(90482) Orcus

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(90482) Orcus

Photographie de (90482) Orcus
Caractéristiques orbitales
Époque 30 novembre 2008 (JJ 2454800)
Demi-grand axe (a) 5 862,44×106 km
(39,188 ua)
Aphélie (Q) 7 188,17×106 km
(48,05 ua)
Périhélie (q) 4 535,80×106 km
(30,32 ua)
Excentricité (e) 0,22618
Période de révolution (Prév) 89 606 j
(245,33 a)
Vitesse orbitale moyenne 4,68 km/s
Inclinaison (i) 20,593°
Nœud ascendant (Ω) 268,722°
Argument du périhélie (ω) 72,474°
Anomalie moyenne (M0) 164,68°
Catégorie Plutino
Caractéristiques physiques
Dimensions 946,3 +74,1−72,3 km
Masse (m) 7×1020 kg
Masse volumique (ρ) ~1 600 kg/m3
Gravité équatoriale à la surface (g) 0,2 m/s2
Vitesse de libération 0,44 km/s
Période de rotation (Prot) 0,420 j
(10,08 ± 0,01 h)
Classification spectrale B-V=0,68 ; V-R=0,37[1](neutral color)[2]
Magnitude absolue (M) 2,3
Albédo (A) 0,1975 +0,0340−0,0276
Température (T) ~44 K
Découverte
Découvreur Michael E. Brown,
Chadwick Trujillo,
David L. Rabinowitz
Date 17 février 2004
Désignation 2004 DW

(90482) Orcus est un objet massif de la ceinture de Kuiper, candidat au statut de planète naine, découvert le 17 février 2004 par Michael E. Brown, Chadwick Trujillo et David L. Rabinowitz.

Orcus se devait de porter le nom d'une divinité des Enfers, car son orbite et sa taille sont comparables à celles de Pluton. Les découvreurs ont proposé Orcus, qui fut adopté et promulgué le 22 novembre 2004. Orcus est à la fois un autre nom du dieu grec Thanatos et une divinité infernale romaine distincte[3].

Orbite[modifier | modifier le code]

Orcus et Pluton.

Orcus est le deuxième plus grand plutino. C'est un objet objet en résonance 2:3 avec Neptune, (comme Pluton). Bien qu’il s'approche périodiquement de l’orbite de Neptune[4], la résonance maintient une séparation angulaire de plus de 60 degrés entre les deux objets.

Orcus suit une orbite similaire à celle de Pluton mais différemment orientée comme montré sur le diagramme (Orcus en bleu, Pluton en rouge, Neptune en gris ; les positions datent d'avril 2006). Les périhélies des deux objets sont situés au-dessus de l’écliptique. Orcus approche son aphélie (en 2019) pendant que Pluton a déjà passé son périhélie et descend vers l’écliptique.

Orcus se situe actuellement à environ 47,8 UA du Soleil[5].

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Taille et magnitude[modifier | modifier le code]

Orcus comparé aux autres transneptuniens.

La magnitude d'Orcus est de 19,1 pour une magnitude absolue de 2,3 (comparables à celles du cubewano Quaoar, respectivement 19,3 et 2,6). Dans le premier quart de 2007 un papier a été publié montrant que le télescope spatial Spitzer a détecté Orcus dans l'infrarouge lointain, pendant ses trois premières années d'opération, contraignant le diamètre à 946,3+74,1−72,3 km [6]. Orcus parait avoir un albédo de ~20 %[6], qui peut être typique des objets trans-Neptuniens approchant les 1 000 km de diamètre.

Couleurs et spectres[modifier | modifier le code]

Des observations infrarouges en 2004 par l'European Southern Observatory ont donné des résultats cohérents avec des mélanges de glace d'eau et des composés de carbone, tels que le tholin[7].

En outre, les spectres infrarouge pris avec le télescope Gemini ont confirmé une présence modeste de l'eau glacée, compatible avec une couche de 15-30 %, mais pas plus de 50 % de la surface[8]. Cela signifie qu'il y a moins de glace que sur Charon, mais une valeur semblable à celle de Triton.

Les limitations ont été également détectées quant à la quantité de glace de méthane (moins de 30 %), laissant ouverte la possibilité pour la découverte d'autres composants dans le futur. L'étude des spectres montre une importante absorption de glace d'eau de tout objet de la ceinture de Kuiper qui n'est pas associé à la famille de collision Hauméa. Les grands satellites d'Uranus glacés ont un spectre infrarouge assez similaire au spectre infrarouge d'Orcus[9].

Cryovolcanisme[modifier | modifier le code]

Les observations du spectre avec le Very Large Telescope (VLT) de l'European Southern Observatory (ESO) en 2007 montrent la présence de glace d'eau cristalline, et éventuellement de glace d'ammoniac à la surface. Ils peuvent indiquer un mécanisme de renouvellement de la surface et l'activité géologique. L'ammoniaque n'a pas été détecté sur aucun satellite glacé de planètes extérieures, autres que Miranda. La bande de 1,65 µm est large et profonde (12 %), comme sur Charon, Quaoar, Hauméa (2003 EL 61), et les satellites de glace des planètes géantes. L'irradiation de la glace d'eau d'un objet transneptunien (TNO) à 40 UA indique que la glace d'eau cristalline à la surface des TNO devrait devenir de la matière amorphe par irradiation il y environ 10 millions d'années.
Le cryovolcanisme, qui est considéré comme le mécanisme le plus probable pour expliquer l'activité géologique sur certains satellites des planètes extérieures, peut en effet être possible pour les objets de Kuiper d'un diamètre supérieur à environ 1 000 km [10].

Satellite : Vanth[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vanth (lune).
Orcus et son satellite Vanth.

À partir des observations avec le télescope spatial Hubble à partir du 13 novembre 2005, Mike Brown et TA Suer ont détecté un satellite[11]. La découverte d'un satellite d'Orcus a été signalée en 8812 IAUC le 22 février 2007[12]. Il orbite autour d'Orcus sur une orbite presque circulaire (excentricité inférieure à 0,0036) et une période orbitale de 9,53 jours[13]. Il n'est qu'à 8980 ± 20 km d'Orcus, trop proche pour pouvoir déterminer la composition de sa surface. Mike Brown soupçonne aussi que, comme le système Pluton-Charon, Orcus et son satellite fonctionnent en système binaire[14].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Doressoundiram et Emmanuel Lellouch, Aux Confins du système solaire,‎ 2008 [détail des éditions]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tegler, Stephen C., « Kuiper Belt Object Magnitudes and Surface Colors »,‎ 2006-01-26 (consulté le 2006-11-05)
  2. (en) M. A. Barucci, F. Merlin, A. Guilbert, C. de Bergh, A. Alvarez-Candal, O. Hainaut, A. Doressoundiram, C. Dumas, T. Owen et A. Coradini, « Surface composition and temperature of the TNO Orcus », Astronomy and Astrophysics, vol. 479, no 1,‎ 2008, p. L13-L16 (DOI 10.1051/0004-6361:20079079, lire en ligne).
  3. http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=90482 Fiche de la NASA
  4. Orcus s'approche du Soleil à ~30,7 ua (à comparer avec l'axe de Neptune de 30,07 ua) mais son périhélie n'est pas le point le plus proche des deux orbites comme il est situé bien au-dessus de l'écliptique.
  5. Ephémerides
  6. a et b (en) J. Stansberry, W. Grundy, M. Brown et al., « Physical Properties of Kuiper Belt and Centaur Objects : Constraints from Spitzer Space Telescope », Astrophysics,‎ 2007 (lire en ligne)
  7. Observations adsabs.harvard.edu
  8. adsabs.harvard.edu
  9. [ http://arxiv.org/abs/0910.4784 The size, density, and formation of the Orcus-Vanth system in the Kuiper belt]
  10. adsabs.harvard.edu
  11. « Satellite d'Orcus » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  12. Données d'Orcus
  13. The size, density, and formation of the Orcus-Vanth system in the Kuiper belt
  14. S/1 90482 (2005)