Théâtre Graslin

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Théâtre Graslin
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Façade octostyle du théâtre Graslin

Type Opéra
Lieu Nantes
Coordonnées 47° 12′ 49″ nord, 1° 33′ 44″ ouest
Architecte(s) Mathurin Crucy
Dominique Molknecht (sculptures)
Inauguration
Nb. de salles 1
Capacité 784
Anciens noms Grand théâtre
Grand théâtre de la République
Structure-mère Angers-Nantes Opéra
Protection  Inscrit MH (1998)
Site web http://www.angers-nantes-opera.com/

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Théâtre Graslin

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Théâtre Graslin

Résidence

Angers-Nantes Opéra

Le théâtre Graslin est la salle d'opéra de Nantes (Loire-Atlantique). Édifié à la fin du XVIIIe siècle, il est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis le [1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Il se situe sur la place Graslin, entre les rues Molière, Scribe et Corneille. La salle a une capacité d'accueil de 784 places assises[2].

C'est, avec le Grand Théâtre d'Angers, un des deux lieux de résidence du syndicat mixte Angers-Nantes Opéra.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte de la construction[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, le commerce nantais est florissant. De nombreux armateurs sont enrichis, notamment par la traite négrière. L'enrichissement des négociants nantais entraîne la construction d'hôtel particuliers et de bâtiments publics. Pour satisfaire la demande, des opérations immobilières sont menées. La plus spectaculaire est la réalisation de l'île Feydeau[3]. Après des débuts difficiles, cette opération démontre la possibilité de faire des profits sur la vente de biens immobiliers. À partir de la nomination de Jean-Baptiste Ceineray comme architecte de la ville, en 1760, la transformation de la ville s'accélère. Le problème principal est le manque de place. Le quai de la Fosse, lieu d'activité et de résidence des armateurs et négociants, est saturé. Il est surplombé par une colline dont la pente est suffisamment abrupte pour avoir dissuadé les tentatives d'urbanisation. L'Île Feydeau a été créée sur une grève, mais les constructions ont souffert de l'instabilité du terrain, ce qui freine les investissements dans les îles de la Loire[3]. Les espaces viables disponibles sont rares, souvent occupés par des institutions religieuses ou les fortifications de la ville. Celle-ci sont démolies, et des programmes immobiliers conduits par la municipalité sont réalisés par Ceineray[3].

Il existe à Nantes une tradition de théâtre et d'opéra ; les premières œuvres de ce genre sont présentées dans la ville en 1687. La salle la plus réputée au XVIIIe siècle est le « théâtre des Variétés », situé rue Bignon-Lestard (aujourd'hui rue Rubens). Mais cette salle est jugée trop petite, et l'académie de musique, fondée par le maire Gérard Mellier en 1727, ne dispose pas de lieu approprié pour donner ses concerts. La demande est donc forte pour la construction d'une nouvelle salle de spectacle. En 1755, l'architecte Pierre Vigné de Vigny en envisage la construction de ce type d'équipement à la place d'une halle au blé et aux poissons située quai Brancas. Puis Ceineray conçoit d'édifier une salle de spectacle et une salle de concert tout d'abord au sud de la place Royale alors en projet, puis de part et d'autre de la rue Saint-Catherine[4] (aujourd'hui rue du Couëdic). Mais à chaque fois, le manque d'espace disponible empêche la réalisation des projets[5].

Peinture, portrait en buste d'un homme d'une cinquantaine d'années portant perruque blanche et habit sombre, brodé d'or.
Portrait de Jean-Joseph-Louis Graslin par un anonyme.

À la fin des années 1770, Jean-Joseph-Louis Graslin, receveur général des fermes du roi à Nantes depuis une dizaine d'années, décide de financer une opération immobilière privée d'envergure, dans un but spéculatif. Il achète des terres agricoles, la « tenue Bouvet » et la « tenue La Cagassais », afin d'y faire construire des hôtels particuliers et de rapport dans le but de les revendre. Pour en augmenter la valeur, il compte les desservir par des voies publiques de qualité, le long desquelles seront implantés des bâtiments publics de prestige, destinés à attirer la fraction la plus fortunée de la population : un théâtre, l'hôtel des Fermes, un muséum, un « hôtel garni », une nouvelle église Saint-Nicolas, et la Bourse de commerce. Pour cette dernière notamment, il se heurte à l'opposition des marchands, qui considèrent le site trop éloigné du centre d'activité. De plus, le clergé s'oppose à la construction d'un théâtre près d'un lieu de culte. Seules « victoires », Graslin réussit à obtenir la construction, sur l'esplanade qui prendra le nom de place Graslin, de l'« hôtel de France »[6] et, l'ouverture d'une salle de spectacle de prestige[7]. L'attraction de celle-ci a suffi à déplacer le centre de gravité de la ville vers le nouveau quartier centré autour du « Grand Théâtre ».

Conception[modifier | modifier le code]

Buste en pierre blanche d'un homme d'une cinquantaine d'année ; il est dégarni.
Buste de Mathurin Crucy.

Jean-Joseph-Louis Graslin, en 1780, confie à Mathurin Crucy la mission de dresser le plan de la salle de spectacles. L'architecte, plus au fait des nouveautés en matière de construction de ce type de bâtiments, œuvre dans une optique plus moderne que son prédécesseur Jean-Baptiste Ceineray, inspiré par les théâtres du XVIIe siècle et les salles de jeu de paume. Le modèle en vogue à l'époque où Crucy conçoit ses plans est celui de l'opéra de Lyon, réalisé par Jacques-Germain Soufflot entre 1753 et 1756. Ce modèle n'a pas une influence directe sur l'œuvre de Crucy à Nantes[8]. Lorsqu'il prend en main la conception de Graslin, en 1780, d'autres nouvelles salles marquent cette époque : le Grand Théâtre de Bordeaux, inauguré cette année-là ; le théâtre de l'Odéon, en construction, inauguré en 1782 ; le lancement de l'aménagement du théâtre du Palais-Royal, inauguré en 1784 ; et enfin le théâtre de Besançon, commencé en 1778 et inauguré en 1784[9].

Crucy doit tenir compte de nouvelles contraintes architecturales liées aux lieux publics, apparues à cette époque. La facilité d'accès et l'éloignement d'autres constructions (dans le cadre de la lutte contre les incendies), éléments qui ont empêché la réalisation des projets précédemment présentés. Ces éléments, associés à l'idée que les monuments publics doivent se distinguer des habitations, conduisent l'architecte à placer le bâtiment entre trois rues et la place Graslin (seule une enclave au nord-est, la propriété Goineau, contrarie cette volonté)[10].

L'aménagement intérieur est guidé par des considérations liées à la visibilité et à l'acoustique. Comme la plupart des salles de l'époque, celle de Graslin est en forme d'ovale tronqué. Les références des architectes français sont italiennes, notamment le Teatro olimpico d'Andrea Palladio (1508-1580) (ovale tronqué sur le grand côté, pour une ouverture de scène plus grande), ou le théâtre de Turin (ovale tronqué sur le petit côté). Par contre, Crucy choisit un plafond en coupole et des loges non pas fermées, comme le modèle italien, mais seulement séparées par des cloisons s'arrêtant à hauteur d'appui. En effet, le répertoire des salles françaises diffère de celui alors proposé en Italie, et la circulation du son était meilleure grâce à ces différences pour les œuvres les plus jouées à l'époque, comme celles de Jean-Baptiste Lully ou Jean-Philippe Rameau[10].

L'œuvre de Crucy est manifestement inspirée du théâtre de l'Odéon à Paris, y compris pour un élément qui ne dépassera pas l'état de projet : l'adjonction de deux arcades latérales, transversales aux rues Molière et Corneille. D'ailleurs, à l'époque les voies qui encadraient le théâtre parisien était lui-même encadré par les rues Corneille et Molière (celle-ci a depuis été rebaptisée rue Rotrou). Cette inspiration n'enlève pas une part d'originalité, notamment dans la conception du vestibule ouvert sur la place Graslin, complété par l'accès à la salle via un escalier et la porte centrale, visible depuis le côté opposé de l'esplanade, l'ensemble donnant « une impression d'architecture flottante »[11].

Construction[modifier | modifier le code]

En 1783, Jean-Joseph-Louis Graslin fait procéder aux excavations et nivellement pour permettre l'installation des fondations, anticipant l'accord du bureau de la ville et celui de l'Académie royale d'architecture, qui sont obtenus en septembre 1784[12]. L'accord de construction est donné en février 1785. La durée prévue des travaux est alors de 18 mois ; ils vont durer quatre ans[13].

Durant cette période, les conflits d'intérêt entre Graslin, Crucy, le bureau de la ville et les entrepreneurs sont nombreux. Une des principales causes de ces heurts est la volonté d'économie de la ville, qui conduit le promoteur à appeler l'architecte Robert Seheult à effectuer une contre-expertise, notamment quant à l'emploi de « maçonnerie ordinaire » plutôt que la pierre de taille. Les conflits financiers sont également nombreux, Graslin ayant du mal à obtenir les remboursements de frais qu'il avait engagés pour accélérer l'avancement des travaux. Le budget estimé par Crucy, 263 233 livres, est énorme, et la capacité financière du promoteur et de la ville n'y suffisent pas : il faut recourir à un emprunt, autorisé par le Roi en mars 1784, et à un appel aux dons. Mais le devis initial ne tenait compte que du gros-œuvre : il fallait ajouter le décor de la salle, les sculptures, le décor de scène, les machineries... Le dépassement du budget provoque tensions et retards[14].

Crucy fait appel à son beau-frère, Antoine Peccot père, tailleur de pierre, et à son père et ses frères, Louis et Antoine, pour la charpente[15]. Les pierres utilisées sont[15] :

La décoration intérieure est suivie par le bureau de ville et Crucy. Celui-ci a opté, à l'origine, pour ornementation dépouillée mais, malgré la volonté de limiter les dépenses affichée par la municipalité, celle-ci va dans le sens d'une décoration plus fournie ; par exemple, de simples guirlandes décorant les appuis des balcons sont remplacées par des représentations allégoriques du Théâtre[16].

Les décors de scène sont particulièrement soignés. Au nombre de neuf, ils sont également dessinés par Crucy, et réalisés par le peintre parisien Jean Bougon, ami de Crucy alors en résidence à Nantes, et Charles Robinot-Bertrand (1747-1822), sculpteur ayant œuvré sur l'hôtel d'Aux et la Chambre des comptes. Devant l'ampleur de la tâche, Bougon se voit adjoindre — contre son gré — un autre ami de Crucy, plus jeune, le peintre Jean-Baptiste Coste. La machinerie est également complexe, et après un essai infructueux avec un premier chef-machiniste vite dépassé, le premier directeur de la salle, Longo, fait appel à Barton, ancien machiniste du Théâtre-Français, au fait des réalisations de Pierre Boullet, machiniste de l'Opéra de Paris[17].

Le théâtre est inauguré le [18].

Incendie et reconstruction[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est ravagé par un incendie le (7 fructidor an IV). Le feu prend lors d'une représentation de Zémire et Azor, un opéra d'André Grétry. Vers vingt heures, une frise du décor de l'appartement d'Azor entre en contact avec la flamme d'une bougie. L'incendie, aggravé par le vent particulièrement violent ce soir-là, se propage rapidement à la toiture, provoquant l'effondrement de la coupole et du grand lustre. L'ampleur du sinistre rend vaine l'intervention des secours. Sept morts sont dénombrés : quatre spectatrices, dont une fillette de cinq ans, ainsi qu'un machiniste, une femme de service et un danseur. Ce bilan est relativement faible, puisque environ 1 500 personnes se trouvaient dans le théâtre ce soir-là[19].

Seul le magasin d'habillement est épargné. En 1805, l'École de dessin, ancêtre de l'école des beaux-arts de Nantes, y est hébergée[20].

En 1806, Napoléon Ier accorde à quelques villes françaises l'autorisation d'entretenir une troupe permanente ; Nantes en fait partie[21]. À la suite de la visite de la ville par l'Empereur, en 1808, le théâtre est reconstruit à partir de 1811, à nouveau par l'architecte Mathurin Crucy, et de nouveau inauguré en 1813[22]. Le sculpteur Dominique Molknecht réalise les statues de la façade et du hall d'entrée entre 1821 et 1829[23].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1868, il est soumis à la concurrence du nouveau théâtre de la Renaissance, d'une capacité de plus de 3 000 places. Cette rivalité dure jusqu'en 1875, année au cours de laquelle le second est acheté par la Ville. Les deux théâtres, désormais administrés par le même directeur, deviennent complémentaires. La salle de la Renaissance prend même le relais lors de travaux de réfection à Graslin durant la saison 1879-1880[24], sous la direction de Jourdan-Blondel. Le théâtre de la Renaissance est détruit par un incendie en 1912.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le théâtre connait une brève fermeture après la défaite de 1940. Le conseil d'administration annonce sa décision, prise le 25 septembre, de ne pas organiser de saison. Mais l'autorité d'occupation fait savoir qu'elle souhaite voir l'institution fonctionner de nouveau, et Graslin est de nouveau en activité à partir de janvier 1941. Immédiatement, un public nombreux assiste aux représentations, et seuls les événements liés au conflit viennent les interrompre[25].

Programmation artistique[modifier | modifier le code]

Répertoire[modifier | modifier le code]

À l'incitation du musicologue nantais Étienne Destranges (1863-1915), l'opéra de Richard Wagner Lohengrin, mal accueilli à Paris en 1887, est proposé à Graslin le , et est bien accueilli par le public et la presse[26].

Artistes célèbres[modifier | modifier le code]

Artistes lyriques[modifier | modifier le code]

Dès l'ouverture du lieu, la programmation de célébrités pour des événements ponctuels est un moyen d'attirer le public. Antoinette Saint-Huberty (1756-1812) se produit à Graslin en même temps que sa rivale, Mme Maillard[27].

Vers 1845, Laure Cinti-Damoreau (1801-1863) se produit également à Graslin[27].

Gilbert Duprez (1806-1896), ténor célèbre pour avoir été le premier à émettre un contre-ut en voix de poitrine, triomphe en 1849 à Nantes où le public tente de le retenir. Au lieu du 7 juillet, il donne sa dernière représentation à Graslin le 31. Il met un terme à sa carrière cette année-là[28]. Un natif de Nantes obtient un vif succès à Graslin, en 1852 : le ténor Charles Bataille (1822-1872)[29].

En 1855-1856, Fanny Tacchinardi-Persiani, grande diva de l'époque, joue à Nantes, mais le public boude le théâtre Graslin, peut-être parce que le texte est en italien et non en français[28].

Au cours des années 1930, la troupe résidente compte une trentaine de chanteuses et chanteurs, ainsi que quinze danseuses. Des artistes renommés sont engagés ponctuellement pour des galas : Georges Thill (1897-1984), Ninon Vallin (1886-1961), Germaine Feraldy (1894-1949), Miguel Villabella (1892-1954)[30]

Compositeurs[modifier | modifier le code]

Le compositeur François-Adrien Boieldieu (1775-1834), assiste en 1819 aux répétitions de deux de ses œuvres, Le Calife de Bagdad et Le Petit Chaperon rouge, et aux représentations de Zoraïne et Zulnare, au terme desquelles il est acclamé par le public[31],[32]. Il est suivi en 1821 par Esprit Auber (1782-1871) qui vient assister à une de ses œuvres, Emma[33].

Le , c'est Franz Liszt qui donne un concert en deux parties, qui suscite l'enthousiasme du public[34],[35].

En 1885, le compositeur Jules Massenet (1842-1912) dirige lui-même l'orchestre lors des représentations de deux de ses opéras, Manon et Hérodiade. En 1897, Vincent d'Indy (1851-1831) fait de même pour son opéra Fervaal[36].

Artistes dramatiques[modifier | modifier le code]

Le premier artiste de premier plan qui se produit dans le théâtre Graslin après sa reconstruction est Talma (1763-1826), qui le interprète Oreste dans Andromaque. Il joue des rôles dans trois autres classiques — Hamlet, Manlius et Les Templiers — jusqu'au 26 octobre. Il revient jouer en 1818[37],[38]. Il est suivi en 1816 et 1826 par Mademoiselle Mars[31].

En 1829, le jeune François-Joseph Regnier (1807-1885) est intégré dans la troupe du théâtre, deux ans avant d'entrer à la Comédie-Française[31]. L'année 1838, ce sont Mademoiselle George (1787-1867), Frédérick Lemaître (1800-1876) et Marie Dorval (1798-1849) qui viennent jouer. Rachel (1821-1858) se produit également à Graslin, en 1845 ; elle s'installe dans l'Hôtel de France. Il est possible que ce soit là qu'elle ait mis au monde son fils Alexandre, issu de sa liaison avec le comte Walewski, le 30 décembre 1845[31].

Virginie Déjazet (1798-1875) vient plusieurs fois à Nantes, notamment en 1858, année au cours de laquelle elle donne à Graslin une représentation dont les bénéfices sont versés à la mère d'une souffleuse du théâtre, afin qu'elle rachète du temps de service militaire à son fils. L'argent servira en fait à construire une maison, baptisée villa Déjazet Virginie Déjazet est à l'origine du succès de la maison de costumes Peignon[29].

Fonctionnement de la troupe[modifier | modifier le code]

Dès l'origine, le théâtre est administré par un directeur, qui loue le théâtre à la ville. Mais ce directeur ne choisissait pas les artistes. Au début du XVIIIe siècle, le recrutement était effectué par les abonnés, qui votaient par acclamation, « lors du scrutin des débuts ». Les nouvelles recrues devaient se produire devant la salle comble, et interpréter trois extraits d'opéra (un seul extrait pour les artistes déjà en place). Le public exprimait alors son choix par acclamation ou par huée, ce qui était très inconfortable pour les artistes[39]. Vers 1840, la procédure fut changée : il devint interdit de protester pendant les prestations des artistes. Quelques spectateurs étaient ensuite tirés au sort, se réunissaient et votaient à huis clos[40].

Ce mode de recrutement périclita lorsque l'assiduité des abonnés à ces séances faiblit. Au début des années 1883, on assista même à l'absence de tous les abonnés convoqués pour le vote. Au début de la saison 1883-1884, le « suffrage universel » des abonnés présents aux séances de recrutement fut institué. Mais ces votes se révélèrent trop généreux[40]. En 1893, il est décidé que le corps électoral s'étendrait aux abonnés annuels et mensuels, et qu'une commission de quinze personnes désignées par le maire participerait au choix. Cette tradition prend fin à la Première Guerre mondiale[41].

Architecture[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Douze marches mènent au vestibule, tandis que huit colonnes corinthiennes supportent le fronton.

Les huit statues de style antique surplombant chaque colonne et représentant huit des neuf muses datent de l'époque de la reconstruction. Stendhal, visiblement peu conquis par l'harmonie de l'ensemble architectural, se demande facétieusement « laquelle eut le bonheur d'être oubliée »...

Ces statues sont l'œuvre du sculpteur Dominique Molknecht[42].

Les huit muses juchées sur un rebord du sommet de la façade. De gauche à droite : 1 • Melpomène (masque tragique), 2 • Terpsichore (lyre), 3 • Calliope (tablette), 4 • Thalie (masque comique), 5 • Euterpe (flûte), 6 • Clio ; 7 • Polymnie ; 8 • Érato (lyre). Manque Uranie.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Le hall est orné de deux statues, œuvres de Dominique Molknecht, représentant Corneille et Molière, respectivement à gauche et à droite de l'escalier d'honneur.

C'est un théâtre à l'italienne à l'intérieur d'un bâtiment de style néoclassique.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Vue du dessous, une peinture circulaire, avec des personnage de style antique. Au centre, le lustre allumé.
Vue d'ensemble de la fresque d'Hippolyte Berteaux ornant le plafond.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le théâtre Graslin dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Il apparaît dans une scène du film Lola de Jacques Demy, réalisé en 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice du Théâtre Graslin », notice no PA00108760, base Mérimée, ministère français de la Culture (consultée le 17 novembre 2009).
  2. « Le théâtre Graslin », mairie de Nantes (consulté le 5 novembre 2014).
  3. a, b et c Bienvenu 2008, p. 210-213.
  4. Ne pas confondre avec l'actuelle rue homonyme
  5. Delaval 2004, p. 13-16.
  6. À ne pas confondre avec l'« hôtel de France » actuel, dont l'entrée principale est au no 24 de la rue Crébillon, et dont une façade et un porche d'accès donnent rue Jean-de-La-Fontaine.
  7. Delaval 2004, p. 27-28.
  8. Delaval 2004, p. 43-47.
  9. Delaval 2004, p. 49.
  10. a et b Delaval 2004, p. 50.
  11. Delaval 2004, p. 55-58.
  12. Delaval 2004, p. 59.
  13. Delaval 2004, p. 60.
  14. Delaval 2004, p. 60-63.
  15. a et b Delaval 2004, p. 62.
  16. Delaval 2004, p. 64.
  17. Delaval 2004, p. 64-67.
  18. Delaval 2004, p. 70.
  19. Delaval 2004, p. 79.
  20. Michel Kervarec, Histoire de l'École régionale des beaux-arts de Nantes, 1757-1968, Nantes, Éditions Coiffard, , 250 p. (ISBN 9782910366513), p. 21.
  21. « Le théâtre municipal à Nantes au XIXe siècle », archives municipales de Nantes (consulté le 14 novembre 2014).
  22. Archives de la ville de Nantes : le Grand Théâtre ou théâtre Graslin.
  23. Delaval 2004, p. 141.
  24. Barbier 1993, p. 82.
  25. Bourhis 2014, p. 25.
  26. « La première de Lohengrin le 22 février 1891 », archives municipales de Nantes (consulté le 14 novembre 2014).
  27. a et b Barbier 1993, p. 59.
  28. a et b Barbier 1993, p. 60.
  29. a et b Çà et là par les rues de Nantes, p. 76.
  30. Çà et là par les rues de Nantes, p. 78.
  31. a, b, c et d Çà et là par les rues de Nantes, p. 75.
  32. Barbier 1993, p. 63-64.
  33. Barbier 1993, p. 65.
  34. « Franz Liszt en concert le 17 décembre 1845 », archives municipales de Nantes (consulté le 14 novembre 2014).
  35. Barbier 1993, p. 66-67.
  36. Çà et là par les rues de Nantes, p. 77.
  37. Çà et là par les rues de Nantes, p. 74.
  38. « Les représentations de Talma à Nantes », archives municipales de Nantes (consulté le 14 novembre 2014).
  39. Barbier 1993, p. 56.
  40. a et b Barbier 1993, p. 57.
  41. Barbier 1993, p. 58.
  42. Également auteur de trois des quatre statues à l'effigie de Louis XVI encore présentes en France, dont celle de Nantes, la colonne Louis-XVI sise place Maréchal-Foch.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Barbier (préf. Philippe Godefroid), Graslin Nantes et l'opéra : Deux siècles de vie lyrique au Théâtre Graslin, Nantes, Librairie Coiffard éditeur, , 144 p. (ISBN 2910366-00-6).
  • Michelle Bourhis, La vie musicale à Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale, Nantes, L'Harmattan, , 262 p. (ISBN 978-2-343-02762-3).
  • Alain Delaval (préf. Daniel Rabreau), Le Théâtre Graslin à Nantes, Nantes, Joca seria, , 179 p. (ISBN 2-84809-021-9).
  • Pierre Lelièvre, Nantes au XVIIIe siècle : urbanisme et architecture, Paris, Éditions Picard, coll. « Architectures », , 295 p. (ISBN 2-7084-0351-6).
  • Arnaud Orain (dir.) et Philippe Le Pichon (dir.) (préf. Roger Dupuy, postface Daniel Rabreau), Jean-Joseph-Louis Graslin, 1727-1790 : le temps des Lumières à Nantes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 324 p. (ISBN 978-2-7535-0751-7).
    Ouvrage publié à la suite d'une journée d'étude Jean-Joseph-Louis Graslin : économie et urbanisme au temps des Lumières organisée par le « laboratoire d'économie » et le « laboratoire Droit et changement social » (Université de Nantes) le 30 juin 2005. Dans ce recueil figure le chapitre suivant :
    • Gilles Bienvenu, « Le quartier Graslin et ses acteurs », dans Jean-Joseph-Louis Graslin, 1727-1790 : le temps des Lumières à Nantes, , p. 209-232.
  • Université de Nantes. Service formation continue dont université permanente, Çà et là par les rues de Nantes, Nantes, Reflets du passé, , 207 p. (ISBN 2-86507-016-6).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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