Bernard Lama

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Bernard Lama
Bernard Lama.jpg
Bernard Lama en 2008.
Biographie
Nom Bernard Pascal Maurice Lama
Nationalité Drapeau : France Français
Naissance (54 ans)
Lieu Saint-Symphorien
Taille 1,83 m (6 0)
Période pro. 1982 - 2001
Poste Gardien de but
Pied fort Droit
Parcours junior
Saisons Club
1975-1981 Drapeau : France USL Montjoly
1981-1982 Drapeau : France Lille OSC
Parcours professionnel 1
Saisons Club 0M.0(B.)
1982-1989 Drapeau : France Lille OSC 118 0(1)
1982-1983 Drapeau : France SC Abbeville 000 0(0)
1983-1984 Drapeau : France RC Besançon 028 0(0)
1989-1990 Drapeau : France FC Metz 041 0(0)
1990-1991 Drapeau : France Brest Armorique 041 0(0)
1991-1992 Drapeau : France RC Lens 038 0(1)
1992-1997 Drapeau : France Paris SG 246 0(0)
1998 Drapeau : Angleterre West Ham FC 014 0(0)
1998-2000 Drapeau : France Paris SG 072 0(0)
2000-2001 Drapeau : France Stade rennais 035 0(0)
Total 633 0(2)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe 0M.0(B.)
1993-2000 Drapeau : France France 044 0(0)
Équipes entraînées
Années Équipe Stats
2006 Drapeau : Kenya Kenya 0 %
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Bernard Lama, né le 7 avril 1963 à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire), est un footballeur international français évoluant au poste de gardien de but dans les années 1980-1990.

Lama grandit et débute le football en Guyane, où naissent ses parents. Rapidement repéré par le Lille OSC, il rejoint la métropole à sa majorité. Après avoir eu du mal à s’acclimater, il se révèle sous les couleurs lilloises à la fin des années 1980. Non-conservé en 1989, il s'envole pour le FC Metz où il poursuit son éclosion avant de rejoindre le Brest Armorique au bout d'un an. La relégation du club breton l'oblige à partir et le Paris SG l'engage, en lui laissant une année de confirmation au RC Lens, pour remplacer Joël Bats dans les buts parisiens. À Paris, Lama devient un des meilleurs gardiens du monde. Il découvre rapidement la Coupe d'Europe, devient international et rempli son palmarès. Après un première Coupe de France et une place de vice-champion en 1993, Lama et le PSG décroche le titre national en l'année suivante. En 1996, le club de la capitale devient le second club français à gagner une coupe d'Europe avec la victoire en Coupe des coupes et manque de conserver son titre l'année suivante, en même temps que deux secondes places en championnat. En froid avec ses dirigeants, il part jouer six mois à West Ham en 1998 avant de revenir au PSG. Il joue deux saisons avant ne pas être prolonger et finir par une saisons au Stade rennais.

Après son arrivée au PSG, Lama intègre rapidement l'équipe de France de Gérard Houiller en 1993. Il garde les buts lors du France–Bulgarie qui élimine les Bleus pour la participation à la Coupe du monde 1994. Il s'impose ensuite sous l'ère d'Aimé Jacquet et se révèle au monde entier lors de l'Euro 1996. Suite à une suspension pour consommation de cannabis, il perd sa place au profit de Fabien Barthez. Il est sacré champion du monde 1998 en France sans jouer un seul match et ne joue ensuite que quelques rencontres en Bleus jusqu'en 2000.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation en Guyane[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Symphorien (ville aujourd'hui incorporée à celle de Tours) en 1963 de parents guyanais, Bernard Lama passe son enfance et son adolescence en Guyane[1] où son père est maire pendant des années. Il est issu d’une famille très engagée politiquement en Guyane. Son grand-père et son arrière-grand-père ont construit ce département[2].

Passionné de football, il s’entraîne d’abord sur les plages et acquiert, les pieds dans le sable et les mains nues, une détente et une technique inédites. C’est en rejoignant l’USL Montjoly en 1975[3] qu’il commence à se faire connaître[1] et rêve de devenir joueur professionnel malgré les réticences de son père. Lors de la saison 1980-1981, il se fait remarquer par un dirigeant du LOSC Lille lors d'un match avec la sélection cadette de Guyane mais doit attendre avril 1981, date de ses 18 ans, pour accepter la proposition du club nordiste sans être obligé d'avoir la bénédiction de son paternel[4].

Début difficile en métropole (1981-1986)[modifier | modifier le code]

Lama est d'abord barré par Bergeroo (ici en 2015) dans les buts lillois.

Mais, dans le Nord de la France, Lama à d'abord du mal à s'intégrer à cause de l'éloignement de sa famille et du froid. Il réussit à s'accrocher mais sans parvenir à découvrir le haut niveau français, barré par le titulaire indiscutable Philippe Bergeroo et sa doublure Jean-Pierre Mottet. Après avoir joué avec les juniors des Dogues en 1981-1982, la direction lilloise décide de prêter Bernard pour l'année 1982-1983 afin qu'il s'aguerrisse et l'envoie à Abbeville en D2. S'il est bien accueilli dans sa nouvelle équipe, il ne réussit pas à s'imposer sportivement (aucune rencontre)[4].

Après sa mauvaise expérience abbevilloise, il est de nouveau prêté en seconde division pour la saison 1983-1984, à Besançon. Il trouve en Paul Orsatti, l'entraîneur bisontin, quelqu'un qui lui fait confiance en lui donnant sa chance de découvrir le monde professionnel. Il réalise quelques bonnes prestations tout en accumulant 23 matchs de championnat, plus cinq en coupe de France, où le club doubiste finit au quatorzième rang du groupe A, à un point du premier relégable[4].

Après sa bonne saison franc-comtoise Bernard fait son retour à Lille et signe un contrat professionnel, devenant la doublure de Mottet. Malheureusement il ne joue aucune rencontre avec l'équipe première de toute la saison 1984-1985 avec quelques blessures et sans apprécier les méthodes d'entraînement du coach belge, Georges Heylens. C'est comme spectateur qu'il voit ses coéquipiers obtenir le maintien avec la quinzième place acquise en championnat, à deux points du 18ème, et surtout atteindre les demi-finales de la coupe de France qu'ils perdent 2-1 score cumulé contre Monaco, futur vainqueur de l'épreuve. Pour la saison 1985-1986, à 22 ans, il foule enfin les pelouses de première division en jouant deux matchs et prend part à la dixième position acquise par le LOSC, à trois points du 18ème[4].

Confirmation au fil des clubs (1986-1992)[modifier | modifier le code]

Pendant l'été 1986 Lama réclame à ses dirigeants une place de titulaire du fait que Bastia et Toulon lui proposent de devenir leur numéro un. Le LOSC ne lui promet rien et refusent catégoriquement de le céder à une autre équipe. Lors d'un match amical contre l'Algérie, il effectue une grosse performance et met la pression sur sa direction. Même si Mottet est présent au sein de l'effectif lillois depuis quelque temps, c'est lui qui part pour Toulon. Pour son premier exercice de D1 complet, Lama cumule 29 rencontres. Bon dans ses buts, il est encore naïf et pas toujours concentré pendant 90 minutes. Les Dogues vivent une saison 1986-1987 encore délicate puisqu'ils n'assurent leur maintien qu'en finissant que quatorzième, à trois points du 18ème. Les nordistes font un bien meilleur parcours en coupe de France en atteignant les quarts de finale perdus 4-3 score cumulé contre Bordeaux, futur vainqueur de la compétition[4].

Pour la saison 1987-1988, le natif de Saint-Symphorien progresse tout en devenant le capitaine de Lille et réussit même à classer sa défense comme la sixième meilleure de l'élite avec 39 buts d'encaissés. Le LOSC effectue pratiquement la même année que la précédente avec une onzième position en D1 et un nouveau quart de finale en coupe de France perdu contre l'OGC Nice sur le score cumulé de 4-0. En 1988-1989, Lama reste régulier tout en reclassant pour la seconde année consécutive son équipe au sixième rang du classement des meilleures défenses de l'élite avec 38 buts d'encaissés ex-aequo avec l'AS Monaco. Les Dogues font un championnat correct avec une huitième position. Lors du dernier match, il se paye le luxe d'inscrire un but sur pénalty face à Laval pour une victoire de 8-0[4].

Arrivé en fin de contrat, il n'est pas conservé par la direction du LOSC. Il ne reçoit pas de nombreuses propositions, sauf du Havre et de Metz, et opte pour l'équipe lorraine. En débarquant chez les Grenats, il retrouve un entraîneur belge en la personne d'Henri Depireux et, comme avec Heylens, ses méthodes ne convainquent pas l'ancien Dogue. Néanmoins il se apprécie sa rencontre avec Jean Nicolaï, le coach des gardiens, grâce à qui il progresse. La première partie du championnat 1989-1990 est laborieuse au point que Depireux se fait limoger au mois de décembre 1989 au profit de Joël Muller. Avec le nouveau coach, la phase retour est bien meilleure et amène le FCM à valider son maintien en terminant quatorzième, à trois points du 18ème tout en finissant avec la cinquième meilleure défense de la D1 avec 36 buts d'encaissés. Pendant cette année-là, Bernard est l'auteur de bonnes prestations et devient un des joueurs préférés du stade Saint-Symphorien. Lama est prêt à rester une seconde année en Moselle mais, financièrement, il ne trouve pas d'accord avec les dirigeants des Grenats[4].

Cherchant à rebondir, il a quelques touches au Portugal et en Écosse mais son souhait est de rester en France, alors lorsqu'il reçoit l'offre du Brest Armorique il s'empresse de l'accepter. En Bretagne, il vit une année 1990-1991 avec des résultats en dents de scie et une onzième place finale, à cinq points du 18ème. Lama ne manque aucune journée de tout l'exercice, encaisse 46 buts et termine en tête du classement des Étoiles de France Football et de celui du Stop Goal de TF1. Mais la saison est gâchée par la relégation administrative en D2 suite au déficit budgétaire du club brestois. Il trouve une consolation en signant un pré-contrat avec le Paris Saint-Germain dans la perspective de remplacer Joël Bats à l'issue de la saison 1991-1992 lorsque ce dernier prendra sa retraite[4],[5].

En attendant la passation de pouvoir, il retrouve le Nord de la France et évolue cette fois-ci sous les couleurs du RC Lens, qui vient d'accéder au haut niveau français. L'ancien messin réalise un bon championnat, au point qu'au mois de mai 1992, il reçoit une offre de l'Olympique de Marseille[5]. Le promu lensois se comporte bien en finissant huitième à cinq points d'une qualification européenne, tout en ayant la troisième meilleure défense de l'élite avec trente buts d'encaissés derrière celles de Marseille et le PSG. Pendant son année avec les Sangs et Ors, il marque le second but de sa carrière sur pénalty[4].

Grandes années avec le PSG (1992-1997)[modifier | modifier le code]

Lama prend la suite de l'idole Bats (ici en 2008) dans les buts parisiens.

Auréolé de sa belle saison lensoise, Lama atterrit au PSG et doit d'abord faire face aux sifflets du fait qu'il remplace Bats, l'idole du Parc des Princes. Avec patience, il réussit à convaincre les supporters parisiens. À Paris, il atteint le haut niveau aussi bien physique, technique que mental et est rapidement appelé en équipe de France par Gérard Houllier. Pour sa première année parisienne, il cumule 54 rencontres toutes compétitions confondues. Collectivement, le PSG fait des bons parcours dans les compétitions nationales en finissant deuxième du championnat à deux points de l'OM, tout en ayant la troisième meilleure défense avec 29 buts d'encaissés ex-aequo avec Monaco et surtout en s'adjugeant la coupe de France aux dépens du FC Nantes sur le score de 3-0. De plus, Lama et ses coéquipiers effectuent une belle épopée en coupe UEFA en atteignant les demi-finales perdues 3-1 score cumulé contre la Juventus, futur vainqueur, après avoir éliminé le Real Madrid[4].

La saison 1993-1994 est tout aussi belle avec un titre de champion de France acquis avec huit points d'avance sur Marseille, tout en ayant la meilleure défense avec seulement 22 buts d'encaissés. Avoir été le gardien de la défense la plus imperméable de D1, vaut à Bernard d'être élu joueur français de l'année 1994. En plus du titre national, le PSG atteint les quarts de finale de la coupe de France (perdu 2-1 contre le RC Lens) et les demi-finales de la coupe des Coupes (perdue 2-1 score cumulé contre Arsenal)[4].

Lama devient rapidement un des joueurs préférés des supporters parisiens.

Sous la houlette d'un nouvel entraîneur en la personne de Luis Fernandez, les Parisiens rajoutent deux trophées à leur palmarès la saison suivante avec les victoires dans les deux coupes nationales acquises respectivement contre le RC Strasbourg en coupe de France (1-0) et contre le SC Bastia en coupe de la Ligue (2-0). Par contre, le PSG ne réussit pas à conserver son titre de champion et finit que troisième à douze points de Nantes. Lama et ses coéquipiers atteignent pour la troisième année d'affilée les demi-finales d'une coupe d'Europe, qui est celle de la Ligue des Champions pour cette saison 1994-1995, perdue 3-0 score cumulé contre le Milan AC[4].

La saison 1995-1996 voit Lama être à deux doigts de remporter son deuxième titre national, mais son équipe ne finit que seconde à quatre points de l'AJ Auxerre, après avoir été en tête du classement avec douze points d'avance. L'ancien lillois se console en devenant champion d'Europe, puisqu'il s'adjuge la coupe des Coupes aux dépens du Rapid de Vienne, ce qui vaut au PSG d'être le second club européen à remporter une coupe européenne après Marseille et sa Ligue des Champions en 1993. Pendant l'été 1996, Lama aura des envies d'ailleurs mais, malgré quelques touches avec le FC Barcelone, il n'y a rien de concret[4].

L'arrivée du duo Ricardo-Joël Bats sur le banc de touche parisien fait retrouver un management plus souple au lieu de la rigueur sous l'ère Fernandez. Mais après avoir passé la saison précédente comme capitaine, ce n'est pas le cas en 1996-1997 du fait qu'il transmet le brassard à Raï. Il réalise une saison correcte avec 44 rencontres toutes compétitions confondues, malgré une blessure au genou droit contractée en septembre 1996 qui l'éloigne des terrains pendant quelques semaines. En février 1997, Lama est contrôlé positif au cannabis ce qui lui vaut une suspension de cinq mois dont deux ferme[6]. Finalement, grâce aux différents appels qu'il fait, il peut terminer la saison avec le PSG mais ne peut disputer le Tournoi de France avec l'équipe de France au mois de juin 1997. Il participe ainsi à la seconde position acquise à douze points de Monaco et à la nouvelle finale de coupe des Coupes, perdue 1-0 contre le Barça[4].

Pendant le mercato estival de 1997, l'ancien Sang et Or entre en conflit avec la direction du PSG du fait que cette dernière veut travailler avec un nouveau gardien. Christophe Revault débarque dans la capitale ce qui l'amène à chercher une autre destination mais ne trouve jamais de club intéressant même si le Real Madrid et les Glasgow Rangers se renseignent. Alors il s'entraîne à part du groupe parisien jusqu'en décembre 1997, date à laquelle il s'engage avec West Ham en Premier League anglaise[4].

Fin de carrière mouvementée (1997-2001)[modifier | modifier le code]

Charles Biétry fait revenir Lama au PSG.

Mais l'expérience anglaise est délicate puisqu'il passe les deux premiers mois sur le banc de touche. Finalement, le coach Harry Redknapp décide de lui donner sa chance. Finalement, il accumule quatorze matchs toutes compétitions. Prêt à rester à West Ham, la direction ne compte pas sur lui et lui prouve en recrutant Shaka Hislop. Après des contacts avec Tottenham, à la surprise générale, il s'engage avec le PSG dont le nouveau président, Charles Biétry s'est mis en tête de le faire revenir à Paris[4].

De retour dans les cages parisiennes, il retrouve rapidement ses repères tout en montrant qu'à 35 ans il a encore ses réflexes félins et que ses sorties aériennes sont toujours efficaces. Il sauve le PSG à de nombreuses situations et reste le gardien titulaire des cages parisiennes malgré la présence de Dominique Casagrande[5]. Le coach Alain Giresse est limogé en octobre 1998 au profit d'Artur Jorge et ce dernier est remplacé par Philippe Bergeroo en mars 1999. Collectivement la saison 1998-1999 est donc délicate pour le club de la capitale avec une neuvième position finale acquise en championnat à quatre points du premier relégable[4].

Pour l'exercice suivant, il est nommée capitaine suite au départ de Marco Simone. Lama est dans une bonne forme même si les années commencent à peser sur son physique. L'année est mieux réussie que la précédente pour le PSG avec une seconde position en Ligue 1 à sept points de Monaco et une finale de coupe de la Ligue perdue 2-0 contre le FC Gueugnon. Avant la fin de la saison, Lama apprend que son contrat ne sera pas prolongé et ainsi, à la fin de son dernier match au Parc des Princes, est porté en triomphe par ses coéquipiers et acclamé par les supporters qui lui réservent de nombreux tifos et banderoles d'hommages[4],[5].

En 2000, Lama rejoint Le Guen à Rennes.

Pendant l'été 2000, il accepte le projet que lui propose le Stade rennais et retrouve son ancien équipier du PSG, Paul Le Guen, entraîneur des Rouges et Noirs. Avec un groupe de qualité mais jeune, les Bretons enregistrent des résultats mitigés mais redresseront la tête en fin d'exercice au point de finir sixième. Suite à des tensions avec les dirigeants de Rennes, son contrat n'est pas renouvelé. Il souhaite de rejoindre le championnat du Brésil, mais n'ayant reçu aucune offre, il annonce avant le début de la saison 2001/2002 qu'il met un terme définitif à sa carrière professionnelle[4].

Durant le mois de mars 2003, à 39 ans, Bernard Lama effectue un bref essai à Birmingham City[7],[8] tout comme Aleksander Klak, le club anglais réfléchit à engager un nouveau gardien pour la fin de saison suite à une grave blessure du gardien titulaire, Nico Vaesen. Finalement, aucun des deux gardiens n'est retenu.

En équipe de France (1993-2000)[modifier | modifier le code]

À partir de 1997, Lama est relégué sur le banc des Bleus par Barthez.

En février 1993, il honore sa première sélection nationale à Tel-Aviv contre Israël (victoire 4-0) dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du monde 1994, prenant la place de titulaire à Bruno Martini. Le 17 novembre suivant, il est dans le but tricolore pour le dernier et crucial match éliminatoire face à la Bulgarie mais ne peut rien sur un tir en force de l'attaquant bulgare Kostadinov qui scelle à la dernière seconde la défaite (1-2) et l'élimination des Bleus[4].

En 1996, il garde les cages tricolores pour l'Euro en Angleterre où il se fait remarquer en quart de finale lors de la séance des tirs aux buts en arrêtant des tirs des Pays-Bas. Mais les Bleus échouent en demi-finales contre la République tchèque aux tirs aux buts après un 0-0[4]. La seule satisfaction pour Bernard est qu'il est élu meilleur gardien du tournoi. Il s'affirme comme l'un des meilleurs gardiens de but de la planète.

Suite à sa suspension pour usage de cannabis, il perd sa place en équipe de France pendant l'été 1997 pour le Tournoi de France[4].

Écarté du PSG, Lama doit attendre plusieurs semaines pour enfin conquérir une place de titulaire à West Ham et retrouver le contact avec l'équipe de France. Mais s'il est bien présent dans la liste des 22 joueurs convoqués par Aimé Jacquet pour disputer la Coupe du monde 1998, c'est en tant que doublure de Fabien Barthez, le nouveau gardien titulaire. Lama est ainsi sacré champion du monde sans disputer le moindre match. Il est même au cœur d'une petite polémique en refusant de jouer le dernier match du premier tour, sans véritable enjeu, et au cours duquel Jacquet a fait jouer les remplaçants contre le Danemark. Jacquet affirmera plus tard dans son livre que Lama avait refusé de jouer cette rencontre pour éviter de mettre la pression sur Barthez[4].

Roger Lemerre, successeur d'Aimé Jacquet, n'appellera jamais Lama comme remplaçant, jusqu'à l'Euro 2000. Ce sont Lionel Letizi, Ulrich Ramé ou Stéphane Porato qui auront la charge de doublure de Fabien Barthez. Entre les deux compétitions, le Parisien jouera tout de même cinq matchs, pour sept buts encaissés.

En 2000, il ajoute un nouveau titre international à son palmarès en remportant l'Euro 2000. De nouveau doublure de Fabien Barthez, il accepte cette fois de disputer le dernier match du premier tour sans enjeu, contre les Pays-Bas[4]. L'Euro est sa dernière compétition disputée avec l'Équipe de France.

En septembre 2000, il joue son dernier match avec l'équipe de France face à l'Angleterre en même temps que Didier Deschamps et Laurent Blanc alors que, lui, n'a pas annoncé sa retraite internationale[4].

Reconversion (depuis 2001)[modifier | modifier le code]

Dès sa fin de carrière, Lama rentre habiter en Guyane française. Il suit son club formateur de l’Union sportive de Montjoly. En 2015, il doit reprendre du service pour sauver son équipe de la relégation. À plus de 50 ans, il renfile les gants et joue le match presque entier avant de se blesser à 20 minutes de la fin[2].

Le , il devient le sélectionneur de l'équipe du Kenya[9], poste qu'il quitte deux mois plus tard, dénonçant le désordre régnant au sein de la fédération kényane.

Il consacre actuellement une grande partie de son temps à l'association Diambars qu'il a créée avec des copains sportifs (dont Patrick Vieira, Jimmy Adjovi-Boco). L'objectif de cette association est de profiter de l'engouement de la jeunesse pour le foot pour promouvoir l'éducation en Europe et dans les pays en développement. Cette association a créé deux instituts de foot de haut niveau accessibles aux enfants désavantagés, l'un au Sénégal (Saly) en 2003 et l'autre en Afrique du Sud en préparation du Mondial 2010. Il a pour projet d'en créer un en Guyane.

En avril 2011, un stade Bernard-Lama est inauguré, en sa présence, au cœur du parc départemental de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis)[10]. En juin 2011, Bernard Lama organise son Jubilé « Jubilama » au Parc des Princes. Cette journée est au profit de son association Diambar et se compose de trois matchs de 45 minutes entre trois équipes : France 98, PSG 90's et « BlackStars International ». Enfin, ses anciens coéquipiers défient Bernard pour une ultime séance de tirs au but[11].

En 2012, il crée Dilo une entreprise d'eau minérale et de source[2]. Deux ans plus tard, l'usine produit un tiers de l'eau vendue en Guyane[12].

En 2014-2015, il apparait dans la série française Frères d'armes, série télévisée historique de Rachid Bouchareb et Pascal Blanchard (présentation de Cherif Cadi).

Il est également manager général de l'équipe de Guyane française, non reconnue par la FIFA[13]. Il promeut également la croissance du sport en Guyane, notamment dans l'optique d'accueillir des délégations préparant les Jeux olympiques d'été de 2016 de Rio de Janeiro au Brésil[2].

Style de jeu : le « Chat »[modifier | modifier le code]

Bernard Lama hérite très tôt de son surnom de « Chat » pour son agilité hors du commun. Au FC Metz, alors âgé de 26 ans, Bernard Lama arrive en provenance de Lille avec une réputation déjà flatteuse. « Pour l’anecdote, Bernard a débuté ses premiers matches sans les gants », se souvient Bernard Zénier, attaquant grenat à l’époque. « Il avait été efficace d’ailleurs, renchérit Philippe Gaillot. Bernard Lama avait une forte personnalité, l’âme d’un leader, et était assez facile à vivre ». Une seule saison avec Metz, qui finit 14e lors de cette saison 1989-1990. « Il avait fait une bonne saison, ajoute l’ancien arrière gauche. On commençait à voir ses points forts, notamment dans l’anticipation ». Capable de parades spectaculaires, mais également de sorties aériennes autoritaires, dans un style tout en souplesse, il est champion de France en 1994 où il hérite du titre de meilleur gardien de France[14].

Il est un gardien aérien à la détente féline et au sens aigu de l'anticipation dont les sorties aériennes révolutionnent le poste[5]. Lucide et rassurant pour son équipe, il se montre efficace en toutes circonstances. Son charisme et son autorité font de lui un guide pour la défense. Son point faible est sa prise de risque balle au pied[15].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Statistiques de Bernard Lama au 30 juin 2001[16]
Saison Club Championnat Coupe nationale Coupe de la Ligue Supercoupe Compétition(s)
continentale(s)
Supercoupe UEFA Drapeau : France France Total
Division M B M B M B M B C M B M B M B M B
1982-1983 Drapeau de la France SC Abbeville (prêt) D2 - - - - - - - - - - - - - - - 0 0
1983-1984 Drapeau de la France Besançon RC (prêt) D2 23 - 5 - - - - - - - - - - - - 28 0
1984-1985 Drapeau de la France Lille OSC D1 - - - - - - - - - - - - - - - 0 0
1985-1986 Drapeau de la France Lille OSC D1 2 - - - - - - - - - - - - - - 2 0
1986-1987 Drapeau de la France Lille OSC D1 29 - 3 - - - - - - - - - - - - 32 0
1987-1988 Drapeau de la France Lille OSC D1 36 - 7 - - - - - - - - - - - - 43 0
1988-1989 Drapeau de la France Lille OSC D1 36 1 5 - - - - - - - - - - - - 41 1
Sous-total 103 1 15 0 0 0 0 0 - 0 0 0 0 0 0 118 1
1989-1990 Drapeau de la France FC Metz D1 38 - 3 - - - - - - - - - - - - 41 0
1990-1991 Drapeau de la France Brest Armorique FC D1 38 - 3 - - - - - - - - - - - - 41 0
1991-1992 Drapeau de la France RC Lens D1 36 1 2 - - - - - - - - - - - - 38 1
1992-1993 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 38 - 6 - - - - - C3 10 - - - 3 - 57 0
1993-1994 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 37 - 4 - - - - - C2 8 - - - 8 - 57 0
1994-1995 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 36 - 6 - 1 - - - C1 12 - - - 8 - 63 0
1995-1996 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 34 - 2 - - - 1 - C2 7 - - - 14 - 58 0
1996-1997 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 32 - 2 - 1 - - - C2 7 - 2 - 2 - 46 0
1997-1998 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 - - - - - - - - - - - - - - - 0 0
Sous-total 177 0 20 0 2 0 1 0 - 44 0 2 0 35 0 281 0
1998 Drapeau de l'Angleterre West Ham United PL 12 - 2 - - - - - - - - - - 2 - 16 0
1998-1999 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 32 - 2 - - - - - C2 2 - - - 3 - 39 0
1999-2000 Drapeau de la France Paris Saint-Germain D1 33 - 3 - - - - - - - - - - 3 - 39 0
Sous-total 65 0 5 0 0 0 0 0 - 2 0 0 0 6 0 78 0
2000-2001 Drapeau de la France Stade rennais FC D1 32 - 2 - 1 - - - - - - - - 1 - 36 0
Total sur la carrière 524 2 57 0 3 0 1 0 - 48 0 - - 44 0 677 2
  • 44 sélections en équipe de France A de 1993 à 2001, 2 fois capitaine[17]
  • 2 sélections en équipe FIFA, face à l'Australie à Sydney en 1999, et face à la Bosnie à Sarajevo en 2000.
  • 489 matchs en Division 1 (Lille, Metz, Brest, Lens, PSG, Rennes, 1985 à 2001)
  • 2 buts en Division 1 (Lille, 1988-1989 et Lens, 1991-1992)
  • 12 matchs en Premier League (West Ham United, 1997-1998)
  • 10 matchs en Coupe UEFA (PSG, 1992-1993)
  • 24 matchs en Coupe des Coupes (PSG, 1993 à 1999)
  • 12 matchs de Coupe des champions (PSG, 1994-1995)
  • 2 matchs de Supercoupe d'Europe (PSG, 1996)
  • 23 matchs en Division 2 (Besançon, 1983-1984)

Palmarès[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Fiche de Bernard Lama », sur guyane2014-2016.org (consulté le 21 décembre 2014)
  2. a, b, c et d Alban Loizeau, « Le nouveau but de Bernard Lama », Ouest-France, l'édition du soir, no 463,‎ , p. 16 (lire en ligne)
  3. « Le Chat », sur fierdetreguyanais.com, (consulté le 15 juin 2017)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x et y « Bernard Lama », sur kurbos.skyrock.com, (consulté le 15 juin 2017)
  5. a, b, c, d et e « Portraits d’anciens du PSG : Lama, Laspalles, Carotti », sur psgmag.net, (consulté le 18 décembre 2014)
  6. Avant Mamadou Sakho, ces joueurs français ont aussi été contrôlés positifs, L'Equipe, le 23 avril 2016
  7. « Klak ou Lama pour remplacer Nico Vaesen à Birmingham ? », sur http://www.dhnet.be,
  8. (en) « Bruce casts eye over Lama », sur skysports.com
  9. Lama au Kenya, Eurosport.fr, 21/07/06
  10. « Le stade Bernard Lama », sur mairie-villetaneuse.fr (consulté le 21 décembre 2014)
  11. « Gros plan Bernard Lama », sur goal-foot.com (consulté le 22 décembre 2014)
  12. Agathe Mercante, « Bernard Lama : "En Guyane, on envoie des satellites mais on est les derniers à avoir accès à Internet », Les Echos,
  13. « Guyane, un «vrai parcours du combattant» », sur L'Equipe, (consulté le 25 mars 2015)
  14. « Bernard Lama, quand le Chat est là… », sur mosellesport.fr, (consulté le 17 juin 2017)
  15. « Portrait, les hommes d'Aimé : Bernard Lama », Onze Mondial, no 113,‎ , p. 22 (ISSN 0995-6921)
  16. « Statistiques de Bernard Lama », sur footballdatabase.eu
  17. « Tous les joueurs de l'équipe de France », sur FFF.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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