Grande comète

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La grande comète de 1577 au-dessus de Prague représentée sur une gravure sur bois

Une grande comète est une comète qui devient exceptionnellement brillante. Il n'existe pas de définition officielle ; souvent le terme est associé aux comètes qui deviennent assez brillantes pour être visibles par des observateurs occasionnels qui ne les recherchent pas, et deviennent célèbres en dehors de la communauté astronomique. Les grandes comètes sont rares ; en moyenne on en observe une par décennie. Alors que les comètes sont officiellement nommées d'après leurs découvreurs, les grandes comètes sont parfois aussi désignées par l'année où elles apparaissent spectaculaires, à l'aide de l'expression « La grande comète de... », suivie de l'année.

Causes[modifier | modifier le code]

La grande majorité des comètes ne sont jamais assez brillantes pour être vues à l'œil nu, et traversent généralement le système solaire intérieur sans être vues sauf par les astronomes. Cependant, une comète peut occasionnellement briller assez fort pour devenir visible à l'œil nu, et encore plus rarement devenir aussi brillante ou plus brillante que les étoiles les plus brillantes. Les conditions pour que cela soit possible sont : un noyau de grande taille et actif, un passage à proximité du Soleil, un passage à proximité de la Terre. Une comète remplissant ces trois critères sera certainement spectaculaire. Parfois, une comète ne respectant pas un des critères sera cependant très notable. Par exemple, la comète Hale-Bopp avait un noyau exceptionnellement grand et actif, mais ne se rapprocha pas beaucoup du Soleil, cependant elle devint quand même une comète très fameuse et beaucoup observée. De même, la comète Hyakutake était une comète plutôt petite, mais apparut brillante car elle est passée extrêmement près de la Terre.

Taille et activité du noyau[modifier | modifier le code]

La taille des noyaux cométaires varie de quelques centaines de mètres à plusieurs dizaines de kilomètres. Quand elles se rapprochent du Soleil, de grandes quantités de gaz et de poussière sont éjectés des noyaux cométaires, à cause du chauffage solaire. Un facteur déterminant sur la luminosité que peut atteindre une comète est la taille et l'activité de son noyau. Après de nombreux retours dans le système solaire intérieur, les noyaux cométaires des comètes périodiques deviennent pauvres en matériaux volatils et celles-ci sont donc beaucoup moins brillantes que les comètes qui font leur premier passage à travers le système solaire.

L'accroissement soudain de l'éclat de la comète 17P/Holmes en 2007 a montré l'importance de l'activité du noyau sur la luminosité d'une comète. Entre le 23 et le 24 octobre 2007, la comète fut l'objet d'une explosion soudaine qui accrut sa luminosité d'environ un demi million de fois. Sa luminosité passa de façon inattendue de la magnitude 17 à environ 2,8 sur une période de seulement 42 heures, ce qui la rendit visible à l'œil nu. Ces évènements firent temporairement de la comète 17P le plus grand objet (en rayon) du système solaire bien que le diamètre de son noyau soit estimé à seulement 3,4 km.

Passage à un faible périhélie[modifier | modifier le code]

La luminosité d'un corps simplement réfléchissant varie comme l'inverse du carré de sa distance au Soleil. Par exemple, si la distance d'un objet au Soleil est doublée, sa luminosité est divisée par quatre. Cependant les comètes se comportent différemment, à cause de l'éjection de grandes quantités de gaz volatils qui réfléchissent la lumière solaire et qui peuvent aussi devenir fluorescents. Leur luminosité varie en gros comme l'inverse du cube de leur distance au Soleil, ce qui signifie que si la distance d'une comète au Soleil est divisée par deux, elle deviendra huit fois plus brillante.

Ceci signifie que le maximum de luminosité d'une comète dépend fortement de sa distance au Soleil. Le périhélie de l'orbite de la plupart des comètes se situe au-delà de l'orbite de la Terre. Toute comète s'approchant à 0,5 UA ou moins du Soleil peut avoir une chance de devenir une grande comète.

Passage à proximité de la Terre[modifier | modifier le code]

Pour qu'une comète devienne spectaculaire, il faut également qu'elle passe assez près de la Terre. La comète de Halley, par exemple, est habituellement très brillante lorsqu'elle traverse le systèmes solaire intérieur tous les soixante seize ans, mais lors de son apparition de 1986, son passage au plus près de la Terre fut presque le plus éloigné possible. La comète devint visible à l'œil nu, mais resta sans intérêt. D'un autre côté, la comète Hyakutake (C/1996 B2), intrinsèquement petite et faible, apparut très brillante et spectaculaire à cause de son passage très près de la Terre en mars 1996. Son passage près de la Terre fut l'un des plus proches passages cométaires enregistrés.

Liste de grandes comètes[modifier | modifier le code]

Les grandes comètes des deux derniers millénaires sont notamment :

Avant Jésus-Christ[modifier | modifier le code]

Nom Désignation Année Magnitude minimale Référence(s)
Sans nom  ? 373-372 av. J.-C.
Halley 1P 87 av. J.-C.
César C/-43 K1 44 av. J.-C. [1]
Halley 1P 12 av. J.-C.

Du Ier au Ve siècles[modifier | modifier le code]

Nom Désignation Année Magnitude minimale Référence(s)
Halley 1P 66
Halley 1P 141
Sans nom  ? 178
Sans nom  ? 191
Halley 1P 218
Sans nom C/240 V1 240
Halley 1P 295
Halley 1P 374
Sans nom C/390 Q1 390
Sans nom C/400 F1 400
Sans nom C/442 V1 442
Halley 1P 451

Du VIe au Xe siècles[modifier | modifier le code]

Nom Désignation Année Magnitude minimale Référence(s)
Sans nom C/565 O1 565
Sans nom C/568 O1 568
Halley 1P 607
Halley 1P 684
Halley 1P 760
Sans nom  ? 838
Sans nom  ? 891
Sans nom  ? 905
Halley 1P 989

Du XIe au XVe siècles[modifier | modifier le code]

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

1582 : adoption du calendrier grégorien : passage du jeudi 4 octobre 1582 au vendredi 15 octobre 1582.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Avant sa désintégration, la comète ISON (C/2012 S1) avait été annoncée comme étant potentiellement la grande comète de 2013.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. John T. Ramsey et A. Lewis Licht, The Comet of 44 B.C. and Caesar's Funeral Games, Atlanta,‎ 1997 (ISBN 0788502735).
  2. The Living Age, Volume 58, Lithotypod by Cowlea and Company, IT Washington St., Boston. Press of Geo. C. Rand & Avery,‎ 1858 (lire en ligne), p. 879
  3. S. K. Vsekhsvyatsky, Physical Characteristics of Comets, Moscow, Fizmatgiz,‎ 1958, 575 p., p. 102
  4. a, b, c, d et e « 'Comets of the Centuries': 500 Years of the Greatest Comets Ever Seen », Scientific American, 26 décembre 2013.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj, ak, al et am International Comet Quarterly, « The bright-comet chronicles », John E. Bortle (W. R. Brooks Observatory), 1998.
  6. Donald K. Yeomans, « Great Comets in History », Jet Propulsion Laboratory/California Institute of Technology (Solar System Dynamics),‎ avril 2007 (consulté le 2011-02-02)

Liens externes[modifier | modifier le code]