Poutine (plat)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Poutine.
Ne doit pas être confondu avec poutine acadienne.
Poutine
Image illustrative de l'article Poutine (plat)
Un plat de poutine.

Lieu d’origine Drapeau : Québec Québec
Date Années 1950 ou années 1960
Place dans le service Plat principal, accompagnement
Température de service Chaud
Ingrédients Frites
Fromage en grains
Sauce à poutine

La poutine est un mets de cuisine québécoise composé de trois éléments dans sa forme classique : les frites, le fromage cheddar en grains et la sauce brune[1]. La poutine tire son origine du Centre-du-Québec à la fin des années 1950[1].

Mets longtemps ridiculisé et utilisé pour représenter de manière caricaturale, voire péjorative, la société québécoise[2], la poutine est maintenant en vogue, et même célébrée, à l'extérieur des frontières du Québec[3]. Il existe de nos jours des festivals de poutine à Drummondville[4], Montréal et Québec[5], et également en dehors de sa culture d'ancrage comme à Chicago[6], New Hampshire[7], Toronto[8], Ottawa[9]. De nos jours, la poutine se voit offerte sous différentes formes, intégrants divers condiments, et fait avec des ingrédients autres que ceux utilisés à la base de la poutine classique[10],[11]. Dans « Poutine Dynamics »[11] publié par la revue CuiZine, l'auteur-chercheur Nicolas Fabien-Ouellet indique qu'avec sa profusion de variation, la poutine constitue aujourd'hui une nouvelle catégorie culinaire à part entière, au même titre que les soupes, les dumplings, les sandwichsetc.[11]

Origine[modifier | modifier le code]

Photo du menu imprimé du Royaume de la Patate en 1995.
En 1995, « Mixtes » figurait encore au menu du Royaume de la Patate, avec la mention « poutine ».

La poutine fait son apparition vers la fin des années 1950 dans le Centre-du-Québec[12]. Plusieurs restaurants de cette région s'en disputent l'invention :

Le Roy Jucep (Drummondville)

La provenance la plus probable de la poutine serait Drummondville. Le Roy Jucep, un restaurant, s'y s'affiche comme étant l'inventeur de la poutine, en effet, celui-ci a enregistré la marque de commerce « L'inventeur de la Poutine »[13],[14]. Jean-Paul Roy, propriétaire de ce restaurant en 1964, est le premier à avoir servi la poutine comme on la connaît aujourd'hui c'est-à-dire « patates frites, fromage et sauce ». Le nom viendrait d'un mélange d'une déformation du mot anglais « pudding » et du surnom du cuisinier « Ti-Pout »[13]. Monsieur Roy aurait, selon son témoignage, commencé à servir le fromage avec les frites et la sauce après la demande régulière de quelques clients[13]. Jean-Paul Roy est décédé en à Drummondville. Le brevet officiel, octroyé par le gouvernement fédéral canadien, est affiché dans le restaurant.

Le Lutin qui rit (Warwick)

Une autre histoire assez répandue est qu'elle proviendrait d'un restaurant autrefois appelé Le Lutin qui rit situé à Warwick, dans la MRC d'Arthabaska. Selon la légende, en 1957, un client nommé Eddy Lainesse a demandé au propriétaire Fernand Lachance de mettre le casseau de fromage et le casseau de frites dans le même sac et le propriétaire aurait répondu : « Ça va faire une maudite poutine », d'où le nom qui veut dire « mixture étrange »[15].

La Petite Vache (Princeville)

Une autre légende veut que la naissance de la poutine ait eu lieu à Princeville au restaurant La Petite Vache fondé en 1966 par Henri Provencher. À l'époque, la fromagerie Princesse (maintenant située à Plessisville) produisait du fromage en grain mais n'avait pas de kiosque de vente au détail. La Petite Vache étant située dans un immeuble adjacent à la fromagerie, ils commencèrent à vendre du fromage en grain frais à la caisse du restaurant. Un client assidu venait au restaurant et y commandait une frite et achetait un sac de fromage en grain pour ensuite aller à sa table, ouvrir le sac et y mélanger le fromage. Max Sévigny qui a été propriétaire du restaurant a confirmé en que l'appellation originale était 50-50 en référant à un mélange de 50 % de frites et 50 % de fromage. La sauce a ensuite été incluse et le nom « mixte » adopté. Le 50-50 a fait son apparition dès la première année d'opération de La Petite Vache. Pendant plusieurs années, dans les villes de Plessisville, Princeville et Victoriaville, la poutine était connue sous le nom d'un « mixte ». Ce n'est que lorsque de grandes chaînes ont commencé à vendre ce produit que le nom « poutine » est apparu ; probablement en relation avec d'autres mets aussi appelés « poutines » et faits à base de pommes de terre. Le nom « mixte » a continué à être utilisé pendant plusieurs années dans les villes ci-haut nommées même après que le mot poutine soit largement répandu.

Les trois histoires ci-dessus ancrent la naissance du plat autour de 1960. Également, elles consolident l'idée que c'est un client qui a eu l'idée de ce plat. Fort probablement[non neutre] qu'il s'agit du même client, un voyageur de commerce ou un commis voyageur comme on les nommait à l'époque. Ce client aurait fait la même requête dans les restaurants qui se trouvaient sur son circuit commercial. En ce sens, la paternité de la poutine revient directement à ce client (M. Lainesse) et seulement indirectement aux trois propriétaires des restaurants mentionnés. La proximité géographique des trois municipalités revendiquant la paternité de la poutine tend à confirmer cette théorie[réf. nécessaire].

Mobilité sociale[modifier | modifier le code]

En 1987, L'International Epicurean Circle de Londres qualifie le haggis, ce plat traditionnel écossais composé d'un estomac de brebis farci d'abats (cœur, foie et poumons), de graisse de rognon et d'avoine, de plus grande catastrophe gastronomique du XXe siècle. Pour Aislin, caricaturiste au journal The Gazette, il est évident que ces fins palais n'ont jamais goûté la poutine ![16].

Différentes symboliques furent attachées à la poutine depuis son origine dans le Québec rural des années 1950. D'abord ridiculisée et utilisée pour se moquer de la société québécoise,[2] la poutine s'est récemment vue servie à la Maison-Blanche lors du premier diner d'État rassemblant Barack Obama et Justin Trudeau[17]. Alors que les premières générations à subir le stigma de la poutine ont préféré se dissocier du plat, la jeunesse québécoise se l'est récemment réappropriée d'une manière positive et affirmative, en faisant un symbole de fierté cultuelle[11],[2]. Aujourd'hui le plat est célébré lors de festivals annuels de poutine au Québec[4],[5], au Canada[8],[9], ainsi qu'aux États-Unis[6],[7].

L'évolution des symboliques liées à la poutine a d'abord été étudiée par Charles-Alexandre Théorêt dans son livre Maudite Poutine ! Il revient sur plusieurs de ces symboliques dans une entrevue accordée à l'émission Tout le monde en parle diffusée le [18].

« Canadianisation » et appropriation culturelle de la poutine[modifier | modifier le code]

Cas de canadianisation et d'appropriation culturelle de la poutine.

Depuis que la poutine est en vogue et appréciée à l'extérieur des frontières du Québec, le mets s'est graduellement intégré dans l’« everyday nationalism » canadien, c'est-à-dire dans le discours et les symboles populaires du nationalisme canadien[11]. Le mets est même aujourd'hui régulièrement présenté comme étant de cuisine canadienne, voire comme plat national du Canada[19],[11]. Cette canadianisation est problématique, car elle constitue en fait une appropriation culturelle[11],[20],[21],[22]. Cette appropriation culturelle n'est en rien liée à la consommation ou à l'adaptation du mets, mais bien à la présentation de la poutine en tant que « plat canadien »[11]. Nicolas Fabien-Ouellet, l'auteur de l'article « Poutine Dynamics »[11], donne l'explication suivante dans un article publié au HuffPost[23] : « Il y a appropriation culturelle lorsqu'un groupe majoritaire ou dominant utilise ou fait sien un élément culturel d'un groupe minoritaire, minorisé ou marginalisé au préjudice de ce dernier. Dans le cas de l'appropriation de la poutine, le préjudice -- la conséquence négative pour le groupe mineur -- vient du processus de dilution, voire d'effacement, de la culture québécoise au profit du groupe majeur canadien. Les conclusions de « Poutine Dynamics » suggèrent ainsi que les processus d'assimilation de la société québécoise historiquement construits sur des procédés de dénigrement et de rejet de sa culture font aujourd'hui place à certains procédés basés sur l'appropriation culturelle […] Attention, il n'est pas ici question d'indépendance ou de relations anglo-franco. Le Gouvernement canadien reconnait officiellement le Québec en tant que nation distincte. Qui dit nations distinctes, dit cultures - et donc gastronomies - distinctes. Si dès qu'un trait culturel québécois commence à être apprécié à l'international, il se met à être identifié comme typiquement canadien, cela empêche la culture québécoise de rayonner, et vient s'inscrire dans des processus d'absorption et d'assimilation. Tout ça n'est pas sans rappeler les raisons pour lesquelles la cuisine cajun est différenciée dans le contexte états-unien. » Nicolas Fabien-Ouellet a également donné de nombreux entretiens sur le sujet de la canadianisation et l'appropriation culturelle de la poutine, notamment au National Post[24], Vice[25], Radio-Canada[26],[27], Global News[28], CHOI 98.1 Radio X[29], ENERGIE 98.9[30], Vermont Public Radio[31], HuffPost[32], La Presse[33], et Le Journal de Montréal[34].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce mot existe en Acadie et en Louisiane, avec des significations similaires, il semble qu'il s'agisse d'une adaptation du mot anglais « pudding ». D'ailleurs, on retrouve ce mot dans le dictionnaire canadien-français d'Oscar Dunn, publié à la fin du XIXe siècle, avec la signification de « pudding ». En Louisiane francophone, « poutine » est le mot utilisé pour signifier « pouding ». Le mot est d'origine anglaise, il est toujours utilisé là-bas pour désigner tout dessert qui suit un repas.

Certains prétendent que le mot « pudding » est la variante anglicisée du mot « boudin » (en anglais, le boudin noir s'appelle « black pudding »).

La prétendue origine provençale « poutingo », qui signifie « mauvais ragoût », est plus que douteuse, puisqu'il y a eu très peu d'immigrants provençaux au Québec ou en Amérique du Nord.

Dans certaines régions de la Beauce, de Lotbinière et à Thetford Mines, la poutine est parfois surnommée « mixte ».

Sur la côte-est du Nouveau-Brunswick, dans les régions de Baie-Sainte-Anne, Pointe-Sapin, Saint-Louis-de-Kent et Richibouctou, le mot « patachoux » est utilisé afin de distinguer la poutine de la poutine râpée.

Une autre théorie voudrait que l'origine du mot vienne de l'expression anglaise « put in » qui signifie « mettre dans » à savoir : mettre du fromage et de la sauce brune dans des frites[réf. nécessaire].

Variantes[modifier | modifier le code]

Poutine consommée en mets rapide. L'image montre une poutine classique constituée de frites et de fromage non-affiné en grains, recouverts d'une sauce brune, peut-être une sauce espagnole.

Il existe de nombreuses variantes ; certains restaurants en proposent près d'une centaine. Bien que certaines variantes soient typiquement régionales, il est possible de se voir proposer tous ces types de poutine, et plus encore, dans certains restaurants spécialisés de Montréal ou d'ailleurs au Québec. Les variantes les plus connues sont :

  • la poutine italienne est une variante courante. On y remplace la sauce brune par de la sauce à spaghetti (sauce bolognaise) ;
  • la western est une poutine conventionnelle à laquelle on a ajouté des saucisses[réf. nécessaire] ;
  • la steak-haché est une poutine conventionnelle à laquelle on a ajouté de la viande hachée ;
  • la galvaude où le fromage est généralement remplacé par du poulet et des petits pois verts. Mais, dans la plupart des cas, on conserve le fromage avec le reste des ingrédients ;
  • la papachoux est une version de la galvaude à laquelle on ajoute du chou[réf. nécessaire] ;
  • la poutine à la viande fumée (smoked meat) : patate frite, fromage en grain, sauce brune et viande fumée ;
  • la poutine toute garnie (all dressed) : avec des poivrons verts et des champignons préalablement revenus à la poêle[réf. nécessaire] ;
  • la poutine au foie gras : faite de frites « belges », de fromages du terroir, on y ajoute des morceaux de foie gras et l'on nappe le tout d'une demi-glace. La poutine au foie gras peut aussi être une poutine traditionnelle, mais dont la sauce demi-glace est montée au foie gras ;
  • la poutine au poulet : patates frites, fromage en grains, sauce brune et morceaux de poulet ;
  • la poutine au fromage râpé : poutine ordinaire, mais servie avec du fromage râpé au lieu du fromage en grain.
  • la poutine BBQ avec choix de sauce BBQ (plutôt sucrée, un peu épicée) ou Hot Chicken (qui correspond à la traditionnelle sauce brune).
  • la poutine au canard confit : poutine ordinaire avec des morceaux de canard confit ou encore plus luxueuse avec une variante dans la sauce (ex. : sauce demi-glace).
  • la poutine de patates douces : poutine ordinaire dans laquelle les patates ordinaires sont remplacées par des patates douces.

Où la trouver[modifier | modifier le code]

Un restaurant de Vancouver, en Colombie-Britannique, vante les mérites de sa poutine.

Au Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, on trouve la poutine dans presque tous les restaurants-minute ainsi que dans des chaînes dites indépendantes, comme les casses-croûtes[35]. Les grandes chaînes de restauration rapide, telles que McDonald's, Burger King, A&W, PFK et Wendy's l'ont ajoutée à leur menu de leurs succursales québécoises ainsi qu'à plusieurs endroits au Canada et ailleurs dans le monde (voir ci-dessous).

Ailleurs au Canada[modifier | modifier le code]

Dans certains commerces ailleurs au Canada, le Québec et la poutine sont indissociables, comme en témoigne l'usage de termes de langue française.

La poutine est bien connue au Nouveau-Brunswick, une province voisine du Québec, en particulier dans les régions acadiennes, où on peut en acheter dans n'importe quel commerce de restauration rapide. La poutine peut également être trouvée en Ontario, une autre province voisine, notamment à Toronto ou Ottawa par exemple.

Des chaînes de restaurants offrent aussi ce mets, comme Harvey's. La poutine est également offerte à la Belle Patate à Canmore, en Alberta qui importent leur fromage et viande fumée directement du Québec ainsi qu'au Cheese Factory, à Edmonton, en Alberta. Ce dernier restaurant, qui se spécialise dans la fabrication de fromage, se situe dans la section francophone de la ville. Certains restaurants de Vancouver, en Colombie-Britannique offrent la poutine sur leur menu, tout comme la plupart des restaurants et hôtels du Yukon. La chaîne Dairy Queen l'offre également à plusieurs endroits dont Vancouver. Bien que plusieurs commerces se réclament d'offrir la « vraie » poutine québécoise, le résultat aboutit souvent à des variantes qui s'éloignent substantiellement de la recette originale. Le fromage sera parfois complètement affiné (texture différente), les frites cuites au four (plutôt qu'à l'huile), la sauce d'une autre saveur (comme les trois poivres). Début , McDonald's, qui offrait déjà la poutine au Québec depuis plus de dix ans, a étendu son offre à tout le Canada[36].

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

En Amérique, on peut déguster une poutine sur la plage isolée de Zipolite et de propriétaires Québécois au Los Tabernacos à Playa Del Carmen au Mexique, au près de l'hôtel Royal Decameron au Panama aux hôtels Tryp Cayo-Coco et Melia Las Dunas de Cuba ainsi que près de San José au Costa Rica et plus particulièrement dans la zone sud dans un petit village du nom de Ojochal, dans un restaurant s'appelant O Rancho Soluna, tenu par de vrais Québécois. Certains restaurants de New York et du New Jersey proposent leur propre mélange de frites, sauce et fromage, baptisé « Disco Fries ».

En Europe, on trouve la poutine en France dans de nombreux endroits. On en trouve entre autres aux pubs canadiens Moose Head et The Great Canadian à Paris. La poutine est servie au pub I Papalin à deux pas de la place du Palais Princier, à Monaco. Elle est également proposée sous trois formes dans le petit café de village La Tête des Trains, à Tousson au sud de Paris (poutine au Roquefort, aux lardons, à la carbonade) avec des frites maison, le fromage utilisé étant soit de la tomme fraîche soit de la mozzarella. Dans le centre de Lyon, la poutine est servie dans la friterie Frite Alors![37] (enseigne provenant directement du Québec), à côté de la place des Terreaux. À Pessac, dans la communauté urbaine de Bordeaux, on trouve le Québec Music Café qui propose la poutine sous trois formes, dont une à l'emmental manifestement influencée par la gastronomie française. Un peu plus au sud, à Toulouse, la poutine est servie classique ou revisitée au BFF, près du métro Fontaines lestang. L'on peut également déguster une poutine « arrangée », car servie avec des morceaux de poulet, au restaurant Le Québec dans la rue piétonne principale à Nice. Elle est servie sous l'appellation « poutine québécoise » et les pommes de terre sont de type « potatoes ». Cela permet tout de même de donner un avant-goût aux curieux qui n'auraient pas l'occasion de goûter la poutine traditionnelle. On la retrouve aussi au Kébec Corner à Poitiers sous le marché Notre Dame. La Poutine est aussi présente à Thann dans le Haut-Rhin au Rio Grande sous sept formes différentes. Également à Rennes dans le centre ville, depuis l'ouverture du Coffee Shop canadien PoutineBros. On la trouve aussi au restaurant Frittiersalon sur Boxhagener Straße dans l'arrondissement Friedrichshain-Kreuzberg de Berlin ainsi qu'au pub The Maple Leaf à Londres, en Grande-Bretagne.

En Asie, il est possible de déguster une poutine dans plusieurs pays, notamment au pub anglais The Pub situé à Hanoï au Viêt Nam. En Chine, on sert de la poutine au Dave's Oasis situé à Chengdu, au Massé Bistro & Bar à Shanghai ainsi qu'aux restaurants The Box, Grinders ou encore American Steak & Egg à Pékin en Chine, où la poutine a fait l'objet d'articles dans les médias[38]. À Hong Kong, on peut retrouver de la poutine au Cul-de-sac ainsi qu'au restaurant The Keg à Lan Kwai Fong. Plusieurs restaurants de Séoul et de Corée du Sud servent de la poutine, notamment la Rocky Mountain Tavern et le New York Fries. Au Japon, la poutine est servie dans le bar The Maple Leaf à Tokyo, sous l'appellation « Putchin ». À Bangkok, dans le quartier de Khaosan Road, on peut également déguster une bonne poutine au snack bar BKK.

En Suisse, il est possible d'en manger au Crazy Canuck de Lausanne et dans d'autres endroits également.

Hommages et références culturelles[modifier | modifier le code]

Les références à la poutine dans la culture populaire québécoise sont nombreuses :

  • Lors du scandale des appels frauduleux (en) à l'élection fédérale canadienne de 2011, plusieurs appels frauduleux provenaient d'un téléphone cellulaire enregistré au nom de « Pierre Poutine », habitant sur la « rue Séparatiste » (Separatist Street) à Joliette[39].
  • Le groupe musical québécois Mes Aïeux interprète une chanson nommée Hommage en grain qui parle de la relation des Québécois avec la poutine[40] : « Si la décence invite à déguster lentement son bol, faut quand même faire ça vite avant qu'les frites d'viennent molles. » ou encore « C'est comme manger une livre de beurre, mais Montignac nous fait pas peur. »
  • Le groupe québécois Les Cowboys fringants mentionne la poutine dans leurs chansons En berne et La Catherine.
  • Le chanteur québécois Mononc' Serge a aussi abordé ce mets populaire dans une chanson nommée Les Patates.
  • Le duo comique montréalais Bowser and Blue (en) a composé l'hommage The Night They Invented Poutine[41].
  • Le groupe ska Alaska possède dans son répertoire la chanson Monsieur Poutine[42].
  • Le groupe québécois Omnikrom a aussi abordé ce mets populaire dans une chanson nommée Danse la poutine en duo avec TTC.
  • La chanteuse québécoise Lynda Lemay explique le terme à son public français dans son Cours de Québécois.
  • Les Wampas dans leur chanson Seul en Gaspésie (album Rock'n'Roll Part 9) chantent : « La poutine me colle aux doigts »
  • Dans la chanson Mots dits français du groupe Java, album Maudits Français (Makasound/PIAS).
  • Dans la bande dessinée La Belle Province, Lucky Luke se retrouve dans un saloon où les Québécois se battent en lançant de la poutine.
  • Dans une parodie de Lucky Luke dans un numéro du magazine humoristique québécois Safarir, Lucky Luke est envoyé au Québec par le président George W. Bush pour capturer Michael Moore. Dans la parodie, Lucky passe au supplice du goudron et des plumes deux fois, une fois pour avoir détesté la poutine que le barman lui a servie dans un saloon, et la deuxième fois pour avoir détesté la poutine qu'on lui a servie dans un saloon du village voisin tout en maugréant qu'elle était encore pire que celle qu'il a mangée dans l'autre village[43].
  • Normand Baillargeon traduit « baloney detection kit » de Carl Sagan par « kit de détection de poutine (en) »[44].
  • Un livre de Charles-Alexandre Théorêt, intitulé Maudite poutine ! L'histoire approximative d'un plat populaire, se penche sur le succès de la célèbre mixture québécoise. Éditions Héliotrope, 2007.
  • Le festival de la poutine de Drummondville a été créé en l'honneur de ce plat[4]. Le festival est organisé par les membres du groupe Les Trois Accords[45], originaires de la ville.
  • Chaque année, La Poutine Week propose à des centaines de restaurants partout au Québec, mais aussi à Ottawa et à Toronto, d'offrir une réinvention du plat classique à leurs clients. Lors de cet événement, les amateurs de poutine sont invités à voter sur le site pour leur favorite[46][réf. insuffisante].
  • Le Pouzza Fest, créé en 2011 à Montréal, est un festival de musique rock dont le nom combine les mots « poutine » et « pizza ».
  • À défaut d'en revendiquer l'origine, plusieurs restaurants se disputent le titre de meilleure poutine. Le site Poutinewar.com permet à ses utilisateurs de donner leur avis sur les différentes poutineries afin d'établir « La meilleure poutine ». Les utilisateurs peuvent aussi ajouter une poutinerie si elle ne se trouve pas sur le site[47][réf. insuffisante].
  • L'éditeur québécois de jeux de société Le Scorpion masqué a publié en un jeu de société intitulé Miss poutine. L'action se déroule dans un casse-croûte populaire (et fictif) nommé Miss poutine. La poutine est le plat le plus souvent demandé dans le jeu et c'est également le seul plat qui demande à combiner deux cartes (au lieu d'une seule) pour être servi.
  • Dans l'émission Les Pieds dans la marge, l'équipe lance une poutine à une altitude de 17 km. Baptisée la Spoutine (Spoutnik), la poutine parcourut près de 100 km à l'aide d'un ballon-sonde.
  • Dans la série télévisée South Park, la poutine est mentionnée dans l'épisode 5 de la saison 15, intitulé Crack Baby Athletic Association. Eric Cartman nous présente ici sa propre version de la poutine : un jacuzzi rempli de sauce KFC (le fameux fast-food Kentucky Fried Chicken), dans lequel il se prélasse accompagné d'une énorme dose de frites provenant de McDonald's.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Charles-Alexandre Théorêt, Maudite poutine !, Héliotrope, , 159 p. (ISBN 978-2-923511-07-8, OCLC 166321360, lire en ligne), p. 9.
  2. a, b et c Charles-Alexandre Théorêt, Maudite poutine !, Héliotrope, , 159 p. (ISBN 978-2-923511-07-8, OCLC 166321360, lire en ligne), p. 74-109.
  3. Charles-Alexandre Théorêt, Maudite poutine !, Héliotrope, , 159 p. (ISBN 978-2-923511-07-8, OCLC 166321360, lire en ligne), p. 40-69.
  4. a, b et c Festival de la poutine de Drummondville.
  5. a et b « La Poutine Week ».
  6. a et b (en) « Poutine Fest Chicago ».
  7. a et b « New Hampshire Poutine Fest ».
  8. a et b « WPEC ».
  9. a et b « Ottawa Poutine Fest ».
  10. Charles-Alexandre Théorêt, Maudite poutine !, Héliotrope, , 159 p. (ISBN 978-2-923511-07-8, OCLC 166321360, lire en ligne), p. 116-154.
  11. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Poutine Dynamics - Cuizine, vol. 7, no 2, 2016.
  12. Charles-Alexandre, Maudite poutine !, Héliotrope, , 159 p. (ISBN 978-2-923511-07-8, OCLC 166321360, lire en ligne), p. 12-31.
  13. a, b et c Historique - Le Roy Jucep.
  14. Voir le certificat : Brevet de l'inventeur de la poutine.
  15. « Le roi de la poutine », Office québécois de la langue française, Gouvernement du Québec, .
  16. Charles-Alexandre Théorêt, Maudite poutine !, Héliotrope, , 159 p. (ISBN 978-2-923511-07-8, OCLC 166321360, lire en ligne), p. 79.
  17. (en) « State dinner will start with a gussied-up version of Canada's late-night party food », sur The Washington Post (consulté le 18 septembre 2017).
  18. Maudite poutine (partie 1 de 2) - Tout le monde en parle, YouTube [vidéo].
  19. (en) Is there such a thing as Canadian cuisine? One woman went on a five-year quest to find out - Laura Brehaut, National Post, 22 février 2017.
  20. Mathieu Charlebois, « La poutine, un plat pour les Québécois de sauce », L'actualité,‎ (lire en ligne).
  21. (en) Time Forster, « Is Canada Stealing Poutine From Quebec? », Eater Montréal,‎ (lire en ligne).
  22. (en) « *FAQ* », The Poutine Pundit,‎ (lire en ligne).
  23. Nicolas Fabien-Ouellet, « Appropriation culturelle de la poutine : réponse de l'auteur », Huffington Post Québec, (consulté le 19 septembre 2017).
  24. (en) « The dark side of poutine: Canada taking credit for Quebec dish amounts to cultural appropriation, academic says », National Post,‎ (lire en ligne).
  25. « Poutine politique : frites, sauce, fromage avec appropriation culturelle en accompagnement », Vice (consulté le 19 septembre 2017).
  26. « La poutine, symbole d'appropriation culturelle canadienne ? | Gravel le matin », Gravel le matin | ICI Radio-Canada.ca Première,‎ (lire en ligne).
  27. Cédric Lizotte, « Poutine et appropriation culturelle : débat enflammé… et délicieux », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 19 septembre 2017).
  28. (en) Rachel Lau, « Canada is culturally appropriating poutine from Quebec: academic », Global News,‎ (lire en ligne).
  29. « Est-ce que les MÉCHANTS canadiens se sont approprié la poutine ?!! », CHOI 98,1 Radio X,‎ (lire en ligne).
  30. La commission Gendron, Nicolas Fabien Ouellet ¨La Poutine¨, ENERGIE 98.9 (lire en ligne).
  31. (en) Jane Lindholm, « UVM Student Examines Cultural Appropriation Of Poutine », VPR,‎ (lire en ligne).
  32. « La poutine est victime d'appropriation culturelle au Canada anglais, affirme un chercheur », Huffington Post Québec,‎ (lire en ligne).
  33. « Le Canada s'est-il approprié la poutine du Québec ? | Ian Bussières | Société », La Presse,‎ (lire en ligne).
  34. Antoine Lacroix, « Le Canada accusé de s'approprier la poutine », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne).
  35. Un restaurant de bord de route, sans prétention. Le service se fait habituellement au guichet. [1].
  36. (en) « McDonald's poutine hitting menus across Canada », CBC News, .
  37. Frite Alors ! Quand Lyon se met en mode Poutine - Rue Rivard, 19 novembre 2012.
  38. ChineQuebec, « La poutine vue de Chine », sur Chine-Québec, (consulté le 14 novembre 2016).
  39. Affaire des appels trompeurs : sur la trace de Pierre Poutine - Radio-Canada, 29 février 2012.
  40. Paroles disponibles sur parolesmania.com, page consultée le 12 avril 2007.
  41. Bowser et Blue - RépubliqueLibre.org.
  42. The SKA Lyric Archive.
  43. Safarir, numéro 197.
  44. Normand Baillargeon, Petit cours d'autodéfense intellectuelle, Lux, coll. « Instinct de liberté », 2006.
  45. Première édition du Festival de la poutine de Drummondville - Patwhite.com, 22 mai 2008.
  46. (fr+en) La Poutine Week.
  47. [2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]