Arthies

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Arthies
Le château d'Arthies et sa porte fortifiée.
Le château d'Arthies et sa porte fortifiée.
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Île-de-France
Département Val-d'Oise
Arrondissement Pontoise
Canton Magny-en-Vexin
Intercommunalité Sans
Maire
Mandat
Michel Fleurier
2008-2014
Code postal 95420
Code commune 95024
Démographie
Gentilé Arthésiens
Population
municipale
288 hab. (2008)
Densité 39 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 06′ 00″ N 1° 47′ 00″ E / 49.1000, 1.783349° 06′ 00″ Nord
       1° 47′ 00″ Est
/ 49.1000, 1.7833
  
Altitude 172 m (min. : 123 m) (max. : 203 m)
Superficie 7,40 km2
Localisation

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Arthies
Liens
Site web http://www.arthies.fr/

Arthies est une commune française située dans le département du Val-d'Oise et la région Île-de-France.

Sommaire

Géographie [modifier]

La commune est située dans le Vexin français, à environ 50 km au nord-ouest de Paris. Elle est traversée par la D 983 (Gisors - Magny-en-Vexin - Mantes-la-Jolie). Une déviation de cet axe est réclamée depuis de nombreuses années par les habitants et prévue à moyen terme suite aux nuisances et accidents provoqués.

Le village compte trois écarts : Le Bel Air, Les Tuileries et La Feuge.

Communes limitrophes d’Arthies[1]
Banthelu
Maudétour-en-Vexin Arthies[1] Wy-dit-Joli-Village
Aincourt Lainville (Yvelines)

Toponymie [modifier]

Attestée en latin médiéval sous le forme Artegiae en 690 et Arthia en 1197.

Ernest Nègre[2] croit reconnaitre le bas latin articas « terres défrichées » d'origine prélatine qui a donné l'occitan artiga « terre défrichée » et tous les toponymes du sud de la France en Artigue, Artigue-, Lartigue, etc. Il l'explique phonétiquement par une évolution du type amicas > amies.

Cependant, le terme artiga n'est pas attesté hors du domaine occitan, ce serait alors un cas unique, donc douteux. De plus, la forme de 690 est de type artegia et non pas artiga.

Xavier Delamarre[3] propose un appellatif celtique (gaulois) tegia « cabane, maison » (vieil irlandais teg, vieux breton tig, breton ti 'maison'), élément composé dans le terme attegia « hutte, cabane » qui est identifié dans les toponymes d'oïl Athies, Athée et Athis par Ernest Nègre[4], Albert Dauzat, Charles Rostaing[5] et Xavier Delamarre[6].

Ce dernier propose *Are-tegia pour expliquer Ar-thies, avec le préfixe are(-) 'devant', 'près de', 'sur'. D'où le sens peu clair de « près des maisons », « devant les maisons », sans certitude cependant.

Histoire [modifier]

Le site d'Arthies était habité lors de l'occupation romaine, car on a trouvé les reste d'une villa romaine lors de la construction de la déviation de la D 983[7].
L'existante du village est attesté en 690, mentionné sous le nom d'Artegiæ dans le « Testament de l'inconnu d'Arthies ». Les seigneurs d'Arthies fondent une maladrerie au XIIe siècle, sous le vocable de saint Thomas. Suite aux conflits avec le duc de Normandie, un château fort est érigé.
Il appartient aux Silly de La Roche-Guyon jusqu'à la Révolution française.
La pierre meulière est exploitée avant le XVIIe siècle ; elle est pour l'essentiel envoyée à Paris, mais sert également localement pour les meules de moulin ou l'empierrement des routes.
Au début du XXe siècle, le village est assez célèbre pour ses cultures de cerises.
Le village est resté au XXIe siècle essentiellement agricole (grande culture céréalière).

Cette commune a été concernée par une forêt royale, l'une des rares n'ayant pas été conservée en France[8].

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2004 Michel Fleurier[9] dvd  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 301 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
234 212 269 250 263 262 269 271 253
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
267 272 257 265 254 286 307 325 307
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
277 273 240 208 207 223 177 200 216
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 2010
195 171 190 185 194 258 281 292 301
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[10] puis Insee à partir de 1968[11].)

Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments [modifier]

L'église Saint-Aignan.
Colombier du château d'Arthies.

Monument historique [modifier]

Arthies compte deux monuments historiques sur son territoire.

  • Église Saint-Aignan (inscrite monument historique par arrêté du 4 juin 1926[12]) : Elle représente l'une des églises les plus anciennes du Vexin et remonte à la fin du XIe ou au début XIIe siècle, mais seuls le clocher en bâtière et la nef subsistent de cette époque. Les reconstructions et ajouts successifs ont conféré à l'édifice un plan très irrégulier et ont donné des façades sans harmonie et sans intérêt architectural, mais l'intérieur de l'église est bien éclairé et spacieux. L'église se compose d'une nef romane de trois travées, beaucoup plus large que la base du clocher qui constitue le lien entre la nef et le petit chœur au chevet plat, reconstruit vers la fin du XIIe siècle. S'y ajoutent deux chapelles de style Renaissance ; une au nord datée de 1587 et une au sud datée de 1604. La première se compose de trois travées, doublant la dernière travée de la nef, la base du clocher et le chœur. Le mur septentrional suit une ligne courbée, et la première travée face à la nef est de plan trapézoïdal et se rajeunit vers l'ouest. Elle remplace donc une petite partie de la dernière travée de la nef, dont la limite nord suit une ligne oblique. Quant à la chapelle du sud, elle se compose de deux travées carrées doublant la base du clocher et le chœur. Une courte et étroite galerie relie cette chapelle à la nef, conséquence de l'étroitesse de la base du clocher. Cette dernière possède des murs pleins au nord et au sud, percés seulement d'une meurtrière chacun. La visibilité du chœur n'est donc pas assurée depuis les travées voisines des chapelles. Deux arcades plein cintre assurent la continuité entre la base du clocher et du chœur, d'une part, et la nef, d'autre part. Les chapiteaux des six colonnettes engagées sont tous différents. Décorés de volutes dans leurs angles, ils présentent des motifs décoratifs, ou dans un cas, une tête humaine. La nef et le chœur ont été revoûtés au XVIe siècle, mais la nef conserve toutefois une remarquable charpente du XVe siècle. Pratiquement toutes les fenêtres ont été repercées par la suite et présentent des arcs en cintre brisés, en partie sans remplage. L'étage supérieur du clocher d'aspect trapu est percé, sur chaque face, de deux étroites baies plein cintre cantonnées de colonnes polygonales vers l'extérieur et circulaires vers le centre. Elles sont garnies de chapiteaux à crochets rudimentaires, alors que les voussures sont gravées d'une ornementation en dents de scie. -L'église renferme des fonts baptismaux du XIe siècle et un autel du XVIIIe siècle[13].
  • Château d'Arthies, à la sortie du village en direction de Mantes (inscrit monument historique par arrêté du 27 janvier 1948[14]) : Sa partie la plus ancienne est une maison forte à trois étages, édifiée vers 1430 par le seigneur local, de la famille de Théméricourt. Une tour pentagonale, puis octogonale se situe à gauche de la façade sur la cour et abrite l'escalier desservant les différents niveaux. Le manoir conserve une série de trois fenêtres à meneaux superposées à droite de la tour. À la fin du XVe siècle, la seigneurie est vendue à la famille de Silly de La Roche-Guyon, qui y installe un capitaine et un intendant. Cette situation dure jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. C'est sous les Silly, au XVIe siècle, que sont construits la muraille d'enceinte avec sa porte fortifiée cernée de deux courtes tours et le colombier octogonal. Ils partagent comme caractéristique une façade en damier, faite de pierre de taille et de briques rouges, et due à l'influence de l'architecture normande. Les briques de 4 cm d'épaisseur et de 17 cm de long ont été cuites dans un four découvert en 1898, à 15 m du château. Les murs étaient à l'origine surmontés d'un crénelage caractéristique des constructions militaires du Moyen Âge. Le colombier conserve à l'intérieur ses boulins en brique. Sur la façade, le larmier était destiné à empêcher les rats et belettes d'accéder à la lucarne en bâtière[15].

Autres éléments du patrimoine [modifier]

Personnalités liées à la commune [modifier]

  • Léon Plancouard (1871-1953), archéologue et historien du Vexin est enterré au cimetière du village. Une curieuse épitaphe orne sa tombe : « Léon s'en alla comme il était venu, sans espoir de connaître et sans être connu. Il fit peu, vit rien, regretta, mais comprit qu'en tout le naturel l'emporte sur l'esprit. »

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

  1. Communes limitrophes d'Arthies sur Géoportail.
  2. Toponymie générale de la France Volume I, Librairie Droz 1990. p. 97.
  3. Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 59.
  4. Op. cité. p. 284.
  5. Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 32.
  6. Op. cité.
  7. La Gazette du Val-d'Oise N°1862 du 16 novembre 2011
  8. DUBOIS Jean-Jacques, 1989, Espaces et milieux forestiers dans le Nord de la France. Etude de biogéographie historique. Thèse d’Etat, Université Paris -I Panthéon-Sorbonne, 2 vol., 1 023 pages
  9. Site officiel de la préfecture du Val d‘Oise-liste des maires (doc pdf)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  12. Église Saint-Aignan, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. Bernhard Duhamel, Guide des églises du Vexin français : Arhies, Paris, Éditions du Valhermeil, 1988, 344 p. (ISBN 2-905684-23-2), p. 43-44 .
  14. Château d'Arthies, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. Jean-Loup Corbasson, Pascal Goutrat et Stéphane Gasser, « Le patrimoine des communes du Val-d’Oise : Arthies », Collection Le Patrimoine des Communes de France, Paris, Flohic Éditions, vol. II, octobre 1999, p. 530-533 (ISBN 2-84234-056-6) 

Voir aussi [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie [modifier]

  • Louis Régnier, « Les anciennes cloches d'Arthies », Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, Pontoise, Imprimerie Lucien Pâris, vol. 18, 1896, p. 111-119 (ISSN 11488107) [texte intégral (page consultée le 28 octobre 2012)] 
  • Léon Plancouard, « Description et histoire des Châteaux d'Artie-la-Ville », Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, Pontoise, Imprimerie Lucien Pâris, vol. 20, 1898, p. 53-94 (ISSN 11488107) [texte intégral (page consultée le 28 octobre 2012)] 
  • Léon Plancouard, « Recherches historiques sur la Maladrerie de Saint-Thomas-en-Artie », Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, Pontoise, Imprimerie Lucien Pâris, vol. 21, 1899, p. 7-38 (ISSN 11488107) [texte intégral (page consultée le 28 octobre 2012)] 

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]