Théâtre Le Ranelagh

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Théâtre Le Ranelagh
Description de cette image, également commentée ci-après
La façade du théâtre Le Ranelagh.
Lieu Paris, Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 51′ 16″ nord, 2° 16′ 40″ est
Site web http://www.theatre-ranelagh.com

Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Théâtre Le Ranelagh

Le théâtre Le Ranelagh est un théâtre situé 5 rue des Vignes, dans le 16e arrondissement de Paris, et proche de la Maison de la Radio et du jardin du Ranelagh.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1755, Alexandre Jean Joseph Le Riche de La Pouplinière, fermier général sous le règne de Louis XV, fait construire dans son domaine de Boulainvilliers un théâtre à l'extrémité de l'allée de son château. Mécène éclairé, il rassemble autour de lui tout un cénacle d'artistes et d'intellectuels parmi lesquels figurent de grands noms tels que Voltaire, Quentin de La Tour, Van Loo, Stamitz, Rameau, etc.

La Révolution laissa intact le château et le parc de Passy, mais en 1815, les jardins de la propriété furent particulièrement dévastés par les Anglais[1]. M. Cabal, notaire, revendit le domaine en 1826 à des spéculateurs qui tracèrent à la place du domaine un nouveau quartier appelé « Boulainvilliers ». De ce terrain fragmenté en parcelles, Louis Mors, célèbre constructeur automobile, acquiert une large partie sur laquelle il fit construire en 1894 un théâtre à l'emplacement du salon de musique de La Pouplinière. Ce passionné de musique favorisa l'émergence des esthétiques musicales du début du XIXe et du XXe siècles en programmant des artistes comme Bizet, Terrasse, Wagner, etc. Le salon de musique en chêne sculpté de style néo-renaissance, œuvre d'Alban Chambon, est inauguré le par le chef d'orchestre Monsieur Maton, avec l'opéra comique en un acte de Casimir Girard, L'Épreuve suisse[2]. Camille Chevillard, ancien directeur de l'Orchestre Lamoureux, avec un orchestre de 80 musiciens y aurait interprété pour la première fois en France L'Or du Rhin de Wagner. L'acoustique y est exceptionnelle[réf. nécessaire].

En 1931, la salle transformée devient une salle de cinéma, fréquentée par des personnalités comme Gérard Philipe ou Marcel Carné, direction Charles Saint Pouloff. De 1957 au milieu des années 1970, sous la direction d'Henri Ginet, peintre surréaliste, ancien élève de Fernand Léger et d'André Lhote, Le Ranelagh rejoint le réseau de l'AFCAE (Association française des cinémas d'art et d'essai). Ses deux fils reprennent le cinéma-théâtre Le Ranelagh après son décès. Sous leur direction, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Vinicius de Moraes, Jean-Roger Caussimon, Rufus, Pierre Barouh, Au Bonheur des dames et bien d'autres furent à l'affiche. Une grande kermesse écologique s'y tint durant plusieurs semaines (affiche de Wolinski). À partir de 1974, la direction du Ranelagh fut assurée par Claude Condroyer et Micheline Daguinot. À noter dans cette période le classement à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques (1977) ainsi que la première représentation théâtrale de La Cantate à trois voix de Paul Claudel par Jean-Pierre Dusséaux. À partir de 1986, Madona Bouglione dirige le théâtre pendant une vingtaine d'années. Elle y développa des programmations musicales, tantôt des programmations éclectiques mêlant théâtre, musique et cirque (Les Enfants du paradis y est projeté le week-end pendant plusieurs années au cours des années 1980). Sa programmation hors des sentiers battus a permis de découvrir toute une nouvelle génération de clowns : Buffo, le Théâtre Licedei (avec Slava Polounine), Marc Favreau et son personnage Sol, les Macloma, Bob Berky, Gardi Hutter, Bolek Polivka et Philippe Avron. Cette programmation, appelée L'année de tous les clowns, a fait l'objet d'une vidéo éditée en 1991 chez Warner Home Video. Lors de la direction artistique de Madona Bouglione, Philippe Avron y interprète la trilogie Je suis un saumon, Le Fantôme de Shakespeare et Rire Fragile du au .

Depuis 2005, Catherine Develay assure la direction ; des artistes et musiciens lui sont fidèles : Nicolas Vaude, Stéphanie Tesson, Pascal Amoyel, Thomas le Douarec, Vincent Caire, Jean-Philippe Daguerre, Charlotte Matzneff, les Cinq de Cœur. Disposant de 300 places et membre de l'Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP), le théâtre a reçu plus de 92 000 spectateurs durant la saison 2018-2019.

La salle et son décor ont été inscrits aux monuments historiques par un arrêté du [3].

(Deux films panoramiques du théâtre sont visibles sur son site officiel.)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon les sources requises dans le Dictionnaire historique, topographique et militaire de 1838.
  2. Robert Meyer (auteur) et Casimir Girard (compositeur), L'Épreuve suisse, opéra comique en un acte, Paris, Choudens, , 110 p. (lire en ligne).
  3. Notice no PA00086712, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]