Théâtre Alhambra de Bordeaux

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Théâtre de l'Alhambra (Bordeaux)
Description de l'image Bordeaux - Alhambra - cafe-concert.jpg.
Type Théâtre
Lieu Bordeaux, Nouvelle-Aquitaine, Drapeau de la France France
Coordonnées 44° 50′ 30″ nord, 0° 35′ 20″ ouest
Architecte(s) Jean Tournier
Inauguration 1878
Nb. de salles 1 grande salle
Capacité 1 500 places
Gestionnaire Ville de Bordeaux
Protection  Inscrit MH (1984)

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(Voir situation sur carte : Bordeaux)
Théâtre Alhambra de Bordeaux

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Théâtre Alhambra de Bordeaux

Le Théâtre de l'Alhambra était situé dans la rue d'Alzon à proximité du quartier Meriadeck de Bordeaux, en France. Il fut successivement, à partir de 1878, un café-théâtre[1], une salle de spectacle ou encore une piste de skating, avant d'être définitivement fermé en 1982. De ce bâtiment, qui a laissé place à une résidence, il ne reste plus que les façades, inscrites au titre des Monuments Historiques le 28 décembre 1984.

Origines du bâtiment[modifier | modifier le code]

Les premières fondations de ce monument furent bâties dès le début des années 1870 avec l'installation d'un cirque sédentaire qui devint, dès 1878, un café-concert appelé l'Alhambra[2]. C'est au début du XXe siècle que l'architecte Jean Tournier entreprit de construire à cet emplacement un ensemble architectural qui animera le quartier pendant plusieurs années.

Histoire du bâtiment[modifier | modifier le code]

1869 - 1875 : le Cirque national avant l'Alhambra[modifier | modifier le code]

Pendant toute la période du XIXe siècle, le quartier a connu une grande activité dans le domaine du cirque avec plusieurs établissements dont le Manège Ségalier, le Cirque Olympique installé en 1836 dans l'hôtel Castelneau-d'Auros, le Cirque de Printemps etc[3]. Entre 1869 et 1875, le notaire Philippe Alary Lamartinie fit édifier ce que l'on appellera par la suite le Cirque National. Situé sur l'ancienne propriété d'un pépiniériste, il connut lui aussi du succès.[réf. nécessaire]

1878 - 1914 : un bâtiment en constante mutation[modifier | modifier le code]

En juin 1878, on inaugura dans le Cirque National, alors appelé l'Alhambra, un café-concert avec un jardin d'été. De 1892 à 1902 le théâtre fut loué aux assomptionnistes. C'est en 1908, que le bâtiment va connaître de profondes transformations avec l'intervention de l'architecte Tournier. Sous la direction de Dufey et Cie, Jean Tournier transforma la salle pour y accueillir 2 260 personnes. Ces transformations firent de l'Alhambra un vaste théâtre qui fut inauguré le 30 avril 1910 avec l’œuvre Chanteclerc d'Edmond Rostand.

Le bâtiment était alors divisé en plusieurs parties : l'Alhambra-Théâtre ; l'Alhambra-Casino d'été et l'Alhambra Bowling-Skating-Sports d'hiver et Sports d'été. Monsieur Dufey qui était le directeur de l'Alhambra s'associa avant 1914 avec Léopold Lescouzères, Louis Lemarchand et Mauret Lafuge ce qui permit au théâtre d'avoir une certaine renommée, en présentant les plus belles revues de province mais aussi des numéros de music-hall. D'autres spectacles plus contemporains et variés eurent lieu pendant cette période faste pour l'Alhambra : des comédies, des opérettes, des concerts, des spectacles du festival Sigma et même des championnats de boxe et de catch.

Septembre et décembre 1914 : un théâtre dans la guerre[modifier | modifier le code]

Un des événements majeurs du théâtre se déroula entre septembre et décembre 1914. En effet, pendant quelques mois de cette année particulière, Bordeaux devint la capitale de la France. L'ensemble des membres du gouvernement s'établirent alors dans la ville. Le ministère de la Préfecture fut installé au sein de la préfecture, le ministère de la guerre au sein de la Faculté des Lettres et Sciences (aujourd'hui Musée d'Aquitaine) et le Ministère de la Justice au sein du Palais de Justice. La Chambre des députés fut quant à elle déplacée au sein du théâtre de l'Alhambra et le Sénat demeura à l'Apollo-Théâtre[4]. Ce fut une période peu réjouissante pour les membres de ces Chambres qui perdirent le confort de Paris comme en témoigne cet article de l'Intransigeant daté du 19 septembre 1914 [5] « Nos parlementaires [étaient] loin de jouir, à l’Alhambra, du confortable auquel ils sont habitués au Palais-Bourbon. […] Il faut circuler au milieu des caisses et des paniers, entendre le bruit des marteaux des ouvriers qui, après avoir installé sur la scène du théâtre une tribune qui ressemble à un comptoir de marchand de vins, montent maintenant une estrade pour y placer le bureau du président et ceux des secrétaires. Tout cela n'est pas très engageant. ».

1970 - 1982 : la fin de l'Alhambra[modifier | modifier le code]

En 1970, la ville acheta le théâtre qui appartenait alors à Eric Bocké. Celui-ci avec l'aide de Mme Tichadel essaya de maintenir les traditions de l'Alhambra en proposant des revues et d'autres spectacles qui eurent auparavant beaucoup de succès. En parallèle, des travaux de sauvegarde et consolidation furent réalisés afin d'assurer la sécurité des spectateurs. Malgré cela, le bâtiment ferma définitivement ses portes en 1982 suite à la démolition de l'annexe.

À partir de 1984, un projet de réhabilitation a été mené en lien avec le Secrétariat d’État à la culture ainsi que la direction régionale des affaires culturelles. Ce projet avait trois objectifs : restructurer le quartier à partir du terrain libre de l'ancien Casino, concevoir des équipements pluridisciplinaires avec les équipements existants et renforcer l'aspect polyvalent de la salle. Il ne fut jamais mené à bien puisque le 27 juillet 1987, la ville céda l'immeuble à un promoteur.

À partir de 1990, les architectes Bordelais Brochet, Layus et Pueyo travaillèrent ensemble pour réaliser une résidence de standing qui occupe encore aujourd'hui l'ancien théâtre. Celui-ci a été presque entièrement démoli, seule la façade du théâtre ayant été inscrite au titre des Monuments Historiques en 1984[6].

L'architecture[modifier | modifier le code]

Les façades extérieures[modifier | modifier le code]

Façade du théâtre de l'Alhambra de Bordeaux

Le théâtre de l’Alhambra de Bordeaux dispose d’une façade remarquable donnant sur la rue d’Alzon. La façade du théâtre a été réalisée en pierre calcaire de la région et on retrouve sur celle-ci des mascarons. Les mascarons sont typiques des façades bordelaises et de l’architecture de toute une époque[7]. On retrouve également sur le haut de la façade le nom du théâtre qui est encore lisible et bien conservé. La façade a été construite sur deux étages et magnifiquement ornée de balcons avec des motifs qui se croisent et des visages de femme. La façade de l’Alhambra a connu au cours du temps des soucis importants de conservation : fortement abimée par les intempéries, celle-ci est fissurée à plusieurs endroits. On note également un léger déversement vers la rue d’Alzon. On a également découvert que le théâtre disposait d’une autre façade arrière située à l’ouest et réalisée avec des matériaux composites comme la pierre, les briques creuses...). Cette façade avait pour but de séparer autrefois le théâtre et le casino démoli.

La composition intérieure du théâtre[modifier | modifier le code]

Porte d'entrée de l'ancien théâtre de la rue d'Alzon et de l'actuelle résidence

L’intérieur était divisé en trois parties, la partie la plus importante étant la salle de spectacle. Elle disposait d’une superficie de 1 975 m2 répartie sur trois niveaux : un rez-de chaussée de 1 485 m2, un premier étage de 375 m2 et un deuxième étage de 115 m2. Le rez-de-chaussée comprenait : le hall d’accueil, le parterre, le promenoir, les sanitaires et l’office, la scène, l’arrière-scène ainsi que les loges. Cette petite salle bordelaise avait tout des grands théâtres parisiens de l’époque comme le célèbre théâtre des Champs-Élysées.

Ensuite, il y avait une annexe sur la place située à l’arrière du théâtre qui disposait d’une superficie de 620 m2 et qui abritait les bureaux, les ateliers, les salles de réunion ainsi que les trois salles de répétition. La troisième partie est une autre annexe qui cette fois donnait sur la rue d’Alzon. Elle avait une superficie de 705 m2. À cet emplacement se tenaient le hall d’accueil et d’exposition, d’autre bureaux du théâtre et une autre salle de répétition.

À l’époque trois portes monumentales précédaient la salle. Une porte centrale a été construite de façon à donner sur un vestibule. À droite et à gauche, de larges escaliers permettaient de monter au premier et au deuxième étages pour les personnes ayant choisi une place en balcon. Au centre de l’entrée se dressait un portique monumental confectionné en marbre avec des décors en bronze. Concernant l’ameublement de la salle, celui-ci était composé de cuir et d’acajou.

D’autre modifications ont vu le jour au fil du temps : la scène qui était autrefois rectangulaire est devenue cintrée, l’absence de poulailler a été remplacée par un vaste amphithéâtre au-dessus des premières galeries. Trois promenoirs ont été rajoutés : un au rez-de-chaussée et un à chaque étage. Afin de permettre à n'importe quel spectateur de voir l'ensemble de la scène, un parterre en pente fut installé pour remplacer les colonnes. Un système de bascule permettait également de ramener le plan incliné à la position verticale au niveau de la scène.

Les grandes personnalités de l'histoire de l'Alhambra[modifier | modifier le code]

Les groupes et artistes[modifier | modifier le code]

Les personnalités politiques[modifier | modifier le code]

De nombreuses personnalités politiques organisèrent des meetings et des débats politiques au sein même du théâtre.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dupuis-Sabron, Geneviève. et Musée d'Aquitaine de la ville de Bordeaux., Café-concert et music-hall de Paris à Bordeaux, Musée d'Aquitaine, (ISBN 2850568309, OCLC 60596630)
  2. « L'Alhambra : la salle mythique qui accueillit les plus grandes icônes du 20e siècle », sur lebordeauxinvisible.blogspot.fr,
  3. Sandrine Saïah, Henri Lagrave, Deux siècles d'arts à Bordeaux : au-delà de la Révolution, Nouvelles Editions Corail, , 318 pages p.
  4. « Parlementaires à Bordeaux - septembre 1914 », sur cahiersdarchives.fr,
  5. L'Intransigeant, [s.n.], (lire en ligne)
  6. Notice no PA00083479, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Michel Suffran et François Philip, Mascarons de Bordeaux, Les Dossiers d'Aquitaine,

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Taliano-Des Garets, La vie culturelle à Bordeaux (1945-1975), Broché , 6 novembre 1995
  • Revue historique de Bordeaux et de la Gironde , 1953
  • Dupuis-Sabron Geneviève et musée d'Aquitaine de la ville de Bordeaux , Café-concert et music-hall de Paris à Bordeaux, Musée d'Aquitaine, 2004

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]