Otto Hahn

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Otto Hahn

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Otto Hahn en 1944.

Naissance
Francfort-sur-le-Main (Allemagne)
Décès (à 89 ans)
Göttingen (Allemagne)
Nationalité allemande
Champs « chimie nucléaire »[1]
Distinctions Médaille Emil Fischer en 1919
Prix Cannizzaro en 1939
prix Nobel de chimie de 1944[2]
Médaille Max-Planck en 1949
Chevalier dans l'Ordre Pour le Mérite (Classe civile) en 1952
Croix d'or de l'Ordre du Sauveur en 1956
Faraday Lectureship en 1956
Membre étranger de la Royal Society en 1957
Officier dans l'Ordre de l'Empire britannique en 1957
Officier dans l'Ordre National de la Légion d'honneur en 1959
Grand croix 1ère classe de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne en 1959
Prix Enrico Fermi en 1966

Signature

Signature de Otto Hahn

Otto Hahn, OBE ( à Francfort-sur-le-Main, Allemagne - à Göttingen, Allemagne), fut un chimiste allemand lauréat du prix Nobel de chimie de 1944[2]. Il est considéré comme le « père de la chimie nucléaire »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Otto Hahn est né à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, le 8 mars 1879. Son père Heinrich Hahn, de souche paysanne, était vitrier et transforma son petit atelier artisanal en une entreprise florissante. Enfant, alors que son père rêvait de faire de lui un architecte, Otto Hahn faisait des expériences de chimie dans la buanderie de la maison familiale. Il était déjà réputé pour son extraordinaire mémoire.

Premières recherches[modifier | modifier le code]

C'est en 1897 qu'il entreprend des études de chimie et minéralogie à Munich puis à Marbourg. Pour parfaire ses connaissances en anglais, Otto Hahn part pour l'université de Londres rejoindre en 1904 Sir William Ramsay qui avait découvert les gaz rares. C'est dans le laboratoire de William Ramsay qu'il commence à s'intéresser à la radioactivité naturelle qui venait d'être découverte. Il entrevoit la possibilité de l'existence d'un élément encore inconnu, le radiothorium, père du thorium X. Il demande à Sir Ernest Rutherford, alors à Montréal, une place pour venir travailler avec lui. Ce dernier, ne croyant pas au radiothorium qui n'avait été prouvé que chimiquement, initie Otto Hahn à la physique des rayons alpha. C'est à Montréal que Otto Hahn découvre le thorium C, émetteur alpha et beta de courte période, ainsi que le radioactinium. Son séjour au Canada le marque profondément. Il dit avoir trouvé là, pour le reste de sa vie, une échelle de valeurs.

Retour en Allemagne[modifier | modifier le code]

Otto Hahn et Lise Meitner dans leur laboratoire.

Il retourne en Allemagne, à l'Institut de chimie de l'université de Berlin où il rencontre, en 1907, Lise Meitner, qui venait de l'Institut de physique de l'université de Vienne. Il entreprendra avec elle une collaboration de trente ans.

En mars 1913, Otto Hahn avait épousé Edith Junghans de Stettin, qui se destinait au professorat d'art et de dessin. En 1922 leur fils, Hanno Hahn, est né à Berlin (mort en France, avec sa femme Ilse, en 1960).

C'est à Otto Hahn que l'on doit aussi la découverte du mésothorium I (1907), du mésothorium II (1907), du ionium (1907), puis du protactinium (1917), en collaboration avec Lise Meitner. Otto Hahn mit en évidence l'isomérie nucléaire, en 1921, sur l'uranium Z.

Il s'intéressa également à la formation des isotopes du strontium, qui est à la base de la méthode de datation connue aujourd'hui comme « méthode du rubidium-strontium ».

Au cours de ces recherches, Otto Hahn fit preuve de talents de chimiste particulièrement remarquables. Avec une honnêteté intellectuelle rigoureuse, il ne laissait de côté aucun petit fait ; très persévérant, il manipulait avec un très grand soin et beaucoup de précision ; très consciencieux, il notait tous les « si » et les « mais » dans son cahier de laboratoire.

La découverte de la fission nucléaire[modifier | modifier le code]

Avec Lise Meitner, puis avec son assistant Fritz Strassmann, il se lança, dès 1935, dans l'étude de ce que l'on pensait être alors des transuraniens. À la fin de 1938, avec Fritz Strassmann, grâce à une analyse radiochimique méticuleuse, Otto Hahn découvrit la fragmentation de l'uranium en deux noyaux plus légers, phénomène qui fut appelé « fission nucléaire ». L'article portant leur signature fut envoyé à la revue Naturwissenschaften le 22 décembre 1938 et publié dans le numéro du 6 janvier 1939. Il s'agit là de l'acte de naissance de l'énergie nucléaire.

Timbre postale Otto Hahn. Republique Fédérale d'Allemagne, 1979

Otto Hahn se vit décerner le prix Nobel de chimie de 1944 « pour sa découverte de la fission des noyaux lourds[2] ». Il ne put aller le recevoir qu'à la fin de l'année 1946.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Monument Otto Hahn à Francfort-sur-le-Main.
Institut de chimie Kaiser Wilhelm a Berlin, endroit où fut découverte la fission nucléaire.

À l'arrivée des troupes alliées, en Allemagne, Otto Hahn, avec quelques-uns de ses collègues, fut emmené pendant quelques mois en Angleterre, à Farmhall. Après son retour, il s'installa à Göttingen, où il œuvra à la transformation de la Société Kaiser Wilhelm en Société Max-Planck, dont il fut le premier président de 1946 à 1960.

Après la guerre, il devint un militant contre l'utilisation des armes nucléaires et mit ses compatriotes en garde contre toute utilisation inhumaine des découvertes scientifiques. Il fait notamment partie des signataires du manifeste des 18 de Göttingen qui dénonce l'usage de l'énergie atomique dans le domaine militaire.

Otto Hahn fut membre ou membre d'honneur en 45 Académies et Sociétés scientifiques et également lauréat de 37 médailles et ordres dans le monde entier. Il est lauréat de la Faraday Lectureship de la Royal British Chemical Society à Londres en 1956. Il devient membre étranger de la Royal Society le 9 mai 1957, et Officier de l'Ordre de l'Empire britannique et de l'Ordre du Sauveur. En 1959, il est nommé Officier dans l'Ordre National de la Légion d'honneur par le président Charles de Gaulle, et il fut lauréat de la Grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne par le président allemand Theodor Heuss. Plusieurs instituts, prix et médailles, ainsi qu'écoles et lycées européens portent son nom.

Caricature de Gheorghe Manu, Roumanie.

Otto Hahn avait une très forte et très riche personnalité. Bien que modeste, il se réjouissait de sa popularité grandissante. « Je crois que je suis célèbre, mais je ne suis qu'un chimiste », disait-il. Alpiniste, il faisait volontiers des ascensions sans guide. Il aimait la musique - Beethoven, Brahms, Tchaïkovski. Il aurait chanté comme ténor dans une chorale dirigée par Max Planck, avant la Première Guerre mondiale.

Otto Hahn meurt à Göttingen, le 28 juillet 1968. Il était membre de l'Académie royale danoise des sciences et des lettres.

Des propositions furent faites à plusieurs reprises pour donner le nom de Hahnium à des éléments chimiques, notamment aux éléments 105 et 108, sans succès.

L'Union astronomique internationale (UAI) a donné son nom a deux cratères, sur la Lune et sur Mars, ainsi qu'a les astéroides 2962 Otto, 3676 Hahn, et 19126 Ottohahn.

Le premier navire marchand à propulsion nucléaire navale d'Europe, le NS Otto Hahn, porte son nom.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Otto Hahn, Otto Hahn : A Scientific Autobiography, Scribner’s : New York, 1966, xxiv + 296 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Prof. Glenn T. Seaborg, président de la Commission de l'énergie atomique des États-Unis, Washington D.C.
  2. a, b et c (en) « for his discovery of the fission of heavy nuclei » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Chemistry 1944 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 14 août 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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