Bataille de Castillon

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Bataille de Castillon
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La mort de John Talbot à la bataille de Castillon
(miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, fin du XVe siècle, Paris, BnF, département des Manuscrits).

Informations générales
Date
Lieu Castillon-la-Bataille
Issue Victoire française décisive
Belligérants
Blason France moderne.svg Royaume de France
COA fr BRE.svg Duché de Bretagne
England Arms 1405.svg Royaume d'Angleterre
Blason province fr Gascogne.svg Duché de Gascogne
Commandants
Blason JeanBureau.svg Jean Bureau
Blason André de Lohéac.svg André de Lohéac
Blason John Talbot.svg John Talbot
Forces en présence
10 000 hommes 9 000 hommes
Pertes
100 hommes blessés ou tués 4 000 morts blessés et prisonniers

Guerre de Cent Ans

Batailles

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Coordonnées 44° 51′ 20″ N 0° 02′ 26″ O / 44.855555555556, -0.04055555555555644° 51′ 20″ Nord 0° 02′ 26″ Ouest / 44.855555555556, -0.040555555555556

Géolocalisation sur la carte : Gironde

(Voir situation sur carte : Gironde)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Castillon.

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(Voir situation sur carte : Aquitaine)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Castillon.

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(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Castillon.

La bataille de Castillon eut lieu le entre les armées de Henri VI d'Angleterre et celles de Charles VII de France. Cette victoire décisive pour les Français met fin à la guerre de Cent Ans

Contexte général[modifier | modifier le code]

À la suite de la reconquête de la Normandie (campagne de 1450), les Français dirigent leurs efforts vers la seule région encore aux mains des Anglais. La Guyenne est presque reconquise par les Français, mais les exigences de Charles VII heurtent les intérêts des partisans de l'Angleterre[réf. nécessaire]. Après la conquête de Bordeaux par les Français en 1451[1], le roi d'Angleterre Henri VI envoie une armée, commandée par John Talbot, qui reprend la ville un an plus tard, à la grande satisfaction des habitants, dont la prospérité dépend largement du commerce avec l'Angleterre. Talbot est nommé lieutenant général de Guyenne. Le reste de la province se rebelle contre le roi de France. Charles VII envoie à son tour une armée pour reconquérir la Guyenne.

Plan de la bataille

Les préparatifs français[modifier | modifier le code]

L'armée française est commandée collégialement par les maréchaux de France André de Lohéac et Philippe de Culant[2], l'amiral Jean de Bueil et d'autres seigneurs. Un corps d'armée descend la vallée de la Dordogne et arrive le 13 juillet devant le château de Castillon, tenu par les Anglais[3]. Il s’apprête à l'assiéger mais veut d'abord attirer les Anglais dans un piège. L'armée comprend 1 800 lances fournies, soit 7 200 combattants de cavalerie, 800 francs-archers, l'artillerie et des auxiliaires de cavalerie envoyés par le duc de Bretagne. L'artillerie est sous les ordres de Jean Bureau, trésorier général de France (1441), et de son frère Gaspard, grand-maître de l'artillerie (1444)[4]. Jean Bureau choisit un terrain au nord de la Dordogne pour y placer ses canons. Le camp est installé derrière un ancien lit sinueux de la Lidoire, petit affluent de la Dordogne. Le lit sert de fossé et sa rive nord est aménagée en parapet, avec un rempart continu en troncs d'arbres. Le camp retranché, qui fait 600 mètres de long[3], est gardé au nord, à environ 1 km et 1/2, par les 1 000 hommes de la cavalerie bretonne, dissimulés sur la colline d'Horable, commandés par les sires de Montauban et d'Hunaudaye[5]. La plaine de Colle, sur l'actuelle commune de Lamothe-Montravel, entre le camp retranché et la Dordogne, est un terrain plat idéal pour les tirs de l'artillerie française. Jean Bureau dispose d'un parc considérable, d'au moins 300 canons, servis par 700 manœuvriers[3]. Cette grosse et menue artillerie du roi, mobile, montée sur chariots, avec des bouches à feu tirant des boulets de fonte de différents calibres[6] constitue une véritable artillerie de campagne, une innovation militaire de première importance à cette époque où l'artillerie était généralement utilisée pour les sièges. Jean Bureau dispose ses canons en direction de la plaine au sud et prépare ses positions de tir.

Les préparatifs anglais[modifier | modifier le code]

Talbot sait que ses forces sont plus faibles que celles de son adversaire. Les Français arrivent en Guyenne par trois colonnes. Il est dès lors souhaitable d'attaquer en premier, en détruisant séparément les trois corps, avant leur regroupement. Il subit aussi les pressions des vignerons qui craignent de longs combats sur leurs terres et redoutent que les affrontements se poursuivent jusqu'aux vendanges. Bien qu'il soit prudent et très expérimenté, Talbot, informé de l'arrivée des Français à Castillon, décide de passer à l'attaque.

Il part de Bordeaux le 16 juillet au matin, avec une force anglaise de 800 à 1 000 combattants à cheval et 4 000 à 5 000 hommes à pied[3], ainsi que des renforts de 3 000 à 4 000 Gascons, et avance à marche forcée sur Castillon. À l'aube du 17, son avant-garde surprend et disperse un détachement de francs-archers français commandés par Jacques de Chabannes et Joachim Rouault, qui sont en avant-poste dans l'abbaye de Saint-Laurent, au nord de Castillon, en bordure de la route de Bordeaux. 100 à 120 Français sont tués et les autres s'enfuient vers le camp retranché. Les Français qui assiègent le château de Castillon se replient aussi dans le camp[7]. Des habitants signalent aux Anglais des mouvements de cavalerie sortant du camp à l'est. Ces diverses observations font penser à Talbot que son adversaire prépare son retrait et que c'est le bon moment de l'attaquer, sans grand risque.

Les assauts anglais[modifier | modifier le code]

Talbot pénètre dans la plaine de la Colle, au sud des forces françaises. Les limites sinueuses du camp retranché et ses parapets ne lui permettent pas d'apprécier aussitôt la composition et l'importance des forces adverses. Talbot ne dispose que de peu d'artillerie, qui n'est d'ailleurs pas encore arrivée, et doit livrer initialement un combat d'infanterie. Il donne l'assaut dès qu'il est arrivé devant le centre du camp français. L'attaque est contenue par les Français. Talbot lance de nouveaux assauts qui sont chaque fois repoussés au corps à corps[8].

L'artillerie de campagne française[modifier | modifier le code]

Entre temps, Jean Bureau a pu ajuster ses positions en fonction de celles des Anglais. Il lance les tirs en enfilades de toutes ses bouches, presque à bout portant. La canonnade a un effet dévastateur sur les Anglais qui tombent en nombre. Les autres, sous l'effet de la surprise, commencent à s'inquiéter. Talbot fait mettre pied à terre aux cavaliers mais reste en selle, son grand âge lui retirant sa mobilité. Un boulet de couleuvrine tue son cheval et lui brise une jambe[3]. Fidèle au serment fait à Charles VII[9], il est sans arme ni armure et ne porte aucun signe de distinction de sa qualité. Non reconnu lors de l'attaque des Français, il est tué par un archer. Ainsi finit ce fameux et redouté chef anglais, qui passait depuis si longtemps pour l'un des fléaux les plus formidables et un des plus jurés ennemis de la France.[3].

La charge de la cavalerie bretonne[modifier | modifier le code]

Malgré leur situation devenue très difficile, les Anglais lancent de nouveaux assauts, qui sont toujours repoussés. De leur position arrière sur la colline d'Horable, les cavaliers bretons entendent la canonnade et sont prêts à intervenir. Lorsqu'ils en sont requis par les chefs du camp retranché, ils longent ce dernier, sans qu'on sache exactement si c'est par l'est[10] ou par l'ouest[11], débouchent sur le champ de bataille et chargent les Anglais. Ces troupes auxiliaires, de grand et noble courage, firent tant, avec l'aide de Dieu et par leur prouesse, que les Anglais tournèrent enfin le dos et furent mis en fuite et défaits. Ainsi, toutes leurs bannières furent abattues et renversées par les Bretons[3]. À l'arrivée de la cavalerie, les Français abaissent les portes de leur camp, en sortent à pied et à cheval et attaquent[12]. Ce qui reste de l'armée anglaise est débordé de toutes parts, ne peut se retirer en ordre et est disloqué. Des rescapés fuient vers la Dordogne qu'ils traversent au gué du Pas de Rauzan. Ils sont poursuivis sur l'autre rive par les cavaliers bretons et beaucoup sont exterminés ou faits prisonniers. Un grand nombre d'Anglais et de Gascons, près de 5 000[3], peuvent cependant se réfugier dans le château de Castillon, dont sans doute les derniers éléments de l'armée de Talbot continuant à arriver. Les réfugiés de Castillon seront faits prisonniers deux jours plus tard.

Les suites de la bataille[modifier | modifier le code]

Chez les Français, la bataille a fait une centaine de tués et de blessés[13]. Les Anglais ont perdu 30 chevaliers et 4 000 hommes, dont 500 à 600 morts (2 000 et plus selon la Chronique du temps de Charles VII conservée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris[14]), les autres étant blessés ou faits prisonniers pendant la bataille. Parmi les morts se trouvent Talbot, deux de ses fils et le baron de L'Isle qui avait débarqué en Guyenne à la tête de 2 000 hommes de renfort.

Le lendemain de la bataille, les Français reprennent le siège de Castillon, avec l'artillerie de Jean Bureau pointée sur les remparts[3]. La ville se rend le surlendemain 19 juillet et les rescapés anglais sont faits prisonniers. Le roi d'Angleterre n'a plus de troupes de campagne en Guyenne. Les autres places-fortes anglaises tombent bientôt. Il ne reste plus que Bordeaux. Le siège est mis et Jean Bureau pointe ses canons sur les remparts. Le 14 octobre, la ville, affamée, préfère se soumettre.

Avec la bataille décisive de Castillon, la Guyenne redevient entièrement française, et le restera. La Guerre de Cent Ans est terminée. Les Anglais, boutés hors de France, ne conservent plus que la place forte de Calais.

Le corps de John Talbot, reconnu par son hérault, est inhumé le lendemain de la bataille dans la chapelle Notre-Dame de Colle, puis dans une chapelle érigée sur place, appelée Notre-Dame de Talbot. Il sera transféré en 1496 en Angleterre à l'abbaye de Whitchurch, dans le Shropshire.

Le souvenir de la bataille est resté vif en Guyenne. Talbot y fut longtemps appelé le bon roi Talabot[15]. Jusqu'au XIXe siècle, une procession se rendait le 17 juillet sur le lieu des combats. Un monument a été érigé à l'emplacement de Notre-Dame de Talbot détruite pendant la Révolution. Il porte le nom de monument Talbot. Pour le cinq-centenaire de la bataille, la Société Française d'Archéologie a posé une nouvelle plaque. Un autre monument, à la mémoire des frères Bureau, dû à l'architecte Henri Mello, a été érigé en 1888 en bordure de la D 936 par l'Union patriotique de France à l'initiative de son comité girondin, l'Union patriotique de la Gironde. Un spectacle de reconstitution historique de la bataille a été monté sur le site chaque été de 1977 à 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Appelé souvent dans les documents d'époque par son titre de seigneur de Jalognes.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Cf. Jean Chartier.
  3. Il sera fait marquis de Castillon par Charles VII.
  4. Cf.Philippe Contamine, "La bataille de Castillon", Les Célébrations Nationales, 2003.
  5. Des canons, bombardes, couleuvrines, veuglaires et ribaudequins, cf. Jean Chartier.
  6. C; Jean Chartier.
  7. Ou main à main, selon l'expression de Jean Chartier.
  8. Capturé à Rouen pendant la campagne de Normandie de 1450, Talbot avait été libéré par Charles VII contre sa parole de ne plus porter les armes contre la France.
  9. Cf. la carte de Burne dans Agincourt War.
  10. Cf. Henri Bardon ; la position de la colline d'Horable laisse penser que c'est plutôt par l'ouest.
  11. Cf. Lettre d'Angoulême ; la lettre attribue la chute de Talbot non à un obus mais aux soldats sortis du camp ; cependant, le rédacteur de la lettre n'a pas assisté à la bataille et écrit son texte juste après avoir entendu le premier récit venu de Castillon.
  12. Sont notamment blessés l'amiral Jean de Bueil et Jacques de Chabannes (cf. la lettre d'Angoulême) ; ce dernier mourra de ses blessures trois mois plus tard.
  13. No 1155, folio 113.
  14. Selon la transcription française de l'époque.

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France : nouvelle édition, revue sur les manuscrits, suivie de divers fragments inédits, publiée avec notes, notices et éclaircissements par Vallet de Viriville, t. II, Paris, Pierre Jannet,‎ , IV-346 p. (lire en ligne).
  • « Lettre sur la bataille de Castillon en Périgord, 19 juillet 1453 », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris, J. B. Dumoulin, 2e série, t. 4,‎ 1847-1848, p. 245-247 (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, t. III : 1444-1461, Paris, Jules Renouard,‎ , 512 p. (lire en ligne).
  • Gaston Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. V : Le Roi victorieux, 1449-1453, Paris, Alphonse Picard,‎ , 476 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • (en) Malcolm Graham Allan Vale, English Gascony, 1399-1453 : A Study of War, Government, and Politics during the Later Stages of the Hundred Years' War, Londres, Oxford University Press, coll. « Oxford Historical Monographs »,‎ , XVI-271 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Georges Minois, Charles VII : un roi shakespearien, Paris, Perrin,‎ , 850 p. (ISBN 2-262-02127-9, présentation en ligne).
  • Léon Drouyn, Bataille de Castillon en Périgord, 19 p., 1876, Imprimerie de G. Gounouihou.
  • Jean Barthe, La victoire de Castillon, 17 juillet 1453, 127 p., Éditions Sud-Ouest, 1997.
  • Alfred H. Burne, La bataille de Castillon, 1453, La fin de la guerre de Cent Ans, traduction de A. Bardon, Imprimerie Blière, Bordeaux, 1953.
  • (en) Anthony James Pollard, John Talbot and the War in France, 1427-1453, Londres, Royal Historical Society, coll. « Royal Historical Society Studies in History » (no 35),‎ , XIV-166 p. (ISBN 0-521-55003-3, présentation en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]