Comté de Poitou

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Comté de Poitou

778-1422

Blason
Armes du comte de Poitiers (maison d'Anjou)
Description de cette image, également commentée ci-après

Le comté de Poitou à son apogée

Informations générales
Statut Comté du royaume de France
Capitale Poitiers
Histoire et événements
1202-1203 Confiscation par Philippe II Auguste, puis rattachement au domaine royal
1422 Rattachement définitif au domaine royal
Comtes

Entités suivantes :

Le comté de Poitou est un ancien comté du royaume de France, créé en 778 par Charlemagne. Soumis à la suzeraineté du royaume de France, il s'en éloigne peu à peu par son appartenance à l'empire plantagenêt. Confisqué en 1202 par Philippe II, le comté est rattaché à la maison de France et n'est plus donné qu'en apanage. Il avait pour capitale Poitiers.

Il est à distinguer de la province de Poitou.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’empire franc de 481 à 814.

En 778, Charlemagne divise le royaume d'Aquitaine en 9 comtés, dont le comté de Poitou qui comprend les villes de Poitiers et d’Angoulême. Abbon en est le premier comte.

Les fiefs de France, dont le comté de Poitou, en 1030.
Les fiefs de France, dont le comté de Poitou, en 1154.
Les fiefs de France, dont le comté de Poitou, en 1180.

Au Xe siècle, les comtes de Poitiers deviennent ducs d'Aquitaine.

À la suite de la commise des fiefs de Jean sans Terre le 28 avril 1202[1], le Poitou est confisqué par Philippe II Auguste, et remis à Arthur Ier de Bretagne, puis rattaché au domaine royal à la mort de ce dernier (1203).

Le comté est accordé en apanage à plusieurs fils du roi de France entre 1226 et 1417, mais revient toujours au domaine royal, suite à la mort sans descendance des titulaires ou à leur sacre en tant que roi de France. Ainsi, en 1226, Alphonse de Poitier reçoit le comté de Poitou, la Saintonge et la terre d'Auvergne, et l'ensemble de ce fief revient à la couronne à sa mort en 1271[2]. En 1314, le comté de Poitou est érigé en comté-pairie par Louis X au profit de son frère Philippe, fait comte par leur père Philippe IV le Bel.

Les différents apanages de France en 1388.

Au traité de Brétigny (1360), le Poitou est cédé à l'Angleterre. Il est reconquis peu après (décembre 1372) par Bertrand Du Guesclin et Jean de Berry, à qui le comté est donné en apanage.

Le frère de Jean de Berry, Charles, récupère l'apanage à la mort de Jean en 1417. Charles devient lui-même roi de France en 1422, le comté revenant alors au domaine royal pour ne plus le quitter.

Étendue géographique[modifier | modifier le code]

En 1223, soit au début du règne de Louis IX, le comté s'étend de l'Atlantique à la Brenne, et est limitrophe, notamment, au comté de Bretagne (qui ne deviendra pas un duché avant quelques siècles), au comté d'Anjou, à la vicomté de Limousin, au duché de Guyenne. Sa principale ville est Poitiers[2].

Trois ans plus tard, lorsque le comté est cédé à Alphonse, comme il l'est en même temps que Saintonge et Auvergne, on le voit couramment courir de l'Atlantique au Livradois, et toucher ainsi le comté de Forez ; mais Clermont est une enclave. Au Nord, le comté va jusqu'à Thouars, sur la façade ouest, La Rochelle, Taillebourg et Saintes sont déjà de belles villes. Le comté longe ensuite le duché de Guyenne, le comté d'Angoulême, la vicomté de Limoge, le comté de Toulouse au niveau de Carlat (qui appartient à l'Auvergne), remonte vers le Nord et l'Allier à côté du comté du Gévaudan et du comté de Velay, longe le comté de Forez (déjà mentionné) et la seigneurie de Bourbon[3].

Vers 1280, le comté perd la vicomté de Châtellerault, suite au mariage de l'héritière du vicomté avec Jean II d'Harcourt (le vicomté reste alors dans la maison d'Harcourt jusqu'en 1447, avant de rejoindre la maison d'Anjou)[4].

Le comté de Poitou en 1477.

En 1415, Charles VI octroie la seigneurie de Parthenay, territoire devenu rebelle, à Arthur de Richemont. Cette dotation n'est effective qu'en 1427, après la libération d'Arthur et le sacre de Charles VII. La seigneurie s'ajoute ensuite aux terres de la maison de Dunois, héritière d'Arthur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Favier, Les Plantagenêts : Origines et destin d'un empire (XIe-XIVe siècles), Fayard, coll. « Biographies Historiques », , 962 p. (ISBN 2-213-62136-5, notice BnF no FRBNF39245762, lire en ligne)
  2. a et b L'âge d'or capétien, 1180-1328
  3. Atlas de l'histoire de France. IXe-XVe siècle, p. 57
  4. Thibaudeau 1840, p. 94.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Besly, Histoire des comtes de Poitou et ducs de Guyenne, Paris, Gervais Alliot, 1647
  • père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, tomes troisième et cinquième, Paris, compagnie des Libraires, 1728.
  • Antoine-René-Hyacinthe Thibaudeau, Histoire du Poitou, Robin & C.e, (lire en ligne)
  • Jean Giraudeau, Précis historique du Poitou, Paris, B. Dussillon éditeur, 1843
  • Alfred Richard, Histoire des comtes de Poitou : 778-1204, A. Picard et fils, (lire en ligne)
  • Prosper Boissonnade, Histoire de Poitou, Paris, Boivin et Cie éditeurs, 1926
  • Olivier Guyotjeannin, Atlas de l'histoire de France IXe – XVe siècle, Paris, Autrement, (ISBN 9782746707276, OCLC 179829563)
  • Jean-Christo Cassard, L'âge d'or capétien (1180-1328), Paris, Belin, (ISBN 9782701133607, OCLC 717731939)

Articles connexes[modifier | modifier le code]