Vasconie

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Carte de la Vasconie (en rouge) pendant le règne d'Eudes le Grand (710-740).

La Vasconie ou Wasconia est un territoire contrôlé militairement et politiquement par les Vascons de la fin du VIe siècle jusqu'au XIe siècle et qui s'étend sur les deux versants des Pyrénées, lieu naturel de défense contre les attaques franques, wisigothiques et musulmanes. Au nord des Pyrénées, sa frontière fluctue et va de l'axe Aire-Lescar à la fin du VIe siècle mais au-delà de la Garonne au VIIIe siècle. Au sud des Pyrénées, sa frontière passe de l'axe Vitoria-Olite au VIe et VIIe siècle jusqu'à Saragosse[1]

Il y a deux Vasconies séparées par une frontière naturelle que sont les Pyrénées. La Vasconie ultérieure située en Ibérie, au sud des Pyrénées, et la Vasconie citérieure[2],[3] située au nord des Pyrénées et qui devient le duché de Vasconie, nom qui se substitue en 626 à la Novempopulanie[4],[5].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les Basques sont connus après la chute de l'Empire romain avec l'appellation de Baskones (Vascons) (gentilité de Basque, « basko »), c'est, par conséquent, la première appellation pour l'ensemble du peuple basque et cela vient par la même occasion identifier sa première organisation politique : duché de Baskonia[6].

« Baskonia » apparaît pour la première fois sur une carte de Ptolémée au IIe siècle et présente, comme Strabon et Poséidonios avant lui, deux passages distincts relatifs aux Ouaskoonooï. Mais il ne se réfère qu'à la tribu préromaine vasconne. Ce terme apparaît aussi sur la carte de Paulin de Nole au IVe siècle (394.

Le chroniqueur franc, Grégoire de Tours, parle en 587 de la « Wasconia » avec un « W ». Grâce à ses écrits, on sait que ce territoire subira sa troisième grande invasion, après celles des Romains et des Wisigoths, c'est-à-dire celle des « Franks ». Les Vascons vont subir de grandes attaques et à grande échelle cette fois-ci. La pression militaire exercée par les Francs est telle que toutes les tribus proto-basques ou aquitaines vont s'unir et créer une première unité politique sous le nom de « duché de Baskonia ».

Au VIIe siècle, le cosmographe Anonyme de Ravenne inclut dans sa carte « Baskonia ». Il distinguait deux zones, « Guasconia » ou « Vasconum patria » (patrie des Vascons) au nord des Pyrénées et « Spanoguasconia », les Vascons de la péninsule hispanique, division qui correspond à celle des provinces romaines. Dans son livre « Geografica » : « Les anciens Aquitains appelaient leur patrie « Baskonia » (Guasconia). De même, proche de la Baskonia, se situait la patrie « Hispanobaskonia » (« Spanoguasconiam »).

La copie qui est conservée date du XIIIe siècle et elle est connue sous le nom de « Anonyme de Ravenne ». Elle contient, pour la première fois sous une forme écrite, le mot « Gasconia » avec un « g ». On utilisera ultérieurement plus « Gasconia ou Gascogne » en référence à la Baskonia Ultérieure (la partie nord de la Baskonia Continentale), qui va se romaniser en créant sa propre langue par la naissance du gascon à partir de l'euskara (de Saint-Sever à la Garonne)[6].

Sur une carte du XIe siècle (alors qu'est déjà créé le royaume de Pampelune) située dans l'abbaye de la commune gasconne de Saint-Sever, et effectuée par Stephanius Garsia de Mauléon, les mots « Aquitaine » et « Waskonia » ou Vasconie sont parfaitement délimitées comme un seul territoire, sans aucune division entre la Baskonia ibérienne et la Baskonia continentale.

Dans l'héraldique de la commune de Saint-Sever, on peut lire la devise suivante : « Caput Vasconiae » (Tête de Baskonia). Ce village situé à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan, capitale du département des Landes, est aussi la frontière entre la Baskonia Citérieure et la Baskonia Ultérieure, une division franque qui démarquait son dominion sur la première Baskonia. Ce sont les Francs qui sont supposés être une grande menace pour les Basques, mais durant l'Histoire, ils n'ont pas été les seuls[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Vasconie ultérieure[modifier | modifier le code]

Les conciles de Saragosse (592), de Barcelone (599), d'Egara (616), prouvent que la Vasconie soumise aux rois wisigoths ne s'étendit jamais d'une manière permanente au-delà du territoire de l'évêché de Calahorra, et en pays euskarien, Olite est l'extrême limite en 621 de leur domination[5].

Dès 610-612, Gundomar, roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie et successeur de Wittéric, "ravagea les Vascons au cours d'une expédition"[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Manex Goyhenetche, Histoire générale du Pays basque : Préhistoire-Époque Romaine-Moyen-Âge, t. 1, Donostia / Bayonne, Elkarlanean, , 492 p. (ISBN 2913156207 et 8483314010, OCLC 41254536), p. 125-158
  2. A. D'OIHENART HISTORIEN: ASPECTS DE SON PROFIL SOCIAL, POLITIQUE, CULTUREL par Manex Goyhenetche.
  3. (eu) Juan Carlos Etxegoien "Xamar", Euskara jendea : Gure hizkuntzaren historia, gure historiaren hizkuntza, Iruñea, Pamiela, , 278 p. (ISBN 8476814917 et 9788476814918, OCLC 863177461), p. 54 à 56
  4. Jean-Louis Davant (préf. Lorea Uribe Etxebarria), Histoire du peuple basque, Bayonne; Donostia, Elkar argitaletxea, coll. « Collection Histoire », , 11e éd. (1re éd. 1970), 352 p. (ISBN 9788497835480 et 8497835484, OCLC 49422842)
  5. a et b Jean de Jaurgain, La Vasconie : étude historique et critique sur les origines du royaume de Navarre, du duché de Gascogne, des comtés de Comminges, d'Aragon, de Foix, de Bigorre, d'Alava & de Biscaye, de la vicomté de Béarn et des grands fiefs du duché de Gascogne, t. 1, PyréMonde (Ed.Régionalismes), , 447 p. (ISBN 2846181446 et 9782846181846, OCLC 492934726, lire en ligne)
  6. a, b et c (es) Historia de los differentes nombres dados al pueblo vasco de Aitzol Altuna Enzunza Galdakano (Bizkaia), Navarre

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean de Jaurgain, La Vasconie; étude historique et critique sur les origines du royaume de Navarre, du duché de Gascogne, des comtés de Comminges, d'Aragon. de Foix, de Bigorre, d'Alava & de Biscaye, de la vicomté de Béarn et des grands fiefs du duché de Gascogne, tome 1, imprimerie Garet, Pau, 1898 (lire en ligne)
  • Michel Rouche, L'Aquitaine des Wisigoths aux Arabes, 418-781 : naissance d'une région, Paris, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Jean Touzot, 1979 (ISBN 978-2-7132-0685-6).