrun oké
eau omi
feu ina
homme ọkùnrin
femme obìnrin
manger jẹun
boire mu
grand nlà
petit kékeré
nuit òru alè

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Lydia Cabrera, Anagó : Vocabulario lucumí (el Yoruba que se habla en Cuba), Cabrera y Rojas, 1970, 326 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A Dictionary of the Yoruba Language, Nigeria University Press, 2001, 476 p. (ISBN 9789780307608)
  • (en) Roy Clive Abraham, Dictionary of Modern Yoruba, University of London Press, 1958, 776 p. (ISBN 978-0-340-17657-3)
  • (en) Evan Celyn Rowlands, Teach Yourself Yoruba, English Universities P., 1969, 256 p.(ISBN 978-0-340-05995-1)
  • (en) Evan Celyn Rowlands, Yoruba, Hodder and Stoughton, 1993, 276 p. (ISBN 978-0-340-59473-5)
  • (en) Jules A. De Gaye et W. S. Beecroft, Yoruba grammar, Routledge & Kegan Paul, 1964, 96 p.
  • (en) M. A. Fabunmi, Yoruba idioms, 1986, 60 p.
  • (es) Lydia Cabrera, Anagó : Vocabulario lucumí (el Yoruba que se habla en Cuba), Cabrera y Rojas, 1970, 326 p.
  • Guide pratique de conversation en français, anglais et yoruba ou nago, langue la plus répandue sur la côte occidentale d'Afrique, F. X. Le Roux & cie., 1908, 126 p.
  • Lexique de l'administration : Français-Yorùbá = c., Centre national de linguistique appliquée Benin, Agence intergouvernementale de la francophonie, 2002, 33 p.
  • Lexique des soins de santé primaire : Français-Yorùbá = Iwé itumɔ ètò itɔjú ara : Faransé-Yorùbá, Centre national de linguistique appliquée (CENALA), 2002, 16 p.
  • Claude Assaba, Vivre et savoir en Afrique : essai sur l'éducation orale en yoruba, L'Harmattan, 2000, 203 p. (ISBN 978-2-7384-9796-3)
  • Noël Baudin (R.P.), Essai de grammaire en langue Yoruba, Lyon, 1884, 117 p.
  • Noël Baudin (R.P.), Dictionnaire français-yoruba (yoruba-français), Lyon, 1885
  • Adépapo L Dojio, Analyses instrumentales et perceptives des réalisations tonales du yoruba, 1978
  • Delphine Edoun et Alphonse Quenum, Pour la révalorisation des proverbes Yoruba comme moyen de communication dans les médias au Benin, Institut Catholique de l'Afrique de l'Ouest, 1999, 112 p.
  • Paul Gouzien (Dr.), Dialectes du Dahomey : Manuel franco-yoruba de conversation, spécialement à l'usage du médecin, Aug. Challamel, 1899, 64 p.
  • Ige Àkànní Mamud, Grammaire yorùbá de base, Centre for Advanced Studies of African Society, 1999, 48 p. (ISBN 978-1-919799-25-4)
  • Euphrasie Moudachirou, Le guide pratique de transcription du ede-yoruba, République populaire du Benin, Ministère de la culture, de la jeunesse et des sports, Direction de l'alphabétisation et de la presse rurale, 1987, 17 p.
  • Dafon Aime Segla, Appropriation des mathématiques dans une langue africaine : le Yoruba, 2001
  • Festus Ayo Soyoye, Étude contrastive des systèmes verbaux du yoruba et du français, A.N.R.T. Université de Lille III, 1990

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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