L'Île-Bouchard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bouchard.
L'Île-Bouchard
L'église - lieu des apparitions de 1947 - sous la neige.
L'église - lieu des apparitions de 1947 - sous la neige.
Blason de L'Île-Bouchard
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Arrondissement Chinon
Canton Sainte-Maure-de-Touraine
Intercommunalité communauté de communes Touraine Val de Vienne
Maire
Mandat
Valérie Bouchaud-Violleau
2014-2020
Code postal 37220
Code commune 37119
Démographie
Gentilé Bouchardais
Population
municipale
1 638 hab. (2014)
Densité 471 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 07′ 15″ nord, 0° 25′ 32″ est
Altitude Min. 33 m – Max. 65 m
Superficie 3,48 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
L'Île-Bouchard

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
L'Île-Bouchard
Liens
Site web mairie-ilebouchard.fr

L'Île-Bouchard est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Île-Bouchard est située à une quarantaine de kilomètres au sud de Tours, une quinzaine au sud d'Azay-le-Rideau et à nouveau une quinzaine à l'est de Chinon, sur les deux rives de la Vienne, au cœur du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La commune englobe les deux rives de la Vienne. Elle dispose à cet endroit d'une ile stable utilisée depuis toujours pour le passage par des ponts bien ancrés avec rive gauche Saint-Maurice et rive droite Saint-Gilles. L’Ile-Bouchard, dans le Cartulaire de l’abbaye de Noyers, est désigné en 1189 sous le nom de Insula Buchardi. Sur cette ile des vestiges romains ont été identifiés. Un seigneur nommé Bouchard jeta les fondations d’un «castrum» dans l’Ile en 885[1]. Il dirigea entre autres une expédition chargée de ramener en Touraine les reliques de saint Martin qui se trouvaient en l’église d’Auxerre. Les successeurs de cette seigneurie Bouchard sont nombreux au cours des siècles. Si la tradition conclut simplement le patronyme éponyme du lieu, une coïncidence toponymique sur la racine "Bouche" laisse supposer l'inverse (le lieu aurait donné son nom à la seigneurie). En effet la signification la plus courante de cette racine toponymique est "passage" au sens très large, aussi bien en montagne que sur une rivière ou un fleuve, que passage accès pour un bateau. Exemple dans le mot em-bouch-ure, comme dans Bouches-du-Rhône comme par exemple dans Bouchemaine etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1415 lors de la bataille d'Azincourt, le seigneur de l'Ile Bouchard fait partie des chevaliers morts au combat.

En 1832, l'actuelle commune de L'Île-Bouchard est créée par la fusion des communes de Saint-Gilles-de-l'Île-Bouchard et de Saint-Maurice-de-l'Île-Bouchard.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1919 1939 Louis Dien Rad. ind Industriel en briqueterie
Député (1928-1932), conseiller général (1919-1940)
1947 1995 André-Georges Voisin RPR Exploitant forestier
Président du Conseil Général (1970-1992)
Député (1958-1981)
Sénateur (1983-1992)
2001 2008 Jean Moreau    
2008 2014 Jean-Luc Dupont UMP  
2014 en cours Valérie Bouchaud Violleau DVD[2] Retraitée

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Vue sur la Vienne depuis l'Île.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 638 habitants, en diminution de -6,61 % par rapport à 2009 (Indre-et-Loire : 2,57 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
439 853 754 799 861 1 804 1 708 1 650 1 636
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 593 1 569 1 595 1 452 1 393 1 514 1 436 1 426 1 466
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 437 1 449 1 367 1 245 1 148 1 190 1 188 1 255 1 348
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
1 315 1 609 1 762 1 796 1 800 1 764 1 740 1 655 1 638
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Petite enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Quatre établissements offrent leurs services sur la commune :

  • La crèche multi-accueil Coccinelle, établissement privé non lucratif, qui accueille des enfants jusqu'à 6 ans ;
  • Le Relais d'Assistante maternelle (RAM), dont le fonctionnement est assuré par la Communauté de communes ;
  • Le Relais animation accueil proximité (RAAP), géré par l'Aide à domicile en milieu rural (ADMR) ;
  • Le centre de loisirs L'Île aux pirates, ouvert les mercredis et pendant les vacances scolaires, pour les enfants et adolescents de 3 à 17 ans.

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'Île-Bouchard est rattachée à l'académie d'Orléans-Tours. La commune disposent de trois établissements :

  • École maternelle publique Lamartine ;
  • École primaire publique ;
  • Collège public André-Duchesne.

Santé[modifier | modifier le code]

Une maison de santé pluridisciplinaire de 450m², inaugurée en 2014 et composée de six cabinets médicaux pour cinq médecins généralistes et d'un cabinet pour deux infirmiers, est située dans le quartier Saint-Maurice.

Deux centres hospitaliers, situés à Saint-Benoît-la-Forêt et Sainte-Maure-de-Touraine, et une clinique chirurgicale, localisée à Saint-Benoît-la-Forêt, sont accessibles dans un rayon de 15 kilomètres.

Services publics[modifier | modifier le code]

En dehors des services et infrastructures dépendants de la mairie, L'Île-Bouchard dispose d'un bureau de Poste, d'une caserne de pompiers et d'une gendarmerie.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de L'Île-Bouchard

Les armes de LÎle-Bouchard se blasonnent ainsi : Écartelé de sinople à la fasce d'or, et d'or à la bande de sinople[7].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le prieuré Saint-Léonard.
L'église Saint-Gilles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • André-Georges Voisin, né en 1918 et décédé en juin 2008, a été conseiller général du canton de l'Île-Bouchard et président du conseil général d'Indre-et-Loire des années 1970 aux années 1990. Il a contribué au développement des infrastructures routières du département, prolongeant l'action de Jean Royer dans les espaces ruraux.
  • Isaac de Razilly, né en pays chinonais, chevalier de l'Ordre de Malte, commandeur de la Commanderie de l'Ile Bouchard, deviendra Lieutenant général d'Acadie jusqu'à sa disparition en 1636, surnommé le « Commandeur »[9].

Apparitions mariales[modifier | modifier le code]

Faits locaux du moment[modifier | modifier le code]

Le en début d’après-midi, à l’Île-Bouchard, quatre petites filles (Jacqueline et Jeanne Aubry, Nicole Robin et Laura Croizon) ont vu dans l’église paroissiale Saint-Gilles une apparition de la Vierge Marie accompagnée de l’ange Gabriel. Les apparitions durent jusqu’au 14 décembre 1947. La paroisse, d’abord sceptique, finira par être convaincue. Une guérison inexplicable de la vue d’une des voyantes, un rayon de soleil extrêmement vif, qui suit un trajet impossible, constituent des signes pour les assistants[10],[11].

Propos attribués à la vierge lors des dix apparitions, recueillis par les enfants et rassemblées dans l'enquête canonique: (Pour résumer nous retenons les principaux[12]. Nous ne répèterons pas toutes les demandes nombreuses de prier de telle ou telle manière) (toutes les questions et réponses des enfants ne sont pas reportée là)

  • - Dites aux petits enfants (ceux que vous connaissez) de prier pour la France... car elle en a grand besoin.
  • - Je suis votre Maman du Ciel (L'ange dit: "Je suis l'ange Gabriel").
  • - Donnez-moi votre main à embrasser!
  • - Embrassez la croix de mon chapelet.
  • - Je vais vous dire un secret que vous pourrez redire dans trois jours: priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger.
  • - Dites à Monsieur le Curé de construire une grotte...
  • - Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles, mais pour vous demander de prier pour la France.
  • - à l'enfant myope: "Demain vous y verrez clair et vous ne porterez plus de lunettes".
  • - Je vais vous confier un secret que vous ne direz à personne.
  • - Priez-vous pour les pécheurs?
  • - "Je suis venu ici" parce qu'il y a des personnes pieuses et en souvenir de Jeanne Delanoue qui vous aimait tant et qui aimait tant vous faire prier à la chapelle Notre-Dame-des-Ardilliers...
  • - Il y aura du bonheur dans les familles.
  • - Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles, mais pour que vous priiez pour la France.
  • - Avant de partir, j'enverrai un vif rayon de soleil.

Le contexte[modifier | modifier le code]

A l'époque, au lendemain de la première apparition, un mois entier d'escalade d'un mouvement social insurrectionnel trouve un dénouement assez mystérieux. Nombre de contemporains envisagerons, plus ou moins rapidement un lien entre ces apparitions et le dénouement surprise de ces grèves de 1947 en France. Elles ont durées un mois entre le 10 novembre et le 9 décembre 1947, débutant à Marseille par un vaste mouvement de grèves insurrectionnelles. Elle agite tout le pays, oppose violemment les manifestants aux forces de l’ordre que dirige le ministre de l’Intérieur Jules Moch: 300 000 mineurs, plusieurs milliers d'employés d’entreprises publiques (comme les PTT) refusent de reprendre le travail; ils occupent bureaux, usines, puits et ateliers. Le gouvernement fait appel à l'armée et déploie 60 000 soldats et CRS pour contrer les 15 000 grévistes afin de les forcer à reprendre le travail.

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1947, des militants de la fédération du Pas-de-Calais de la CGT sabotent la liaison ferroviaire Paris-Tourcoing en déboulonnant deux rails, provoquant le déraillement d'un train, près d'Arras, faisant 16 morts et 50 blessés[13],[14]. Moins graves, en tout c'est 15 sabotages dont 6 déraillements qui sont perpétrés dans toute la France. Le dénouement gardera longtemps un coté mystérieux car sans évolution vraiment nouvelle le 9 novembre le Comité central CGT «ordonne» la reprise du travail. Le bilan parmi les seuls grévistes (6 morts et une centaine de blessés), autant parmi les forces de l'ordre, auquel il faut rajouter les morts de l'attentat précité. Les militants saboteurs croyaient que le convoi transportait des CRS venus appuyer les non-grévistes d'Arras, majoritairement militants gaullistes[13]. Dans la revu Historia, l'article envisage au conditionnel un dénouement lié aux négociations secrètes du gouvernement avec le PCF, échangeant l'absence de poursuite des militants contre la reprise du travail[13].

Le contexte nationale est alors très particuliers:

Dévelloppements[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire est depuis l’objet d’un pèlerinage. Par décret du 8 décembre 2001, à la suite d’une enquête, monseigneur André Vingt-Trois, alors archevêque de Tours, « autorise ces pèlerinages et le culte public célébré en l'église paroissiale Saint-Gilles de L'Île-Bouchard[15] ».

Depuis 1999, les pèlerinages et les paroisses environnantes sont animés par des prêtres et laïcs de la communauté de l'Emmanuel.Des pèlerinages à l'intention de la France s'y rendent régulièrement chaque année, notamment le pèlerinage pour la France à la fin du mois de septembre dont le but est de prier pour la nouvelle évangélisation de la France en faisant appel aussi bien aux pèlerins français qu'aux pèlerins étrangers, issus de pays ayant reçu l'évangile de missionnaires français[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. mairie-ilebouchard.fr
  2. http://www.lemonde.fr/centre-val-de-loire/indre-et-loire,37/l-ile-bouchard,37119/
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  7. Le blason de la commune sur Gaso. Consultation : mars 2009.
  8. Notice no PA00097784, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. http://www.cfqlmc.org/bulletin-memoires-vives/bulletins-anterieurs/17-bulletin-nd-25-mai-2008/336-isaac-de-razilly-amiral-de-france-et-l-canadienr--touraine-1587-acadie-1635
  10. Bernard Peyrous, Les événements de l’Ile Bouchard. Éditions de l’Emmanuel, Paris, 1997.
  11. Élisabeth Baranger et Bernard Peyrous, Les apparitions de l’Ile Bouchard, Documents authentiques. Éditions de l’Emmanuel, Paris, 2002.
  12. jesusmarie.free.fr
  13. a, b et c Rémy Kaufer, Cheminots, mineurs, métallos... : Les grèves insurrectionnelles de 1947, Historia, 01/01/2008 - n°733
  14. «Un sabotage»: en 1947, à Agny, l’attentat du train postal coûtait la vie à vingt personnes, sur lavoixdunord.fr, (consulté le 10 janvier 2017)
  15. Décret du 8 décembre 2001
  16. http://www.pelepourlafrance.fr

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francine Bay. « Dites aux petits enfants de prier » : les apparitions de l'Île-Bouchard (Indre-et-Loire, 1947). Paris : Pierre Téqui éditeur, 2007, 30 p. (Collection Les Petits Pâtres). (ISBN 978-2-7403-1382-4)
  • la bataille d'Azincout ,de Dominique Paladilhe, edité chez Perrin 2002