Uranus (planète)

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Uranus Uranus : symbole astronomique
Uranus vue par la sonde Voyager 2 en 1986.

Uranus vue par la sonde Voyager 2 en 1986.
Caractéristiques orbitales
Demi-grand axe 2 876 679 082 km
(19,22941195 UA)
Aphélie 3 004 419 704 km
(20,08330526 UA)
Périhélie 2 748 938 461 km
(18,37551863 UA)
Circonférence orbitale 18 065 794 264 km
(120,76 UA)
Excentricité 0,044405586
Période de révolution 30 799,095 d
(84,323326 ans)
Période synodique 369,66 d
Vitesse orbitale moyenne 6,81 km/s
Vitesse orbitale maximale 7,128 ? km/s
Vitesse orbitale minimale 6,486 ? km/s
Inclinaison sur l’écliptique 0,772556°
Nœud ascendant 73,989821°
Argument du périhélie 96,541318°
Satellites connus 27
Anneaux connus 13
Caractéristiques physiques
Rayon équatorial 25 559 ± 4 km
(4,007 Terres)
Rayon polaire 24 973 ± 20 km
(3,929 Terres)
Aplatissement 0,02293
Périmètre équatorial 160 592 km
Superficie 8,1156×109 km2
(15,91 Terres)
Volume 68,33×1012 km3
(63,086 Terres)
Masse 86,810 ± 0,013 ×1024 kg
(14,536 Terres)
Masse volumique globale 1 270 kg/m3
Gravité de surface 8,69 m/s2
(0,886 g)
Vitesse de libération 21,3 km/s
Période de rotation
(jour sidéral)
-0,71833 d
(17 h 14 min 24 s (rétrograde))
Vitesse de rotation
(à l’équateur)
9 320 km/h
Inclinaison de l’axe 97,77°
Albédo géométrique visuel 0,51
Albédo de Bond 0,300
Irradiance solaire 3,71 W/m2
(0,003 Terre)
Température d’équilibre
du corps noir
58,2 K (-214,8 °C)
Température de surface :  
Température à 10 kPa : 53 K (-220 °C)
Température à 100 kPa : 76 K (-197 °C)
Caractéristiques de l’atmosphère
Masse volumique
à 100 kPa
0,42 kg/m3
Hauteur d’échelle 27,7 km
Masse molaire moyenne 2,64 g/mol
Hydrogène H2 83 %
Hélium He 15 %
Méthane CH4 2,3 %
Ammoniac NH3 0,01%
Éthane C2H6 2,5 ppm
Acétylène C2H2 100 ppb
Monoxyde de carbone CO traces
Sulfure d'hydrogène H2S traces
Histoire
Découverte par William Herschel
Découverte le 13 mars 1781

Uranus est une planète géante de glaces de type Neptune froid. Il s'agit de la 7e planète du Système solaire par sa distance au Soleil, de la 3e par la taille et de la 4e par la masse. Elle doit son nom à la divinité romaine du ciel, Uranus (Ouranos chez les Grecs), père de Saturne (resp. Cronos) et grand-père de Jupiter (resp. Zeus). Uranus est la première planète découverte à l’époque moderne. Bien qu'elle soit visible à l’œil nu comme les cinq planètes déjà connues, son caractère planétaire ne fut jamais identifié en raison de son très faible éclat[1], étant à la limite de la visibilité (magnitude comprise entre 5,3 et 5,7 pour les oppositions et environ 6 le reste du temps) et de son déplacement apparent très lent (période orbitale de plus de 84 ans). William Herschel annonce sa découverte le 26 avril 1781, élargissant les frontières connues du Système solaire pour la première fois à l’époque moderne. Uranus est la première planète découverte à l’aide d’un télescope.

Uranus et Neptune ont des compositions internes et atmosphériques différentes de celles des deux plus grandes géantes gazeuses, Jupiter et Saturne. Les astronomes les placent donc de nos jours généralement dans une catégorie différente, celle des géantes glacées ou des sous-géantes. L’atmosphère d’Uranus, bien que composée principalement d’hydrogène et d’hélium, contient une proportion plus importante de glaces d’eau, d’ammoniac et de méthane, ainsi que les traces habituelles d’hydrocarbures. Uranus est la planète du Système solaire dont l’atmosphère est la plus froide, sa température minimale étant de 49 K (-224 °C), à la tropopause (vers 56 km d'altitude et 0,1 bar, le niveau zéro étant défini à une pression d'un bar). Elle a une structure nuageuse complexe : les nuages des couches les plus basses seraient constitués d’eau alors que ceux des couches les plus élevées seraient de méthane[2].

À l’instar des autres géantes gazeuses, Uranus a un système d’anneaux, une magnétosphère et de nombreux satellites naturels. Le système uranien est unique dans le Système solaire car son axe de rotation est pratiquement dans son plan de révolution autour du Soleil ; les pôles nord et sud sont situés où les autres planètes ont leur équateur[3]. En 1986, les images de Voyager 2 ont montré Uranus comme une planète sans caractéristique particulière en lumière visible, sans couche nuageuse ou tempête existant sur les autres planètes gazeuses. Cette visite de la sonde se produisit près du solstice, l'hémisphère éclairé était alors principalement son hémisphère austral.
Cependant, les observateurs terrestres ainsi que le télescope spatial Hubble ont depuis constaté des signes de changements saisonniers et une augmentation de l’activité météorologique ces dernières années[4], Uranus approchant alors de son équinoxe, qu'il a atteint en décembre 2007[5]. Le vent à la surface d’Uranus peut atteindre une vitesse de 250 m/s[6], soit 900 km/h.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières observations[modifier | modifier le code]

La constellation du Taureau, où Uranus est observée à tort comme étoile.

Contrairement à Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et Saturne, Uranus ne fut pas découverte dans l'Antiquité. Étant loin du Soleil et circulant lentement sur son orbite, Uranus apparaissait comme une simple étoile jusqu'au XVIIIe siècle.

Uranus fut observée à de nombreuses occasions avant que son caractère planétaire ne soit formellement identifié : elle est en général prise pour une étoile. La plus ancienne mention date de 1690 lorsque John Flamsteed l’observe au moins six fois et la catalogue sous le nom de 34 Tauri. L’astronome français Pierre Charles Le Monnier observe Uranus au moins douze fois entre 1750 et 1769[7], notamment durant quatre nuits consécutives.

Uranus a peut-être été observée par Hipparque en 128 av. J.-C.. En effet, un astérisme cité dans l'Almageste de Claude Ptolémée, reprenant les travaux d'Hipparque, ne peut être résolu que par la présence d'Uranus à cette époque. Uranus à mi-avril 128 av. J.-C. était dans des conditions d'observations très favorables : proche de son périhélie, magnitude de 5,4, à 33° du zénith[8],[9].

Découverte[modifier | modifier le code]

[PDF] Texte de Herschel à propos de sa découverte.

Sir William Herschel la découvre le 13 mars 1781 lors d’une recherche systématique d’étoiles doubles à l’aide d’un télescope. Dans le jardin de sa maison du 19 New King Street à Bath dans le Somerset en Angleterre (désormais le Musée d'astronomie Herschel)[10] mais n’annonce la découverte que le 26 avril 1781, en tant que comète[11]. Herschel avait entrepris une série de mesures de la parallaxe des étoiles fixes en utilisant un télescope de sa conception[12]. À la frontière des constellations des Gémeaux et du Taureau, Herschel remarque au milieu des points-étoiles une petite tache semblant sortir de derrière la planète Saturne. Il change alors successivement d’oculaire, passant du grossissement 227 à 460. Il note alors que la petite tache double de taille. Il change à nouveau d’oculaire pour un grossissement de 932, 1 536 et 2 010, et là encore, l’objet double de taille à chaque fois, tandis que les étoiles tout autour, très éloignées, ne varient pas en taille et restent de simples points brillants. Cela ne peut être une étoile ; il écrit donc dans son journal l’observation d’un curieux objet, une nébuleuse ou une comète. Il nota la position de l’astre, puis quelques jours après reprit son observation. La petite tache avait bougé, ça ne pouvait être une nébuleuse, donc c’était une comète. Il décide alors de prévenir la communauté scientifique de sa découverte et envoie un courrier avec les détails de sa comète au directeur de l’observatoire d’Oxford, Thomas Hornsby. Il informe également l’astronome royal Nevil Maskelyne de l’observatoire de Greenwich. Celui-ci, après avoir observé la comète et constaté qu’elle se comportait différemment des autres, conseille à Herschel d’écrire à la Royal Society.

Il écrit dans son journal : « dans le quartile près de ζ Tauri… soit [une] étoile nébuleuse soit peut-être une comète[N 1]. » Le 17 mars, il note, « j’ai regardé la comète ou étoile nébuleuse et, comme elle avait changé de place, j’en ai déduit que c’était une comète et non une nébuleuse[N 2]. » Lorsqu’il présente sa découverte à la Royal Society, il continue d’affirmer que c’est une comète mais la compare aussi implicitement à une planète[N 3]:

« La puissance que j'avais lorsque je vis la comète pour la première fois était 227. Par expérience je sais que le diamètre des étoiles fixes n'est pas augmenté proportionnellement pour de plus grandes puissances, comme c'est le cas pour les planètes ; je mets donc maintenant la puissance à 460 et 932, et trouve que le diamètre de la comète augmente en proportion de la puissance, comme il doit l'être, en supposant qu'il ne s'agit pas d'une étoile fixe, alors que le diamètre des étoiles auxquels je l'ai comparé n'étaient pas augmentés dans les mêmes proportions. De plus, la comète étant grossie bien plus que ce que sa lumière permet, apparaissait floue et mal définie à de si grandes puissances, alors que les étoiles conservaient leur lustre et distinction que je savais depuis des milliers d'observations qu'elle garderait. La suite a montré que mes suppositions étaient bien fondées, ceci prouvant que c'est la Comète que nous avons observé plus tôt[N 4]. »

Confirmation de son existence[modifier | modifier le code]

William Herschel.

Herschel avertit l’astronome royal, Nevil Maskelyne, de sa découverte et reçut une réponse embarrassée de sa part le 23 avril : « Je ne sais pas comment l’appeler. Il est aussi probable que ce soit une planète située sur une orbite autour du Soleil presque circulaire, que ce soit une comète de trajectoire très elliptique. Je n’ai pas observé pour l’instant de chevelure ou de queue[N 5]. »

Tandis qu’Herschel continue par précaution à appeler ce nouvel objet une comète, d’autres astronomes soupçonnent sa véritable nature. L’astronome russe Anders Johan Lexell estime sa distance à dix-huit fois la distance Terre-Soleil. Aucune comète ayant un périhélie supérieur à quatre fois la distance Terre-Soleil n’a alors jamais été observée[13]. L’astronome berlinois Johann Elert Bode pense que la découverte d’Herschel est « une étoile mobile qui peut être considérée comme un type d’objet planétaire jusqu’alors inconnu orbitant au-delà de l’orbite de Saturne[N 6] ». Bode conclut que son orbite presque circulaire ressemble davantage à celle d’une planète que d’une comète[14].

Les astronomes commencent alors le calcul de la trajectoire de la « comète », en prenant le modèle classique des orbites de comètes : une parabole, mais celle-ci ne semblait pas vouloir se conformer au modèle prévu. Charles Messier remarque alors qu’avec son aspect de disque, elle ressemblait plus à Jupiter qu’aux 18 autres comètes qu’il avait observées. L’astronome Russe Anders Lexell tenta, lui, de calculer l’orbite en appliquant le modèle d’une planète. À sa grande surprise, cette trajectoire semblait correspondre et convainquit les autres astronomes sur la nature de l’objet : une planète et non une comète.

L’objet est bientôt unanimement accepté en tant que planète. En 1783, Herschel lui-même le reconnaît auprès du président de la Royal Society Joseph Banks : « Selon les observations des plus éminents astronomes européens, il apparaît que la nouvelle étoile que j’ai eu l’honneur de leur faire découvrir en mars 1781, est une planète primaire du Système solaire. »[N 7],[15] Le roi George III récompense Herschel de sa découverte en lui attribuant une rente annuelle de £200 à condition qu’il s’installe à Windsor afin que la famille royale puisse regarder à travers ses télescopes[16].

Nom de la nouvelle planète[modifier | modifier le code]

Uranus, dieu romain du ciel.

Maskelyne a demandé à Herschel de donner un nom à cette nouvelle planète, étant le découvreur de cette dernière[17]. En réponse, Herschel a décidé de nommer l'objet « Georgium Sidus » (étoile de George), ou « Georgian Planet » (planète Géorgienne) en l'honneur de son nouveau patron, le roi George III[18]. Il expliqua cette décision dans une lettre à Joseph Banks en déclarant que dans l'Antiquité, les appellations de Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne ont été donnés aux planètes, comme étant les noms de leurs héros et divinités principales. Dans l'ère actuelle, plus philosophique, il ne serait guère admissible d'avoir recours à la même méthode et d'appeler Junon, Pallas, Apollon ou Minerve, notre nouveau corps céleste. Pour lui, l'important pour le désigner est de savoir quand il a été découvert et sa réponse fut « sous le règne du roi George III »[19].

Cependant, le nom proposé par Herschel n'était pas populaire en dehors de la Grande-Bretagne, et des solutions alternatives pour un nom ont été rapidement proposées. L'astronome Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande a proposé de nommer la planète Herschel en l'honneur de son découvreur. L'astronome suédois Erik Prosperin proposa le nom de Neptune qui a été soutenu par d'autres astronomes qui ont aimé l'idée de commémorer les victoires de la flotte britannique Royal Navy dans le cadre de la Guerre d'indépendance des États-Unis en appelant même la nouvelle planète « Neptune George III » ou « Neptune Great Britain »[20]. Johann Elert Bode a opté pour Uranus, la version latinisée du dieu grec du ciel, Ouranos. Bode a fait valoir que, tout comme Saturne était le père de Jupiter, la nouvelle planète devrait être nommée d'après le père de Saturne[21]. En 1789, Martin Klaproth, le collègue de Bode à la Royal Academy, a nommé son élément nouvellement découvert « uranium » avec l'appui du choix de Bode[22]. En fin de compte, la suggestion d'Uranus est devenue le plus largement utilisée, et est devenue universelle en 1850, lorsque le HM Nautical Almanac Office, le dernier obstacle, délaissa Sidus Georgium pour Uranus[23].

Après la découverte[modifier | modifier le code]

Dessin du système solaire par Lowell en 1903.

Au XIXe siècle et XXe siècle siècles, il était très difficile d'observer correctement la surface d'Uranus. La seule découverte de l'époque fut celle de Schiaparelli qui distingua malaisément quelques taches. Par spectroscopie et photométrie, les scientifiques avant 1937, purent fixer à 10 heures la rotation de la planète qui était vue comme rétrograde[24].

Le 10 mars 1977, les anneaux d’Uranus sont découverts par hasard par les astronomes James L. Elliot, Edward W. Dunham et Douglas J. Mink, embarqués à bord de l'observatoire aéroporté Kuiper. Les astronomes veulent utiliser l’occultation de l’étoile SAO 158687 par Uranus pour étudier l’atmosphère de cette étoile[25]. Or l’analyse de leurs observations met en évidence que l'étoile a été brièvement masquée à cinq reprises avant et après l’occultation par Uranus ; les trois astronomes concluent à la présence d’un système d’anneaux étroits[26],[27],[28]. Dans leurs articles, ils désignent les cinq occultations observées par les cinq premières lettres de l'alphabet grec : α, β, γ, δ et ε[26] ; ces désignations sont réutilisées par la suite pour nommer les anneaux. Peu de temps après, Elliot, Dunham et Mink découvrent quatre autres anneaux : l'un d'eux est situé entre les anneaux β et γ et les trois autres à l’intérieur de l’anneau α[29]. Le premier est nommé η et les autres 4, 5 et 6, selon le système de numérotation des occultations adopté lors de la rédaction d'un autre article[30]. Le système d’anneaux d’Uranus est le second découvert dans le système solaire, après celui de Saturne[31].

Survol de Voyager 2[modifier | modifier le code]

Photo d'Uranus prise par Voyager 2.

La planète géante gazeuse Uranus (50 000 km de diamètre) a un axe de rotation fortement incliné pratiquement situé dans son plan de révolution autour du Soleil. La recherche d’indices pouvant expliquer cette particularité unique dans le Système solaire est un des objectifs assignés à la sonde Voyager 2 qui est par ailleurs la première sonde à effectuer un survol de la planète. Voyager 2 met en évidence la présence d’un champ magnétique dont l’intensité est proche de celui de la Terre et qui est incliné de 60° par rapport à l’axe de rotation de la planète.

Voyager 2 découvre 10 nouvelles lunes en plus des cinq déjà connues. Toutes ces lunes sont de petite taille, la plus grande ayant un diamètre de 150 km. Les 5 lunes déjà connues sont des agglomérats de roche et de glace comme les lunes de Saturne.

Les neuf anneaux d’Uranus, découverts dans les années 1970 depuis la Terre, sont analysés par la sonde et montrent des caractéristiques différentes de ceux de Saturne et Jupiter. Ces analyses permirent de mettre en évidence qu'ils ne se sont pas formés en même temps qu’Uranus et que leur apparition est relativement récente. Les composants qui les forment sont peut-être les restes d’une lune qui aurait été fragmentée, soit par un impact avec un autre objet céleste se déplaçant à très grande vitesse, soit par les forces gravitationnelles de la planète mère[32].

Les anneaux d’Uranus en 2005.

Après Voyager 2[modifier | modifier le code]

Depuis 1997, neuf satellites irréguliers extérieurs ont été identifiés à l'aide de télescopes au sol[33]. Deux lunes intérieures supplémentaires, Cupid et Mab, ont été découvertes grâce au télescope spatial Hubble en 2003[34]. Le satellite Margaret est le dernier découvert à ce jour (2008) ; sa découverte fut publiée en octobre 2003[35]

Le télescope spatial Hubble permit de prendre des photos correctes d'Uranus depuis la Terre. En 2003–2005, il permet de découvrir une nouvelle paire d’anneaux, baptisée par la suite système d’anneaux externe, qui porte le nombre d’anneaux d’Uranus à treize[34]. Ils ont été nommés anneaux μ et ν (mu et nu)[36]. L’anneau μ, le plus externe, se trouve deux fois plus éloigné de la planète que l’anneau brillant η[34]. Ces anneaux externes diffèrent des anneaux internes étroits par de nombreuses caractéristiques : μ et ν sont larges (17 000 km et 3 800 km) et très ténus ; leur épaisseur optique normale maximale sont de 8,5×10-6 et 5,4×10-6 ; leur épaisseur optique équivalente sont respectivement de 0,14 km et 0,012 km. Leur profil radial de brillance est triangulaire[34].

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Masse et diamètre[modifier | modifier le code]

Comparaison de la taille d'Uranus et de la Terre.

Avec une masse de 86,810 ×10 24 kg[37], Uranus est un corps intermédiaire entre la Terre et les géantes gazeuses de grande taille comme Jupiter ou Saturne. Sa masse est 14 fois plus importante que celle de la Terre. Le rayon équatorial de la planète est de 25 559 km, soit environ quatre fois celui de la Terre[38]. Uranus a la particularité d'être plus grande que Neptune (49 528 km pour Neptune contre 51 118 km pour Uranus) mais elle est moins massive que cette dernière (Neptune possède une masse de 1,0243×10 26 kg)[39].

Neptune et Uranus sont souvent considérées comme une sous-classe de géante, appelée « géants de glace », en raison de leur taille plus petite et la plus forte concentration de substances volatiles par rapport à Jupiter et Saturne[40].

Champ magnétique[modifier | modifier le code]

Image montrant l’inclinaison et le champ magnétique d’Uranus.

Avant le passage de Voyager 2, aucune étude de la magnétosphère uranienne n'avait pu être effectuée, sa nature restant un mystère. Avant 1986, les astronomes s'attendaient à ce que le champ magnétique d'Uranus soit aligné sur le vent solaire, puisqu'il serait alors aligné avec les pôles, qui sont sur le plan de l'écliptique.

Les relevés de Voyager révélèrent un champ magnétique très particulier, d'une part parce qu'il n'a pas pour origine le centre géométrique de planète, et d'autre part parce qu'il penche de 59° par rapport à l'axe de rotation. En fait, le dipôle magnétique présente même un déséquilibre vers le pôle géographique sud par rapport au centre, équivalent à un tiers du rayon planétaire. Cette géométrie inhabituelle résulte en une magnétosphère fortement asymétrique, la force du champ magnétique à la surface du pôle sud pouvant être aussi basse que 0,1 gauss (10µT), alors qu'au pôle nord, elle peut atteindre 1,1 gauss (110µT). Le champ magnétique moyen en surface a une force de 0.23 gauss (23µT). À titre indicatif, le champ magnétique terrestre est à peu près de force équivalente aux deux pôles et l'« équateur magnétique » est à peu près parallèle à l'équateur géographique. Le moment magnétique bipolaire d'Uranus est 50 fois celui de la Terre. Un tel champ magnétique penché et déséquilibré se retrouve également sur Neptune, laissant à penser qu'il s'agit d'une caractéristique commune des géantes glacées. Une des hypothèses à ce sujet est que, alors que le champ magnétique des planètes telluriques et des géantes gazeuse est engendré par leur noyau, celui des géantes glacées serait provoqué par des mouvements à des profondeurs relativement faibles, ici dans l'océan d'eau et d'ammoniaque[41].

Malgré son étrange alignement, la magnétosphère uranienne est, par bien des points, semblable à celle des autres planètes : on y trouve une surface de choc située à 23 fois le rayon planétaire devant elle, une magnétopause à 18 rayons uraniens, une magnétoqueue bien développée et des ceintures de radiation. En somme, la structure de la magnétosphère ne ressemble pas tant à celle de Jupiter qu'à celle de Saturne. La magnétoqueue d'Uranus s'étend dans l'espace sur des millions de kilomètres et est courbée en un long tire-bouchon par la rotation de travers de la planète[42].

Une aurore polaire d'Uranus face à ses anneaux, prise en image par le télescope Hubble. Au contraire des aurores de la Terre ou de Jupiter, elles ne se situent pas à proximité des pôles géographiques de la planète, du fait du champ magnétique penché.

La magnétosphère d’Uranus contient des particules chargées : protons et des électrons avec une petite quantité d’ions H2+. Aucun ion plus lourd n’a été détecté. Bon nombre de ces particules proviennent probablement de la couronne chaude de l’atmosphère. L’ion et les énergies d’électrons peut être aussi élevée que 4 et 1,2 mégaélectronvolts, respectivement. La densité des ions de basse énergie (inférieure à 1 kiloélectronvolt) dans la magnétosphère intérieure est d’environ 2 par cm−3. La population de particules est fortement affectée par les lunes d’Uranus qui balayent la magnétosphère, laissant des lacunes importantes. Le flux de particules est suffisamment élevé pour provoquer un noircissement ou une altération des surfaces des satellites sur une échelle de temps de 100 000 ans. Cela peut être la cause de la coloration uniformément sombre des lunes et des anneaux[43]. Uranus a des aurores polaires relativement bien développées, qui apparaissent comme des arcs lumineux autour des deux pôles magnétiques. Contrairement à Jupiter, les aurores d’Uranus semblent être insignifiantes pour le bilan énergétique de la thermosphère planétaire[44].

Orbite et rotation[modifier | modifier le code]

Orbite d’Uranus.

La période de révolution d’Uranus autour du Soleil est de 84 années terrestres. Sa distance moyenne au Soleil est d’environ 3 milliards de kilomètres. L’intensité du flux solaire sur Uranus est d’environ 1/400e celui reçu par la Terre[45].

Les paramètres orbitaux d’Uranus furent calculés pour la première fois par Pierre-Simon de Laplace en 1783[13]. Avec le temps, des différences apparurent entre l'orbite prédite et l'orbite calculée. En 1841, John Couch Adams émit l’hypothèse qu’une planète inconnue serait la cause des perturbations constatées. En 1845, Urbain Le Verrier commença indépendamment ses travaux afin d’expliquer l’orbite d’Uranus. Le 23 septembre 1846, Johann Gottfried Galle identifia une nouvelle planète (qui sera plus tard nommée Neptune) à une position très proche de celle prédite par Le Verrier[46].

La période de rotation des couches intérieures d’Uranus est de 17 heures et 14 minutes. Cependant, la haute atmosphère d’Uranus est le théâtre de vents très violents dans la direction de rotation, comme pour toutes les géantes gazeuses. Par conséquent, à certaines latitudes, par exemple vers 60° de latitude, des parties visibles de son atmosphère se déplacent beaucoup plus vite et effectuent une rotation complète en un peu moins de 14 heures[47].

Inclinaison de l’axe[modifier | modifier le code]

Hémisphère nord Année Hémisphère sud
Solstice d’hiver 1902, 1986 Solstice d’été
Équinoxe de printemps 1923, 2007 Équinoxe d’automne
Solstice d’été 1944, 2028 Solstice d’hiver
Équinoxe d’automne 1965, 2049 Équinoxe de printemps

À la différence de toutes les autres planètes du Système solaire, Uranus est très fortement inclinée sur son axe puisque celui-ci est quasiment parallèle à son plan orbital. Elle roule pour ainsi dire sur son orbite et présente alternativement son pôle nord, puis son pôle sud au Soleil (même si la désignation de nord ou de sud est assez délicate dans ce cas précis). Chacun des pôles est caché du Soleil durant 42 ans[48].

Au moment du survol de la planète par Voyager 2 en 1986, le pôle sud d’Uranus était orienté presque directement vers le Soleil. On peut dire qu’Uranus a une inclinaison légèrement supérieure à 90° ou bien que son axe a une inclinaison légèrement inférieure à 90° et qu’elle tourne alors sur elle-même dans le sens rétrograde. Ces deux descriptions sont équivalentes d’un point de vue physique mais il en résulte une définition différente du pôle nord et du pôle sud[49].

Composition d'Uranus[modifier | modifier le code]

Composition interne[modifier | modifier le code]

Composition d'Uranus : 1-Haute atmosphère, 2-Atmosphère composée de gaz d'hélium, d'hydrogène et de méthane, 3-Manteau composé de glaces d'eau, d’ammoniac et de méthane et 4-Noyau rocheux.

La composition interne d'Uranus serait similaire à celle de Neptune. Elle possède très probablement un noyau solide de silicates et de fer d'à peu près la masse de la Terre. Au-dessus de ce noyau, là encore à l'instar de Neptune, Uranus présenterait une composition assez uniforme (roches en fusion, glaces, 15 % d'hydrogène et un peu d'hélium) et non pas une structure « en couches » comme Jupiter et Saturne[50].

Cependant, plusieurs modèles actuels de la structure d'Uranus et Neptune proposent l'existence de 3 couches : un cœur de type tellurique, une couche moyenne, de glacée à fluide, formée d'eau, méthane et ammoniac, et une atmosphère hydrogène-hélium dans les proportions solaires.

La pression maximum de la couche médiane est estimée à 600 GPa (6 millions d'atmosphères) et sa température maximum à 7000 K, si bien que les études théoriques et les expériences réalisées par compression laser sur ses molécules ont conduit en 1981 Marvin Ross[51] (University of California, Lawrence Livermore National Laboratory, Livermore, California 94550, USA) à poser qu'elle soit totalement ionisée et que le méthane y soit pyrolysé en carbone sous forme de métal ou de diamant. Le méthane se décompose en carbone et en hydrocarbures. La précipitation du carbone libère de la chaleur (énergie potentielle gravitationnelle convertie en chaleur) qui entraîne des courants de convection qui libèrent les hydrocarbures dans l'atmosphère. Ce modèle expliquerait la présence d'hydrocarbures divers dans l'atmosphère de cette planète. Sous l'action de la pression, le carbone adopte un état plus stable, le diamant solide qui flotte sur un océan de carbone métallique liquide[52].

Atmosphère[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Atmosphère d'Uranus.
La première tache sombre observée sur Uranus (Image 2006).

L’atmosphère d'Uranus, comme celle de Neptune, est différente des deux autres géantes gazeuses, Jupiter et Saturne. Bien que principalement composée comme elles d'hydrogène et d'hélium, elle possède une plus grande proportion de gaz volatils tels que l'eau, l'ammoniac et le méthane. Contrairement à Jupiter et Saturne, Uranus ne possèderait pas de manteau d'hydrogène métallique ou d'enveloppe en dessous de sa haute atmosphère. À la place se trouverait une région consistant en un océan composé d'ammoniac, d'eau et de méthane, dont la transition est graduelle sans limite claire avec l'atmosphère dominé par de l'hydrogène et de l'hélium. À cause de ces différences, certains astronomes regroupent Uranus et Neptune dans leur propre catégorie, celle des géantes glacées, pour les distinguer de Jupiter et Saturne.

Bien qu'il n'y a pas de surface clairement définie sur Uranus, la partie la plus extérieure de l'enveloppe gazeuse d'Uranus est considérée comme son atmosphère[2], là où la pression est inférieure à 1 bar. Les effets de l'atmosphère sont ressentis jusqu'à environ 300 km en dessous du niveau de 1 bar, où la pression est de 100 bar et la température de 320 K[53]. La couronne ténue de l'atmosphère s'étend jusqu'à deux fois le rayon de la planète à partir de la surface nominale située au niveau où la pression est de 1 bar[54]. L'atmosphère uranienne peut être divisée en trois couches : la troposphère, d'une altitude de −300 à 50 km et d'une pression de 100 à 0,1 bar ; la stratosphère, d'une altitude de 50 km à 4 000 km et d'une pression allant de 0,1 à 10–10 bar ; et la thermosphère/couronne commençant vers 4 000 km d'altitude et allant jusqu'à près de 50 000 km de la surface[2]. Il n'y a pas de mésosphère.

Climat[modifier | modifier le code]

L'hémisphère sud d'Uranus en vraie couleur (à gauche) et dans une longueur d'onde supérieure (à droite).

Le climat d'Uranus est fortement influencé par son manque de chaleur interne, ce qui limite l'activité atmosphérique, et son inclinaison axiale, qui induit des variations saisonnières extrêmes. L'atmosphère d'Uranus parait remarquablement homogène aux longueurs d'onde visibles en comparaison de celle des autres géantes gazeuses, même par rapport à celle de Neptune, qui lui ressemble toutefois beaucoup[6].

Quand Voyager 2 passa près d'Uranus en 1986, il observa seulement dix formations nuageuses autour de la planète[3],[55].

Une explication proposée pour ce manque de formations nuageuses est que la chaleur interne d'Uranus se trouve plus en profondeur que celle des autres planètes géantes ; en termes astronomiques, elle a un faible flux de chaleur[56]. Les raisons qui font que la température interne d'Uranus est si basse ne sont pas comprises. Neptune, qui est presque la jumelle d'Uranus en ce qui concerne la taille et la composition, émet 2,61 fois plus d'énergie dans l'espace qu'elle n'en reçoit du Soleil[6]. Uranus, en opposition, émet à peine de la chaleur. La puissance totale des émissions d'Uranus dans les infrarouges (de la chaleur) est de 1,06 ± 0,08 fois l'énergie solaire absorbée par l'atmosphère[57].

En fait, le flux de chaleur d'Uranus est seulement de 0,042 ± 0,047 W/m², ce qui est plus bas que le flux de chaleur interne de la Terre qui est d'environ 0,075 W/m². La température la plus basse enregistrée dans la tropopause d'Uranus est de 49 K (−224 °C), faisant d'Uranus la planète la plus froide du Système solaire, plus que Neptune[2].

Magnétosphère[modifier | modifier le code]

Le champ magnétique d'Uranus observé par Voyager 2.

Avant l'arrivée de Voyager 2, aucune mesure de la magnétosphère d'Uranus n'avait été prise, et sa nature restait un mystère. Avant 1986, les astronomes avaient espéré que le champ magnétique d'Uranus pourrait être en ligne avec le vent solaire, car il serait alors aligné aux pôles d'Uranus qui se trouvent dans l'écliptique[58].

Les observations de Voyager 2 ont révélé que le champ magnétique d'Uranus est unique, à la fois parce qu'il ne provient pas de son centre géométrique, et parce qu'elle est inclinée à 59 ° par rapport à l'axe de rotation[58]. En fait, le dipôle magnétique est décalé du centre d'Uranus vers le pôle de rotation au sud d'un tiers du rayon planétaire[58]. Cette inhabituelles résultats de géométrie dans une très asymétrique magnétosphère, où l'intensité du champ magnétique sur la surface dans l'hémisphère sud peut être aussi bas que 0,1 gauss (10 pT ), tandis que dans l'hémisphère nord, il peut être aussi élevé que 1,1 gauss (110 pT)[58]. Le champ moyenne à la surface est de 0,23 gauss (23 pT). À titre de comparaison, le champ magnétique domaine de la Terre est à peu près aussi fort à chaque pôle, et son «équateur magnétique" est à peu près parallèle à l'équateur géographique[58].

Malgré son curieux alignement, à d'autres égards la magnétosphère d'Uranus est comme celle des autres planètes : elle a une onde de choc situé à environ 23 rayons uraniens devant elle, une magnétopause à 18 rayons uraniens, et a développé une magnétoqueue et une ceinture de radiations développées. Dans l'ensemble, la structure de la magnétosphère d'Uranus est différente de Jupiter et plus semblable à Saturne[58].

La magnétosphère d'Uranus contient des particules chargées : les protons et les électrons avec petite quantité de H 2 + ions [59].

Cortège d'Uranus[modifier | modifier le code]

Anneaux planétaires[modifier | modifier le code]

Le système uranien vu en novembre 2002 (ISAAC sur le VLT) et en août 2007 (NACO avec optique adaptative). En 2007 les anneaux étaient vus de côté, d'où le fait qu'ils soient beaucoup moins visible sur la photo.
Anneaux d’Uranus
Nom Distance (km) Épaisseur (km)
ζ 38 000 2
6 41 840 1 à 3
5 42 230 2 à 3
4 42 580 2 à 3
α 44 720 7 à 12
β 45 670 7 à 12
η 47 190 0 à 2
γ 47 630 1 à 4
δ 48 290 3 à 9
λ 50 020 1 à 2
ε 51 140 20 à 100
ν ~ 66 000  ?
μ 97 734  ?
Article détaillé : Anneaux d'Uranus.
Les anneaux d’Uranus. Seuls 9 anneaux sont visibles sur cette photo. Le plus marqué est ε. Photo prise par Voyager 2.

Uranus possède au moins 13 anneaux principaux. Cinq ont été découverts en 1977 grâce aux observations d’occultations d’étoiles par Uranus. Six autres furent observés par Voyager 2 entre 1985 et 1986. Les deux derniers furent découverts grâce au télescope spatial Hubble en décembre 2005.

Les anneaux d’Uranus sont fins et ont des bords nets ; entre eux s’étend un milieu diffus. Les particules qui les composent ont des dimensions de l’ordre du centimètre et un albédo moyen de 0,15 qui les rend très peu visibles.

Si les 10 premiers anneaux d’Uranus sont fins et circulaires, le dernier, l’anneau ε, est plus excentrique et plus large, de 20 km au point le plus proche de la planète à 98 km au point le plus éloigné. Il est encadré par deux satellites « bergers », Cordélia et Desdémone. Les deux derniers anneaux sont très nettement plus éloignés, l’anneau μ se situant deux fois plus loin qu’ε, par exemple.

Ainsi, les observations d'Hubble portent à treize le nombre d'anneaux distincts composant le système d’anneaux d’Uranus. Ils sont appelés, par ordre de distance croissante de la planète : 1986U2R/ζ, 6, 5, 4, α, β, η, γ, δ, λ, ε, ν et μ. Leurs rayons vont de 38 000 km pour l’anneau 1986U2R/ζ à environ 98 000 km pour l’anneau µ. Il existe probablement de faibles bandes de poussière et des arcs incomplets entre les anneaux principaux. Ces anneaux sont très sombres : l’albédo des particules les composant ne dépasse pas 2 %. Ils sont probablement composés de glace et d'éléments organiques noircis par le rayonnement de la magnétosphère.

La plupart des anneaux d’Uranus sont opaques et larges de quelques kilomètres seulement. L’ensemble du système ne contient que peu de poussières : il se compose essentiellement de rochers de 0,2 à 20 m de diamètre. Cependant, certains des anneaux sont translucides : les anneaux larges et peu visibles 1986U2R/ζ, μ et ν sont faits de petites particules de poussières, tandis que l’anneau λ, peu visible également mais étroit, contient aussi des corps plus importants. La relative pauvreté en poussière des anneaux est due à la traînée aérodynamique des parties les plus externes de l’atmosphère, l’exosphère et la couronne.

Au regard de l'âge du système solaire, les anneaux d’Uranus seraient assez jeunes : leur âge ne dépasserait pas 600 millions d’années. Le système d'anneaux provient probablement de la collision et de la fragmentation d'anciennes lunes orbitant autour de la planète. Après la collision, les lunes se sont probablement brisées en de nombreuses particules, qui n’ont survécu sous la forme d'anneaux étroits et optiquement denses que dans certaines zones de stabilité maximale.

Satellites d’Uranus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Satellites naturels d'Uranus.
Les six lunes les plus connues d'Uranus (à l'échelle, mais avec des luminosités relatives non respectées (voir infra)) ; de gauche à droite : Puck, Miranda, Ariel, Umbriel, Titania et Obéron.
Uranus et ses satellites.
Satellites d’Uranus
Nom Diamètre (km) Masse (1016 kg) Rayon orbital moyen (km)
Cordélia 47 4,5 (?) 49 800
Ophélie 43 5,4 (?) 53 800
Bianca 51 9,3 (?) 59 200
Cressida 80 34,3 (?) 61 800
Desdémone 64 17,8 (?) 62 700
Juliette 94 55,7 (?) 64 400
Portia 135 168 (?) 66 100
Rosalinde 72 25,4 (?) 69 900
Cupid 12 0,12 (?) 74 800
Belinda 81 35,7 (?) 75 300
Perdita 80 40,0 (?) 76 416
Puck 162 289 (?) 86 000
Mab 16 0,28 (?) 97 734
Miranda 474 6 600 129 900
Ariel 1 159 135 000 190 900
Umbriel 1 169 117 000 266 000
Titania 1 578 352 000 436 300
Obéron 1 523 301 000 583 500
Francisco 12 0,13 (?) 4 276 000
Caliban 98 73 (?) 7 231 000
Stephano 20 0,60 (?) 8 004 000
Trinculo 10 0,075 (?) 8 578 000
Sycorax 190 540 (?) 12 179 000
Margaret 11 0,10 (?) 14 345 000
Prospero 30 2,1 (?) 16 243 000
Setebos 30 2,1 (?) 17 501 000
Ferdinand 12 0,13 (?) 20 901 000

Uranus, la septième planète du Système solaire, possède 27 satellites naturels connus[33]. Ces satellites tirent leurs noms des personnages des œuvres de William Shakespeare et Alexander Pope[60]. William Herschel découvrit les deux premières lunes, Titania et Obéron en 1787 tandis que les autres lunes en équilibre hydrostatique furent découvertes par William Lassell en 1851 (Ariel et Umbriel) et Gerard Kuiper en 1948 (Miranda)[60]. Les autres lunes furent découvertes après 1985, pour certaines durant le survol de Voyager 2 et pour les autres par des télescopes au sol[33],[3].

Les satellites d'Uranus sont divisés en trois groupes : treize satellites intérieurs, cinq satellites majeurs et neuf satellites irréguliers. Les satellites intérieurs sont de petits corps sombres qui ont des caractéristiques et une origine communes avec les anneaux de la planète. Les cinq satellites majeurs ont une masse suffisante pour être en équilibre hydrostatique et quatre présentent à la surface des signes d'activité interne tels que la formation de canyons ou du volcanisme[3]. Le plus grand satellite d'Uranus, Titania, est le huitième plus grand du Système solaire avec un diamètre de 1 578 km, mais est vingt fois moins massif que la Lune. Les satellites irréguliers d'Uranus ont des orbites elliptiques et fortement inclinées (en majorité rétrogrades) et orbitent à de grandes distances de la planète[33].

Des études ont montré qu'il serait possible à un quasi-satellite théorique d'Uranus ou de Neptune de le rester pour la durée de vie du système solaire moyennant certaines conditions d'excentricité et d'inclinaison[61]. De tels objets n'ont cependant pas encore été découverts.

Observation[modifier | modifier le code]

Depuis la Terre[modifier | modifier le code]

Observation d'Uranus et de Neptune depuis la Terre.

La magnitude apparente d’Uranus évolue entre +5,3 et +6,0[62]. Ainsi, avec un ciel parfaitement sombre et dégagé, il est possible de la voir à l’œil nu, comme une étoile très peu lumineuse. Il est possible d'observer à l'œil nu des objets astronomiques dont la magnitude apparente est inférieur à +6[63]. C'est d'ailleurs en cataloguant des étoiles allant jusqu'à la limite de visibilité à l'œil nu que John Flamsteed l'inventoria plusieurs fois, chaque fois sous des appellations différentes dont la plus connue est 34 Tauri. Depuis la Terre, la planète possède un diamètre angulaire de 4 secondes d’arc et est facilement distinguable avec des jumelles. Avec un télescope de plus de 30 cm de diamètre, Uranus apparaît comme un disque bleu pâle dont l’obscurcissement du limbe est visible. Les plus grands satellites, Titania et Obéron peuvent être perçus[64].

Jusqu'en 2007, Uranus s'était approché de son équinoxe et une activité nuageuse s’y développa. La majeure partie de cette activité ne peut pas être perçue autrement qu’avec le télescope spatial Hubble ou de grands télescopes munis d’optique adaptative. Cependant, certains phénomènes pourraient être suffisamment brillants pour être vus à l’aide de télescopes amateurs suffisamment grands. En 2006, une tache sombre a été détectée dans les longueurs d’onde visibles par Hubble.

Exploration[modifier | modifier le code]

Dernière photo d'Uranus par Voyager 2.

L'exploration d'Uranus n'a été accomplie que par la sonde spatiale Voyager 2, et aucune autre expédition n'est prévue à ce jour. C'est le 24 janvier 1986 que la sonde atteint sa position la plus proche d'Uranus. Voyager 2 découvre au total dix nouveaux satellites naturels d'Uranus. Il étudie l'atmosphère d'Uranus, unique en raison de son inclinaison de l'axe de rotation sur le plan de l'orbite de 97,77 °, et examine le système d'anneaux.

La possibilité d'envoyer la sonde Cassini-Huygens jusqu'à Uranus a été évaluée au cours d'une phase de planification de la mission d'extension en 2009. Il faudrait une vingtaine d'années pour arriver prêt du système uranien après le départ de Saturne[65]. Un orbiteur sur Uranus nommé Uranus orbiter and probe a été recommandée par la période 2013-2022[66].

Formation et migration[modifier | modifier le code]

Simulation du modèle de Nice.

La formation des géantes glacées, Neptune et Uranus, s'est avérée difficile à modéliser avec précision. Les modèles actuels suggèrent que la densité de matière dans les régions extérieures du système solaire était trop faible pour permettre la formation de ces grands corps avec la méthode traditionnellement accepté d'accrétion de base, et différentes hypothèses ont été avancées pour expliquer leur création. La première est que les géantes de glace n'ont pas été créés par accrétion de base, mais des instabilités dans le disque protoplanétaire originaire, ont fait sauter plus tard leurs atmosphères loin par la radiation d'une étoile massive proche de type OB[67].

Un autre concept est qu'ils se sont formés plus près du Soleil, où la densité de matière est plus élevé, et ensuite migré vers leurs orbites actuelles, après le retrait du disque protoplanétaire gazeux[68] . Cette hypothèse de la migration après la formation est actuellement favorisée, en raison à sa capacité à mieux expliquer l'occupation des populations de petits objets observés dans la région trans-neptunienne. Le courant le plus largement accepté des explications sur les détails de cette hypothèse est connue sous le nom modèle de Nice, qui explore l'effet d'une migration de Uranus et les autres planètes géantes sur la structure de la ceinture de Kuiper[69].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

En astrologie, la planète Uranus (Uranus's astrological symbol.svg) est l'astre associé au Verseau. Depuis, Uranus est associée à la couleur cyan et à l'électricité. (la couleur bleu électrique, étant associée au signe du Verseau)[70].

L'élément chimique uranium, découvert en 1789 par le chimiste allemand Martin Heinrich Klaproth, a été nommé d'après la planète Uranus récemment découverte[71].

« Uranus, le magicien » est le 6ème et avant-dernier mouvement de l'œuvre pour grand orchestre Les Planètes, composée et écrite par Gustav Holst entre 1914 et 1916.

L'Opération Uranus fut une opération militaire soviétique couronnée de succès durant la Seconde Guerre mondiale, qui consistait à reprendre la ville assiégée de Stalingrad.

La ligne, Then felt I like some watcher of the skies/When a new planet swims into his ken (alors je me suis senti comme un observateur des cieux / Quand une nouvelle planète nage dans son horizon), de John Keats « On First Looking into Chapman's Homer » est une référence à la découverte d'Herschel d'Uranus[72].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction libre de « In the quartile near ζ Tauri… either [a] Nebulous star or perhaps a comet » Royal Astronomical Society MSS W.2/1.2, 23 cité dans Miner 1998, p. 8
  2. Traduction libre de « I looked for the Comet or Nebulous Star and found that it is a Comet, for it has changed its place ». RAS MSS Herschel W.2/1.2, 24, cité dans Miner 1998, p. 8
  3. Journal of the Royal Society and Royal Astronomical Society 1, 30; cité dans Miner 1998, p. 8
  4. Traduction libre de : The power I had on when I first saw the comet was 227. From experience I know that the diameters of the fixed stars are not proportionally magnified with higher powers, as planets are; therefore I now put the powers at 460 and 932, and found that the diameter of the comet increased in proportion to the power, as it ought to be, on the supposition of its not being a fixed star, while the diameters of the stars to which I compared it were not increased in the same ratio. Moreover, the comet being magnified much beyond what its light would admit of, appeared hazy and ill-defined with these great powers, while the stars preserved that lustre and distinctness which from many thousand observations I knew they would retain. The sequel has shown that my surmises were well-founded, this proving to be the Comet we have lately observed.
  5. Traduction libre de « I don’t know what to call it. It is as likely to be a regular planet moving in an orbit nearly circular to the sun as a Comet moving in a very eccentric ellipsis. » RAS MSS Herschel W1/13.M, 14 cité dans Miner 1998, p. 8
  6. Traduction libre de « a moving star that can be deemed a hitherto unknown planet-like object circulating beyond the orbit of Saturn ». Johann Elert Bode, Berliner Astronomisches Jahrbuch, p. 210, 1781, cité dans Miner 1998, p. 11
  7. Traduction libre de « By the observation of the most eminent Astronomers in Europe it appears that the new star, which I had the honour of pointing out to them in March 1781, is a Primary Planet of our Solar System. » cité dans Dreyer 1912

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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