Michel Pacha

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Marius Michel de Pierredon
Michel Pacha
Marius Michel de Pierredon, dit Michel Pacha, et sa seconde épouse Jeanne Déprat.
Marius Michel de Pierredon, dit Michel Pacha,
et sa seconde épouse Jeanne Déprat.

Titre Comte Michel de Pierredon (Pontifical)
Biographie
Nom de naissance Blaise Jean Marius Michel
Naissance 16 juillet 1819
Sanary-sur-Mer (France)
Décès 6 janvier 1907 (à 87 ans)
La Seyne-sur-Mer (France)
Père Jean-Antoine Michel
Mère Joséphine Lautier
Conjoint 1) Marie-Louise Séris
2) Jeanne Déprat
Enfants Du premier lit :
Amélie Michel
Alfred Michel de Pierredon

Marius Michel, comte romain Michel de Pierredon (1882)[1]'[2]' [3], dit Michel Pacha[4] (né le 16 juillet 1819 à Sanary-sur-Mer et mort le 6 janvier 1907 à La Seyne-sur-Mer) est un marin et homme d'affaires français des années 1860-1900.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de marin[5], il devient mousse à l'âge de 16 ans. En 1843, il est nommé capitaine au long-cours, affecté aux paquebots-poste du Levant (ligne dépendant de la Marine d'État mais ouverte aux officiers de marine marchande). Ayant beaucoup navigué, il connait parfaitement le bassin méditerranéen . Il fut victime, lui-même d'un naufrage ; sa connaissance du milieu nautique, et son souci d'améliorer la navigation lui vaut, ensuite, au milieu du XIXe siècle, de remporter un appel d'offres pour la rénovation des phares et balises de l'Empire ottoman. Le 1er août 1855, suite aux projets qu'il a soumis avec succès, il est nommé directeur général des phares et balises de l'Empire ottoman par le sultan Abdülmecit Ier. Il fait construire par le biais d'une société française cent onze phares sur les côtes, les détroits et les îles de la mer Noire, et obtient du Sultan un pourcentage sur les droits de navigation dans ces eaux.

Marius Michel est maire de Sanary-sur-Mer de 1865 à 1871, puis de 1892 à 1894. Il fut, en outre, un généreux donateur pour les communes de Sanary-sur-Mer et La Seyne-sur-Mer.

En 1879 il obtient en outre la concession des quais des ports d’Istanbul.Sur chaque marchandise des bateaux touchant ce port, il perçoit un pourcentage. Il accumule ainsi une fortune colossale pour l'époque.

Dès lors, les honneurs suivent. Le sultan Abdulhamid II lui confère le titre honorifique de pacha de l'Empire ottoman en 1879 ; en France, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par la République en 1880 et comte héréditaire Michel de Pierredon par le pape Léon XIII en 1882 ; il est élevé à la dignité de beyle bey en 1893 par le sultan avant d'être décoré du grand cordon de l'ordre du Médjidié en 1895 puis de celui de l'ordre de l'Osmanié en 1899.

Tamaris[modifier | modifier le code]

Le château de Michel Pacha à Tamaris en 1920.
Le parc exotique du Manteau.

Bien que natif de Saint-Nazaire (ancien nom de Sanary-sur-Mer), c'est à Tamaris, à La Seyne-sur-Mer (Var), qu'il décide de se retirer. Le nouveau comte de Pierredon s’y fera construire un « château » (en fait, une grande maison à étages au toit tuilé) au cœur des 60 hectares de terrain qu’il acquiert le long du littoral de Tamaris. Il a fait construire cette maison pour sa femme, avant d'arrêter les travaux à la mort de celle-ci, assassinée en 1893. De cette pinède encore vierge, Michel Pacha fera une station touristique à la mode, une étape obligée pour la haute société de l’époque,créant à partir du port du Manteau une navette maritime reliant Toulon,(et Saint Mandrier), dont les bateaux sont copiés sur ceux du détroit du Bosphore, lieu qu'il aimait tant. Puis tout cela va retomber dans l'oubli après la Seconde Guerre mondiale. Parmi les villas célèbres de Tamaris on note la villa George Sand et son parc d'acclimatation, détruite et lotie en 1975[6].

En outre, Michel Pacha va constituer en ce lieu un jardin dont la botanique exotique va faire de ce jardin un exemple remarquable, à l'instar de la bambouseraie d' Anduze, ou du jardin Albert Kahn (banquier), à Boulogne.

Le château du Manteau[modifier | modifier le code]

Le château du Manteau[7], construit vers 1880 sur les plans de l'architecte Paul Page et d'inspiration orientale[8], a été détruit mais le parc botanique existe toujours. On y remarque notamment des éléments d'architecture rocaille remarquables comme un moulin ou une barque de pêcheur en ciment armé signée V.Picasse et datant de 1892[9]. Le parc exotique accueille des arbres remarquables à grand développement (araucarias, cocotiers du Chili) ainsi que de nombreux palmiers rares (caryotas, Kentias) et tropicaux qui sont encore cultivés dans ce jardin devenu le parc d'une résidence privée, lotie en copropriété[10] et fermée au public.

De façon plus anecdotique, Marius Michel a été administrateur des biens de Victor Hugo de 1851 à 1870, pendant son exil.

On prend souvent pour la maison de Michel Pacha un ancien grand hôtel de luxe qu'il fit construire près de la mer autour de 1900, ou encore deux bâtiments de "style mauresque" (dont il finança la construction mais qui sont postérieurs à sa mort) sis sur le bord même de la Baie du Lazaret, l'un ocre et l'autre blanc, appelé usuellement "l'Institut Michel Pacha" (ce dernier hébergeant la salle de contrôle de l'expérience sous-marine Antarès, ainsi que -jusqu'en 2007- la station de biologie marine de l'Université de Lyon). En fait, son « château » se situait, sur le flanc de la colline, au-dessus du petit port du Manteau, en retrait de la mer.

Décorations[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France 


Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armes de la famille Michel de Pierredon se blasonnent ainsi : « D'azur à trois phares d'argent. »[11]

Descendance[modifier | modifier le code]

Marius Michel[12] (1819-1907), dit Marius Pacha (1879), comte Michel de Pierredon (1882). Épouse en premières noces Augustine Séris (Marseille, 16 février 1825 - Saint-Nazaire, 25 juin 1893), petite-fille de Jean de Séris (Artez de Béarn, 1749 - Marseille, 2 octobre 1810), dont 2 enfants ; en deuxièmes noces, Jeanne Déprat (1857-1921)

  1. Amélie Michel (21 janvier 1857 - 19 juin 1872)
  2. Alfred Michel de Pierredon (29 février 1860 - 10 novembre 1889), comte Michel de Pierredon. Épouse Jeanne de Briey de Landres (23 avril 1862 - 6 juin 1945), dont 2 enfants :
    1. Thierry Michel de Pierredon (11 septembre 1883 - 8 juillet 1955), comte Michel de Pierredon. Épouse Mabel de Polignac (29 janvier 1884 - 28 mars 1973), princesse de Polignac, dont 6 enfants :
      1. Ghislaine Michel de Pierredon (8 septembre 1907 - 29 janvier 1972). Épouse le comte Geoffroy d'Aspremont Lynden (10 janvier 1904 - 1979), dont 5 enfants :
        1. Jacques d'Aspremont Lynden (29 avril 1929), comte d'Aspremont Lynden. Épouse Anne François.
        2. Diane d'Aspremont Lynden (11 décembre 1930). Épouse Henri Aboussouan.
        3. Hedwige d'Aspremont Lynden (23 janvier 1932), comtesse d'Aspremont Lynden. Épouse Patrick del Marmol (18 avril 1930), dont 4 enfants :
          1. Mary-Ann del Marmol (12 janvier 1956)
          2. Muriel del Marmol
          3. Geoffroy del Marmol
          4. Véronique del Marmol
        4. Claude d'Aspremont Lynden (8 avril 1946), comte d'Aspremont Lynden. Épouse Antoinette de Mérode (24 octobre 1949), princesse de Mérode.
          1. Alexandre d'Aspremont Lynden (20 juin 1974), comte d'Aspremont Lynden
          2. Contance d'Aspremont Lynden (1976), comtesse d'Aspremont Lynden
          3. Géraud d'Aspremont Lynden (1988), comte d'Aspremont Lynden
        5. Armand d'Aspremont Lynden (8 avril 1946), comte d'Aspremont Lynden
      2. Claude Michel de Pierredon (1913-1972), comte Michel de Pierredon. Épouse Michèle Martinet, dont 2 enfants :
        1. Jean-Yves Michel de Pierredon (1947), comte Michel de Pierredon. 3 enfants :
          1. Marion Michel de Pierredon[réf. nécessaire]
          2. Morgan Michel de Pierredon[réf. nécessaire]
          3. Paul Michel de Pierredon[réf. nécessaire]
      3. Géraud Michel de Pierredon (22 avril 1916 - 17 novembre 2006), comte Michel de Pierredon. Épouse Adeline du Val d'Éprémesnil, dont 3 enfants :
        1. Dominique Michel de Pierredon
        2. Marie-Ange Michel de Pierredon (8 décembre 1953). Épouse en premières noces Edward Foljambe (1944), comte de Liverpool ; en deuxièmes noces, Pierre-Olivier Callaud, dont 1 enfant :
          1. Marie-Adeline Callaud Michel de Pierredon.
        3. Liliane Michel de Pierredon (4 janvier 1956). Épouse Christopher Fawcett, dont 2 enfants :
          1. Camilla Fawcett
          2. Rita Fawcett
      4. Armelle Michel de Pierredon (18 octobre 1917). Épouse Guy Joret des Closières
      5. Yolande Michel de Pierredon (1919-1919).
      6. Yves Michel de Pierredon (janvier 1922), comte Michel de Pierredon. Épouse Reine Mévolhon, dont 3 enfants :
        1. Joseph Michel de Pierredon (1958), comte Michel de Pierredon.
    2. Hubert Michel de Pierredon (6 juillet 1885 - 6 décembre 1960), comte Michel de Pierredon. Épouse Anne de La Béraudière (1900-1993).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Renau, Marius Michel Pacha 1818-1907, le bâtisseur, L'Harmattan,‎ 2007
  • Jacques Thobie, L’administration générale des phares de l’Empire ottoman et la société Collas et Michel (1860-1960) – Un siècle de coopération économique et financière entre la France, l’Empire ottoman et les États successeurs, Paris, L’Harmattan, 2004.
  • Nathalie Bertrand, Tamaris, entre Orient et Occident, Actes Sud, 2003.
  • Érik Bullot, Jardins-rébus, Actes Sud, 1999.
  • Izzeddin Çalislar, Mon Bosphore à moi / Hususi Bogaziçim, Les Cahiers de l'Égaré, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Dictionnaire de la noblesse française", volume 2 (supplément) 1977, page 504.
  2. Titre de noblesse pontificale, octroyé par le pape Léon XIII (bref pontifical du 12 décembre 1882).
  3. D'après La Ménagerie du Vatican ou le livre de la Noblesse pontificale avec la liste des laïcs, clercs, moines, nés français, et pourvus de titres, prélatures...' page 62, écrit par Jean de Bonnefon, édition de 1906.
  4. Titre honorifique de l'Empire ottoman.
  5. Archives départementales du Var - registre numérisé (cote 7E130/5 page 202)
  6. A. Robertson – Proschowsky, G. Roster et B. Chabaud, La résistance au froid des palmiers, Champflour,‎ 1998 (ISBN 2-87655-039-3), p. 233.
  7. Histoire du château du Manteau et de son parc botanique.
  8. Georges Ortolan, « Michel Pacha, enfant de Sanary, créateur de Tamaris », éditions Graichs, 57 p., 1984.
  9. La barque, principal élément d'architecture rocaille du parc de Michel Pacha.
  10. Le parc exotique du Manteau.
  11. euraldic.com
  12. Michel Pacha (1819-1907)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]