Tchao Pantin

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Tchao Pantin

Réalisation Claude Berri
Scénario Claude Berri
Alain Page, d'après son roman
Acteurs principaux
Sociétés de production Renn Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 100 minutes
Sortie 1983

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Tchao Pantin est un film français écrit et réalisé par Claude Berri, adapté du roman d'Alain Page, sorti en salles en 1983.

Le long-métrage raconte l'histoire de Lambert (Coluche), un pompiste alcoolique et dépressif qui croise la route de Youseff Bensoussan (Richard Anconina), un jeune dealer avec lequel il se lie d'amitié. Suite au meurtre de Bensoussan, le pompiste décide de venger le jeune dealer, aidé par Lola (Agnès Soral), la petite amie de ce dernier.

Le film est l'un des plus primés aux Césars avec cinq récompenses, dont celui du meilleur acteur pour Coluche, en mars 1984.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À Paris dans le 18e arrondissement, le pompiste de nuit Lambert (Coluche), alcoolique et dépressif, croise la route d'un jeune juif arabe, petit trafiquant sans envergure : Youseff Bensoussan (Richard Anconina), venu se réfugier dans sa station-service afin d'éviter une patrouille de police. Ils deviennent rapidement amis, mais finissent par se brouiller, Bensoussan refusant de suivre les conseils, délivrés maladroitement, de Lambert qui veut le protéger. Une nuit, alors qu'il est poursuivi et tente à nouveau de trouver refuge dans sa station-service, Bensoussan, victime d'un règlement de comptes, est abattu sous les yeux de Lambert.

Lambert est en réalité un ancien flic, hanté jusqu'à l'alcoolisme par la mort de son fils (par overdose) qu'il a été incapable d'éviter, malgré ou peut-être à cause de ses méthodes musclées. Il décide alors de venger le meurtre du jeune Bensoussan en traquant les commanditaires de son assassinat : deux trafiquants de drogue de Barbès. Il reçoit l'aide de Lola (Agnès Soral), une jeune punk, ancienne amie de Bensoussan, qu'il prend sous son aile et avec qui il redécouvre l'amour, tout en replongeant dans la tragédie.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays Box-office Nbre de sem. Source
Box-office Drapeau de la France France 3 829 139 entrées ? sem. Box-office France 1983

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Tchao Pantin a reçu cinq Césars en 1984 :

Production[modifier | modifier le code]

Casting[modifier | modifier le code]

Claude Berri et Coluche avaient déjà travaillé ensemble : Berri a fait débuter Coluche dans le cinéma, alors qu'il était pratiquement inconnu du grand public, dans Le Pistonné en 1970 et l'a dirigé une seconde fois dans Le Maître d'école, onze ans plus tard. Berri a produit de nombreux films interprétés par Coluche, notamment Inspecteur La Bavure, Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, Banzaï et La Femme de mon pote. Coluche fut même pressenti pour tenir le rôle d'Ugolin dans Jean de Florette et Manon des sources, mais, suite à un essai (dévoilé depuis), il n'est pas retenu par Claude Berri, ses efforts louables pour prendre l'accent du midi ne suffisant pas à en faire un Méridional crédible (selon l'Internaute, se référant à une source non indiquée et donc impossible à vérifier, Coluche aurait décliné l'offre suite à un désaccord sur le montant du cachet proposé[1] mais aucun élément concret, ni aucune déclaration des principaux intéressés ne permet, à ce jour, de le confirmer). Le rôle fut finalement attribué à Daniel Auteuil. Coluche est mort l'année même de la sortie des deux films.

Tournage[modifier | modifier le code]

À l'époque du tournage, Coluche sort de son divorce et traverse une période de grande souffrance personnelle, à laquelle s'ajoutent des problèmes liés à sa consommation de produits stupéfiants. Il se sent également responsable du suicide, à l'aide d'une arme qu'il lui avait offert, de son ami Patrick Dewaere dont l'épouse et la fille étaient partis le rejoindre en Guadeloupe (le film La Femme de mon pote a été écrit par Bertrand Blier autour de ce trio amoureux et devait réunir, initialement, Patrick Dewaere, Miou Miou et Coluche ; il ne verra le jour qu'après le décès de Patrick Dewaere avec Coluche (qui hésita longtemps à tenir son engagement), mais sans Miou Miou, qui s'est désistée après le suicide de Patrick Dewaere et a été remplacée par Isabelle Huppert et avec Thierry Lhermitte dans le rôle que devait tenir Patrick Dewaere. En raison de son état d'esprit, le jeu d'acteur de Coluche subit une profonde mutation. Durant le tournage, il incarne un Lambert plein de vérité, cerné par l'alcool (en réalité la drogue dans la vraie vie) et la dépression. Le personnage lui colle tellement à la peau qu'il garde alors sur lui, même en dehors du tournage, les vêtements et le style de son personnage de pompiste. À propos de la scène de la gifle que Coluche donne à Richard Anconina, ce dernier a indiqué, lors d'une interview réalisée à propos de Tchao Pantin, que la gifle était bien réelle. Dans un premier temps Coluche n'avait pas osé frapper Richard Anconina suffisamment fort et, entre deux prises, Richard Anconina a alors demandé à Coluche de lui donner une vraie gifle.

La séquence du concert de punk au Gibus (qui s'appelait alors Le Petit Gibus, décrit dans le film comme « un bar de punks à République »), minuscule salle de concert parisienne connue à l'époque pour être le CBGB's parisien. Le groupe qu'on y voit jouer dans le film est un célèbre groupe de punk des années 1980, Gogol Premier et La Horde.

Sortie et réception[modifier | modifier le code]

C'est Claude Berri lui-même qui a insisté pour que le film, tourné en juin 1983, sorte plutôt en décembre 1983, afin de pouvoir concourir aux Césars de mars 1984 : il pressentait que Coluche serait récompensé[2].

Sorti en salles le 21 décembre 1983 en France, Tchao Pantin rencontre un énorme succès commercial avec 3 829 139 entrées, dont 856 133 entrées à Paris, se classant à la huitième position des films ayant fait le plus d'entrées l'année de sa sortie[3].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le terme « Tchao Pantin » désormais tombé en désuétude est une expression utilisée au début des années 1980 (l'équivalent pourrait être « Salut mon pote »). Dans le film, cette phrase est dite par Bensoussan à Lambert avant son agression et finalement sa mort.
  • Le film donne également une image du Paris crasseux des années 1980 (Barbès, République ou Bastille) aujourd'hui rénové et réhabilité mais qui a perdu son caractère populaire historique.
  • Deux titres de l'Album Hagda du groupe Raïna Raï furent utilisés dans la bande originale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coluche refuse Jean de Florette sur L'Internaute Cinema
  2. Thierry Chèze, « Coluche, le maître du comique en 11 films », sur L'Express,‎ 17 juin 2011 (consulté le 6 avril 2014)
  3. « Tchao Pantin : box-office », sur Jp's box-office (consulté le 6 avril 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]