Auto-justice

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Vigilantisme)
Aller à : navigation, rechercher
Charles Cora et James Casey sont lynchés par le comité de vigilance de San Francisco, 1856.

L’auto-justice, ou vigilantisme, est le fait de faire exercer la loi ou un code moral particulier de manière individuelle et en dehors de toute procédure judiciaire légale. Quelqu'un qui agit de cette manière est appelé « auto-justicier », ou « justicier », ou « vigilante » (anglicisme qui vient du nom latin Vigiles Urbani donné aux veilleurs de nuit de la Rome antique qui étaient chargés de combattre le feu et arrêter les esclaves en fuite et les mendiants, voir l'article Pompier > Antiquité).

Dans la société occidentale moderne, le terme est fréquemment appliqué aux citoyens qui « exécutent la loi de leurs propres mains » quand ils pensent que les actions de l'autorité légale sont insuffisantes. Un regroupement d'auto-justiciers peut donner lieu à la création d'un groupe d'autodéfense, appuyé ou non par le gouvernement.

Le vigilantisme est condamné par la loi quand il donne lieu à un comportement criminel. Dans certains cas, la volonté d'imposer les valeurs d'un groupe à tous les individus de la société peut mener à des groupes de haine ou des organisations comme la Sombra Negra. Aux États-Unis au début de XIXe siècle, l'auto-justice prit la forme de lynchages.

Cadre légal[modifier | modifier le code]

L'auto-justice étant le fait de se substituer à la justice d'État, il convient de définir au préalable en quoi consiste la justice d'État. Cela peut varier selon les pays.

Une action de justice est décomposable en trois parties :

  • une partie enquête pour rechercher les éléments concernant le préjudice ou la faute (voir aussi police judiciaire) ;
  • un procès, déterminer le responsable du préjudice ou de la faute, ainsi que la nature exacte et l'ampleur du préjudice ou de la faute ;
  • l'exécution de la peine si le coupable est déterminé et condamné.

Selon les pays, les étapes de la justice peuvent être du ressort de l'État — service public — ou bien de la victime ou de son entourage, qui peut s'appuyer le cas échéant sur des détectives privés ou des avocats.

En France[modifier | modifier le code]

Enquête[modifier | modifier le code]

Dans le domaine civil, c'est à chaque partie d'apporter les preuves du préjudice et de la responsabilité. L'action individuelle est donc la norme.

Dans le domaine pénal, l'enquête est à la charge d'un juge d'instruction et de la police judiciaire. Des preuves peuvent être amenées par la victime et son entourage, mais l'enquête exige en général de mener des actions interdites à un citoyen, car portant atteinte à la vie privée et aux diverses libertés individuelles : retenir une personne contre son gré pour l'interroger (garde à vue), mener une fouille (perquisition).

Procès[modifier | modifier le code]

Les procès sont cadrés par les codes de procédure pénale et civile. Un des principes de base est que l'on ne peut pas être juge et partie, la victime et son entourage sont donc réduits au rôle de témoin et de partie civile.

Exécution de la peine[modifier | modifier le code]

La peine est un acte qui est en soi une atteinte à la liberté individuelle. Elle ne peut donc être exécutée que par un service de l'État.

Exemples d'auto-justiciers[modifier | modifier le code]

(à traduire)

Auto-justicier en fiction[modifier | modifier le code]

Super-héros et auto-justice[modifier | modifier le code]

Les super-héros ont pour vocation de protéger le reste de la population des criminels. Mais cela peut les amener à violer un grand nombre de lois. La police est souvent méfiante à leur égard, d'autant qu'ils refusent entre autres de donner leur identité aux autorités (dans la série Civil War, les États-Unis votent une loi assimilant tout justicier cachant son identité aux autorités à un criminel).

Les comportements des super-héros sont assez variés. Certains n'ont aucun comportement criminel, tel Superman. Spider-Man abandonne les criminels à la police après les avoir immobilisés, avec aussi peu de blessures que possible. Daredevil est dans la bande dessinée un justicier remettant les criminels à la police. Dans le film, il est bien plus violent, n'hésitant pas à laisser mourir des criminels dont ses super-pouvoirs lui ont prouvé qu'ils étaient coupables alors que la justice n'a pu les condamner. Le Punisher est en revanche un exemple d'auto-justicier dans la version la plus contestable. Il n'hésite pas à tirer pour tuer sans être en état de légitime défense.

Les super-héros ont des relations assez ambiguës avec celui-ci. Captain America et Luke Cage désapprouvent les méthodes du Punisher, mais n'ont jamais cherché à le faire arrêter. Daredevil et Spider-Man au contraire l'ont combattu pour tenter de le remettre à la justice.

En règle générale, les héros ont pour règle de ne pas tuer. Cela fait de personnages comme le Punisher des marginaux qui ne peuvent être vraiment qualifiés de héros, mais plutôt d'antihéros. On notera également que le Punisher évolue dans un univers où la justice d'État est imparfaite. Le Punisher exécute ainsi - entre autres - des criminels qui ont été acquittés faute de preuve, sur un vice de procédure ou du fait de la corruption d'un représentant de la loi, une problématique à laquelle les autres super héros sont moins souvent exposés (le criminel déposé au commissariat par Spiderman sera effectivement arrêté, jugé et verra sa peine appliquée).

Détail du cas de Batman[modifier | modifier le code]

Batman a selon les époques et les scénaristes été plus ou moins sombre et ses relations avec la police ont également varié.

La dernière saga de films illustre assez bien les limites que Batman doit respecter. Dans Batman Begins, il ne tue pas, mais se montre légèrement ambigu en abandonnant le chef des ennemis dans un véhicule sur le point de s'écraser.

Dans The Dark Knight : Le Chevalier noir, cette question prend encore plus d'importance. Batman désapprouve les « imitateurs », c'est-à-dire les auto-justiciers apparus à sa suite, mais qui contrairement à lui utilisent des armes potentiellement mortelles. À la fin du film, Batman neutralise le Joker sans le tuer, alors que ce dernier l'avait poussé à bout. En effet, son duel contre le Joker est en partie moral, et Batman aurait partiellement capitulé s'il avait tué au lieu de livrer le Joker à la justice.

De plus, dans ce film, le Joker réclame que Batman se livre aux autorités, en échange de quoi il cessera ses attaques meurtrières contre la police et la justice. Le procureur Harvey Dent s'oppose à ce que la ville exige l'arrêt des actions de Batman : en effet, selon lui, d'une part les autorités n'ont pas à céder à un chantage d'un terroriste, d'autre part si les actions de Batman pourraient lui valoir d'être inculpé, il n'y a pas lieu pour la justice de s'en prendre à lui tant que les criminels qu'il combat sont le problème principal de la ville.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Les films de Rape and Revenge en général:

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

  • Arrow
  • Smallville : le concept d'auto-justice est prépondérant à partir de la septième saison.
  • Le protagoniste de la série télévisée Dexter tue en premier lieu pour assouvir une pulsion, mais choisit ses victimes parmi les criminels ayant échappé à la justice.
  • Equalizer

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

En comics[modifier | modifier le code]

Watchmen, bande dessinée mettant en scène un groupe de justiciers, où l'auto-justice et les sentiments ressentis par chacun des héros (ou anti-héros) ont une place importante.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]