Vladimir Prelog

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Vladimir Prelog
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Vladimir Prelog
Naissance
Sarajevo (Bosnie-Herzégovine)
Décès (à 91 ans)
Zurich (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Croatie Croate naturalisé Drapeau de la Suisse Suisse
Domaines Biochimie
Institutions Université de Zagreb
École polytechnique fédérale de Zurich
Diplôme Université technique de Prague
Renommé pour Règles de Cahn, Ingold et Prelog
Distinctions prix Nobel de chimie (1975)

Vladimir Prelog, né le à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) et mort à Zurich, est un chimiste suisse-croate. Il a reçu une moitié du prix Nobel de chimie de 1975[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Attiré par les sciences, il effectue ses premières expériences à 12 ans et publie son premier article au Chemiker Zeitung à 15 ans. Il étudie la chimie à l'Institut tchèque de technologie de Prague de 1924 à 1929 et y obtient un diplôme de docteur-ingénieur.

En 1935, il accepte un poste de maître de conférences à l'université de Zagreb. Mais, en 1941, les Allemands occupent la ville et il préfère demander asile en Suisse : grâce au soutien de Lavoslav Ružička, il obtient un poste d'assistant à l'École polytechnique fédérale de Zurich. Il y devient professeur en 1952 puis succède à Lavoslav Ružička à la tête du laboratoire de chimie organique.

Naturalisé suisse en 1959, Vladimir Prelog est devenu membre étranger de la Royal Society le . Il est lauréat du prix Nobel de chimie de 1975 (l'autre moitié a été remise à John Warcup Cornforth) « pour sa contribution à la stéréochimie des molécules et des réactions organiques[1] ».

Prelog fut l'un des 109 prix Nobel à signer l’appel à la paix en Croatie[2] (1991). Vladimir Prelog est mort à Zürich, à l'âge de 91 ans. L'urne contenant ses cendres a été inhumée au cimetière Mirogoï de Zagreb, le 27 septembre 2001. En 2008, la ville de Prague a inauguré un monument à sa gloire[3].

Recherches[modifier | modifier le code]

Prelog consacra ses premières recherches à la quinine et ses dérivés, avec l'appui financier des laboratoires pharmaceutiques "Kaštel" (auj. Pliva) et découvrit un moyen économique de produire du Streptazol, une des formes commercialisées de sulfamidés. En 1941, encore à Zagreb, Prelog effectua la première synthèse d’adamantane, hydrocarbure de structure inhabituelle qu'il avait isolé dans les échantillons des puits ếtroliers de Moravie[4],[5].

Plus tard dans l'année, invité par Richard Kuhn à donner une conférence en Allemagne, il sollicita l'aide de Lavoslav Ružička pour justifier un passage par la Suisse ; c'est ainsi qu'avec sa femme il put gagner Zürich. Toujours avec l'aide de Ružička, il obtint un contrat de recherche avec CIBA Ltd. et travailla au Laboratoire de chimie organique de l'École polytechnique fédérale de Zurich. Prelog parvint en 1944 à séparer les énantiomères chiraux des base de Tröger par chromatographie sur un substrat optiquement actif.

Disposant de la résolution chirale, il parvint à démontrer que l'azote peut, aussi bien que le carbone, être le centre chiral d'une molécule, question qui restait ouverte depuis plusieurs années[6]. L'autorité de Ružička lui permit de poursuivre sa carrière au sein du système universitaire suisse : d'abord simple assistant, il accéda en 1952 au titre de professeur titulaire et succéda à son hôte en 1957 à la tête du laboratoire de chimie de l'ETH[7]

Prelog se consacra désormais activement à l'étude des alcaloïdes et trouva dans le mystère de la structure de la solanine un sujet de recherche idéal ; il poursuivit ses travaux avec les alcaloïdes tirés des Cinchonae et la strychnine, pour laquelle il montra la fausseté de la formule proposée par Robert Robinson. Puis avec Derek Barton, Oskar Jeger et Robert Burns Woodward, il s'attaqua à la structure des alcaloïdes aromatiques de l’Erythrina[8].

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « for his research into the stereochemistry of organic molecules and reactions » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Chemistry 1975 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 23 août 2010
  2. « thefamouspeople. »
  3. Spomenik Prelogu u Pragu, matis.hr. Retrieved 16 May 2015.Modèle:Hr icon
  4. D'après V. Prelog , R. Seiwerth, « Über die Synthese des Adamantans », Berichte, vol. 74, no 10,‎ , p. 1644–1648 (DOI 10.1002/cber.19410741004)
  5. D'après V. Prelog , R. Seiwerth, « Über eine neue, ergiebigere Darstellung des Adamantans », Berichte, vol. 74, no 11,‎ , p. 1769–1772 (DOI 10.1002/cber.19410741109)
  6. Cf. V. Prelog et P. Wieland, « Über die Spaltung der Tröger'schen Base in optische Antipoden, ein Beitrag zur Stereochemie des dreiwertigen Stickstoffs », Helvetica Chimica Acta, vol. 27,‎ , p. 1127 (DOI 10.1002/hlca.194402701143)
  7. D'après Tore Frängsmyr et Sture Forsén, Nobel lectures: chemistry 1971-1980, Singapour, World Scientific for the Nobel Foundation, coll. « Nobel lectures », , 447 p. (ISBN 9810207867), p. 202.
  8. D'après Laylin K. James, Nobel Laureates in Chemistry, 1901–1992, American Chemical Society & Chemical Heritage Foundation, (réimpr. 2006) (ISBN 0-8412-2459-5), p. 580

Liens externes[modifier | modifier le code]