Théâtre du Temps

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Théâtre du Temps

Fondé en 1980 par Junji Fuseya et Miguel-Angel Lopez, le Théâtre du Temps, situé au 9, rue du Morvan dans le 11e arrondissement de Paris, est le premier théâtre de France consacré aux créations franco-japonaises et le seul à Paris[1].

Junji Fuseya[modifier | modifier le code]

Junji Fuseya est un maître des styles traditionnels du théâtre japonais ; le , le kabuki et le kyōgen. Il excelle également dans l’art de l'onnagata, c’est-à-dire dans l’interprétation de rôles féminins par des hommes.

Arrivé en France dans les années soixante, il développe une technique originale, « le théâtre hors du temps ». Il y forme de nombreux acteurs français lors de stages[2] commandités par le Ministère de la Culture en collaboration avec Olivier Breitman qui deviendra sous sa direction le premier Onnagata Français.

Le Théâtre du Temps sous la direction de J.Fuseya[modifier | modifier le code]

Scène du Théâtre vue des gradins

Au Théâtre du Temps, Junji Funseya met en scène jusqu’en 2007 des acteurs qu’il a lui-même formés dans une optique d’hybridation des techniques dramatiques traditionnelles japonaises et des pratiques occidentales. Dans le même temps, il y accueille des spectacles de création s’inscrivant dans la lignée de ce mariage culturel franco-japonais.

Le Théâtre du Temps a été un haut lieu de diffusion du théâtre japonais en France. Dans la continuité de sa création en 1980, de nombreux centres culturels franco-japonais ouvrent dans l’hexagone et permettent au public français de découvrir la culture dramatique nippone grâce à la venue de jeunes troupes japonaises. En 1995, Sensaku Shigeyama, Trésor National Vivant au Japon, vient exceptionnellement donner une représentation à Paris sur les planches du Théâtre du Temps. En 1997 et 1998, Olivier Breitman organise deux festivals Maï[3] (spectacle/démonstration de danses et de chants de théâtre nô) qui mettent en avant la création franco-japonaise avec des invités de prestige tels que Tomiko Takaï, co-fondatrice du mouvement Butô ou la chorégraphe Sumako Koseki.

Le Théâtre du Temps aujourd’hui[modifier | modifier le code]

En 2007, la direction du théâtre est reprise par l’auteur, acteur et metteur en scène Mickaël Sabbah et Emilie Portant, administratrice, programmatrice et collaboratrice artistique qui le rénovent entièrement tout en prenant la décision de conserver l’âme japonaise du lieu. La particularité de cette salle de spectacle réside en effet dans son espace scénique équipé d’un Hanamichi. Le Hanamichi (花道, littéralement « le chemin des fleurs ») appartient à la tradition théâtrale du kabuki, c’est une prolongation de la scène qui se projette jusqu’à l’arrière-salle. Il est généralement utilisé pour l'entrée ou la sortie des personnages, parfois aussi pour des scènes n'appartenant pas à l'action principale de la pièce. Il symbolise le lointain, là d’où viennent et où disparaissent les acteurs, lieu de leurs premières et dernières paroles.

La réouverture du théâtre en 2008 participe à une revitalisation du quartier. En faisant partie intégrante d’un lieu d’habitation, le Théâtre du Temps est véritablement un lieu ancré au cœur de la vie locale dont la reprise de l’activité artistique du théâtre participe à l’essor économique et social à cette époque.

A partir de ce moment-là, le Théâtre du Temps laisse de côté sa vocation japonisante pour s’ancrer dans la scène théâtrale contemporaine sous toutes ses formes. Il devient le lieu de création de la compagnie Anànkë, dirigée par Mickaël Sabbah. Son travail théâtral part d’une exploration de la langue et du corps et s'articule autour d’une forme scénique plurielle qui, affranchie des codes artistiques “classiques”, mêle texte, musique, danse, image ou odeur. En parallèle, le théâtre accueille de nombreuses compagnies extérieures. La programmation élaborée par Emilie Portant, co-directrice et collaboratrice artistique de Mickaël Sabbah respecte une cohérence avec le travail de son directeur en mettant l’accent sur le théâtre contemporain, les auteurs vivants mais aussi sur la pluridisciplinarité en proposant du théâtre mais aussi de la danse, des performances, des concerts…

Cette identité donnée au théâtre par sa nouvelle équipe en fait un véritable lieu de rencontres, de mixité sociale et d’innovations artistiques. A ce titre il accueille en 2007 le festival Blue Valentine en l'honneur et autour d’œuvres d’Olympes de Gouges qui propose une programmation pluridisciplinaire incluant de la poésie, de la danse, du théâtre, des performances, de la peinture, de la photo, de la vidéo, de la musique et des installations sonores et numériques.

Depuis quelques années, c’est surtout vers la nouvelle scène musicale française que le Théâtre du Temps entend développer son activité parallèlement au théâtre. En 2017, il organise la première édition des Moments Sonores (Mo So), une soirée d’expérimentations musicales et sonores où le public est invité à découvrir des artistes contemporains innovants de la nouvelle scène de musiques actuelles française.

En 2018, de nouveaux travaux ont été réalisés afin de rendre la salle plus adéquate en matière de musique amplifiée grâce à une meilleure isolation et à un système sonore plus performant. Cette même année, le théâtre signe également un nouveau partenariat avec le Centre National de la Variété, du Jazz et des Musiques Actuelles de la région Ile-de-France afin de développer son activité musicale.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « PARIS », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. « PARIS », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. « Théâtre Online »