Élection fédérale canadienne de 2011

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Élection fédérale
canadienne de 2011
Type d’élection  Élection législative fédérale
Postes à élire  308 sièges de la Chambre des communes
Électorat et résultats
Votants 14 720 580
  
61,4 %
Stephen-Harper-Cropped-2014-02-18.jpg
Parti conservateur – Stephen Harper
Voix 5 814 374 Green Arrow Up.svg 11,6 %
  
39,6 %
Sièges obtenus 166 Green Arrow Up.svg 23
Jack Layton - 2011.jpg
NPD – Jack Layton
Voix 4 508 474 Green Arrow Up.svg 79,2 %
  
30,6 %
Sièges obtenus 103 Green Arrow Up.svg 66
Victoria, BC Liberal Town Hall Forum public libéral.jpg
Parti libéral – Michael Ignatieff
Voix 2 783 175 Red Arrow Down.svg 23,4 %
  
18,9 %
Sièges obtenus 34 Red Arrow Down.svg 43
Gilles Duceppe2.jpg
Bloc québécois – Gilles Duceppe
Voix 889 788 Red Arrow Down.svg 35,5 %
  
6,1 %
Sièges obtenus 4 Red Arrow Down.svg 45
Elizabeth May 2a.jpg
Parti vert – Elizabeth May
Voix 576 221 Red Arrow Down.svg 38,5 %
  
3,9 %
Sièges obtenus 1 Green Arrow Up.svg 1
Résultats par province
Carte
Sièges à la Chambre des communes
Diagramme
Premier ministre
Sortant
Élu

L'élection fédérale canadienne de 2011 a eu lieu le afin d'élire les 308 députés de la Chambre des communes du Canada pour former le 41e Parlement du Canada. L'élection faisait suite à la dissolution précipitée de la Chambre des communes du Canada par le Gouverneur général après l'adoption d'une motion de défiance à l'encontre du gouvernement minoritaire conservateur dirigé par le premier ministre Stephen Harper pour outrage au parlement[1] le 25 mars, avec l'appui des trois partis d'opposition : le Parti libéral du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois[2]. Si le Parlement n'avait pas été dissout avant la fin de son mandat, les élections auraient plutôt eu lieu le 15 octobre 2012.

L'élection a vu le Parti conservateur de Stephen Harper remporter une majorité de sièges, lui permettant de former un gouvernement majoritaire, et l'importante ascension du Nouveau Parti démocratique de Jack Layton, formant l'Opposition officielle pour la première fois de son histoire. L'élection a également été caractérisée par l'effondrement du Parti libéral du Canada et du Bloc québécois et la première élection d'une députée verte.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  •  : Déclenchement de l'élection
  •  : Clôture des candidatures à 14h
  •  : Débat des chefs anglais. 19h HAE sur Global, CBC et CTV[3]
  •  : Débat des chefs français. 20h HAE sur Radio-Canada et TVA (changé du 14 avril à cause de hockey)[4],[5]
  • , et  : Vote par anticipation
  •  : Jour du scrutin[6], 22h40 heure de l'Est - Annonce d'un gouvernement canadien conservateur majoritaire.

Données pré-électorales[modifier | modifier le code]

Article connexe : 40e législature du Canada.

L'élection fédérale de 2008 avait résulté dans la réélection du gouvernement minoritaire conservateur du Premier ministre Stephen Harper, élu pour la première fois en 2006.

En décembre 2008, une crise politique avait éclaté en raison de la volonté des partis d'opposition de former une coalition pour renverser le gouvernement Harper afin de contrer son projet d'abolition des subventions aux partis politiques.

En 2011, le Président de la Chambre des Communes Peter Milliken jugea que la ministre Bev Oda et le cabinet lui-même pouvait s'être rendus coupables d'outrage au parlement pour avoir refusé de fournir au Parlement des informations sur les projets de loi. En mars 2011, un comité confirma l'outrage du cabinet, ce qui sans précédent dans l'histoire du Commonwealth, et le Leader de l'Opposition Michael Ignatieff déposa une motion de défiance qui fut adoptée le 25 mars, provoquant les élections.

Partis participants[modifier | modifier le code]

Au total, 1587 candidats issus de 18 partis politiques participent à cette élection[7].

Circonscriptions convoitées[modifier | modifier le code]

Ci-dessous, une liste des circonscriptions qui ont été perdues par chaque parti à l'élection de 2008. Sont énumérés le nom de la circonscription, suivi du nom du parti politique qui a gagné cette circonscription (entre parenthèses) et le pourcentage du vote par lequel le parti a perdu.

Ces circonscriptions pouvaient être convoitées par les partis parce qu'elles avaient été perdues par un faible pourcentage lors de la 40e élection fédérale.

Jusqu'à 15 circonscriptions sont présentées, avec une victoire par une marge de moins de 15 %.

L'astérisque indique que le député sortant ne briguait pas sa réélection.

Il est écrit entre parenthèses si le parti a réussi à gagner la circonscription.

Conservateur Libéral
  1. Vancouver-Sud, C-B (Lib) 0,05 % (oui)
  2. Esquimalt—Juan de Fuca, C-B (Lib) 0,12 % (non)
  3. Brampton-Ouest, ON (Lib) 0,43 % (oui)
  4. Welland, ON (NPD) 0,59 % (non)
  5. Edmonton—Strathcona, AB (NPD) 0,98 % (non)
  6. Burnaby—Douglas, C-B (NPD) 1,69 % (non)
  7. Brampton—Springdale, ON (Lib) 1,71 % (oui)
  8. Sault Ste. Marie, ON (NPD) 2,71 % (oui)
  9. New Westminster—Coquitlam, C-B (NPD) 3,00 % (non)
  10. Guelph, ON (Lib) 3,04 % (non)
  11. Moncton—Riverview—Dieppe, NB (Lib) 3,30 % (oui)
  12. Western Arctic, T.N-O (NPD) 3,82 % (non)
  13. Mississauga-Sud, ON (Lib) 4,64 % (oui)
  14. Eglinton—Lawrence, ON (Lib) 4,74 % (oui)
  15. Malpeque, Î.-P-É (Lib) 4,91 % (non)
  1. Kitchener—Waterloo, ON (Con) 0,03 % (non)
  2. Egmont, Î.-P.-É. (Con) 0,30 % (non)
  3. Mississauga—Erindale, ON (Con) 0,71 % (non)
  4. Oak Ridges—Markham, ON (Con) 0,72 % (non)
  5. Kitchener Centre, ON (Con) 0,75 % (non)
  6. Ahuntsic, QC (BQ) 0,89 %
  7. Saint-Jean, N-B (Con) 1,43 % (non)
  8. Haute-Gaspésie—La Mitis—Matane—Matapédia, QC (BQ) 1,93 % (non)
  9. Brome—Missisquoi, QC (BQ) 2,41 % (non)
  10. Jeanne-Le Ber, QC (BQ) 2,65 % (non)
  11. London-Ouest, (ON) (Con) 3,68 % (non)
  12. Nova-Ouest, N-É (Con) 3,79 % (non)
  13. Gatineau, QC (BQ) 3,83 % (non)
  14. Saanich—Gulf Islands, C-B (Con) 4,07 % (non)
  15. Sudbury, ON (NPD) 4,3 % (non)
NPD BQ
  1. Saskatoon—Rosetown—Biggar, (SK) (Con) 0,97 % (non)
  2. South Shore—St. Margaret's, (N-É) (Con) 2,33 % (non)
  3. St. John's-Sud—Mount Pearl, (T-N.-L) (Lib) 2,76 % (oui)
  4. Gatineau, QC (BQ) 3,03 % (oui)
  5. Surrey-Nord, C-B (Con) 3,18 % (oui)
  6. Île de Vancouver-Nord, C-B (Con) 4,40 % (non)
  7. Oshawa, ON (Con) 6,64 % (non)
  8. Parkdale—High Park, ON (Lib) 7,00 % (oui)
  9. Nunavut, NU (Con) 7,28 % (non)
  10. Dartmouth—Cole Harbour, N-É (Lib) 7,95 % (oui)
  11. Beaches—East York, ON (Lib) 8,84 % (oui)
  12. Palliser, SK (Con) 10,26 % (non)
  13. Kamloops—Thompson—Cariboo, C-B (Con) 10,27 % (non)
  14. Newton—Delta-Nord, C-B (Lib) 10,29 % (oui)
  15. Halifax-Ouest, N-É (Lib) 11,96 % (non)
  1. Brossard—La Prairie, QC (Lib) 0,12 % (non)
  2. Portneuf—Jacques-Cartier, QC (Ind) 1,47 % (non)
  3. Papineau, QC (Lib) 2,78 % (non)
  4. Roberval—Lac-Saint-Jean, QC (Con) 3,89 % (non)
  5. Beauport—Limoilou, QC (Con) 4,15 % (non)
  6. Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, QC (Con) 11,93 % (non)
  7. Jonquière—Alma, QC (Con) 14,98 % (non)
Vert
  1. Guelph, ON (Lib) 11,07 % (non)
  2. Nova-Centre, N-É (Con) 14,36 % (non)

Membres du cabinet en danger[modifier | modifier le code]

Les ministres du cabinet suivants ont été élus par une marge de moins de 10 % en 2008.

  • Gail Shea, ministre des pêches et océans (réélue): 0,3 % de plus que le libéral à Egmont, Î.-P.-E
  • Denis Lebel, ministre d'État (Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec) (réélu): 3,9 % de plus que le Bloc Québécois à Roberval—Lac-Saint-Jean, QC
  • Gary Lunn, ministre d'État (Sport) (défait): 4,7 % de plus que le libéral à Saanich—Gulf Islands, C-B
  • Leona Aglukkaq, ministre de santé (réélue): 5,4 % de plus que le libéral à Nunavut, NU
  • Diane Finley, ministre des ressources humains et développement des compétences (réélue): 8,48 % de plus que le libéral à Haldimand-Norfolk, ON
  • Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères (défait): 8,5 % sur le candidat libéral à Pontiac, QC
  • Peter Kent, ministres d'État pour les Affaires étrangères (Amérique) (réélu): 9,58 % de plus que le candidat libéral à Thornhill, ON.

Députés qui ne se présentaient pas à leur réélection[modifier | modifier le code]

Conservateurs[modifier | modifier le code]

Libéraux[modifier | modifier le code]

Bloquistes[modifier | modifier le code]

Néo-démocrates[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Les conservateurs, en tête dans les sondages pendant toute la campagne, réussissent à remporter 166 sièges soit assez pour former le premier gouvernement majoritaire depuis leur arrivée au pouvoir en 2006. Les conservateurs obtiennent ce résultat notamment en gagnant des sièges à Toronto et sa banlieue. En revanche, ils perdent plus de la moitié de leurs sièges au Québec face au NPD.

Le NPD remporte 59 des 75 sièges du Québec : auparavant, il n'avait réussi qu'à gagner un seul siège dans cette province lors d'une élection générale. Cette « vague orange » québécoise et une hausse dans le reste du pays permet au NPD de remporter 103 sièges — plus du double de son précédent record de 43 sièges en 1988 — et de former pour la première fois l'Opposition officielle.

Avec 34 sièges, le Parti libéral connait le pire résultat de son histoire : c'est la première fois que les libéraux ne forment pas soit le gouvernement soit l'opposition officielle. Ils s'effondrent notamment à Toronto et Montréal, deux bastions traditionnels. Le chef du Parti libéral Michael Ignatieff n'est pas réélu dans sa circonscription de Etobicoke—Lakeshore.

Le Bloc québécois — qui dominait la scène fédérale au Québec depuis 1993 — est décimé : il perd 43 sièges et est réduit à seulement 4 députés, perdant ainsi son statut de parti reconnu à la Chambre des communes. Les bloquistes sont victimes des gains du NPD et le chef du parti, Gilles Duceppe, perd son siège de Laurier—Sainte-Marie.

Enfin, le Parti vert perd des voix par rapport à 2008. Mais en concentrant ses moyens dans la circonscriptions de Saanich—Gulf Islands le parti réussit à y faire élire sa cheffe Elizabeth May : c'est la première fois que les verts font élire un député à la Chambre des communes.

Résultats nationaux[modifier | modifier le code]

Parti Chef Candidats Sièges Voix
2008 Dissol. 2011  % diff.  % sièges # # diff.  % pp diff.
     Parti conservateur Stephen Harper 307 143 143 166 +16,08 % 53,90 % 5 832 401 +623 332 39,62 % +1,97 pp
     Nouveau Parti démocratique Jack Layton 308 37 36 103 +178,38 % 33,44 % 4 508 474 +1 993 186 30,63 % +12,45 pp
     Parti libéral Michael Ignatieff 308[R 1] 77 77 34 −42,86 % 11,04 % 2 783 175 −850 010 18,91 % −7,36 pp
     Bloc québécois Gilles Duceppe 75 49 47 4 −91,84 % 1,30 % 889 788 −490 203 6,04 % −3,93 pp
     Parti vert Elizabeth May 304 1 n/a 0,32 % 576 221 −361 392 3,91 % −2,86 pp
     Indépendant et sans étiquette 61 2 2 −100 % 72 731 −22 113 0,49 % −0,19 pp
     Parti de l'héritage chrétien James Hnatiuk 46 19 218 −7 257 0,13 % −0,06 pp
     Parti marxiste-léniniste Anna Di Carlo 70 10 160 +1 595 0,07 % +0,01 pp
     Parti libertarien Dennis Young 23 6 017 −1 283 0,04 % −0,01 pp
     Parti progressiste canadien Sinclair Stevens 9 5 838 −22 0,04 % −0,00 pp
     Parti Rhinocéros[R 2] François Gourd 14 3 819 +1 697 0,03 % +0,01 pp
     Pirate Mikkel Paulson 10 * * 3 198 * 0,02 % *
     Parti communiste Miguel Figueroa 20 2 925 −647 0,02 % −0,01 pp
     Action canadienne Christopher Porter 12 2 030 −1 425 0,01 % −0,01 pp
     Parti marijuana Blair Longley 5 1 864 −434 0,01 % −0,00 pp
     Alliance animaux environnement Liz White 7 1 451 +924 0,01 % +0,01 pp
     Parti du bloc de l'ouest Doug Christie 4 748 +553 0,01 % +0,00 pp
     United Brian Jedan 3 * * 294 * 0,00 % *
     First Peoples National Will Morin 1 228 −1 383 0,00 % −0,01 pp
     Vacant 3  
Total 1 587 308 308 308 ±0,0 % 100,0 % 14 720 580 +886 286 100 %  
Source : Élections Canada
  1. André Forbes de Manicouagan a reçu l'investiture libérale mais a perdu le soutien du parti après sa nomination. Il a mené campagne comme indépendant. Il est listé ici comme libéral car c'est ainsi qu'il apparaissait sur le bulletin.
  2. Le Parti Rhinocéros a concurru lors de la précédente élection sous le nom Neorhino.ca.
Gains et pertes entre partis (2008-2011)
Gagnant / Perdant CON NPD LIB BQ IND Total des gains
     Conservateur - 2 27 - 1 30
     NDP 6 - 17 45 1 69
     Libéral - 1 - - - 1
     Bloc québécois - - - - - -
     Vert 1 - - - - 1
Total des pertes 7 3 44 45 2 101

Résultats par province[modifier | modifier le code]

Parti CB AB SK MB ON QC NB ÎPÉ TNL YT NT NU Total
     Conservateur Sièges 21 27 13 11 73 5 8 4 1 1 1 0 1 166
Voix 45,5 66,8 56,3 53,5 44,4 16,5 43,9 36,7 41,2 28,4 33,8 32,1 49,9 39,6
     NPD Sièges 12 1 0 2 22 59 1 3 0 2 0 1 0 103
Voix 32,5 16,8 32,3 25,8 25,6 42,9 29,8 30,3 15,4 32,6 14,4 45,8 19,4 30,6
     Libéral Sièges 2 0 1 1 11 7 1 4 3 4 0 0 0 34
Voix 13,4 9,3 8,6 16,6 25,3 14,2 22,6 28,9 41,0 37,9 33,0 18,4 28,7 18,9
     Bloc québécois Sièges 4 4
Voix 23,4 6,0
     Vert Sièges 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1
Voix 7,7 5,3 2,7 3,6 3,8 2,1 3,2 4,0 2,4 0,9 18,9 3,1 2,0 3,9
     Indépendants Voix 0,2 1,3 0,2 0,1 0,2 0,6 0,5 0,3 0,4
Total 36 28 14 14 106 75 10 11 4 7 1 1 1 308

Sondages d'opinion[modifier | modifier le code]

Au cours de la 40e législature, l'appui de l'opinion publique pour le Parti conservateur fluctue entre 30 % et 40 %. Un sondage montre que les conservateurs atteignent plus de 50 % après que le Parti libéral et le NPD ont proposé une coalition. Au Canada, un pourcentage de 40 % des votes est habituellement considéré suffisant pour former un gouvernement majoritaire. Pendant ce temps, l'appui de l'opinion publique pour le Parti libéral varie entre 25 % et 35 %, le NPD demeure entre 15 % et 20 %, et le Bloc et le Parti vert autour de 10 %.

À partir de la troisième semaine de la campagne électorale, après la télédiffusion du débat des chefs, l'appui au NPD monte de 20 % à 30 % dépassant le parti libéral qui perd des points, de même que les autres partis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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