Régine Pernoud

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Régine Pernoud
Biographie
Naissance
à Château-Chinon (Nièvre)
Décès (à 88 ans)
à Paris
Nationalité(s) française Drapeau : France
Thématique
Formation École des chartes
École du Louvre
Titres Docteur ès lettres
Conservateur en chef des musées nationaux
Profession(s) MédiévisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • Essai sur l'histoire du port de Marseille des origines à la fin du XIIIe siècle (1935)
  • Lumière du Moyen Âge (1944)
  • Vie et mort de Jeanne d'Arc ; les témoignages du procès de réhabilitation 1450-1456, Hachette, (1953)
  • 8 mai 1429, la libération d'Orléans (1969)
  • La Femme au temps des cathédrales (1980)
Approche Histoire médiévale, spécialiste de Jeanne d'Arc
Distinction(s) Commandeur des Arts et des Lettres‎ (d) et prix Broquette-GoninVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie du MorvanVoir et modifier les données sur Wikidata

Régine Pernoud est une historienne, médiéviste, archiviste-paléographe française, née le à Château-Chinon (Nièvre) et morte le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Régine Pernoud est née le 17 juin 1909 à Château-Chinon, département de la Nièvre, dans la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est la quatrième d'une famille relativement modeste de 6 enfants. Son père était arpenteur-géomètre. Elle passe les 19 premières années de sa vie à Marseille, rue Villa Paradis, dont elle reprendra le nom comme titre de sa seule œuvre au ton biographique (1992). Elle fréquentera l'école Notre-Dame de France.[1]

Elle est la sœur de Georges Pernoud (rédacteur en chef de Paris Match) qui épousera l'auteure Laurence Pernoud. Elle est également la tante de Georges Pernoud, présentateur de Thalassa.

Elle décède à Paris, le 22 avril 1998. Elle est inhumée au cimetière du Mesnil-Saint-Denis[2] (Yvelines).

Études supérieures & Carrière[modifier | modifier le code]

En 1929, âgée de 21 ans, Régine termine une licence en lettres à l'université d'Aix-en-Provence puis déménage à Paris où elle entre à l'École nationale des Chartes d'où elle sort en 1933 avec un diplôme d'archiviste-paléographe. En 1935, elle soutient sa thèse de Doctorat en histoire médiévale à la Sorbonne[1]. Les thèmes de sa thèse, «Essai sur l’histoire du port de Marseille, des origines à la fin du XIIIe siècle» seront repris dans une publication subséquente (1949). Pendant les 12 années suivantes, elle exerça divers métiers (préceptrice, répétitrice, agent de classement dans des fonds d'archives) en parallèle de ses travaux d'historienne[3].

Elle publie son premier livre, Lumière du Moyen Âge, en 1946.

En 1947 elle devient, enfin, conservatrice du musée de Reims puis, en 1949, conservatrice des Archives nationales et du musée de l'Histoire de France.

En 1974, à la demande D'André Malraux, alors ministre de la Culture, elle fonde le Centre Jeanne d'Arc à Orléans. Elle dirigera le Centre jusqu'en 1987[3].

Recherches et écrits[modifier | modifier le code]

Les biographes[1], [3],[4] de Régine Pernoud dressent un portrait assez convergent de l'œuvre de cette médiéviste. De leurs observations se dégagent trois traits importants. Premièrement, archiviste et de paléographe, Pernoud appartiendrait clairement à la classe des historiographes laborieux qui besognent pour tirer des sources, la matière première de l'historien, des informations significatives sur l'enchaînement des causes et des effets à travers le temps. À propos de ce souci de rigueur, un de ses biographes retiendra que Pernoud aimait à dire: «On cesse d'être historien lorsqu'on néglige ou que l'on tronque un document» (Pernoud 1979[5] p. 148). Ses publications sur Jeanne d'Arc, les croisades et Aliénor d'Aquitaine seraient assez illustratives de cet héritage.

Deuxièmement, Pernoud se serait illustrée (et principalement fait connaitre) par son travail de vulgarisation. Dans plusieurs de ses livres, Pernoud s'adresse explicitement à un public plus large qu'elle veut intéresser au Moyen Âge et dont elle veut aussi réformer l'éducation déficiente. À propos de ses objectifs plus "pédagogiques", elle écrit: «En tant qu'historienne, je me suis lancé un défi: transmettre dans un langage simple ce que j'avais découvert par des recherches difficiles» (Pernoud[6], p. 19)

Mais, c'est surtout par son caractère "polémique" que l'œuvre de Pernoud va se démarquer. Pernoud ne veut pas simplement rétablir les faits, elle a conscience de transmettre une information sur le Moyen Âge qui va à contre sens des idées reçues et elle choisit de prendre le taureau par les cornes:

« Régine Pernoud défend le Moyen Âge contre les préjugés et les clichés qui le dévalorisent. Son œuvre immense éclaire d'un jour favorable de nombreux aspects de la société et de la culture médiévales. (p. 13)[1] »

En plus de grandes figures féminines du Moyen Âge, Pernoud va porter ses intérêts de recherche sur la condition féminine elle-même. À ce sujet, elle mettra en lumière le rôle du christianisme dans l'émancipation des femmes et la progression notoire de l'influence des femmes dans tous les aspects de la vie politique et sociale.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Essai sur l'histoire du port de Marseille des origines à la fin du XIIIe siècle, thèse pour le doctorat présentée à la Faculté des lettres de l'université de Paris, 1935
  • L'Unité française, PUF, 1944
  • Lumière du Moyen Âge, Grasset, 1944
  • Les Villes marchandes aux XIVe et XVe siècles, impérialisme et capitalisme au Moyen Âge, La Table ronde, 1948
  • Vie et mort de Jeanne d'Arc ; les témoignages du procès de réhabilitation 1450-1456, Hachette, 1953
  • Les grandes époques de l'art en Occident, Ed. du Chêne, 1954
  • Les Gaulois, Collections Microcosme « le Temps qui court », Seuil, 1957
  • Les Croisés, Hachette, 1959
  • Un Chef d'État, Saint Louis de France, Gabalda et cie, 1960
  • Histoire de la bourgeoisie en France; I. Des origines aux temps modernes; II. Les temps modernes, Seuil, 1960-1962
  • Les Croisades, Julliard, 1960
  • Histoire du peuple français ; I. Des origines au Moyen Âge; , Nouvelle Librairie de France, 1961 (Les autres tomes :II. De Jeanne d'Arc à Louis XIV; III. De la régence à 1848; IV. De 1848 à nos jours sont de trois autres auteurs)
  • Croyants et incroyants d'aujourd'hui, Cerf, 1962
  • Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins, Seuil, 1962
  • Notre-Dame de Paris, La Documentation française, 1963
  • L'Histoire des rois mages : selon l'Évangile de saint Matthieu, Trianon, 1964
  • La Formation de la France, PUF, 1966
  • Aliénor d'Aquitaine, Albin Michel, 1966
  • Héloïse et Abélard, Albin Michel, 1967
  • 8 mai 1429, la libération d'Orléans, Gallimard, 1969
  • L'histoire racontée à mes neveux, Stock, 1969 illustré par René Follet
  • Jeanne devant les Cauchons, Seuil, 1970
  • Beauté du Moyen Âge, Gautier Languereau, 1971
  • La Reine Blanche, Albin Michel, 1972
  • Les Templiers, PUF, col. Que sais-je?, 1974
  • Pour en finir avec le Moyen Âge, Seuil, 1977
  • Les Hommes de la Croisade, Tallandier, 1977
  • La Femme au temps des cathédrales, Stock, 1980
  • Sources de l'art roman (avec Madeleine Pernoud), Berg international, 1980
  • Lumière du Moyen Âge, Grasset, 1981
  • Jeanne d'Arc (avec Madeleine Pernoud), Seuil, 1981
  • Christine de Pisan, Calmann-Lévy, 1982
  • Le Tour de France médiéval : l'histoire buissonnière (avec Georges Pernoud), Stock, 1982
  • La Plume et le parchemin, Denoël, 1983
  • Jeanne et Thérèse, Seuil, 1984
  • Les Saints au Moyen Âge : la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Plon, 1984
  • Saint Louis et le crépuscule de la féodalité, A. Michel, coll. L'homme et l'événement, 1985
  • Le Moyen Âge pour quoi faire ? (avec Raymond Delatouche et Jean Gimpel). Stock, 1986.
  • Jeanne d'Arc (Avec Marie-Véronique Clin) Fayard, 1986.
  • Isambour : la reine captive, Stock, 1987
  • Richard Cœur de Lion, Fayard (1988), réédité par Le Grand Livre du Mois, 1995
  • Jeanne d'Arc et la guerre de Cent ans, Denoël, 1990
  • La Femme au temps des croisades, Stock, 1990
  • La Vierge et les saints au Moyen Âge, C. de Bartillat, coll. Esprits, 1991
  • La spiritualité de Jeanne d'Arc, Mame, 1992
  • Villa Paradis : souvenirs, Paris, Stock, , 331 p. (ISBN 2-234-02480-3)
  • Hildegarde de Bingen : conscience inspirée du XIIe siècle, le Grand livre du mois, 1994
  • Réhabilitation de Jeanne d'Arc, reconquête de la France, Éd. du Rocher-J.-P. Bertrand, 1995
  • Les Templiers, chevaliers du Christ, Gallimard, 1995
  • Celui par qui la Gaule devint chrétienne, Gallimard jeunesse, 1996
  • Jardins de monastères, Actes Sud, 1996
  • Martin de Tours, Bayard-Centurion, 1996
  • Saint Jérôme : père de la Bible (avec Madeleine Pernoud), Éd. du Rocher, 1996
  • Jeanne d'Arc, Napoléon : le paradoxe du biographe, Éd. du Rocher, 1997
  • Histoire et lumière, Éd. du Cerf, 1998
  • Visages de femmes au Moyen Âge, Zodiaque, 1998

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Benoit, Jean-Louis, « Défendre le Moyen-âge: Les combats de Régine Pernoud. », HAL archives-ouvertes.fr,‎ (lire en ligne)
  2. Cimetières de France et d'ailleurs.
  3. a, b et c Clin, Marie-Véronique, « «Pernoud Régine – (1909-1998)» », Universalis éducation [en ligne]. Encyclopaedia Universalis,‎ (lire en ligne)
  4. Babelon, Jean-Pierre (2009). «Régine Pernoud, Château-Chinon, 17 juin 1909 – Paris, 22 avril 1998» Archives de France Célébration nationnale 2009. [1]
  5. Pernoud, R. (1979). Pour en finir avec le Moyen Âge. Paris Seuil, Point Histoire.
  6. Pernoud R. (1998) Histoire et lumière. Éd. du Cerf, Collection Paroles pour vivre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Régine Pernoud, Jean Tulard et Jérôme Pernoud, Jeanne d'Arc, Napoléon : le paradoxe du biographe, Monaco, Éditions du Rocher, , 217 p. (ISBN 2-268-02476-8).
  • Philippe Contamine, Olivier Bouzy et Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1214 p. (ISBN 978-2-221-10929-8), « PERNOUD Régine ».

Émissions de télévision[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]