Ignacio Ramonet

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Ignacio Ramonet
Salon du livre 2011 à Genève - Ignacio Ramonet.jpg

Ignacio Ramonet en 2011.

Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (74 ans)
RedondelaVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction
Prix de journalisme Antonio Asensio (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Ignacio Ramonet, né le à Redondela en Galice (Espagne), est un sémiologue du cinéma et journaliste espagnol.

Ancien directeur du mensuel Le Monde diplomatique, il est actuellement directeur de l'édition espagnole du Monde diplomatique[1] et président de l'Association Mémoire des luttes[2]. Il est également éditorialiste de politique internationale à l'agence Kyodo News (Tokyo), à l'agence Inter Press Service (IPS)[3], à Radio Nederland (Amsterdam), au quotidien Eleftherotypía (Athènes) et au journal d'information numérique Hintergrund en Allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ignacio Ramonet a grandi à Tanger au Maroc où ses parents, républicains espagnols fuyant le franquisme, se sont installés vers 1948. Après avoir obtenu une Maîtrise de Lettres en France à l'université Bordeaux III, il enseigne au Collège du Plateau à Salé (Maroc), puis au collège du Palais royal de Rabat où il a comme élève le futur roi Mohammed VI. Il s'installe définitivement en France en 1972. Influencé par Roland Barthes et dirigé par Christian Metz, il soutient en 1981 à l'École des hautes études en sciences sociales un doctorat sur le rôle social du cinéma cubain. De 1975 à 2005, il enseigne la théorie de la communication au département de Cinéma, Communication, Information (CCI) de l'université Paris-VII.

Critique de cinéma, il collabore aux Cahiers du cinéma puis à Libération qui vient alors d'être créé par Serge July et Jean-Paul Sartre. Entré au mensuel Le Monde diplomatique en février 1973, il en est élu directeur de la rédaction et président du directoire en janvier 1990 ; réélu à l'unanimité à deux reprises (1996 et 2002), il demeurera directeur du Monde diplomatique jusqu'en [4],[5].

Il est également docteur honoris causa de l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne), de l'université de Córdoba (Argentine) et de l'université de La Havane (Cuba), et auteur de plusieurs livres de géopolitique et de théorie critique des médias.

Fondateur d'ATTAC[modifier | modifier le code]

Ignacio Ramonet a été parmi les premiers à définir le concept de Pensée unique et a notamment aidé à propager cette idée dans un article de janvier 1995[6].

Il a été à l'origine de la création de l'association ATTAC dont il est Président d'honneur. En effet, dans un éditorial du Monde diplomatique de décembre 1997 intitulé Désarmer les marchés, il constate que la Mondialisation financière s'est créé son propre État, avec ses appareils, ses réseaux d'influence et ses moyens d'actions, mais que c'est un État complètement dégagé de toute société, qu'elle désorganise les économies nationales, méprise les principes démocratiques qui les fonde, presse les États à s'endetter, exige des entreprises qu'elles reversent des dividendes de plus en plus élevés à leurs actionnaires, et fait régner partout l'insécurité. Il propose donc d'établir une taxe sur toutes les transactions financière, la taxe Tobin[7] et, pour y contribuer, il suggère de mettre en place une organisation non gouvernementale, l'« Association pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens (ATTAC)».

Il a été également parmi les promoteurs du Forum social mondial de Porto Alegre, dont il a proposé le slogan : Un autre monde est possible. Pour ce qui concerne la société médiatique, il est le fondateur de l'ONG internationale Media Watch Global (Observatoire international des médias) et de sa version française, l'Observatoire français des médias. Il est aussi membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Enfin, Ignacio Ramonet est également promoteur du revenu de base inconditionnel, dont il fait largement mention dans son éditorial de janvier 2000 dans Le Monde diplomatique[8].

Controverse[modifier | modifier le code]

Une controverse, alimentée notamment par Reporters sans frontières, existe quant à sa proximité avec Fidel Castro ; informations qu’il a démenties[9]. En mai 2004, Ignacio Ramonet apporte son soutien à Fidel Castro en direct à la télévision alors que ce dernier proteste contre le classement que Forbes vient de publier : celui des fortunes des chefs d'État, où Fidel Castro apparaît en 7e position[10].

Lecture critique[modifier | modifier le code]

Ignacio Ramonet a publié en septembre 2006 Fidel Castro : Biografía a dos voces[11] ; ce livre, traduit en une vingtaine de langues, dont en français avec Fidel Castro, biographie à deux voix en 2007, est une suite d'entretiens entre Ignacio Ramonet et Fidel Castro.

Elizabeth Burgos considère que cet ouvrage doit être versé dans la documentation sur l'histoire du castrisme. Elle dénote cependant dans l'ouvrage des « erreurs graves d’ordre historique » dans les notes explicatives. Par exemple Isaías Medina Angarita est qualifié de « dictateur » alors que pour Elizabeth Burgos il a inscrit le Venezuela dans la démocratie. Toujours pour le Venezuela il est indiqué que Romulo Betancourt a été renversé en 1964, alors qu'au contraire il a transmis son pouvoir à son successeur Raúl Leoni après son élection dans le « strict respect des règles démocratiques » [12]. Pour l'historien et militant néoconservateur Pierre Rigoulot, Ignacio Ramonet laisse dans cet ouvrage Fidel Castro « s'épancher, se justifier et justifier tout, ce livre fait de Ramonet, légitimement le dernier castriste »[13].

La publication du livre l'expose à la « censure » des médias : les quotidiens espagnols El País et La Voz de Galicia auxquels il collaborait suspendent la publication de ses articles. En France, le directeur de la radio publique France culture, dont il animait une émission hebdomadaire, lui signifie : « Il est impossible que vous, ami d’un tyran, puissiez vous exprimer sur nos ondes » et le renvoie. Enfin, l’Université Paris-VII où il donnait des cours de communication audiovisuelle depuis 35 ans lui annonce ne pas renouveler son contrat après la circulation de dépliants anonymes réclamant l'expulsion d'un « ami d’un dictateur »[14].

Selon les universitaires Philippe Corcuff et Antoine Bevort, Ignacio Ramonet avec les « ambiguïtés » de son analyse du contenu des discours de Donald Trump, participe au « confusionnisme rampant ». De même son argumentation présente des « colorations conspirationnistes » vis-à-vis des médias[15].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

En 2012, il soutient Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle[16].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Il a reçu plusieurs distinctions internationales :

  • le Prix Liber'Press au « meilleur journaliste de l'année », Gérone (Espagne), 1999
  • le Prix Colombe d'Or au « meilleur journaliste étranger défenseur de la paix », Rome (Italie), 2000
  • le Prix au « meilleur journaliste défenseur des droits de l'homme », La Corogne (Espagne), 2001
  • le Prix Rodolfo-Walsh de journalisme « pour sa trajectoire professionnelle », université nationale de La Plata (Argentine), 2003
  • le Prix de la Communication culturelle Nord-Sud, Rabat (Maroc), 2003
  • le Prix Turia de l'information, Valence (Espagne), 2004
  • le Prix Méditerranée de l'information, Naples (Italie), 2005
  • le Prix José Couso de la liberté de la presse, Ferrol (Espagne), 2006.
  • le Prix international de la Liberté de Presse attribué par le journal algérien Al Khabar, Alger, 2007.
  • le Prix Ciudad de Cordoba de « communication solidaire », Cordoue (Espagne), 2007.
  • le Prix Libertador Bernardo O'Higgins « pour son constant apport à une meilleure compréhension des relations sociales, politiques, économiques et culturelles des sociétés contemporaines », Santiago du Chili, 2009.
  • le Prix Antonio-Asensio de journalisme « pour sa lutte constante en faveur d'un monde plus juste et plus libre », Barcelone, 2010
  • le Prix Greenaccord Award de « journalisme environnemental », Cuneo (Italie), 2011.
  • le Prix FAO Espagne « pour avoir sensibilisé la société à la problématique de la faim dans le monde », Madrid, 2012

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adresse: calle Aparisi i Guijarro, n°5, 2; 46003 Valencia (Espagne) http://www.monde-diplomatique.es
  2. http://www.medelu.org
  3. http://ipsnoticias.net/
  4. « La succession d’Ignacio Ramonet », Les Amis du Monde diplomatique, février 2008
  5. « À nos lecteurs », Le Monde diplomatique, février 2008
  6. http://www.monde-diplomatique.fr/1995/01/RAMONET/1144
  7. Ignacio Ramonet, « Désarmer les marchés », Le Monde Diplomatique, décembre 1997
  8. L’aurore, Le Monde Diplomatique
  9. « Anticastrisme primaire », Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique, avril 2002
  10. « Cuba : Infortuné Fidel », Pauline Lecuit, L'Express,
  11. Fidel Castro : Biografía a dos voces, Ignacio Ramonet, 2006, Debate, Madrid, 656 p., (ISBN 978-0-307-37653-4)
  12. Elizabeth Burgos Reconstitutions et mise en intrigue dans Fidel Castro. Biographie à deux voix Revue Est-&-Ouest, hivers 2007
  13. Pierre Rigoulot, Coucher de soleil sur La Havane. La Cuba de Castro 1959-2007, Flammarion, 2007, page 441
  14. « Fidel Castro y la represión contra los intelectuales », América Latina en movimiento,‎ (lire en ligne)
  15. Ignacio Ramonet trumpisé ? novembre 2016
  16. « 1.000 intellectuels derrière Jean-Luc Mélenchon », sur humanite.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]

Entretiens audio