Orlyval

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Orlyval
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Carte

Année d’ouverture 1991
Dernière extension -
Exploitant Orlyval Service
(RATP Développement)
Conduite (système) Automatique (VAL)
Matériel utilisé VAL 206
Points d’arrêt 3
Longueur 7,3 km
Distance moyenne entre points d’arrêt 3 650 m
Communes desservies 2
Fréquentation
(moy. par an)
2,5 millions

Orlyval est un métro léger de type VAL à petit gabarit situé au sud de Paris entre la gare du RER B d'Antony et l'aéroport d'Orly. Ouvert en 1991 et entièrement financé sur fonds privés, Orlyval constitue un échec commercial. Après la liquidation judiciaire de la société en 1993, la ligne est gérée par la RATP et connaît depuis une croissance progressive malgré ses tarifs restés élevés et son accès impossible avec les abonnements habituels du réseau francilien, ce qui reste un cas unique en Île-de-France.

Histoire[modifier | modifier le code]

La desserte de l'aéroport d'Orly reste problématique durant les années 1980. À l'époque, la ligne C du RER, par son service Orlyrail qui impose une rupture de charge à Rungis avec l'emprunt d'une navette et plusieurs lignes de bus dépendantes des encombrements routiers permettent seules d'accéder au second aéroport français en trafic. La SNCF propose un débranchement de la ligne C, qui créerait une liaison rapide sans changement, mais c'est finalement un projet distinct qui est concédé par le gouvernement Chirac et entièrement financé sur fonds privés.

La société Orlyval est créée par Matra, Air Inter, Lyonnaise des eaux-Dumez, la RATP, Indosuez, le Crédit lyonnais, la Caisse des dépôts, le Crédit local, Barclay’s Bank, et quelques autres institutions, et dotée d'un capital de 150 millions de francs. Ce capital est détenu à 34,7 % par le groupe de banques, 26,7 % par Air Inter, 18 % par Lyonnaise des eaux-Dumez, 17,3 % par le fabricant du VAL Matra et 3,3 % par la RATP[1].

L’opération Orlyval est estimée à 1,75 milliard de francs en 1988. La société contracte, sous la coordination d’Indosuez, des emprunts pour 1,55 milliard auprès de plusieurs banques. Les prévisions de trafic sont alors de l'ordre de 14 à 15 000 voyageurs par jour[2].

Orlyval a commencé son service commercial le avec trois mois d'avance sur le calendrier initial[3], exploité par son constructeur de l'époque Matra. Mais probablement à cause du prix élevé du billet (55 francs à son démarrage) qui cible une clientèle surtout constituée d'hommes d’affaires[4], et à la rupture de charge imposée à Antony, seul un tiers des prévisions de trafic est réalisé, avec 4 à 5 000 voyageurs par jour après cinq mois d'exploitation[5]. En conséquence, les tarifs sont diminués, mais cela ne suffit pas à redresser la fréquentation, qui atteint 1,2 million de voyageurs par an en 1992 au lieu des 4,3 millions initialement prévus en année pleine[6],[7]. Orlyval est mis en règlement judiciaire en décembre 1992.

Aiguillages à proximité de l'aérogare d'Orly-Ouest.

L'exploitation est reprise par la RATP[8], avec une subvention de dix millions de francs par an pendant vingt-neuf ans, versée par la région[2],[9]. À partir de 1993, la fréquentation est en forte hausse, d'environ 10 % par an, avec une fréquentation toutefois variable selon les jours, le vendredi connaissant le plus de voyageurs. Une étude menée en février et mars 1994 démontre que la clientèle est essentiellement masculine et constituée de cadres et de membres de professions libérales à 69 %, usagers réguliers de la ligne utilisée pour raison professionnelle. En conséquence de cette augmentation du trafic, la RATP augmente la plage horaire de circulation le 27 juin 1994, de 6 h à 22 h 30 en semaine et de 7 h à 23 h le dimanche afin d'assurer une connexion avec les premiers et derniers vols intérieurs[10].

Lors de la reprise de l'exploitation par la RATP, il a été convenu que la régie devait reverser aux créanciers une somme forfaitaire pour chaque passager empruntant la ligne. Ce montant, indexé sur l'inflation, représentait 28,47 F pour un billet à 42 F en 1993. Il est dû jusqu'à la fin de la concession, au 31 décembre 2021[2]. Ce protocole rend difficile les investissements qui pourraient augmenter la fréquentation de la ligne : prolongement ou nouvelles stations intermédiaires.

Il explique également pourquoi la ligne conserve depuis une tarification particulière, qui ne l'inclut pas dans le régime forfaitaire du Passe Navigo. Néanmoins, cette tarification propose un tarif enfant représentant sensiblement la moitié du tarif ordinaire (voir ci-après).

Tracé et stations[modifier | modifier le code]

Plan de la ligne Orlyval et de ses correspondances via le RER B

Orlyval est constitué d'une ligne majoritairement à double voie équipée de pistes pour roulement sur pneumatiques, pour un matériel intégralement automatique et sans conducteur.

Le viaduc d'Orlyval en direction du nord, vu de l'aérogare Orly-Sud.

La ligne a pour origine la gare d'Antony, desservie par la ligne B du RER. Le terminus comporte deux demi-stations superposées. La demi-station de départ est au même niveau que le quai desservi par les trains du RER en provenance de Paris, celle d'arrivée étant située au niveau inférieur. Les voies s'achèvent au nord par un tunnel en impasse équipé d'un tiroir de retournement. Le tracé se dirige vers l'aéroport en direction du sud d'abord en tunnel, puis émerge à l'extérieur par une courbe à gauche qui le fait obliquer vers l'est. Le tracé, globalement rectiligne, franchit l'autoroute A6 par un pont ; un raccordement donne, plus loin, accès à l'atelier d'entretien du matériel roulant situé au nord. La ligne longe alors par le nord la ligne de Grande Ceinture empruntée par la ligne C du RER. À titre anecdotique, plusieurs terriers de lapins sont creusés dans les talus bordant le tracé, ce qui explique leur présence fréquente sur les voies. Une courbe vers la droite, en direction du sud, fait plonger la ligne sous les pistes de l'aéroport, puis elle ressort et atteint en viaduc la station Orly-Ouest, à double voie encadrée de deux quais et en impasse. Les trains se dirigent alors vers les deux demi-stations d'Orly-Sud en rebroussant par un parcours avec courbe à droite puis contre-courbe à gauche en viaduc, qui possède ici une forme de « S ». La ligne atteint la demi-station Orly-Sud départ, desservie par un quai latéral du côté sud donnant directement accès au hall de l'aérogare, et se poursuit jusqu'à la demi-station Orly-Sud arrivée de même configuration où la voie devient unique. Le parcours s'achève toujours en viaduc par un tiroir de retournement à double voie.

Stations[modifier | modifier le code]

      Station Lat./Lont. Communes desservies Correspondances[11]
  o   Antony 48° 45′ 18″ N 2° 18′ 03″ E / 48.754864, 2.300915 (Antony) Antony (RER)(B)
  o   Orly-Ouest 48° 43′ 47″ N 2° 21′ 36″ E / 48.729632, 2.36009 (Gare d'Orly-Ouest) Paray-Vieille-Poste
  o   Orly-Sud 48° 43′ 44″ N 2° 22′ 12″ E / 48.729027, 2.369972 (Gare d'Orly-Sud) Paray-Vieille-Poste (T)(7)

Exploitation[modifier | modifier le code]

Une rame d'Orlyval au départ.

Orlyval circule 7 jours sur 7 de 6 h 00 à 23 h 00. Le temps de parcours entre la gare d'Antony et l'aérogare d'Orly-ouest est de sept minutes, à la vitesse maximale de 70 km/h, alors que le trajet entre les aérogares d'Orly-Ouest et d'Orly-Sud dure une minute. Le parcours de cette dernière section est gratuit.

Orlyval est exploité depuis 2005 par une filiale détenue à 99 % par la RATP, le 1 % restant étant détenu par la SNCF. Siemens, actionnaire de 1993 à 2005, se consacre dorénavant exclusivement à la maintenance du matériel et des automatismes.

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

La ligne de 7,3 km est équipée de huit rames (de deux voitures chacune) de VAL 206 pouvant transporter chacune 120 personnes. Ces rames parcourent en moyenne 100 000 kilomètres par an, ce qui est légèrement supérieur au parcours moyen des autres matériels de type VAL mais inférieur au CDGVAL dont chaque rame parcourt 120 000 kilomètres par an. L'exploitation en heures de pointe mobilise six rames, une restant en réserve. La révision générale, qui se déroule tous les 600 000 kilomètres, immobilise une rame pendant trois à quatre mois. Le parc réduit pose ainsi des problèmes croissants d'exploitation[12].

Les voitures sont munies de haut-parleurs diffusant un message automatique informant sur le parcours de la ligne et le temps d'attente entre chaque station. Ce message est émis en français, anglais et espagnol.

Le personnel d'exploitation[modifier | modifier le code]

La société comptait 84 salariés en 2007, pour l'exploitation et la maintenance[13].

Atelier[modifier | modifier le code]

Atelier Orlyval à Wissous
Une rame en attente de départ en gare d'Antony.

L'atelier de maintenance des rames se situe à Wissous, à mi-parcours entre Antony et Orly-Sud[14].

Tarification et financement[modifier | modifier le code]

Orlyval constitue un cas à part en Île-de-France : bien que gérée depuis 1993 par la RATP, la ligne reste la seule de la région inaccessible avec la plupart des abonnements habituels et non subventionnée par le STIF mais par la région uniquement. Seule la carte Paris visite est acceptée. Un abonnement réservé aux seuls salariés d'Aéroports de Paris existe également.

Le prix du billet Île-de-France est déterminé d'après le prix correspondant à la relation ferroviaire à destination d'Antony, majoré d'un montant fixe « Orlyval ». Au , les tarifs sont les suivants[15] :

  • Orly (Ouest ou Sud) - Antony (RER B) : 9,00 € (enfants 4,50 €) ;
  • Orly (Ouest ou Sud) - Paris (toutes stations de métro), via Antony (RER B) : 11,65 € (enfants 5,80 €) ;
  • Orly (Ouest ou Sud) - La Défense (RER A), via Antony (RER B) : 14,00 € (enfants 6,95 €) ;
  • Orly (Ouest ou Sud) - Parc des expositions (Villepinte) (RER B), via Antony (RER B) : 15,45 € (enfants 7,70 €) ;
  • Orly (Ouest ou Sud) - Aéroport Charles-de-Gaulle (RER B), via Antony (RER B) : 20,90 € (enfants 12,40 €).

L'emprunt du tronçon entre Orly-Ouest et Orly-Sud est gratuit (le contrôle des billets pour l'emprunt de la section payante de la ligne étant effectué uniquement au départ ou à l'arrivée à la gare terminus d'Antony, que desservent toutes les rames).

Ces tarifs élevés assurent un chiffre d'affaires élevé, de presque dix millions d'euros pour l'exercice clos le [16].

Trafic[modifier | modifier le code]

Orlyval transporte environ 2 850 000 passagers par an. Le trafic connaît depuis les années 2000 une augmentation annuelle de 8 à 10 %.

Avenir[modifier | modifier le code]

La future gare d'Orly qui sera créée avec la LGV Interconnexion Sud pourrait être implantée à plusieurs emplacements. En fonction de sa position, elle pourrait contribuer à des modifications d'Orlyval [17] :

  • si la gare TGV est à Rungis - La Fraternelle, il y aura une station Orlyval aussi à cet endroit ;
  • si la gare TGV est au Pont de Rungis, une extension de 2,4 km sera envisagée à partir de la gare d'Orly-Sud avec une station Orlyval au Pont de Rungis ;
  • si la gare TGV est au cœur d'Orly, l'extension sera de 0,7 km avec une station au bout ;
  • si la gare TGV est proche des aérogares, il n'y aura pas de modification d'Orlyval.

Selon le site coeur-d-orly.com, consacré au projet d’urbanisme porté par Aéroports de Paris, Altarea Cogedim et Foncière des Régions, la troisième proposition aurait été choisie[18].

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal L'Humanité - La RATP reprend Orlyval, article du 9 décembre 1992
  2. a, b et c Journal L'Humanité - Orlyval coûtera 10 millions par an pendant 29 ans, article du 29 janvier 1993
  3. Journal L'Humanité - Orlyval, article du 12 janvier 1992
  4. Journal L'Humanité - Un métro nommé soupirs, article du 9 septembre 1992
  5. Journal L'Humanité - Nouveaux tarifs pour Orlyval, article du 27 février 1992
  6. Le Monde - Manquant de passagers Orlyval baisse de 55 % certains de ses tarifs, article du 7 juillet 1992
  7. Le Monde - Faute d'un trafic suffisant Orlyval serait au bord de la faillite, article du 10 septembre 1992
  8. Le Monde - Abandonnant 1 milliard de francs Les banques s'accordent sur la reprise d'Orlyval par la RATP, article du 10 décembre 1992
  9. Le Monde - La région va participer au sauvetage d'Orlyval, article du 30 janvier 1993
  10. Magazine La Vie du Rail magazine, n°2454 du 13 au 19 juillet 1994, Orlyval remonte la pente, p. 35
  11. Pour alléger le tableau, seules les correspondances avec les transports guidés (métros, trains, tramways, ...) et les correspondances en étroite relation avec la ligne sont données. Les autres correspondances, notamment les lignes de bus, sont reprises dans les articles de chaque station.
  12. Magazine Le Rail, Orlyval face au vieillissement du matériel, janvier-février 2007
  13. RATP Développement - Orlyval
  14. 48° 44′ 33″ N 2° 19′ 44″ E / 48.742628, 2.328758 (Ateliers)
  15. Site officiel d'Orlyval - Tarifs, consulté le
  16. Info Greffe - ORLYVAL SERVICE
  17. La liaison TGV avec Orly inquiète, article du 4 avril 2009 du site « leparisien.fr »
  18. « Cœur d'Orly – Une excellente desserte par les transports en commun », sur coeurdorly.com (consulté le 15 avril 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]