Aincourt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Aincourt
L'église Saint-Martin et le monument aux morts.
L'église Saint-Martin et le monument aux morts.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Val-d'Oise
Arrondissement Pontoise
Canton Magny-en-Vexin
Intercommunalité Communauté de Communes Vexin Val-de-Seine
Maire
Mandat
Emmanuel Couesnon
2014-2020
Code postal 95510
Code commune 95008
Démographie
Gentilé Aincourtois, Aincourtoises
Population
municipale
967 hab. (2011)
Densité 96 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 04′ 00″ N 1° 47′ 00″ E / 49.0667, 1.783349° 04′ 00″ Nord 1° 47′ 00″ Est / 49.0667, 1.7833  
Altitude 140 m (min. : 107 m) (max. : 201 m)
Superficie 10,03 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Aincourt

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Aincourt
Liens
Site web http://www.aincourt.fr

Aincourt est une commune française située dans le département du Val-d'Oise en région Île-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Aincourt[1]
Villers-en-Arthies Maudétour-en-Vexin Arthies
Aincourt[1] Lainville-en-Vexin (Yvelines)
Saint-Cyr-en-Arthies Drocourt (Yvelines) Sailly (Yvelines)

Les lieux-dits et hameaux de la commune subsistant de nos jours sont au nombre de deux, Lesseville et la ferme de Brunel.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Aincourt proviendrait du germanique agin et du latin cortem (domaine) et suivant les époques, il apparaît dans les textes sous les formes Ayencourt, Laencourt et Incourt[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Aincourt est né de la réunion des fiefs de Brunel et Boran qui dépendaient d'Arthies et relevait de la châtellerie de la Roche-Guyon.

Le premier seigneur d'Aincourt connu est Gauthier d'Aincourt.
C'était un chevalier sans fortune, sans terre et sans prestige qui vivait dans la domesticité des grands seigneurs de la région.
En 1047, il se met au service de Guillaume le Bâtard à la bataille de Val-es-Dunes. Les barons furent battus Guillaume régnant sur la région, Gauthier reçoit en gage de remerciement Aincourt qui en 1050 fait partie du diocèse de Rouen.
En 1066, il embarque à Dives-sur-Mer [2] et débarque avec Guillaume le Conquérant sur la plage de Pevensey dans le Sussex à proximité d'Hastings.
Harold II d'Angleterre arrive à sa rencontre avec ses troupes, au total 7 000 à 8 000 hommes, dont environ 2 000 les Housecarls. Le 14 octobre 1066, la bataille d'Hastings débute. Après un début de combat indécis, le duc de Normandie lance les 3 000 hommes de sa chevalerie à l'assaut des lignes anglaises qui résistent tant bien que mal. À la fin de la journée, Guillaume ordonne à ses archers d'abandonner le tir en cloche pour adopter le tir tendu. C'est ainsi qu'Harold est blessé à l'œil par une flèche. Aussitôt, un groupe de chevaliers, dont Gauthier d'Aincourt harranguant ses hommes par un En avant ! …En avant !, se rue sur lui et l'achève. En avant ! …En avant ! reste actuellement la devise d'Aincourt.
En récompense ses valeureux compagnons Guillaume de Normandie, devenu roi d'Angleterre donne à ses compagnons[3] des terres. Gauthier maintenant appelé Walter d'Aincourt ou d'Ayencourt prend possession du comté du Lincolnshire. Ainsi prend naissance la dynastie de Gauthier (ou plutôt Walter) dont descend notamment Charles Tennyson d'Eyncourt (en), ancien membre du parlement britannique et propriétaire à Aincourt au XIXe siècle.
À la mort d'Héloïse de Coulombs [4], ses propriétés de Lesseville revinrent à l'abbaye Notre-Dame de Coulombs.

En 1490 Jehan de Fontenay, écuyer, est seigneur de la terre d'Aincourt et de celle de Fontenay-Mauvoisin.

Vers 1500, le domaine est cédé à Bertin de Silly[5], seigneur de la Houlette et de Longray, conseiller et chambellan du roi Louis XI, seigneur de la Roche Guyon, Auneau et Rochefort.

De 1574 jusqu'à la moitié du XVIIe siècle, le domaine appartient à la famille de Guiry.

En 1677, François-Charles de Nocey est qualifié de seigneur d'Aincourt.

En 1730, le fermier général René Jean Rémy Hénault de Cantobre, vend Aincourt à Louis Bille, secrétaire du roi, qui le cède à Elie Randon de Massane[6], receveur général des finances, secrétaire du roi seigneur d'Hanneucourt[7] et de Gargenville.

Le député aux Etats-Généraux et à la Convention Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau fut le dernier possesseur de ce fief.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de la ville subirent un épisode du régime de Vichy. Le 5 octobre 1940, un Camp pour les internés politiques est créé à Aincourt pour accueillir des internés communistes, dont les députés Pierre Dadot[8] et Fernand Grenier[9],[10].

Ce camp occupait le Pavillon des Hommes (Pavillon Adrien Bonnefoy-Sibour) de l'ancien sanatorium d'Aincourt, sur le site de la Bucaille. Ce site est devenu un centre de rééducation appartenant au centre hospitalier du Vexin.
Un monument, situé devant le bâtiment de la direction du Centre hospitalier du Vexin, rappelle la mémoire de ceux qui internés à Aincourt, sont partis en déportation pour ne plus en revenir, résistants, syndicalistes, souvent communistes, juifs, arrêté par les polices allemandes et/ou française.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 réélu mars 2008 Claude Cadrot[11] SE  
2014 en cours Emmanuel Couesnon    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 967 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
380 376 376 330 336 368 362 379 367
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
383 390 418 413 425 391 381 404 409
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
404 323 292 230 246 320 765 357 1 016
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
567 595 530 709 622 657 876 885 967
2011 - - - - - - - -
967 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Commune agricole, Aincourt connut jusqu'au début du XXe siècle une activité industrielle grâce à l'exploitation de la pierre meulière dans les bois de Lesseville.

Le principal employeur du village d'Aincourt est le Centre hospitalier du Vexin. Le site d'Aincourt de cet établissement hospitalier est spécialisé dans la rééducation neurologique, neuro-orthopédique et respiratoire. Il est reconstruit en grande partie en 1999-2001.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Vue de la façade Est, par temps couvert, de la maison forte du vieux colombier. À droite, l'escalier menant au second étage. Au fond, ferme avec son volume initial de 14 mètres de hauteur. Au premier plan, le vide créé par l'incendie a donné lieu à réfection, avec un toît en ardoise mécanique, perpendiculaire aux pentes initiales du toît.
Maison forte de la ferme du Colombier.
Détail du haut de l'escalier, s'appuyant sur une maçonnerie épaisse de visu de plus d'un mètre. Dans la base de la maçonnerie, on distingue trois arches creusées en forme de hautes alcoves. L'escalier est recouvert d'un toiture s'appuyant sur la maçonnerie par un système de poutrage en ferme classique (poinçon, contre-fiches et arbalétrier épousant le profil ascendant de la toiture. Les poutres sont en bois très ancien. On distingue en haut à gauche une porte en bois en plein-cintre
Maison forte, escalier.
Vue partielle d'une aile désaffectée du sanatorium, faisant ressortir la structure en béton armé.

Aincourt compte trois monument historiques sur son territoire.

  • Maison forte de la ferme du vieux Colombier (inscrite monument historique par arrêté du 21 novembre 2003[14]) : Cette maison fortifiée a été bâtie entre 1197 et 1205. Ses murs, épais de 1,85 m, sont construits en blocage. Il a été suggéré que cette construction soit l'œuvre des Templiers et qu'elle ait accueilli des prisonniers[15], mais cette hypothèse n'a pas été attestée par des recherches ultérieures. L'immeuble, appelé en 1835 « La grande ferme » possédait un colombier selon un manuscrit notarié de la même année, dont il tire son nom actuel (quelquefois remplacé par « ferme des champs verts »). Il était alors entouré de fermes et bâtiments agricoles. En 1934, il disposait encore de meurtrières. Son rez-de-chaussée était occupé par un cellier et une écurie, les pièces d'habitation se situant en étage. Le bâtiment a été endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, et une partie de son second étage a été détruit. Il était initialement doté d'un escalier sur sa façade sud, menant au premier étage, et d'un second, toujours présent sur sa façade nord, menant au deuxième étage à une salle décorée de fresques représentant des chevaliers, dont il reste des vestiges[16]. La ferme appartient toujours à des exploitants agricoles. On ne visite pas.
  • Sanatorium de la Bucaille (inscrit monument historique par arrêté du 1 février 1999, y compris la station d'épuration[17]) : Sur le site de la colline de la Bucaille, un immense sanatorium composé notamment de trois grands bâtiments de cure de 120 m chacun, fut édifié de 1931 à 1933, sur les plans des architectes Edouard Crevel et Paul-Jean Decaux. Il constituent un des plus vastes et plus beaux exemples d'architecture hospitalière de style fonctionnaliste du XXe siècle[16]. On peut également y observer un remarquable jardin japonais, aménagé dans les années 1950 et retenu pour le pré-inventaire des jardins remarquables[18].
  • Église Saint-Martin (inscrite monument historique par arrêté du 13 novembre 1939, sauf la nef[19]) : Le village est érigé en paroisse en 1141 et obtient alors sa première église, qui est reconstruite dans sa quasi-totalité au XVIe siècle. L'église observe un plan cruciforme, avec une nef de quatre travées précédée d'un porche ; une chapelle dans le style gothique flamboyant au sud de la dernière travée de la nef ; un transept dont le croisillon sud forme une entité homogène avec le chapelle ; et un chœur au chevet plat. Cet ensemble représente la partie la plus intéressante de l'église et possède des baies au remplage flamboyant, comportant en partie un cœur. Le clocher carré s'élève sur le croisillon nord du transept et est flanquée d'une tourelle d'escalier ronde. La nef n'est pas voûtée, mais est recouverte d'une belle charpente apparente en carène renversée. Les autres parties de l'édifice sont voûtées sur croisées d'ogives avec des clés de voûte pendantes[20].

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

  • Chapelle Saint-Sauveur, rue de la chapelle Saint-Sauveur
  • Château d'Aincourt, place de l'Église
  • lavoir et fontaine Saint-Leu-et-Saint-Gilles, Lesseville

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Aincourt au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Aincourt Blason Écartelé : au 1) d’azur à la fasce vivrée d’or accompagnée de neuf billettes du même, quatre rangées en chef et cinq en pointe ordonnées 3 et 2, au 2) d’azur à la lettre capitale antique A d’or, au 3) d’azur au heaume de tournoi d’argent taré de profil et au panache d’or, au 4) d’azur à la fasce vivrée d’or accompagnée de dix billettes du même, quatre rangées en chef et six en pointe ordonnées 3, 2 et 1[21].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvette Sémard, En souvenir de l'avenir. Au jour le jour dans les camps de Vichy 1942-1944 : La Petite Roquette, les camps des Tourelles, d'Aincourt, de Gaillon, de La Lande et de Mérignac, Montreuil, L'Arbre verdoyant,‎ 1991, 197 p. (ISBN 9782867180224)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Communes limitrophes d'Aincourt sur Géoportail.
  2. Son nom figure sous la forme Gauthier d'Incourt sur une plaque située à l'intérieur de l'église de Dives-sur-Mer, qui commémore le départ des compagnons de Guillaume vers l'Angleterre depuis le port de Dives.
  3. Liste des compagnons de Guillaume à la bataille de Hastings
  4. après 1066
  5. Il décède après le 10 mars 1506
  6. 1701-1771
  7. Hanneucourt est hameau de Gargenville avec un chateau.
  8. [PDF] Assemblé nationale - Biographies des députés de la IVe République
  9. Assemblé nationale - Biographies des députés de la IVe République
  10. Synthèses des rapports des préfets, Direction Générale des Territoires Occupés (DGTO), 28 octobre 1940, consulté le 17 décembre 2008
  11. Conseil général du Val-d'Oise consulté le 27 juin 2008
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  14. « Maison forte de la ferme du Colombier », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. Léon Plancouard, « La dernière Maison forte du Vexin Français : Aincourt », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, no XLIII,‎ 1934, p. 67-72 (ISSN 11488107, lire en ligne).
  16. a et b Jean-Loup Corbasson, Pascal Goutrat et Stéphane Gasser, « Le patrimoine des communes du Val-d’Oise : Aincourt », Collection Le Patrimoine des Communes de France, Paris, Flohic Éditions, vol. II,‎ octobre 1999, p. 521-524 (ISBN 2-84234-056-6).
  17. « Ancien sanatorium, faisant partie du centre hospitalier du Vexin, sis dans le parc de la Bucaille », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. « Parc de la Bucaille », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. « Église Saint-Martin », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. Bernhard Duhamel, Guide des églises du Vexin français : Aincourt, Paris, Éditions du Valhermeil,‎ 1988, 344 p. (ISBN 2-905684-23-2), p. 36-37.
  21. http://www.aincourt.fr/