Rosa Bonheur

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Rosa Bonheur

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Rosa Bonheur dans son jardin de By dans les années 1880-1890

Nom de naissance Marie Rosalie Bonheur
Naissance 16 mars 1822
Bordeaux, France
Décès 25 mai 1899 (à 77 ans)
Thomery, France
Nationalité Drapeau : France française
Activité(s) Artiste peintre
sculptrice
Formation auprès de son père Raymond Bonheur
Mouvement artistique réalisme

Marie Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822 à Bordeaux en France et morte le 25 mai 1899 à Thomery en Seine-et-Marne, est une artiste-peintre et sculptrice française, spécialisée dans les représentations animalières. Comme George Sand et Sarah Bernhardt, Rosa Bonheur est une personnalité des débuts du féminisme.

Sommaire

Biographie [modifier]

Famille [modifier]

Marie Rosalie Bonheur naît au 29, rue Saint-Jean-Saint-Seurin (devenue depuis le 55 rue Duranteau)[1]. Sa mère Sophie Marquis (1797-1828), née de parents inconnus, est adoptée par un riche commerçant bordelais, Jean-Baptiste Dublan de Lahet[2]. Rosa Bonheur se plaira à imaginer que le mystère de ses origines maternelles cache quelque secret d'État et qu'elle est de sang royal, quand elle apprendra que Dublan de Lahet était bien son véritable grand-père. Sophie Marquis, épouse son professeur de dessin, le peintre Raymond Bonheur (1796-1849), qui encouragera ses enfants dans cette voie artistique : outre Rosa, Auguste et Juliette (née en 1830, elle épousera le fondeur d'art François Auguste Hippolyte Peyrol) deviendront peintres tandis qu'Isidore sera sculpteur. Influencé par le Saint-Simonisme, Raymond Bonheur monte à Paris en 1829, où il est rejoint l'année suivante par sa femme et ses enfants. En 1833, la mère de Rosa Bonheur meurt ; son père se remariera quelques années plus tard et aura un dernier enfant, Germain.

Jeunesse et formation [modifier]

Au cours de ses années de jeunesse à la campagne, au château Grimont (Quinsac)[2], Rosa Bonheur a la réputation d'être un garçon manqué, réputation qui la suivra toute sa vie et qu'elle ne cherchera pas à faire mentir, portant les cheveux courts et fumant des havanes. Homosexuelle[notes 1],[3], elle a vécu avec deux femmes. L'une Nathalie Micas, rencontrée en 1837 (Rosa avait quatorze ans et Nathalie douze), qui deviendra peintre comme elle et dont elle ne sera séparée qu'à la mort de cette dernière en 1889[4] ; l'autre, après le décès de Nathalie Micas, en la personne de l'Américaine Anna Klumpke, également artiste-peintre qui réalise en 1898 son portrait, « boiteuse, de visage ingrat, lui témoignant une admiration totale qui ne demandait qu'à se muer en affection[5] », qu'elle connut à l'automne 1889, qu'elle reverra à plusieurs reprises. Elle vint vivre avec elle à By en juin 1898 pour faire son portrait et écrire ses mémoires. À la demande de Rosa Bonheur, elle y restera et deviendra sa légataire universelle.

Paradoxalement, la vie excentrique que menait Rosa Bonheur n'a pas fait scandale, à une époque pourtant très soucieuse des conventions. Comme toutes les femmes de son temps, depuis une ordonnance datant de novembre 1800, Rosa Bonheur devait demander une autorisation de travestissement, renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris pour pouvoir porter des pantalons dans le but de fréquenter les foires aux bestiaux[6].

Élève de son père, elle expose pour la première fois à 19 ans au salon de 1841. Elle obtient une médaille de 3e classe (bronze) au salon de 1845 et une médaille de 1re classe (or) au salon de 1848 pour Bœufs et Taureaux, race du Cantal. Elle reçoit également une commande de l'État pour réaliser un tableau agraire (pour une somme de 3 000 francs[7]).

Reconnaissance [modifier]

En 1849, ce tableau commandité, intitulé Le Labourage nivernais, obtient un réel succès mais c'est surtout avec son Marché aux chevaux, présenté au salon de 1853[8], et acquis pour 40 000 francs par son agent et ami Ernest Gambart (en)[3], qu'elle connaît une reconnaissance internationale qui lui vaut d'effectuer des tournées en Belgique et en Angleterre, organisées par Gambart, au cours desquelles elle est présentée à des personnalités telles que la reine Victoria[9]. Le tableau part ensuite aux États-Unis où il est finalement acquis par un Américain pour l'énorme somme de 268 500 francs-or, avant d'être offert au Metropolitan Museum of Art de New-York.

En 1860, Rosa Bonheur s'installe à By, coteau viticole près du village de Thomery en Seine-et-Marne, où elle fait construire un très grand atelier et aménage des espaces pour ses animaux. En juin 1864, l'Impératrice Eugénie vient lui rendre visite. Cette visite a donné lieu à une gravure sur bois d'après un dessin d'Auguste Victor Deroy (1825-1906), conservée au château de Fontainebleau[10]. L'impératrice revient à By l'année suivante, le 10 juin 1865, pour lui remettre elle-même les insignes de Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur [11] [12] — devenant ainsi la première femme artiste à recevoir cette distinction. Elle est également la première femme promue officier dans cet ordre en avril 1894.

En 1880, Rosa Bonheur s'installe à Nice dans la demeure d'Ernest Gambart, la villa « L'Africaine », et y peint de nombreuses toiles[13].

À l'occasion de l'Exposition universelle de 1889, elle invite Buffalo Bill dans son domaine où ce dernier lui offre une panoplie de Sioux[14].

Ayant contracté une congestion pulmonaire suite à une promenade en forêt, elle meurt le 25 mai 1899 au château de By sans avoir achevé son dernier tableau de grand format, La Foulaison, et fut inhumée au cimetière du Père-Lachaise (74e division) dans la concession que la famille Micas lui avait léguée[15].

Rosa Bonheur ayant fait de sa dernière compagne, Anna Klumpke, son héritière (et de fait, déshérité sa famille), un accord permit à Anna Klumpke, après quelques démêlés, de garder sa demeure à By tandis que « l'énorme collection d'études accumulées en soixante années de travail fut vendue pour plus d'un million-or[5] » ; du 30 mai au 8 juin 1900, 2100 œuvres (tableaux, aquarelles, bronzes et gravures) de son atelier et sa collection particulière furent vendus à la galerie Georges Petit[16] à Paris. Peu avant la seconde guerre mondiale, Anna Klumpke regagna les États-Unis et y mourut en février 1942. En 1948, ses cendres furent rapatriées et mises dans la tombe de Rosa Bonheur.

De nos jours, l'atelier de Rosa Bonheur est ouvert au public dans le musée-château de By, à Thomery, près de la forêt de Fontainebleau.

Œuvres [modifier]

Peintures [modifier]

Prix et distinctions [modifier]

À l'issue du salon de 1853 où elle présente Le Marché aux Chevaux, le Jury des Récompenses stipule « Par décision spéciale, Mlle Rosa Bonheur et Mme Herbelin, ayant obtenu toutes les médailles qu'on peut accorder aux artistes, jouiront, à l'avenir, des prérogatives auxquelles leur talent éminent leur donne droit. Leurs ouvrages seront exposés sans être soumis à l'examen du jury » ;

Hommages [modifier]

Iconographie [modifier]

  • Portrait de Rosa Bonheur au berceau (1823) par Raymond Bonheur (Musée des beaux-arts de Bordeaux)
  • Portrait de Rosa et Auguste Bonheur enfants (1836) par Raymond Bonheur (Musée des beaux-arts de Bordeaux)
  • Portrait de Rosa Bonheur (1844) peint par Auguste Bonheur (Musée des beaux-arts de Bordeaux)
  • Profil droit de Rosa Bonheur (1854), médaille par David d'Angers (Musée des beaux-arts de Bordeaux)
  • Portrait de Rosa Bonheur (1857) par Édouard Louis Dubufe (Musée du château de Versailles)
  • Rosa Bonheur dans son atelier en compagnie de l'Impératrice Eugénie (1863) par Auguste Victor Deroy, d'après Frédéric Théodore Lix.
  • Rosa Bonheur à mi-corps (apès 1865), lithographie de Louis Soulange-Teissier]], d'après une photographie de Louis Auguste Bisson (Musée national du Château de Compiègne)
  • Rosa Bonheur dans son atelier (1893), par George Achille-Fould (Musée des beaux-arts de Bordeaux)
  • 3 portraits de Rosa Bonheur (de 1898 à 1899) par Anna Klumpke (New-York, Château de Fontainebleau et Château de By)
  • Statue de Rosa Bonheur (1910), par Gaston Leroux-Veuvenot (Jardin Public de Bordeaux) ; la même en plâtre (1902) fut détruite accidentellement en Italie.
  • Portrait de Rosa Bonheur (s.d.) gravure de Charles Michel Geoffroy, d'après un dessin d'Auguste Bonheur (Musée national du Château de Compiègne)

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. La biographie écrite par Marie Borin combat cette thèse[réf. nécessaire].

Références [modifier]

  1. Communiqué de presse de la mairie de Bordeaux, suite à la pose d'une plaque commémorative sur sa maison natale le 17 février 2009
  2. a et b Klumpke 2001, p. 83
  3. a et b Franck Ferrand, « La peintre Rosa Bonheur », émission Au cœur de l'histoire, 8 mars 2012
  4. (en) Voir : Martha Vicinus, Intimate friends: women who loved women, 1778-1928, University of Chicago Press, 2004, p. 15-18 et photo du couple
  5. a et b Juliette Benzoni, Cent ans de la vie de château, C. de Bartillat, 1991, pp. 207 à 212
  6. Michelle Zancarini-Fournel, Histoire des femmes en France : XIXe-XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, 2005, p. 192
  7. Digne 1980, p. 65
  8. Klumpke 2001, p. 275
  9. Bernadette Lizet, La Bête noire : à la recherche du cheval parfait, éditions MSH, 1989, p.123.
  10. Visite de l'Impératrice à Rosa Bonheur, estampe de Auguste Victor Deroy. Reproduction sur le site de la RMN. La date manuscrite de 1863, apocryphe, est une erreur.
  11. Catherine Granger, L'Empereur et les arts : la liste civile de Napoléon III, Droz, 2005, p. 131 (ISBN 2900791715)
  12. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2004, p. 282
  13. Didier Gayraud, Belles demeures en Riviera, éditions Giletta, 2005, p. 127.
  14. Klumpke 2001, p. 23
  15. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 131 
  16. Klumpke 2001, p. 257
  17. François Bidel, Les mémoires d'un dompteur, Librairie de l'Art, Paris, 1888, p. 153-154.
  18. La chronique des arts et de la curiosité. Supplément a la Gazette des beaux-arts, tome troisième, numéro 35, 1865, p. 223
  19. Why Not Productions, les meneurs de jeu du cinéma français dans Télérama no 3207 du 2 juillet 2011.
  20. Le Rosa Bonheur débordé par son succès, sur leparisien.fr, 24 août 2009

Annexes [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • Eugène de Mirecourt, Rosa Bonheur, Librairie des Contemporains, 1869, 64 p. [lire en ligne] 
  • (en) Anna Klumpke, Rosa Bonheur : sa vie son œuvre, 1908 
  • (en) Theodore Stanton, Reminescenses of Rosa Bonheur, Londres, 1910.
  • (en) Anna Klumpke, Rosa Bonheur: The Artist's Autobiography, University of Michigan Press, 2001 
  • Danielle Digne, Rosa Bonheur ou l'insolence: histoire d'une vie 1822-1899, Denoël, 1980 .
  • Dore Ashton, Denise Browne Hare, Rosa Bonheur: a Life and a Legend, Viking, 1981.
  • Montana Turner R., Rosa Bonheur: portraits of women artist for children, Little, 1991.
  • Francis Ribemont, Dominique Cante, Rosa Bonheur (1822-1899), Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 1997.
  • Léon Roger-Milès, Rosa Bonheur. Sa vie, son œuvre, Société d'édition artistique, 2010 (exacte reproduction de l'édition de 1923)
  • Marie Borin, Rosa Bonheur : une artiste à l'aube du féminisme, éditions Pygmalion, 2011.
  • Gonzague Saint Bris, Rosa Bonheur - Liberté est son nom, Robert Laffont, 2012.
  • Rosa Bonheur, Ceci est mon testament, édition présentée par Suzette Robichon, Éditions iXe, 2012 (ISBN 9791090062047).

Article connexe [modifier]

Liens externes [modifier]