Ligne 11 Express du tramway d'Île-de-France

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Tram 11 Express
Un Citadis Dualisau terminus d'Épinay-sur-Seine.
Un Citadis Dualis
au terminus d'Épinay-sur-Seine.

Réseau Transilien
Tramway d'Île-de-France
Ouverture [1]
Mise en service partielle entre Épinay-sur-Seine et Le Bourget
• Horizon 2024
Mise en service partielle prévue entre Le Bourget et Noisy-le-Sec
• Horizon 2027
Mise en service prévue de la totalité de la ligne de Sartrouville à Noisy-le-Sec
Terminus Épinay-sur-Seine
Le Bourget
Exploitant Transkeo
Conduite (système) Conducteur
Matériel utilisé Citadis Dualis (U 53600)
(15 éléments pour la première tranche, 38 à terme)
Dépôt d’attache Noisy-le-Sec
Points d’arrêt 7
Longueur 11 km
Temps de parcours 15 min
Distance moyenne entre points d’arrêt 2 150 m
Communes desservies Épinay-sur-Seine
Villetaneuse
Pierrefitte
Stains
Dugny
La Courneuve
Le Bourget
Jours de fonctionnement Tous les jours
Lignes connexes (1) (2) (3a) (3b) (4) (5) (6) (7) (8) (11)

Transilien Transilien
Lignes Transilien
(RER)(A) (B) (C) (D) (E)
TransilienLigne H du Transilien Ligne J du Transilien Ligne K du Transilien Ligne L du Transilien Ligne N du Transilien Ligne P du Transilien Ligne R du Transilien Ligne U du Transilien
(T)(4) (11)
Secteurs Transilien
(Paris-Nord, Paris-Est, Paris Sud-Est, Paris Rive-Gauche, Paris-Saint-Lazare)
Tangentielles
Ligne U du Transilien(11)(12)(13)

La ligne 11 Express du tramway d'Île-de-France précédemment désignée durant l'élaboration et la réalisation du projet Tram Express Nord, Tangentielle légère Nord (TLN) ou Tangentielle Nord[2], est une ligne de tram-train francilienne de rocade initiée par Île-de-France mobilités qui relie les gares d'Épinay-sur-Seine et du Bourget, et à terme la gare de Sartrouville (Yvelines) à la gare de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis).

Sa mise en service complète est espérée pour 2027, avec une mise en service partielle sur 11 km[3] en [1] entre les gares d’Épinay-sur-Seine (RER C) et du Bourget (RER B). Cette ligne, exploitée par une filiale de Keolis, Transkeo, desservira à terme 14 gares sur 28 kilomètres et devrait transporter chaque jour 150 000 voyageurs[4], dont 60 000 pour la première phase[5].

Plan de la ligne.

Le projet[modifier | modifier le code]

Grandes dates[modifier | modifier le code]

Les dates principales du projet sont listées ci-dessous :

  • 1999 : concertation préalable ;
  • 11 juillet 2000 : approbation du schéma de principe ;
  • juin à novembre 2003 : concertation préalable complémentaire ;
  • 28 septembre 2004 : approbation du schéma de principe complémentaire (variante train léger) ;
  • novembre-décembre 2006 : enquête publique ;
  • 29 mai 2008 : publication de la déclaration d'utilité publique[6] ;
  • 8 juillet 2009 : approbation de l'avant-projet de la première phase (Épinay-sur-Seine - Le Bourget)[7] ;
  • juillet 2009 : démarrage des travaux préparatoires[8] ;
  • 13 décembre 2010 : démarrage des travaux d'infrastructure[9],[10] ;
  • 27 avril 2016 : mise sous tension des lignes aériennes de contact[11],[5] ;
  • 13 juin 2016 : mise en service de l'atelier de maintenance, livraison de la première rame le lendemain[12].
  • 12 juillet 2016 : premier jour d'essai du tramway sur la ligne ;
  • 15 septembre 2016 : cérémonie d'inauguration de l'atelier de maintenance en présence des élus à Noisy-le-Sec[13],[14],a (date reportée, initialement en décembre 2014[15] ;
  •  : mise en service du tronçon Épinay-sur-Seine - Le Bourget[16] ;
  • 2024 (Est) - 2027 (Ouest) : mise en service espérée de la ligne complète[17].

Les prémices[modifier | modifier le code]

Le projet de la Tangentielle Nord fait partie, à l'origine, d'un réseau appelé Lutèce (rétroacronyme pour « Liaison Utilisation Tangentielle En Couronne Extérieure »). Ce réseau, inscrit au schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF) de 1994, prévoyait la réalisation de quatre liaisons ferrées en banlieue (les Tangentielles Nord, Est, Sud et Ouest) reliant de grands pôles comme l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, Marne-la-Vallée, la gare de Massy - Palaiseau, Évry, Versailles ou Cergy-Pontoise en contournant Paris. Les tangentielles devaient répondre à la demande croissante de transports de banlieue à banlieue[18].

Les premières études optent pour le choix d'une desserte lourde au quart d'heure de type réseau express régional (RER), insérée sur les deux voies actuelles de la ligne de la grande ceinture de Paris (dite Grande Ceinture) entre les nombreuses circulations de fret. Cependant, le trafic intense de marchandises, et la médiocrité d'une desserte aux 15 minutes conduisent, à la suite de la concertation préalable, à un réexamen du projet qui s'oriente alors vers le choix d'une ligne entièrement nouvelle, édifiée le long de la Grande Ceinture qui resterait alors presque totalement dédiée au fret et totalement séparée de la nouvelle tangentielle.

Le projet retenu[modifier | modifier le code]

En juillet 2008, visite d'élus conduite par Claude Bartolone, alors président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, sur le tracé en gare du Bourget.

Le manque de place en zone urbaine dense, et la vogue du tram-train poussent à faire le choix d'un train léger, d'une moindre capacité qu'un mode lourd, mais plus attractif grâce à sa fréquence plus élevée, permise par une infrastructure dédiée. Le projet propose la construction d'une ligne le long de la Grande Ceinture et choisit un train léger permettant une insertion plus aisée dans le tissu urbain, avec une plate-forme plus étroite qu'une voie ferrée classique à grand gabarit (8,5 mètres au lieu de 10 mètres), et de fortes rampes (65 ‰) permises par un matériel léger performant[19]. Malgré ce gabarit limité, certains riverains protestent, notamment à Montmagny, contre les expropriations annoncées[20].

Le projet complet prévoit la création de six nouvelles gares et le réaménagement de huit gares existantes (sept dont trois nouvelles et quatre transformées en pôles de correspondance pour la première phase)[21]. Il doit améliorer les correspondances avec les lignes B, C et D du réseau express régional d'Île-de-France (RER), la ligne H du Transilien, le tramway T8 et à moyen terme les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express[21]. La phase 2 permettrait en outre de relier les lignes A et E du RER, la ligne J, la ligne L, le T Zen 3 et la future ligne 15[21],[22]. Les gares doivent être entièrement accessibles aux personnes à mobilité réduite avec des ascenseurs et embarquements de plain-pied[21]. Celle de la gare de Villetaneuse-Université est toutefois contestée[23].

La suppression des quatorze passages à niveau du tracé complet est par ailleurs prévue pour accroître la sécurité des riverains et de la circulation ferroviaire. Une opération complémentaire d'isolation phonique est retenue, avec isolation des façades de 80 bâtiments et l'édification de 13 kilomètres d'ouvrages de protections acoustiques (murs antibruit)[24].

La sécurité est assistée par la vidéosurveillance, mise en place sur les quais, autour des lignes de contrôles automatiques, et dans les passages souterrains[21]. La présence du personnel en gare est assurée jusqu'au dernier train selon la SNCF[réf. nécessaire]. Quinze agents de la Sûreté ferroviaire dédiés au T11 Express sont basés en gare de Pierrefitte-Stains[25]

La ligne complète permettrait d'acheminer 18,4 millions de voyageurs chaque année, en concernant potentiellement 3,6 millions d'habitants et 1,4 million d'emplois[21].

Le nouveau projet est adopté et déclaré d'utilité publique le [26],[27].

Le , le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF) publie un plan présentant les mises en service effectuées à l'horizon 2020, dans lequel il attribue à cette ligne l'appellation « Tram Express Nord »[28]. En juin 2016, son nom définitif Ligne 11 Express est annoncé[2].

Trafic escompté[modifier | modifier le code]

En 2000, le trafic estimé se situait entre 100 000 et 150 000 voyageurs par jour sur le tracé complet. En 2008, le trafic estimé est revu à la hausse avec 150 000 voyageurs par jour[4]. En 2017, le site officiel du T11 évoque jusqu'à 250 000 voyageurs[29], mais la première phase vise dans un premier temps 60 000 voyageurs par jour[30].

Financement du projet[modifier | modifier le code]

Le T11 Express est inscrit sous le nom de Tangentielle nord aux contrats de plan 2000-2006 et 2007-2014[31].

L'enveloppe prévue au contrat de plan 2000-2006 est de 335,4 millions d'euros. Dans le cadre du « Plan banlieue » approuvé par le comité interministériel des villes du , l'État s'est dit prêt à débloquer des financements à hauteur de 220 millions d'euros pour « soutenir au moins quatre projets spécifiques dont le Tramway T4 vers Clichy-Montfermeil, la tangentielle Nord, le tram-train Évry - Massy [devenue T 12] et la liaison RER D/RER B (Barreau de Gonesse)[32] ».

La première phase de travaux, entre Épinay-sur-Seine et Le Bourget, bénéficie d’un engagement prévisionnel de 299 millions d'euros, inscrit au contrat de projet État-Région 2007-2013[7]. Le financement de base est de 491,9 millions d'euros (M€) répartis entre le conseil régional d'Île-de-France (276,4 M€ soit 56,22 %), l’État (160,4M€, soit 32,6 %), RFF (41,3M€, soit 8,4 %), le conseil général de la Seine-Saint-Denis (8,9 M€, soit 1,8 %) et le conseil général du Val-d'Oise (4,9 M€, soit 1 %), consacrés pour 397,2 M€ aux travaux, pour 66 M€ aux frais d'ingénierie et pour 28,7 M€ aux acquisitions foncières[33]. Cependant des retards et surcoûts font apparaître un besoin de financement complémentaire de 119 M€ réparti entre la Région (29,5 M€ soit 24,8 %), l’État (12,65 M€, soit 10,6 %), la SNCF (0,8 M€, soit 0,7 %) et surtout SNCF Réseau (76 M€, soit 63,9 %), soit un total cumulé de plus de 610,9 M€[33]. Globalement, le clé de financement se répartit entre la Région (49 %), l’État (28 %), la SNCF (20 %), le département de la Seine-Saint-Saint-Denis (2 %) et le département du Val-d'Oise (1 %)[34],[21].

L'évaluation du coût total de la ligne était de 760 millions d'euros et celui du matériel roulant de 171 millions d’euros, aux conditions économiques de janvier 2000. Le montant total est réévalué en 2008 à un milliard d'euros pour l'infrastructure (construction de deux voies dédiées, suppression des passages à niveau et isolation phonique) et à 160 millions d'euros pour le matériel roulant[4].

Infrastructure[modifier | modifier le code]

La ligne 11 Express longe la ligne de Grande Ceinture utilisée par les trains de fret[35]. Les voies nouvelles sont intégrées au réseau ferré national[36] ; elles constituent la ligne no 960 000, dans la nomenclature de SNCF Réseau, sous le nom de « Ligne de Sartrouville à Noisy-le-Sec (Tangentielle Légère Nord) », et sont limitées à 70 ou le plus souvent à 100 km/h[37].

Les principes d'aménagement aux abords des gares sont définis par une charte d'aménagement sur les transports, signée à Pierrefitte-sur-Seine en entre les intercommunalités concernées, les Départements, la région Île-de-France et la SNCF[38]. Les interstations longues sur talus sans contact avec le milieu piéton distinguent cette première ligne express des tramways insérés dans le milieu urbain : « Tram 11 Express est une ligne qui comporte des gares (et non des "stations") qui sont conçues comme de véritables bâtiments voyageurs (BV) et non comme des stations de type tramway[39] ».

Gabarit réduit[modifier | modifier le code]

Grâce au choix d'un matériel de type tram-train, l'emprise au sol nécessaire à la ligne est réduite à 8,5 mètres de largeur au lieu de 10 mètres pour le gabarit standard de trains classiques[40], ce qui permet une meilleure insertion dans le tissu urbain et réduit le nombre d'ouvrages d'art à réaliser[41]. Le tracé n'est cependant pas sans conséquence sur certaines communes traversées, par exemple à Sartrouville[42] où le quartier de la nouvelle gare devrait être largement réorganisé[43].

Liste des gares[modifier | modifier le code]

La ligne de Grande Ceinture devant la gare d'Épinay-sur-Seine. En contrebas de la plate-forme circule le RER C.

Lors de son ouverture en juillet 2017, la ligne 11 Express dessert sept gares :

      Gare Lat/Long Zone Communes Correspondances[44]
    Épinay-sur-Seine 48° 57′ 15″ N, 2° 18′ 08″ E 3 Épinay-sur-Seine (RER)(C)
(T)(8)
    Épinay - Villetaneuse
Montmagny
48° 57′ 30″ N, 2° 19′ 42″ E 3 Épinay-sur-Seine TransilienLigne H du Transilien
    Villetaneuse-Université 48° 57′ 34″ N, 2° 20′ 31″ E 3 Villetaneuse (T)(8)
    Pierrefitte - Stains 48° 57′ 50″ N, 2° 22′ 20″ E 3 Pierrefitte-sur-Seine (RER)(D)
    Stains-La Cerisaie 48° 57′ 16″ N, 2° 23′ 31″ E 3 Stains
    Dugny - La Courneuve
Parc Georges Valbon
48° 56′ 37″ N, 2° 24′ 40″ E 3 Dugny, La Courneuve
    Le Bourget 48° 55′ 50″ N, 2° 25′ 33″ E 3 Le Bourget (RER)(B)

(Les gares en gras servent de départ ou de terminus à certaines missions)

Principaux ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Le tablier du pont-rail de la Tangentielle sur la RN 1 à Pierrefitte-sur-Seine a été posé en 2013.
Il jouxte le tablier de la Grande Ceinture, au second plan du cliché, qui avait été remplacé en 2007.

Retardé par des difficultés d'expropriation, le pont-rail de la Tangentielle sur la RN 1 à Pierrefitte-sur-Seine, jouxtant celui de la ligne de la grande ceinture de Paris a été posé en 2013. Il surplombe également la plate-forme de la ligne 5 du tramway d'Île-de-France.

À Villetaneuse, le passage à niveau no 24 de la Grande Ceinture a été remplacé en 2012 par une passerelle piétonne, qui enjambe également l'emprise de la Tangentielle Nord et qui donne accès à la gare de Villetaneuse-Université.

Le premier ouvrage d'art construit sur la ligne : la passerelle de Villetaneuse-Université qui dessert la gare. Elle est construite à cheval sur les voies en reliant l'université Paris-XIII, dont on voit le gymnase universitaire à droite du cliché, et le quartier du centre-ville, à gauche.

Durant la première phase, six passages à niveau sont remplacés par de nouvelles voiries avec des ouvrages de franchissement sécurisés[45].

Franchissement des voies à Épinay - Villetaneuse.
Pose du nouveau tablier du pont de la route de Saint-Leu (ex-RN 328) à Montmagny, sur la Grande-Ceinture, en vue du passage de la Tangentielle-Nord.

Un pont-rail permettant à la ligne H de franchir la Grande Ceinture en gare d'Épinay - Villetaneuse a dû être prolongé pour franchir les futures voies de la Tangentielle Nord. L'ouvrage comprend quatre tabliers de voies et trois tabliers de quais. Pour garantir la fluidité du trafic dans cette zone très dense (500 trains et 220 000 voyageurs quotidiens), les travaux ont, en général, été réalisés de nuit, entre h et h 40. La durée des interruptions, pour les opérations importantes, s'est limitée à seulement 50 heures de travail durant le week-end, pendant lesquelles les deux lignes (ligne H et Grande Ceinture) étaient coupées. Plus de trois ans ont été nécessaires pour réaliser l'opération, depuis les travaux préparatoires jusqu'aux travaux de finitions.

Le pont des trois Communes situé à Montmagny a été remplacé par un nouveau pont-route d'une portée de 27 m (dalle métallique orthotrope), permettant de franchir la Grande Ceinture et les deux voies de la future Tangentielle Nord. Il a été posé en mai 2012 en remplacement de l'ancien pont à trois travées d'un âge de plus de 100 ans. Il permet de libérer la place pour les futures voies ferrées[46].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

La SNCF étant en 2017 encore en situation de monopole sur les circulations régionales[36], le T11 Express est une ligne de tram-train exploitée par Transkeo, sous-filiale de la SNCF via sa filiale Keolis (51 %) et de SNCF Participations (49 %)[36]. Les salariés ne bénéficient pas du statut de cheminot, mais uniquement de la convention collective nationale du ferroviaire, comme les nouveaux entrants du réseau ferroviaire français[47]. Transkeo devrait afficher un coût au kilomètre inférieur de 40 % à celui d'un RER, dû pour les deux-tiers aux caractéristiques techniques (matériel roulant moins cher, entretien moins coûteux des stations, etc.) et pour un tiers aux ressources humaines[36].

Annoncée initialement pour fonctionner de h à minuit[48], sa fin de service est fixée à h[49],[22].. La fréquence proposée est d'un tram-train toutes les 5 minutes aux heures de pointe et toutes les 10 minutes aux heures creuses. La vitesse commerciale prévue doit avoisiner les 50 km/h, grâce à des interstations longues et à un matériel performant en accélération. Le trajet complet entre Sartrouville et Noisy-le-Sec nécessiterait environ 35 minutes[48].

L'exploitation est gérée par un poste de commande centralisé installé en gare de Noisy-le-Sec. Il supervise la gestion opérationnelle de la ligne, la coordination avec l'agent circulation du poste 1 de Bobigny pour la circulation des rames à vide entre le centre de maintenance et Le Bourget, ainsi que la gestion de la traction électrique[50].

Gares[modifier | modifier le code]

De nouveaux bâtiments voyageurs sont construits sur le même modèle, en bois, métal et verre, mêlant l’esprit des anciennes halles ferroviaires à celui des serres végétales. Leur conception se veut écologique avec des panneaux photovoltaïques, la récupération des eaux de pluie et un chauffage par géothermie[51].

Signalétique[modifier | modifier le code]

Logo du T11 Express utilisé par la SNCF (à gauche) et celui utilisé par la RATP (à droite).
Logo du T11 Express utilisé par
Île-de-France Mobilités.

Île-de-France mobilités (ex-STIF) souhaitait revoir sa signalétique et ses appellations de lignes[52], le T11 Express est représenté parfois avec un logo carré tel qu'il pourrait être généralisé pour les lignes de tramway soit avec un logo rond.

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Citadis Dualis.
Rame Citadis Dualis arborant la livrée SNCF et le logo officiel STIF à bordure carrée.

La ligne est exploitée par 15 tram-trains Citadis Dualis pour la première tranche (Épinay-sur-Seine – Le Bourget)[53]. Ces nouvelles rames ont été livrées à partir du printemps 2016. Cet investissement de 88 millions d'euros est financé intégralement par le STIF[54]. Implanté en gare de Noisy-le-Sec, le dépôt des rames est un centre de maintenance qui a en charge les rames du T11, mais aussi du tram T4 et des rames de la ligne d'Esbly à Crécy-la-Chapelle[22].

L'exploitation de la ligne complète (phase 2) nécessiterait 38 rames.

Le Citadis Dualis, version tram-train du Citadis, est un matériel électrique de 2,65 m de largeur et 42 m de longueur, avec une charge à l'essieu de 11,5 tonnes, Il est capable de fortes accélérations et peut gravir des rampes de 65 . Totalement accessible aux personnes à mobilité réduite, il est doté d'un plancher plat à 38 cm de hauteur, et peut transporter 250 voyageurs[55]. Il peut circuler en unités doubles ou triples pour s'adapter au trafic. Le matériel est doté de la ventilation réfrigérée et d'un système d'affichage embarqué[56]. La vitesse maximale est de 100 km/h pour une vitesse moyenne annoncée de 50 km/h[21].

Rames couplées en gare de Pierrefitte - Stains
Rames couplées en gare de Pierrefitte - Stains.

Tarification et financement[modifier | modifier le code]

La tarification de la ligne se rapproche plus de celle des lignes Transilien que de celle des lignes de tramway exploitées sur les voies publiques. En , c'est la seule ligne de tramway francilienne où le ticket t+ n'est pas valable[22].

Le financement du fonctionnement de la ligne (entretien, matériel et charges de personnel) est assuré par la SNCF et Transkeo. Cependant, les tarifs des billets et abonnements dont le montant est limité par décision politique ne couvrent pas les frais réels de transport. Le manque à gagner est compensé par l'autorité organisatrice, Île-de-France mobilités, présidée depuis 2005 par le président du conseil régional d'Île-de-France et composé d'élus locaux. Elle définit les conditions générales d'exploitation ainsi que la durée et la fréquence des services. L'équilibre financier du fonctionnement est assuré par une dotation globale annuelle aux transporteurs de la région grâce au versement transport payé par les entreprises et aux contributions des collectivités publiques[57]. Le validation du titre de transport se fait en gare et non dans la rame, contrairement à la plupart des tramways précédemment mis en service en Île-de-France[22]. Il s'agit, en novembre 2017, de la seule ligne de tramway disposant de lignes de contrôle dans la totalité de ses gares.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Prolongements[modifier | modifier le code]

Plan de la ligne avec les prolongements.

Achevée de Sartrouville à Noisy-le-Sec, la ligne permettrait de transporter 18,4 millions de voyageurs par an[21].

Prolongement à l'ouest[modifier | modifier le code]

La mise en service de ce prolongement à l'ouest est annoncée pour 2027.

      Gare Lat/Long Zone Commune Correspondances[44]
    Sartrouville 48° 56′ 15″ N, 2° 09′ 27″ E 4 Sartrouville (RER)(A)
TransilienLigne L du Transilien
    Sartrouville-Val Notre-Dame 48° 56′ 24″ N, 2° 11′ 39″ E 4 Sartrouville (T)(2) (projet)
    Val d'Argenteuil 48° 57′ 01″ N, 2° 13′ 53″ E 4 Argenteuil TransilienLigne J du Transilien
    Argenteuil-GC 48° 56′ 56″ N, 2° 15′ 29″ E 4 Argenteuil TransilienLigne J du Transilien (à la gare d'Argenteuil)
    Épinay-sur-Seine 48° 57′ 15″ N, 2° 18′ 08″ E 3 Épinay-sur-Seine (RER)(C)
(T)(8)

Prolongement à l'est[modifier | modifier le code]

La mise en service de ce prolongement à l'est est annoncée pour 2024.

      Gare Lat/Long Zone Communes Correspondances[44]
    Le Bourget 48° 55′ 50″ N, 2° 25′ 33″ E 3 Le Bourget existant : (RER)(B)
envisagé : (M)(16)(17)
    Drancy - Bobigny 48° 54′ 57″ N, 2° 25′ 35″ E 3 Drancy, Bobigny existant : (T)(1)
envisagé : (M)(15)
    Bobigny - La Folie 2 ou 3 Bobigny envisagé : T Zen 3
    Noisy-le-Sec 48° 53′ 48″ N, 2° 27′ 35″ E 3 Noisy-le-Sec (RER)(E)
(T)(1)

Ultérieurement[modifier | modifier le code]

Si le projet de Tram Express Nord prévoyait à l'origine une branche entre Pontoise et Épinay-sur-Seine[18], ce projet semble être remplacé par une simple mise en correspondance avec la ligne C du RER.

En revanche, le projet de SDRIF rendu public en septembre 2008 prévoyait un prolongement du Tram Express Nord jusqu'à la gare de Noisy-le-Grand - Mont d'Est, à échéance 2020. Le projet prévoyait également un prolongement ultérieur de la ligne vers le sud, vers Villiers-sur-Marne, Sucy - Bonneuil, Pont de Rungis et Massy - Palaiseau à plus long terme[58]. Toutefois ces projets ne font l'objet en 2008 d'aucune planification ni financement et le projet du Grand Paris Express a pu répondre à certains objectifs de desserte. Le SDRIF, finalement adopté par la Région le 18 octobre 2013 et approuvé par décret le 27 décembre 2013, borne la ligne à Sartrouville et Noisy-le-Sec sans évoquer de prolongements ultérieurs[59]

La création d'une station de métro « La Folie » sur la ligne 5 le long du canal de l'Ourcq à Bobigny est possible, les emprises ayant été réservées, et assurerait la correspondance avec le T11 Express à Bobigny - La Folie. Sa réalisation doit encore être confirmée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Grégory Plesse, « Une ligne SNCF pilotée par... le privé ! », leparisien.fr, (consulté le 1er décembre 2016).
  2. a et b Jean-Gabriel Bontinck, « Le T 11 Express roulera dans un an entre Épinay et Le Bourget », leparisien.fr, (consulté le 15 juin 2016).
  3. « Le tramway T11, ou le Grand Paris express avant l'heure », sur france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france, 23/25 juin 2017 (consulté le 6 juillet 2017) : « 11 km de ligne, entre Épinay et le Bourget ».
  4. a, b et c [PDF] « Communiqué de presse de la SNCF », site de la SNCF, (consulté le 6 juillet 2008).
  5. a et b Jean-Gabriel Bontinck, « Premiers essais en vue pour le tram express entre Epinay et Le Bourget », leparisien.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  6. Légifrance - Décret du 27 mai 2008 déclarant d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation de la liaison ferroviaire « Tangentielle Nord » entre Sartrouville et Noisy-le-Sec.
  7. a et b [PDF] Communiqué du STIF du 8 juillet 2009.
  8. SNCF - Création de ligne : les coulisses de la Tangentielle Nord, article de mars 2010.
  9. [PDF] Communiqué de presse du 13 décembre 2010 - Démarrage des travaux de la tangentielle ferroviaire nord.
  10. Le Parisien - En 2014, il faudra quinze minutes pour relier Epinay au Bourget, article du 14 décembre 2010.
  11. « Mise sous tension de la LAC », sur tagentielle.fr, article du 7 avril 2016 (consulté le 8 décembre 2016),.
  12. « Mise en service atelier de l'atelier de maintenance », sur tagentielle.fr, article du 13 juin 2016 (consulté le 8 décembre 2016).
  13. Grégory Plesse, « Tram 11 Express : la première rame enfin dévoilée », leparisien.fr, (consulté le 16 septembre 2016).
  14. « Inauguration de l'atelier de maintenance », sur tagentielle.fr, article du 15 septembre 2016 (consulté le 8 décembre 2016).
  15. [PDF] document du Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT) du 2 février 2009 consacré au plan de relance de l'économie en Île-de-France.
  16. Jean-Gabriel Bontinck, « Epinay - Le Bourget : le T11, premier tram-train d’Ile-de-France, entre en gare », leparisien.fr, (consulté le 2 juillet 2017)
  17. Les prolongements, site du projet. Consulté le 21 avril 2016.
  18. a et b Thomas Le Masson, « Des rocades pour désengorger Paris : Une série d'anneaux vont entourer la capitale », sur lesechos.fr, article du (consulté le 18 juillet 2017) : « De son côté, la SNCF avance le projet Lutèce, pour la création d'un réseau de voies ferrées dites tangentielles en grande couronne ».
  19. [PDF] STIF - La Tangentielle Nord est officiellement lancée, communiqué de presse du 30 juin 2008.
  20. Juliette Corda, « Le « non » des habitants à la tangentielle nord », leparisien.fr, (consulté le 18 juin 2017).
  21. a, b, c, d, e, f, g, h et i Agathe Mercante, « Un train-tram ralliera le Bourget à Epinay », sur lesechos.fr, (consulté le 2 novembre 2016).
  22. a, b, c, d et e « La ligne de tramway T11 est ouverte ! », sadur.org, (consulté le 24 juillet 2017)
  23. Gwenaël Bourdon, « Villetaneuse : la future gare du tram T11 Express sera-t-elle accessible à tous ? », leparisien.fr, (consulté le 30 juin 2017).
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  25. « Vivre à Pierrefitte n°70 », mairie-pierrefitte93.fr, juillet-août 2017 (consulté le 30 juin 2017).
  26. 20 minutes - Feu vert pour la Tangentielle Nord.
  27. [PDF] Communiqué de presse du 2 juin 2008 relatif à la déclaration d’utilité publique de la Tangentielle Nord, sur le site de RFF.
  28. Plan extrait de l'article « LE NOUVEAU GRAND PARIS : UN PROJET AU SERVICE DES VOYAGEURS », sur le site stif.info (consulté le 25 janvier 2014).
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  30. « Premiers essais en vue pour le tram express entre Épinay et Le Bourget », leparisien.fr, (consulté le 1er juin 2017).
  31. Site institutionnel - Les acteurs.
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  33. a et b [PDF]« Prolongement de la ligne de Tram 11 d’Épinay au Bourget », stif.org (consulté le 18 juin 2017).
  34. « Les Partenaires », tram11express.fr (consulté le 18 juin 2017).
  35. La ligne de Grande Ceinture est en partie désaffectée entre Achères et Versailles-Chantiers.
  36. a, b, c et d Lionel Steinmann, « L’Ile-de-France, laboratoire de la SNCF pour préparer la concurrence », lesechos.fr, (consulté le 30 juin 2017)
  37. SNCF Réseau, « Vitesse maximale nominale sur ligne », sur data.sncf.com, SNCF, 5 avril 2017 [cf. l'onglet des informations] (consulté le 14 juillet 2017).
  38. « Plaine Commune : une charte aménagement autour de la future Tangentielle », leparisien.fr, (consulté le 23 mars 2016).
  39. Sylvie Russelle 2017, p. 6.
  40. [PDF] Présentation du projet à Montmagny en 2010.
  41. Site institutionnel - Le concept.
  42. [PDF] Réaction du Collectif d'associations de défense de l'environnement de la boucle de Montesson (CADEB) en date du adressée au commissaire enquêteur.
  43. Le Parisien - Une deuxième gare SNCF en projet au cœur de la ville, article du 9 septembre 2010.
  44. a, b et c Pour alléger le tableau, seules les correspondances avec les transports guidés (métros, trains, tramways, ...) et les correspondances en étroite relation avec la ligne sont données. Les autres correspondances, notamment les lignes de bus, sont reprises dans les articles de chaque gare.
  45. Sylvie Russelle 2017, p. 8.
  46. Site officiel de la Tangentielle Nord : Montmagny – Pont des Trois-Communes – Retour sur une opération d'envergure.
  47. Grégory Plesse, « Le tram 11 Express, dont la première rame a été inaugurée hier, sera exploité par Transkeo, une filiale de la SNCF de droit privé. La CGT-Cheminots dénonce un « dumping social ». », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  48. a et b Site institutionnel - Un service de type « métro ».
  49. « Les horaires de la ligne Tram 11 Express : Servies sur le Tram 11 Express », sur transilien.com, (consulté le 18 juillet 2017) : « Le tram circule tous les jours de 5h00 à 1h00, toute l’année ! ».
  50. Sylvie Russelle 2017, p. 24.
  51. Jean-Gabriel Bontinck, « Tramway T11 : des gares écolos à découvrir », leparisien.fr, (consulté le 2 juillet 2017).
  52. Agence France Presse, « IDF : une nouvelle signalétique envisagée dans les transports », mobilicites.com, (consulté le 2 juillet 2017)
  53. 15 nouvelles rames Dualis pour l’exploitation du Tram-Express Nord.
  54. Emmanuèle Bailly, « Transports franciliens: le Stif veut renforcer la ligne 14 du métro », francetvinfo.fr, (consulté le 18 juin 2018).
  55. capacité de la rame : 250 personnes à raison de 4 par mètre carré, y compris 90 voyageurs assis.
  56. [PDF] « La Tangentielle Nord : une nouvelle liaison de banlieue à banlieue en rocade au Nord de l'Île-de-France », sur web.archive.org, initialement sur « idf.pref.gouv.fr », année 2008 (consulté le 5 juin 2014).
  57. Le financement des transports publics franciliens, sur iledefrance-mobilites.fr.
  58. [PDF] Projet (non approuvé par le Conseil d'État) du SDRIF adopté le 25 septembre 2008, voir notamment page 80 (page 82 du PDF).
  59. Schéma directeur de la région Île-de-France, Fascicule 5 – Propositions pour la mise en œuvre [PDF], p. 21.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Russelle, Le projet tram T11 Express : une ligne nouvelle au nord de l'Île-de-France pour retisser du lien de banlieues à banlieues, Revue générale des chemins de fer, (ISSN 0035-3183). 

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]