Steppe

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La steppe russe dans l'oblast d'Orenbourg

Une steppe (du russe : степь, step) est une terme de biogéographie qui désigne un biome correspondant aux prairies, savanes et brousses tempérées en Eurasie centrale. Il est issu d'un nom d'une région d'Asie centrale. La steppe est l'équivalent biogéographique en Eurasie de la prairie en Amérique du Nord.

Localisation[modifier | modifier le code]

La steppe eurasienne forme une large bande continue depuis le Delta du Danube et la côte nord de la mer Noire en Europe, jusqu'à la Mongolie et l'Altaï en Asie, où après une certaine discontinuité dû aux hauteurs de l'Altaï elle se poursuit en Extrême Orient en Mongolie et au nord de la Chine. Elle couvre également la base et les contreforts et plateaux des marges occidentales des divers massifs montagneux d'Asie centrale depuis l'Altaï au nord-est jusqu'à l'Hindou Kouch au sud-ouest.

Écosystème[modifier | modifier le code]

Selon les caractéristiques des espèces ligneuses et du couvert herbacé et leur densité, variant avec les climats (notamment la pluviométrie) et les sols, on parle de steppe arborée, de steppe buissonnante, de prairie dense d'herbes hautes, de steppe rase, de steppe clairsemée, de steppe épineuse...

La steppe se caractérise par un climat tempéré continental modérément sec et forme la transition avec les zones désertiques des climats semi arides.

Un feu de prairie au Kazakhstan.

La formation végétale à l'équilibre qu'est la steppe est normalement dépourvue d'arbres, à l’exception des vallées alluviales, ce qui permet la distinction entre la steppe (ne contenant que des graminées, des plantes herbacées, et une strate muscino-lichénique) et la savane tempéré ou steppe boisée (dont la strate herbacée est souvent plus dense et haute et qui contient en plus des espèces arborescentes). On attribue la quasi absence naturelle d'arbre à la rigueur de l'hiver qui s'y trouve associée à la relative faiblesse des précipitations avec des étés chauds, auxquelles se surajoute l'action déterminante des feux de prairie et de forêt lors des sécheresses assez fréquentes, et des nombreux animaux herbivores: depuis les très nombreuses espèces de rongeurs qui caractérisent ces milieux aux ruminants et chevaux, et de nos jours dans les zones de nomadisme les animaux d'élevage ont prit la relève des troupeaux sauvages, entretenant l'ouverture du milieu. Mais c'est surtout un climat de bordure assez instable entre les zones tempérées plus humides (zone de la forêt décidue et mixte) et arides (semi-déserts et steppes arides d'Asie centrale), les épisodes d'aridifications assez fréquents au cours des ages peuvent éliminer la forêt (asséchement et incendies, avancée du désert) qui n'a pas le temps de reconquérir l'espace durant les périodes plus humides qui voient alors le développement de verdoyantes prairies, et le processus de boisement est entravé par la colonisation plus rapide de la faune herbivore qui prospère dans ces riches prairies.

Utilisation par l'homme[modifier | modifier le code]

Dans certaines parties du monde, et spécialement en Europe, ex-URSS, tout comme en Amérique du Nord, l'essentiel des steppes et prairies ont été mises en culture là où la topographie et le climat sont favorables, et elles sont ainsi devenues certains des plus riches bassins de production céréalière au monde (l'Ukraine et le sud de la Russie étaient ainsi considérées comme le grenier à blé de l'URSS, au même titre que la prairie américaine pour les États-Unis), ce qui a occasionné le déclin de la flore et de la faune inféodées à ces milieux. En effet le blé notamment est particulièrement bien adapté au climat et aux sols de la steppe, notamment sur la terre noire ou tchernoziom, un sol argilo-humique des parties nord de la steppe (plus humides), très riche en matière organique sur une grande profondeur (souvent 1 m, jusqu'à 6 m par endroit en Ukraine), souvent considérée comme le meilleur sol agricole au monde et dont la bande de steppe eurasienne constitue la plus vaste étendue au monde. Ailleurs, notamment sur les sols moins favorables à la culture, les steppes sont exploitées en pâturage pour l'élevage, encore fréquemment selon un régime de pastoralisme nomade dans les steppes d'Asie, comme en Mongolie et au Kirghizistan ou encore dans certaines zones de Sibérie, ce qui a permit de préserver cet écosystème dans ces zones.

Rôle historique[modifier | modifier le code]

La steppe formant une ample bande au cœur de l'Eurasie a joué un rôle très important dans l'histoire de l'Ancien monde. Elle fut le théâtre de la domestication du cheval, animal originaire de la steppe qui permis l'apparition de populations très mobiles dans ces paysages ouverts et sans obstacle autre que les cours d'eau, vivant du pastoralisme nomade, suivie de l'invention des premiers char de combat, la steppe constitua alors une véritable autoroute de migration lors de l'expansion indo-européenne. Les peuples scythes issus de ces indo-européens y ont ensuite développé l'équitation montée leur permettant à leur tour de dominer toute l'Eurasie centrale durant l'Antiquité. Plus tard, à partir de la fin de l'Antiquité et au début du Moyen-age, elle sera de la même manière la base de l’expansion très rapide des peuples turcs et d'autres peuples comme les Huns venus d’Extrême Orient qui remplacèrent en partie les peuples indo-européens, provoquant des mouvements de population en dominos dans toute l'Eurasie de l'Ouest, l'une des causes des Grandes Invasions, puis au XIIIe siècle ce sera le tour de l'immense empire Mongol de Gengis Khan, et enfin plus tardivement la colonisation russe de la Sibérie et d'une grande partie de l'Asie centrale à partir de la Renaissance passa également par la steppe grâce au cheval, ce qui explique la formation du plus vaste état encore existant. La ligne de chemin de fer russe du Transsibérien passe en grande partie par la steppe où se trouve encore aujourd'hui la majeure partie de la population russes sibérienne.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Perrot, Maryvonne (dir.): L'Homme et la steppe, Dijon, 1999 (EUD).
  • Leser, Hartmut (Hg.): Wörterbuch Allgemeine Geographie, München/Braunschweig, 2001 (12.Auflage), p. 735 et 830.
  • Alaux, Marc: La Vertu des steppes, Petite révérence à la vie nomade, Paris, 2010 (Transboréal).