William Henry Seward

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William Henry Seward
Illustration.
Photo de William Seward en 1861.
Fonctions
24e secrétaire d'État des États-Unis
Président Abraham Lincoln
Andrew Johnson
Gouvernement Administration Lincoln
Administration Johnson
Prédécesseur Jeremiah S. Black
Successeur Elihu B. Washburne
Sénateur des États-Unis
représentant l'État de New York
Prédécesseur John Adams Dix
Successeur Ira Harris
12e gouverneur de l'État de New York
Prédécesseur William L. Marcy
Successeur William C. Bouck
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Florida, comté d'Orange (État de New York, États-Unis)
Date de décès (à 71 ans)
Lieu de décès Auburn (État de New York, États-Unis)
Parti politique Parti anti-maçonnique
(avant 1834)
Parti whig (1834-1855)
Parti whig (1855-1872)
Conjoint Frances Adeline Seward (en)
Enfants Augustus Henry Seward (en)
Frederick William Seward
William H. Seward Jr. (en)
Frances Adeline "Fanny" Seward (en)
Olive Risley Seward (en)
Diplômé de Union College

Signature de William Henry Seward

William Henry Seward
Secrétaires d'État des États-Unis

William Henry Seward, né le dans une petite communauté du comté d'Orange (État de New York) et mort le à Auburn (État de New York) est un avocat et homme politique américain. Membre du Parti anti-maçonnique, du Parti whig puis du Parti républicain, il est gouverneur de l'État de New York entre 1839 et 1842, sénateur du même État entre 1849 et 1861 puis secrétaire d'État des États-Unis entre 1861 et 1869 dans l'administration du président Abraham Lincoln puis dans celle de son successeur Andrew Johnson.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

William H. Seward naît dans une petite communauté de l'État de New York nommée Florida, au sud-ouest de la ville de Newburgh. Son père est un médecin reconnu et un homme d'affaires prospère et qui officie pendant quelques années comme juge. Il suit ses études de droit à l’Union College de New York et obtient son diplôme en 1820. L’année précédente, lors d’un voyage d’étude en Géorgie, il avait découvert la réalité de l’esclavage, qui le choque profondément. Admis au barreau de New York, il rencontre sa future épouse, Frances Adeline Seward (en) et s’établit alors à Auburn (où il passera le reste de sa vie) en 1823, où il travaille avec son futur beau-père, le juge Elijah Miller. Une année plus tard, il lui demande la main de sa fille. Le couple aura en tout cinq enfants.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

À New York[modifier | modifier le code]

Il se lance à l’âge de 29 ans dans la politique en soutenant John Quincy Adams. Il est élu au Sénat de l'État de New York en 1830 comme opposant à Andrew Jackson. Élu en tant que membre du Parti anti-maçonnique, il rejoint ensuite le Parti whig. Il reste à ce poste pendant quatre ans avant d’être élu gouverneur de New York en 1838 et réélu en 1840. Pendant ses deux mandats, il travaille à la réforme des prisons et de l’éducation, principalement en introduisant l’idée que les immigrants devraient avoir leurs propres écoles avec des cours donnés dans leurs propres langues par des membres de leurs propres religions. Il rejoint également à cette époque le mouvement anti-esclavage nouvellement créé.

Au terme de son second mandat, en 1846, il échoue aux élections et retourne à Auburn pour pratiquer son métier d’avocat. À ce titre, il est le défenseur de William Freeman, un Afro-Américain malade mental, meurtrier d’un fermier blanc et de sa famille. Pendant le procès, Seward plaide la folie (ce qui est une première). Il perd le procès mais gagne en appel.

Comme sénateur[modifier | modifier le code]

En 1849, l’assemblée de l’État élit William H. Seward sénateur de New York. Il reste à ce poste jusqu’en 1861. Pendant ces douze années, il est membre de la commission des relations extérieures et travaille à réunir la Californie à l’Union en tant qu’État libre et sans esclavage. Alors que les partisans du compromis de 1850 soutiennent que l’admission d’un nouvel État doit être sans restriction, il invoque une « loi supérieure à la Constitution » pour justifier son opposition morale.

Sur le plan intérieur, il aide à l’organisation du nouveau Parti républicain et y adhère officiellement en 1855, devant le déclin du Parti whig, ce qui rend son comportement politique parfois contradictoire. En particulier, ses discours sur l’abolition de l’esclavage deviennent plus nuancés, ce qui porte certains à supposer qu’il a des ambitions présidentielles.

De fait, il perd la nomination pour l’élection présidentielle contre John Charles Frémont en 1856. Il récidive en 1860, mais il est encore une fois débouté, certains délégués craignant son passé trop radical et certains autres, menés par Horace Greeley, lui reprochant son virage politique à gauche. Lorsqu’Abraham Lincoln emporte la nomination, William H. Seward l'appuie loyalement et entame une grande tournée électorale pour le soutenir dans les États de l’Ouest à l’automne 1860.

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Après son élection, Lincoln lui propose le poste de secrétaire d’État, qui ne l’accepte qu’à contrecœur[1]. Il reste cependant à ce poste de 1861 jusqu’à 1869. L’une de ses premières tâches est d’aider à rédiger puis de signer la proclamation d'émancipation qui devient une loi le , mais dont l’annonce officielle est retardée jusqu’à la première grande victoire des troupes de l’Union.

Pendant la guerre de Sécession, il crée une police secrète qui arrête des milliers de citoyens suspectés d’actions d’espionnage, de sabotage ou simplement de propagation d’informations séditieuses. Certains des accusés sont de véritables prisonniers politiques, mais la plupart des cas les arrestations arbitraires se révèlent être dues à des excès de zèle de généraux (que l’administration ne voulait pas rappeler à l’ordre). Bien des suspects ne connurent même pas les raisons de leur arrestation et furent relâchés sans investigations et sans procès.

Bien que très actif dans la période trouble de la guerre de Sécession et de l'après-guerre, il ne fit cependant pas grand-chose pour empêcher les raids féniens : des anciens soldats (le plus souvent d'origine irlandaise), aguerris et munis d'armes modernes, se regroupèrent, s'organisèrent et attaquèrent le Canada (alors possession britannique) à plusieurs reprises de 1866 à 1871.

Pourtant, dès le début de la guerre de Sécession, pendant l’affaire du Trent, il avait su satisfaire les orgueils nationaux tout en calmant les esprits belliqueux (avec l'aide de l'habile ambassadeur de Grande-Bretagne à Washington, Richard Lyons (en)) et la guerre entre l'Union et la Grande-Bretagne avait été évitée. Et alors que ce dernier était ambassadeur en Grande-Bretagne, William H. Seward sut trouver les arguments pour convaincre le gouvernement britannique de ne pas reconnaître la Confédération. À son actif aussi : le succès du retrait des troupes françaises à la fin de l’expédition du Mexique en 1867.

Dans la nuit du (la même nuit où Abraham Lincoln est assassiné), Lewis Powell, un complice de John Wilkes Booth, s’introduit dans la chambre de Seward et le poignarde à plusieurs reprises. Il se remet rapidement de ses blessures et continue son mandat de secrétaire d'État sous la présidence d’Andrew Johnson.

Le , il connaît l’un de ses succès les plus médiatiques en finalisant l’achat de l'Alaska à la Russie pour la somme de 7 200 000 dollars (soit moins de 5 dollars le km²). L’opinion publique, peu convaincue, surnomme le nouvel État sous les différents sobriquets de « Seward's Icebox », « Seward's Folly » ou « Andrew Johnson's polar bear garden ». De nos jours encore, l’Alaska célèbre cet évènement le dernier lundi de mars, appelé Seward's Day. Enfin, le , il approuve l’annexion des îles Midway au territoire des États-Unis.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

En 1869, il se retire des affaires publiques. Il visite alors l’Alaska en juin puis s’engage dans un tour du monde qui durera 14 mois. Lorsqu’il retourne à Auburn, il commence un livre décrivant cette expérience mais décède chez lui, le 10 octobre 1872, après une brève maladie.

Hommages[modifier | modifier le code]

Statue de William H. Seward réalisée par Randolph Rogers au Madison Square, à New York.

Quelques publications[modifier | modifier le code]

  • Commerce in the Pacific ocean. Speech of William H. Seward, in the Senate of the United States, July 29, 1852 (1852; texte et images digitalisés)
  • The continental rights and relations of our country. Speech of William Henry Seward, in Senate of the United States, January 26, 1853 (1853; texte et images digitalisés)
  • The destiny of America. Speech of William H. Seward, at the dedication of Capital University, at Columbus, Ohio, September 14, 1853 (1853; texte et images digitalisés)
  • Alaska. Speech of William H. Seward at Sitka, August 12, 1869 (1869; texte et images digitalisés)

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

En 2012, son rôle est interprété par David Strathairn dans le film Lincoln de Steven Spielberg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « I have advised Mr. L. that I will not decline. It is inevitable. I will try to save freedom and my country. » William H. Seward, 1860

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Zachary Kent, William Seward : The Mastermind of the Alaska Purchase (Historical American Biographies), Enslow Publishers, 2001, (ISBN 0-7660-1391-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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