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Château de la Mothe-Chandeniers

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Château de la Mothe-Chandeniers
Image illustrative de l’article Château de la Mothe-Chandeniers
Période ou style Néo-gothique
Type Château
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire initial Famille de Bauçay
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel SAS Château de la Mothe-Chandeniers
Site web http://www.mothe-chandeniers.com
Coordonnées 47° 05′ 32″ nord, 0° 01′ 57″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Drapeau de l'Anjou Anjou
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Vienne
Commune Les Trois-Moutiers

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Château de la Mothe-Chandeniers

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Château de la Mothe-Chandeniers

Le château de la Mothe-Chandeniers est un château situé sur la commune des Trois-Moutiers au nord du département de la Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine.

Édifié vers le XIIIe siècle dans le Loudunais, en Anjou, il prend d'abord le nom de La Mothe-Bauçay (ou La Mothe-Baussay), du nom de la famille qui en est propriétaire. Au gré des héritages, le domaine échoit en 1448 à une branche de la maison de Rochechouart, aussi seigneur de Champdeniers, qui donne son nom définitif au château. L'un de ces représentants, François de Rochechouart, chassé de la cour royale pour avoir participé à la Fronde, s'y installe. Le faste qu'il y déploie le mène à la faillite personnelle, le domaine est vendu en 1668. Dès lors il passe entre les mains de nombreuses familles françaises, nobles ou roturières.

Embelli au début du XIXe siècle, le château est reconstruit dans les années 1870 dans le style néo-gothique. Les alentours sont également aménagés de sorte que l'édifice est entouré d'eau, comme au château d'Azay-le-Rideau.

Très endommagé par un incendie en 1932, l'édifice se dégrade peu à peu et tombe en ruine, malgré les tentatives de restauration des propriétaires successifs.

En décembre 2017, le château est racheté par des milliers d'internautes, au terme d'une campagne de financement lancée à l'initiative de Dartagnans et Adopte un Château, qui a largement dépassé les frontières de la France. Il est dorénavant la propriété de la SAS Château de la Mothe-Chandeniers, qui réunit les nombreux propriétaires, et dont l'objectif principal est de stopper la dégradation de l'édifice[1].

Histoire

Les origines

Construit vraisemblablement vers le XIIIe siècle, l'édifice est d'abord appelé château de la Mothe de Bauçay (ou Baussay)[2]. Il était la propriété de la famille de Bauçay, l'une des plus anciennes familles de la région[3]. Au cours de la guerre de Cent Ans, les Anglais s'emparent plusieurs fois du château qui est à chaque fois repris par les armées françaises. Mécontent de la mauvaise défense du fort, Charles V confisque la seigneurie à Amaury de Bauçay et la donne en 1371 à Guillaume Le Cuens[4]. Le fief est finalement rendu à son fils, Jean de Bauçay[3]. Au XVe siècle, Marie de Bauçay apporte le château en dot à Guillaume de Chaunay, seigneur de Champdeniers[5]. Les seigneuries passent en 1448 à la famille de Rochechouart lorsque leur petite-fille, Anne de Chaunay, se marie à Jean[6], formant ainsi la branche des Rochechouart-Chandeniers. Dès lors, l'édifice est conjointement nommé La Mothe-Bauçay et La Mothe-Chandeniers jusqu'en 1624, date à laquelle il conserve définitivement la seconde dénomination[2].

Splendeurs et déboires

Le domaine reste pendant plus de deux siècles dans la famille de Rochechouart, dont plusieurs membres naissent au château.

Ayant pris parti pour la Fronde, François, vicomte de Rochechouart[note 1] est exilé de la cour en 1650[7]. Il s'installe au château de la Mothe-Chandeniers et en fait un lieu faste et incontournable[3]. À l'issue d'une visite en 1657, le poète Léonard Frizon témoigne de la richesse du domaine dans un poème intitulé Motha Candeneria : statues de marbre et meubles précieux, chevaux de races rares, théâtre et pyramide dans les jardins. Il écrit :

« Partout la richesse, le luxe et le goût offrent une splendeur véritablement royale »

— Léonard Frizon[3]

François de Rochechouart ne peut cependant pas maintenir ce train de vie. En faillite personnelle, il abandonne La Mothe-Chandeniers à ses créanciers en 1668[3]. Sa sœur Marie le rachète, puis le cède en 1685 à Nicolas de Lamoignon, seigneur de Basville, qui obtient son érection en marquisat en 1700[8]. Son fils Guillaume-Urbain de Lamoignon hérite de ses biens ; lors de son mariage en 1695, La Mothe est estimé à 40 000 livres. Le 23 avril 1766, le domaine est attribué par licitation à son gendre René-Charles de Maupeou, futur vice-chancelier et garde des Sceaux de France (AN., MC/ET/LXVI/11) ; sa fille Marie de Lamoignon cèdera sa part en 1781 aux Maupeou [3]. Réunie à la baronnie de Curçay, aux seigneuries de Baussay et de Beuxes, La Mothe est érigée en marquisat, par lettres patentes de juillet 1767 enregistrées au Parlement le 13 août, en faveur du fils de René-Charles de Maupeou, René-Nicolas de Maupeou (AN., X1A 8782, fol.377 v°). Par lettres patentes de mai 1771, Louis XV décrète que le marquisat de La Mothe relèvera juridiquement de la tour du Louvre, où René-Nicolas de Maupeou, alors chancelier de France, rendra hommage au roi (AN., X1A 8794, fol.316). Il récupère la part d'Antoine-Jean de Gagne de Périgny en 1781[3].

François Hennecart, riche entrepreneur parisien, achète le château en 1809 et le fait restaurer en conservant une partie de l'édifice médiéval. Il aménage également les alentours : il y fait notamment planter un vignoble, creuser des canaux ou tracer des allées. Sa fille Alexandrine Hennecart, mariée à Jacques Ardoin, en hérite puis le lègue à sa troisième fille, Marie Ardoin, qui épouse en 1857 le baron Edgard Lejeune, fils de Louis-François Lejeune. Ils entreprennent aux alentours de 1870 une reconstruction massive qui métamorphose le domaine. L'architecte anglais[Qui ?] chargé des travaux s'inspire des châteaux de la Loire notamment celui de Blois ou d'Azay-le-Rideau, dont on retrouve l'idée d'un plan d'eau entourant l'édifice. Le style puise volontairement dans le néo-gothique et le goût romantique amorcé par Louis II de Bavière[9].

Mais le dimanche 13 mars 1932, alors que le baron Lejeune vient d'y faire installer le chauffage central, un violent incendie se déclare[7]. Les pompiers, venus de toute la région, ne peuvent éviter le désastre. Seule la chapelle, les dépendances et le pigeonnier sont épargnés. Les pertes sont considérables et se chiffrent à plusieurs millions d'après les journaux qui relatent le fait divers, comme Le Figaro[10] ou L'Ouest-Éclair :

« Des tapisseries de grande valeur, des objets rares, des tableaux précieux et une bibliothèque importante ont été, outre les bâtiments de style Renaissance, la proie des flammes. »

— L'Ouest-Éclair[11]

En 1963, après la guerre d'Algérie, l'industriel à la retraite Jules Cavroy rachète le domaine (deux mille hectares dont mille deux cents en forêt et huit cents en terre agricole) à la veuve du 4e baron Lejeune. Des rapatriés d'Algérie exploitent les terres de la Mothe (cinq cent cinquante hectares autour des ruines du château), qu'un mémoire d'histoire cite comme une exploitation pilote[réf. à confirmer]. Au début des années 1980, le Crédit Lyonnais rachète les bois avant de les vendre en différents lots à plusieurs propriétaires[réf. nécessaire].

Dans les années 1980, le château est racheté par un ancien professeur de mathématiques qui tente de le sauver, en vain[5]. La nature reprend ses droits dans les ruines laissées à l'abandon.

Renaissance

En avril 2016, une association est créée pour s'efforcer de sauver le château de l'anéantissement et valoriser le site[12]. À l'époque, il est envisagé de proposer un bail emphytéotique au propriétaire des ruines[13].

Les bois voisins de la propriété accueillent un village de vacances Center Parcs. En novembre 2016, le groupe Pierre & Vacances-Center Parcs a annoncé, par l'intermédiaire de son directeur des grands projets Éric Magnier, vouloir racheter le château et ses abords. Le projet ne prévoit pas de reconstruire le château mais la consolidation de la ruine pour l'ouvrir à la visite, l'aménagement des jardins et l'installation d'un parc animalier[14]. Cela ne semble pas aboutir car la date de la promesse d'achat est dépassée[15].

Première campagne

Logo de la SAS du château de la Mothe-Chandeniers.

En 2017, Dartagnans et Adopte un château offrent la possibilité, grâce au crowdfunding, de devenir les futurs copropriétaires du château. Le prix d'achat du château est de 500 000 euros, somme atteinte le [16]. Le projet dépasse le million d'euros le 8 décembre 2017. La campagne de récolte de fonds se clôture le 25 décembre 2017 au soir avec plus de 1 617 000 euros et 18 558 contributeurs de 115 pays[17]. L'argent collecté (au-delà de l’investissement immobilier avec l'achat des murs) doit servir aux premiers travaux de sécurisation et de rénovation du site[18]. Début 2018, une société par actions simplifiée (SAS) est créée dans laquelle chaque donateur devient actionnaire en fonction des parts qu'il a achetées[19]. Le château de la Mothe-Chandeniers est désormais la plus grande copropriété du monde[17].

Deuxième campagne

En mai 2018, une consultation est organisée afin de recueillir l'avis des copropriétaires sur une possible extension du domaine et ses modalités. L'initiative est approuvée par une large majorité et une nouvelle campagne, réservée seulement aux personnes ayant participé à la précédente campagne est ouverte pour l'achat de la chapelle, d'une partie du parc et des dépendances. Elle se termine en juin 2018 avec plus de 474 000 euros récoltés[20].

Architecture

En 1809, François Hennecart, riche négociant parisien, le rachète. Ne gardant que les soubassements, il le reconstruit en faisant creuser des canaux de chaque côté et un lac à l'arrière du domaine. En 1870, sa petite-fille, la baronne Lejeune, embellit le château en s’inspirant de l’architecture des châteaux de la Loire.

Notes et références

Notes

  1. François (1611-1696), vicomte de Rochechouart, fils de Jean-Louis de Rochechouart (1582-1635) - ce dernier ayant participé en 1627 au siège de la Rochelle commandé par le cardinal de Richelieu - et de Marie-Sylvie de La Rochefoucauld, appartient à la famille de Rochechouart. Appelé le chevalier de Jars, François est proche de la reine Anne d'Autriche. Exilé en Angleterre, à son retour en 1632, il est enfermé à la Bastille et interrogé par Laffemas, le « bourreau du cardinal », qui le fait condamner à mort. Conduit à l'échafaud le 10 novembre 1633, François est grâcié quelques instants seulement avant son exécution. Après un long séjour en prison, il s'exile en Italie où il devient proche de Mazarin (qui succède à Richelieu en 1643). Il joue un rôle important aux premières heures de la Fronde. En 1661, il est fait comte de Limoges. Ne pas confondre avec son aïeul François de Rochechouart, nommé gouverneur de Gênes par Louis XII en 1508.

Références

  1. Anne-Laure Le Gall, « 27 000 seigneurs ont sauvé ce château », Paris Match, semaine du 2 au 8 août 2018, p. 101-104.
  2. a et b Léo Desaivre, « Inventaire du mobilier du château de la Mothe-Chandenier en 1530 », Bulletins de la Société des antiquaires de l'Ouest,‎ , p. 583-611 (lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e, f et g Charles de Grandmaison, Modeste Lahaire, Xavier Barbier de Montault et Roger Drouault, Paysages et monuments du Poitou photographiés par Jules Robuchon, t. IV, 1887-1892, 292 p. (lire en ligne), p. 72-74.
  4. Ambroise Ledru et Louis-Jean Denis, La maison de Maillé, t. II, Paris, A. Lemerre, , 534 p. (lire en ligne), p. 158.
  5. a et b Denys Frétier, « Qui peut sauver ce château ? », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  6. Antoine-René d'Argenson, marquis de Paulmy, Mémoires pour servir à l'histoire de la maison de Rochechouart, 1601-1700, 150 p. (lire en ligne), p. 16.
  7. a et b « Vienne : un château abandonné digne d'un conte de fées », Le Point, 29 novembre 2015.
  8. Société des sciences, arts et belles-lettres du Tarn, Revue historique, scientifique et littéraire du département du Tarn, Albi, (lire en ligne), p. 108.
  9. « Univers. La Mothe-Chandeniers, le château sauvé », Point de Vue,‎ (lire en ligne)
  10. « Des châteaux historiques sont ravagés par le feu », Le Figaro, no 75,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  11. « Un château historique complètement détruit », L'Ouest-Éclair, Nantes, no 12913,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  12. « l'Association des Amis du Château de la Mothe-Chandeniers », sur l'Association des Amis du Château de la Mothe-Chandeniers (consulté le 24 février 2018).
  13. « Compte-rendu de la réunion de travail du bureau du 28 mai. », l'Association des Amis du Château de la Mothe-Chandeniers,‎ (lire en ligne).
  14. Baptiste Bize, « La Mothe-Chandeniers va renaître de ses ruines », sur La Nouvelle République, .
  15. « La Mothe-Chandeniers – Le château sauvé grâce au crowdfunding ! », Souterrains de Lyon,‎ (lire en ligne).
  16. « Le château La Mothe-Chandeniers, vendu 500.000 euros à 6.500 internautes », sur Le Point, (consulté le 10 décembre 2017).
  17. a et b « Et si on adoptait la Mothe-Chandeniers », sur Dartagnans (consulté le 2 juillet 2018).
  18. « La Mothe-Chandeniers, le château aux 25.000 propriétaires », sur Les Échos, (consulté le 30 décembre 2017).
  19. « Château de la Mothe-Chandeniers à PARIS (835113820), CA, bilan, KBIS - Infogreffe », sur www.infogreffe.fr (consulté le 21 juin 2018)
  20. « Et si on adoptait le parc de la Mothe Chandeniers - Phase 2 », sur Dartagnans (consulté le 22 juillet 2018)

Voir aussi

Article connexe

Liens externes